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Anido Mirolo

La Franc-maçonnerie dans l'histoire française,
et du N.O.M. au Gouvernement mondial.

Anido Mirolo


L'histoire de la Franc-maçonnerie française.


Image Tirée d’une xylographie du XIXème siècle.


Mirolo éditeur indicatif AFNIL 978-2- 9555413
Octobre 2016





















2



















3 La Franc-maçonnerie dans l'histoire française,
et du N.O.M. au Gouvernement mondial.

ISBN 978-2-9555413-3-3

Édité par Anido Mirolo éditeur indicatif AFNIL
978-2-9555413.




Site Web : http://anidom.blog.lemonde.fr




Dépôt légal à la Bnf
imprimé en France par Imprim 2000
93170 Bagnolet


4 Mes derniers livres,
L’impôt sur la fortune l’utopie de Thomas Piketty
analyse et contributions, ISBN 978-2-955 413-2-6, avril 2016
La citoyenneté dans les Âges des temps anciens à la
Révolution française, ISBN 978-2-9555413-0-2, février 2016
Les hommes de la mutation politique en 1958, analyse et
contributions, ISBN 978-2-9555413-0-2, décembre 2015














5 Citations maçonniques
C'est un malheur que les hommes ne puissent d'ordinaire posséder aucun talent
sans avoir quelque envie d'abaisser les autres. S'ils ont de la finesse, ils décrivent
la force, s'ils sont géomètres ou physiciens ils écrivent contre la poésie et
l'éloquence, et les gens du monde, qui ne pensent pas que ceux qui ont excellé
dans quelque genre, jugent mal d'un autre talent, se laissent prévenir par leurs
décisions. Ainsi quand la métaphysique ou l'algèbre sont à la mode, ce sont des
métaphysiciens ou des algébristes qui font la réputation des poètes et des
musiciens, ou tout au contraire, l'esprit dominant assujettit les autres à son
tribunal et la plupart du temps à ses erreurs.
Réflexions et Maximes 1746, page 286, citation de Luc de Clapiers marquis de
Vauvenargues (1715-1747)

Il n’y a point d’homme au monde qui parvienne à savoir tout, mais tout homme
doit aspirer à tout savoir. Tout jeune homme qui voyage, qui veut connaître le
grand monde, qui ne veut pas se trouver inférieur à un autre et exclu de la
compagnie de ses égaux dans le temps où nous sommes, doit se faire initier dans
ce qu’on appelle la maçonnerie, quand ce ne serait pour savoir au moins
superficiellement ce que c’est.

Histoire de ma vie, Giacomo Casanova, Chevalier de Seingalt, 1725/1798.

«L’Histoire de ma vie fut son dernier théâtre, sa dernière scène, là où il s’exposa
une dernière fois, lui qui ne pouvait vivre sans public, qui n’existait que par ou
pour les autres. Il a raconté, conté, murmuré sa vie. Il l’a pleurée aussi,
peutêtre... et l’a offerte à « ceux qui, à force d’avoir vécu, sont devenus
insusceptibles de séduction et qui à force d’avoir demeuré, dans le feu sont
devenus salamandres», Caroline Doridot, auteur BnF direction du
développement culturel.

Giacomo Casanova, fut tour à tour un écrivain, violoniste, espion, diplomate,
bibliothécaire mais surtout vénitien. Il publia en France sous le nom de Jacques
Casanova de Seingalt.

On peut dire ce que l'on veut sur cette association franc-maçonne philosophique
et philanthropique mais surtout pas qu'elle est une secte. Les sociétés secrètes de
la période opérative d'avant la Renaissance étaient des sectes. Le transfuge vers
la forme spéculative qui donna naissance à la Franc-maçonnerie en 1717, fit
d'elle une association secrète mais pas une secte ! Les Fondations des Grandes
Loges furent reconnues d'utilité publique en 1987.
6










































7 Présentation

1-
Préambule……………………………………………………………13

2- Avant propos……………………………………………………...17

3- Introduction……………………………………………………….21

4- Ce qu’il faut savoir………………………………………………..31

5- Les Grandes Loges………………………………………………..40

6- La Franc-maçonnerie française et ses origines……………………46
6-1. La Franc-maçonnerie était cultivée par la noblesse et les gens
d’église.

