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La folie cette passagère

De
220 pages
Les textes rassemblés ici ont été écrits entre la fin des années 1960 et 2002. Psychiatre des hôpitaux, leur auteur cherche les voies de ce qu'il faudrait appeler une désaliénation. Désaliénation des malades bien sûr et interrogations permanentes de ce qui aliène ; mais désaliénation des soignants aussi, et, au-delà, des hommes dits normaux, pour restaurer, si cela est possible, "les pouvoirs perdus de la folie".
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esthétiques >culture et politique
GASTON JOSSE
LA FOLIE, CETTE PASSAGÈRE pour une psychiatrie de combat
L AF O L I E , C E T T EP A S S A G È R E p o u ru n ep s y c h i a t r i ed ec o m b a t
ESTHÉTIQUESCollection dirigée par Jean-Louis Déotte Pour situer notre collection, nous pouvons reprendre les termes de Benjamin annonçant son projet de revue :Angelus Novus. « Enjustifiant sa propre forme, la revue dont voici le projet voudrait faire en sorte qu’on ait confiance en son contenu. Sa forme est née de la réflexion sur ce qui fait l’essence de la revue et elle peut, non pas rendre le programme inutile, mais éviter qu’il suscite une productivité illusoire. Les programmes ne valent que pour l’activité que quelques individus ou quelques personnes étroitement liées entre elles déploient en direction d’un but précis ; une revue, qui expression vitale d’un certain esprit, est toujours bien plus imprévisible et plus inconsciente, mais aussi plus riche d’avenir et de développement que ne peut l’être toute manifestation de la volonté, une telle revue se méprendrait sur elle-même si elle voulait se reconnaître dans des principes, quels qu’ils soient. Par conséquent, pour autant que l’on puisse en attendre une réflexion – et, bien comprise, une telle attente est légitimement sans limites –, la réflexion que voici devra porter, moins sur ses pensées et ses opinions que sur les fondements et ses lois ;d’ailleurs, on ne doit plus attendre de l’être humain qu’il ait toujours conscience de ses tendances les plus intimes, mais bien qu’il ait conscience de sa destination. La véritable destination d’une revue est de témoigner de l’esprit de son époque. L’actualité de cet esprit importe plus à mes yeux, que son unité ou sa clarté elles-mêmes ; voilà ce qui la condamnerait – tel un quotidien – à l’inconsistance si ne prenait forme en elle une vie assez puissante pour sauver encore ce qui est problématique, pour la simple raison qu’elle l’admet. En effet, l’existence d’une revue dont l’actualité est dépourvue de toute prétention historique est justifiée… » Jean-Michel DURAFOUR,Brian de Palma. Épanchements : sang, perception, théorie, 2013. Philippe ROY et Alain BROSSAT (dir.),Tombeau pour Pierre Rivière, 2013. Jean REGAZZI,L’enfance de la peur, Dans le hors-champ de Bob Clark, Jack Clayton et Richard Loncraine,2013. Rosa María RODRÍGUEZ MAGDA,Michel Foucault et la généalogie des sexes, 2013.
Gaston Jsse L AF OI E , E TE AS AÈ R u ru ep s y c h i a ti ed ec o m b a t Te tesrasse bléspa PascalJ sse et Pilippe Huse
© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01984-0 EAN : 9782343019840
Ce livre doit aussi à celles et ceux qui nous ont aidés dans notre tâche: Chantal Josse, Dominique Loubert, Alain Brossat, Denis Colin, François Josse, Thierry Montaud et Yves Pauquet pour leur lecture attentive des textes et leurs conseils; Pierre-André Dupuis, Yves Gueniffey et Christian Molaro pour leurs précieuses recherches bibliographiques. Qu’ils en soient toutes et tous remerciés.
Gaston Josse, l’engagement en psychiatrie
Les textes rassemblés dans ce livre sembleront d’un autre temps, de ce temps d’avant les années d’hiver dont Félix Guattari faisait le pronostic, dès le début des années 80, qu’il avait devant lui un bel avenir. Et comme Guattari, Gaston Josse aurait pu dire: «Je suis de ceux qui vécurent les années 1 soixante comme un printemps qui promettait d’être interminable . »  Maisvoilà : le printemps a cédé sa place à la nuit grise de l’hiver, sans transition, et si depuis trente ans il y a bien eu quelques éclaircies, celles-ci n’ont jamais réussi à ramener les grandes espérances qui se rattachent à cette époque, celle qui, en France, va de l’après-guerre à la fin des années 70. À l’ouest l’ultra-libéralisme de Thatcher et Reagan, sous la houlette de Milton Friedman, a été le signal d’un «à droite toute! »qui a rebattu les cartes politiques en Europe, et particulièrement en France. À l’est ce qui restait du «socialisme réel» a fini par s’écrouler; en même temps les communistes chinois optaient pour un capitalisme effréné, des pays du Tiers-monde «émergeaient »et oubliaient les vieilles lunes du tiers-mondisme. Finies les grandes expériences collectives et avec elles les nouvelles formes d’organisations et de résistances, finies les utopies qui levaient spontanément dans les consciences quand celles-ci pouvaient encore savoir de quelles richesses créatrices elles étaient porteuses, finie cette époque où chacun croyait qu’il pouvait vivre sans maîtres et qu’était enfin venu le temps del’autonomie.  Ona beaucoup écrit depuis trente ans sur 68 et ses promesses, ou sur 68 et ses égarements, chacun voyant 68 à la lorgnette de ses petits intérêts. Un président de la République a dit il y a peu qu’il fallait en finir avec 68, 1 Félix Guattari,Les années d’hiver(1980-1985),Paris, Les prairies ordinaires, Coll. Essais, 2009, p. 31.
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