7- La Franc-maçonnerie dans la tourmente révolutionnaire…………56
7-1 La thèse du complot maçonnique anti chrétien de la
Francmaçonnerie.
7-2 Une grande figure franc-maçonne de la Révolution française.
7-3 La Franc-maçonnerie fraternelle selon Robespierre.
7-4 Les massacres de Septembre.
7-5 Les Thermidoriens.
7-6 Le 13 vendémiaire An IV.

8- Du Directoire au Consulat………………………………………...78
8-1 Le coup d'État du 18 fructidor An V (4 septembre 1797).
8-2 Le second coup d'État du 22 floréal de l'An VI.

9- Le Grand Orient de France et les Rites……………………………81
9-1 Les Rites et les grades.
9-2 Quelques maçons célèbres du XVIIIème siècle.

10- La Franc-maçonnerie sous le premier Empire, 1804/1814….......91
11-Vers et sous le second Empire de 1815 à 1870…………………..97
8 11–1 La Restauration 1814/1830.
11-2 La Monarchie de Juillet 1830/1852.
11- 3 La Deuxième République.
11–4. Le coup d'État du 2 décembre 1851.

12 - La Franc-maçonnerie sous le XIXème siècle…………………102
12–1. La Commune de Paris.
12- 2. Les Grandes figures.

13- La Troisième République vers le XXème siècle……………….123
13–1. La loi Rivet.
13–2. L'Amendement Henri Wallon.
13–3. La crise du 16 mai et la victoire des Républicains.
13–4. La belle période.
13–5. L'Affaire Dreyfus.
13–6. Les Grandes figures.

14 - Au début du XXème siècle…………………………………….137
14–1. L'affaire des fiches
14-1-1. Le déclenchement de l'affaire.
14-1-2. Les suites politiques de l'affaire.
14-1-3. Les suites morales de cette affaire.
14-1-4. En conclusion.
14- 2. Les Grandes figures.

15 - Au XXème siècle suite………………………………………...159
15–1. La séparation de l'Église et de l'État.
15–2. La Franc-maçonnerie ne fut pas en reste.
15 -3. Les Grandes figures.

16 - De la fin de la Première Guerre mondiale au Front populaire.. 173
16 -1. L'Entre-deux-guerres.
16–2. Les compléments et les Grandes figures.
16-2-1 L'affaire Stavisky.

17 - Du Front populaire à la Seconde Guerre mondiale……………194
17–1. Considérations franc-maçonnes.
17–2. La Franc-maçonnerie de l'Entre-deux-guerres.
9 17–3. Les accords de Matignon.
17–4. Les grandes figures.
17-4-1. L'affaire Salengro.

18 - De la Seconde Guerre Mondiale au Régime de Vichy………...216
18–1. Les francs-maçons sous le Régime à Vichy.
18–2. Les figures que l'on retrouva après l'armistice.
18–3. Les figures qui jouèrent un rôle.
18–4. Les hommes de main du régime de Vichy.
18–5. Les liaisons de l'Organisation de la répression
antimaçonnique sous l'occupation.
18–6. L'épuration.
18–7. Témoignage.
19- De la IVème République à la Vème République……………….258
20- L'OAS, les heures difficiles de la Vème République…………..266
21–La période contemporaine………………………………………278
21–1. Les Maçons atypiques.
21–2. 1944, Mitterrand découvrit les Maçons.
21–3. Rupture sur la laïcité.

22 - la période contemporaine suite………………………………...291
22–1. Alain Savary et la guerre des écoles.

23 - La période contemporaine suite……………………………….297
23–1. Mais de quelle laïcité s'agissait-il ?
23–2. Depuis 1981.

24 - Les Frères invisibles…………………………………………..303
24-1. Les affaires politico-maçonniques.
24–2. Les intouchables.
24–3. 1992, Le scandale de la Sagès.
24–4. Les maçons à la tête des Mutuelles, la Maif, la Macif, la
Matmut.

25- Sarkozy et la Franc-maçonnerie………………………………..314
10 25–1. Les trois points.
25–2. Vrais-faux et faux-vrais francs-maçons.

26- Sarkozy à l’image de Mitterrand ne voulait pas être en reste…..322
26–1.Les forteresses maçonniques.

27- Les Tabliers du Musée de la Grande Loge Nationale Française.330
27–1.Les Tabliers
27–2. Les grandes Obédiences Françaises.
27–3. Compléments symboliques.
27–4. «Nul n'entre ici s'il n'est géomètre», Pythagore.
28 - Les francs-maçons célèbres……………………………………345
Du N.O.M. au Gouvernement Mondial
29 – L’Ordre mondial et l’origine des choses………………………349
29–1. Introduction.
29–2. Les Bildelbergs.
29–3.La domination des hommes par les hommes.

30–L’histoire des chevaliers………………………………………..357
30–1. Les Chevaliers de la Table Ronde.
30–1-1. La légende arthurienne.
30-1-2 L’épée Excalibur du Roi Arthur.
30–1-3. La Sainte Lance.
30–2. Les faux Prophètes médiévaux.
30- 2-1. Introduction.
30-2-2. Le Moyen-âge.
30–3. L'histoire des Chevaliers Templiers.
30-3-1. Les Templiers et la Franc-maçonnerie

31– D’Albert Pike aux Guerres mondiales………………………....376
31 -1. Albert Pike.
31–2. Le Nouvel Ordre Mondial luciferien ou satanique ?
31–3.Le Complot du Protocole de Toronto et les Guerres
napoléoniennes.
31-3-1. Les Guerres napoléoniennes.
11 31- 4. Le Programme révolutionnaire.
31–5. Les Guerres mondiales.

32 - Le Gouvernement mondial……………………………………396
32 -1. Introduction.
32- 2. Le Gouvernement Mondial, voir aussi le paragraphe 29 -1.
32 -3. Banques le triomphe des coupables par Jacques Attali, lundi
3 août 2009.
32- 4. Qu’est-ce que la Trilatérale ?
33–Réflexions………………………………………………406
34-Références………………………………………………410
























12 Sur son portail, Platon avait fait graver cette inscription,
Nul ne doit entrer sous mon toit qu'il ne soit dénué de géométrie
C’est-à-dire, nul ne doit s’introduire ici, s'il n'est juste car la géométrie est égalité
et justice
Chiliades VIII, 974-7, trad. [SAF], p. 84
1 - Préambule,
Depuis un âge majeur, j'entendais parler de francs-maçons, de Franc-maçonnerie
avec une intonation d'inquiétude comme si parler de Franc-maçonnerie était
interdit. Autour de ce nom s'attachait un mystère, quelque chose de secret dont il
fallait éviter de parler. Par exemple, si on parlait d'une personne politique
importante et que l'on vous disait, c'est un franc-maçon, on avait l'impression que
l'on vous avait tout dit. Il y aurait dans ce terme un silence inquisitoire qui ferait
qu'il ne faut pas en parler. Justement c’est à cause de cela que je me suis lancé
dans ce livre afin de m’éclairer et d’éclairer les lecteurs. Par ailleurs, vous
entendez qu'un grand homme politique est franc-maçon, de suite apparaît la
forme d'une suspicion sur son intégrité, quelles magouilles a-t-il faites, c'est une
secte ? Pourquoi tant de mystères dans cette Franc-maçonnerie ? Pourquoi faut-il
que les humains se groupent en associations secrètes pour vivre, quel en est
l'intérêt ? Ne serait-ce pas le pouvoir obscur, le plus influent, le pouvoir de la
force, celui qui agit en dessous ne serait-ce que pour influer sur la politique d'un
pays puisque de grands hommes politiques furent, pour certains d'entre eux,
francs-maçons ?
Il est bien difficile de se faire une idée exacte de cette association composée
d'hommes, de femmes, mais aussi mixtes. La maçonnerie française est très riche
eut égard au caractère prétendu libéral des maçons ? Ils se réunissent suivant des
rites initiatiques de fraternité dans ce que l'on appelle loges, pour logis, qui laisse
supposer une obédience en référence à quelque chose que l’on nomme
maçonnique en rapport à une confrérie de maçons terme originel des tailleurs de
pierres.
Une obédience est représentée par une loge, formant une confrérie morale
référée à un ordre supérieur ecclésiastique, ou à une maison religieuse ou
adogmatique dépendant d'une maison principale, ou à une puissance spirituelle
politique ou à celle qui lui est rattachée. C'est vaste et peu précis de toute façon,
c'est une domination sur ceux qui s'y rattachent puisqu’il leur faut, par leurs rites,
leurs symboles, leur culture, avoir le sceau de cette obédience sur le ventre pour
être leur franc-maçon, c'est-à-dire leur ouvrier.
La Franc-maçonnerie est une organisation hiérarchisée de personnes devenues
"franc-maçonnes" dans une association comme «Le Grand Orient de France»
13 dite libérale et adogmatique, par exemple, qui a, à sa tête, un «Grand Maître»
pour la Franc-maçonnerie française. De grands mots, quelle vénération leur
doiton ?
On évoque souvent le secret maçonnique qui a toujours suscité un intérêt parfois
bienveillant et parfois hostile. Qui sont ces personnes qui se réunissent sans faire
obligatoirement référence à une appartenance à une religion à un parti politique ?
Toutes celles qui se muent pour un but relationnel, ou en considérations sociales,
religieuses, philosophiques, voire politiques, la Franc-maçonnerie est souvent un
marchepied pour s'élever dans la société.
Il y a aussi celles qui se demandent bien pourquoi il y a secret ? Et celles qui,
inféodées à une religion dogmatique, sectaire, ou politiquement engagées dans
des voies mafieuses qui ne peuvent supporter une réflexion sur elles !
Déjà le Cardinal de Fleury sous Louis XV disait qu'il n'aimait pas les
«frimaçons» et ainsi eut lieu la première excommunication. D'autres suivirent.
Mais que veulent donc ces francs-maçons ? Leur confrérie donne à ses membres
l'occasion de réfléchir sur l'éternel triptyque philosophique,
«Qui sommes- nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ?».
Un bien vaste thème sans fin qui implique la connaissance de l'histoire du
monde, des religions, des langues, des hommes. La Maçonnerie, c'est
philosopher pour philosopher, comme de nombreux mythes, elle met en scène le
thème commun de la renaissance de l'Être nouveau que nous portons en nous et
que les conditions de la vie de tous les jours ont endormi, voire peu à peu
occulté.
L'Initiation maçonnique dit Serge Hutin, docteur ès lettres et diplômé EHE,
1929/1997 écrivains d'ouvrages sur l'ésotérisme, notamment l'alchimie, les
sociétés secrètes, est un processus destiné à réaliser psychologiquement chez
l'individu, le passage d'un «état inférieur de l'être à un état supérieur». Cette
transformation d'un «profane en initié», implique, qu’au cours de son chemin, il
soit censé atteindre des niveaux de conscience permanents différents de ceux
dans lesquels il vivait antérieurement. Une bien grande espérance qui demande
écoute, analyse, assimilation et volonté de changer.
D'aucuns disent que c'est un État dans l'État.
Il existe une Franc-maçonnerie Anglo-saxonne, une Franc-maçonnerie française
et Européenne. La Franc-maçonnerie est en quelque sorte une toile d’araignée
mondiale organisée en Grandes Loges. Elles seraient cooptées à partir d'une
14 Grande Loge reconnue ou par au moins trois loges régulières. Cette Grande Loge
subit donc un examen de conscience morale, politique, social, qui doit cadrer
dans la politique des Loges cooptatives et ainsi de suite. L'organisation de cette
structure est hiérarchisée. La Grande Loge est souveraine sur toutes les loges de
sa juridiction. C'est donc une autorité reconnue pour ses travaux symboliques, ou
les maçons ne font rien d'autre que de parler par des échanges d'idées ou
d'opinions, avec des Apprentis, des Compagnons et Maîtres francs-maçons dans
la juridiction.
La grande majorité des individus n’est pas franc-maçonne, seule une très infime
quantité l’est. Il faut donc apprendre en obédience maçonnique pour le devenir.
C'est comme le métier du compagnon tailleur de pierres d'antan que l’on
apprenait avec des maîtres compagnons. Mais, ce n'est pas un métier, que du
virtuel, des mots, du mysticisme mais finalement du savoir organisé suivant des
rites ! Chaque être a des qualités qu'il faut comprendre pour en extraire
l'essentiel. Le plus instruit n'est pas obligatoirement le meilleur, et bien souvent
il ne comprend pas ses « Frères » par sa prétention à tout savoir.
En fait nous le verrons au cours de ces pages que la Franc-maçonnerie à servi à
bien des hommes pour accéder a des responsabilités gouvernementales.
C'est pour cela que le titre de ce livre est «La Franc-maçonnerie dans l'histoire
française et du Nouvel Ordre Mondial au Gouvernement Mondial», parce qu’elle
influe sur la gouvernance du monde, les grands décideurs de David Rockefeller à
Henry Kissinger étaient ou sont encore avec d’autres francs-maçons. Ce n'est
donc pas un livre exclusivement sur la Franc-maçonnerie qui ne s'adresserait qu'à
des francs-maçons, ce qui ferait qu'il masquerait les liaisons politiques de la
Franc-maçonnerie avec les puissants qui nous gouvernèrent et nous gouvernent.
Les francs-maçons n'ont aucunement besoin de ce livre leurs obédiences en sont
largement pourvus avec de nombreuses publications. Et puis la
Francmaçonnerie en tant que telle à un intérêt limité. Ce qui compte c'est ce qu'elle
apporta et apporte dans son combat sur les idées et sur les hommes et là c'est de
l'histoire mêlée. Ce livre apporte donc un autre regard sur les livres d'histoire
dans lesquels la Franc-maçonnerie en tant que facteur de pression politique n’est
pas assez montrée.
Les francs-maçons furent des personnes influentes et parfois même des
seigneurs, des nobles avides de pouvoir. Beaucoup d'idées et de pensées ont été
mises à jour dans les loges surtout aux Lumières. La découverte de la
Francmaçonnerie nous conduit à la fin du XVIIème siècle ou elle prit pleinement son
essor au XVIIIème siècle pour subir à la Révolution une perte notable de son
influence, trop noble et bourgeoise elle ne comprenait pas la misère du peuple.
Je n’ai pas la prétention de traiter ce sujet de façon exhaustive, bien trop vaste et
15 peu précis, je veux seulement en donner une image qui remonte aux tailleurs de
pierres puis ensuite basculer dans la philosophie spéculative à la Renaissance
abandonnant la forme opérative primitive.
Je ne suis pas franc-maçon, trop âgé et mes gènes s'accommoderaient mal avec la
soumission à un ordre, mais il m’a plu de connaître. La découverte livresque et
les pages Web de cette Franc-maçonnerie m'ont permis d'apprécier ce qu'elle
apporta finalement à notre pays dans les avancées sociales qui nombreuses
germèrent dans les loges, bien qu'à l'origine de la forme moderne elle était
surtout pour la noblesse et les grands bourgeois. Toutes les classes de la société
des princes aux philosophes, écrivains, savants, comtes, militaires et même
Bonaparte jusqu'aux simples bourgeois furent mêlées, imbriquées, dans cette
Franc-maçonnerie. Beaucoup, avant moi et plus compétents ont apporté leur
analyse, leur réflexion sur la Franc-maçonnerie, sur son influence et son
imbrication mondiale. Et c'est sur ce qui est écrit sur la toile et dans les livres
numériques que j'ai fait ce livre, sachant d'une part, que ce qui se construit dans
les loges est secret et que d'autre part, je ne pouvais consulter que sur la toile, il
n'est plus de mon âge de courir les bibliothèques, les librairies, et ce fut encore la
curiosité et l'envie d'apprendre qui me motiva. Je fus contraint de faire des
recoupements pour rechercher une exactitude, et la question que je me suis posée
: est-ce que cette recherche donne une image acceptable de la Franc-maçonnerie
? Oui, car c'est un amalgame d'histoire et de politique et cet amalgame est
largement écrit en livres numériques sur le Web. Sachant de plus, que les livres
numériques, parce qu'ils sont anciens, donnent de précieuses informations. Je
fus donc amené à m'intéresser à ses sources en remontant à la Torah, au
judaïsme, à la cabbale, aux Templiers, les sociétés secrètes, puis la Renaissance
avec son ésotérisme et alchimisme. Mes références furent celles de nombreux
morceaux d'articles de Wikipédia, et des livres proposés par Google chaque
partie apportant un élément à la construction de ce travail. J'ai, en outre, eu
comme plan les articles sur la Franc-maçonnerie des dossiers d'actualité de
l'histoire qui est une revue des Editions Darnétalaises, siège social 22 rue Pierre
Lefebvre 76160 Darmétal, E-mail:
édito@actualité-histoire.org-www.actualitéhistoire.net, mais aussi sur la Révolution française, le Cercle des Lumières,
l'Empire, les Bonaparte, l'histoire humaine de la Franc-maçonnerie,
Francmaçonnerie et Napoléon, histoire de la Troisième république, sur les Rites, Le
grand Orient de France, l'Affaire Dreyfus etc...Si j'explique cette démarche c'est
pour apporter une crédibilité. On verra que la Franc-maçonnerie moderne
remonte à 1717 par la création de la loge mère, la Grande Loge d'Angleterre. On
peut sans se tromper dire qu'au début la Franc-maçonnerie concernait une petite
partie de l'Europe pour ensuite s'étendre dans le monde parce qu'elle n'a pas eu
de frontières. Les hommes dans leur instinct naturel ont toujours cherché à
former des clans pour imposer leur idéologie. Les francs-maçons se considèrent
des « Frères » tant les rites se sont mêlés tout au long de leurs évolutions.
16 2 - Avant propos
Quand on s'intéresse à l'histoire politique on ne peut ne pas s'intéresser à la
Franc-maçonnerie. C'est par son chemin que s'est forgé la culture du dialogue, du
bien parler et qu'elle fut un élément important par l'influence des hommes
maçons devenus célèbres comme La Fayette, Franklin Roosevelt par exemple,
Jules Ferry, et de nombreux autres des Lumières, Montesquieu, Diderot,
Voltaire, Condorcet qui fréquentèrent les loges ce que l'on découvrira dans ce
livre. La Franc-maçonnerie était une association philosophique et
philanthropique qui apparut en Ecosse en 1598 puis en Angleterre au XVIIème
siècle, elle fut un attrait pour ces philosophes débattant de politique, de société,
de culture dans ce qui était le début des loges. C'est donc à Londres, en 1717,
que la Franc-maçonnerie dite spéculative d'aujourd'hui fut le transfuge de la
Maçonnerie opérative des bâtisseurs de cathédrales des temps anciens.
Les maçons dans la forme spéculative de la Franc-maçonnerie militent et
débattent secrètement suivant un rite graduel qui, contrairement, à ce que
d'aucuns pensent ne constitue pas une secte, ce qui ne fut pas le cas dans les
sociétés secrètes d'origine. Il n'y a pas de gourou, mais un Grand Maître, comme
un roi devant ses fidèles, et des règles à respecter et tout d'abord il faut être initié.
Cela signifie de se conformer à un parcours initiatique et au jugement des
maçons de la loge, mais cela ne peut se faire que si l'on est parrainé et honnête
citoyen. Mais aussi qu'entre le parrain et le candidat il y ait communion et
confiance et qu'en outre, le parrainage soit actif durant l'initiation et même après.
Le parrainage est un élément-clé, il signifie fidélité confiance et amitié.

La Maçonnerie implique un engagement personnel. Manuel Valls fut parrainé
par Jean-Pierre Antebi secrétaire aux affaires extérieures au conseil de l'ordre du
Grand-Orient de France en 1969 un grand rocardien défenseur de la laïcité. Mais
pas que lui, l'influence de la Franc-maçonnerie sur un président de la République
n'a jamais été aussi importante. On y trouvait Christiane Taubira, initiée à la
Grande Loge féminine de France (GLFF), et on y trouve Jean-Yves Le Drian,
depuis longtemps membre du Grand Orient de France (GODF), avec un autre
ministre, celui des Outre-mer, Victorin Lurel, qui reconnût officiellement son
appartenance au GODF, où il était dans les années 1980, en Guadeloupe, dans la
«Loge Acacia des Tropiques». D'autres ministres sont aussi franc-maçon, Michel
Sapin, Alain Vidalies, quant à François Hollande, il fut, pendant la campagne
présidentielle, présenté en tenue blanche fermée au GODF accompagné par
Victorin Lunel.

Ne rentre pas donc qui veut en maçonnerie, il faut assurer les étapes qui mènent
au grade de maçon, cela demande du temps. Accepter d'être jugé et d'évoluer
ensuite par grades car, comme dans toute association d'hommes, il y a une
17 hiérarchie qui s'instaure et ce sont ceux qui s'imposent et qui, par leur
background, parviennent à s'élever et à dominer les autres. Il s'ensuivit une
obligation de servitude mais aussi des affinités, voire des mécontentements, ce
n'est que l'expression du comportement humain. C'est la même chose qu'un parti
politique, ou les plus diplômés sont toujours ceux qui dominent et qui ne passent
pas par la case départ.
Le terme « Franc-maçonnerie » a pour étymologie Franc (libre) et maçon
(tailleur de pierres, un métier qui date de l'Antiquité) il représentait au
Moyenâge l'identité d'une corporation qui au cours du XVIIIème siècle s'appelait le
compagnonnage. La Franc-maçonnerie, dans ses obédiences, représente
aujourd'hui une association d'hommes en recherche de notoriété qui échangent
leurs idées, comme un parti politique dans celui des sections ou cellules ou
s'organise les actions à mener, alors qu'en maçonnerie il n'y a pas de contact
direct avec la société. Mais elle n'est pas une secte reconnue dans la Commission
d'enquête parlementaire sur les sectes en France. Son empreinte est
internationale, et chaque loge pratique un rite en fonction de sa religion et de sa
culture, ce qui fait son obédience.
En mars 2009, j'ai voulu écrire sur la Franc-maçonnerie dans mon blog au
Monde.fr http://anidom.blog.lemonde.fr puisqu'elle influe jusqu'au plus haut
niveau politique. Elle est une source de connaissances humaines, et la politique,
science humaine, n'est autre que les actions à mener sur l'équilibre et le
développement interne et externe d'une société, avec ses rapports entre les
hommes dans ce qui a trait au collectif en donnant une représentation de l'état de
la société, ce qui en fait sa valeur. En Franc-maçonnerie le débat dans les loges
enrichit les rapports humains. Le secret maçonnique est une condition à son
existence fraternelle, les maçons se reconnaissent comme frères et sœurs. Cette
fraternité n'est pas symbolique, elle est sincère, ce qui fait que le secret des
débats est bien gardé.
Pourquoi évoquer autant ce secret parce que c'est le reproche qui lui est fait, il
inquiète. Il faut avoir à l'esprit que ceux qui dirigent voient toujours d'un
mauvais œil ce qui est secret. Pourquoi, parce qu'ils ont peur de ne plus dominer,
de perdre leur pouvoir et que de ce secret naissent des idéologies contraires. C'est
matériellement vrai, mais les Grandes loges agissaient pour le bien des hommes
et non pour leur exploitation. Les trois Grandes Loges maçonniques françaises
plutôt à gauche, laïque pour le Grand Orient de France, plutôt philosophique et
droitière pour la Grande Loge de France, plutôt cléricale et droitière pour la
Grande Loge Nationale Française, peuvent se glorifier dans le secret de leurs
délibérations d'avoir combattu le fascisme, le totalitarisme, l'hitlérisme, mais
elles ont aussi apporté beaucoup. C'est aussi pour cela qu'elles furent interdites
18 sous l'occupation allemande en 1940. Les premiers débats sur l'avortement furent
dans les loges, comme le mariage homosexuel et l'euthanasie.
Le terme de loge est apparu pour la première fois au XIIIème siècle en
Angleterre, il désignait l'endroit bâti où les ouvriers maçons rangeaient leurs
outils, prenaient leur repas et se reposaient. À partir du XVème siècle, la loge
désignait le bâtiment, le logement, ou se réunissent les maçons d'un chantier.
La Franc-maçonnerie fut aussi contrainte, par Elie Louis Decazes 1780/1860
ministre de la justice d'être à l'écart, mais non interdite, lors de la « chambre
introuvable des députés royalistes, dits Ultras » pendant de la seconde
restauration qui succéda aux Cent Jours. Il fit fermer toutes les issues de la
chambre dès le 7 juillet 1815 conduisant ainsi à sa dissolution par Louis XVIII
d'ou le qualificatif d'introuvable. Cela eut pour conséquence l'établissement d'une
assemblée plus libérale.
Au siècle des Lumières, sous Louis XV, par l'influence de la marquise de
Pompadour protectrice des Arts et des Lettres, qui fut très favorable aux
philosophes et aux intellectuels, les écrivains pouvaient ainsi avoir la liberté de
répandre des idées contestataires et le peuple devenait de plus en plus cultivé, il
commençait à s'émanciper. Cette forme naissante d'une démocratie de l'ombre ne
pouvait qu'inquiéter le pouvoir monarchique et à l'époque seul le cardinal de
Fleury s'en inquiéta. Informé par les rapports de police de plus en plus
nombreux, de l'existence d'assemblées, il considéra que de telles assemblées ne
pouvaient être que dangereuses pour l'État et il s’efforça de combattre cette
forme de nouvelle société, sans grand succès d'ailleurs. On prétendit même que
Louis XV fut initié, comme le furent les frères de Louis XVI et le comte de
Provence futur Louis XVIII, ainsi que le comte d'Artois futur Charles X.
Mon travail initial dans mon blog comporte 36 articles dans la catégorie
Francmaçonnerie que l'on peut trouver sur la toile. Cette fresque fut publiée
gratuitement en cinq fascicules sur le site Mémoires et Modernités Radicales, à
la suite de la demande de l'un de ses fondateurs, Monsieur Richard de Lemeny.

http://memoireetmoderniteradicales.com/index.php,

j'ai voulu reprendre ce travail en y apportant des compléments et plus de
réflexion pour en faire un livre.
Les Maçons de l'antiquité étaient des maîtres compagnons qui formaient déjà un
groupe de pression à qui les monarques accordaient des privilèges particuliers,
c'était une élite de bâtisseurs et il faut reconnaître que les Hauts vestiges de
l'Égypte, de la Rome antique, de la Grèce de la Jordanie, de la Syrie montrent
bien la valeur de leur travail.
19 Les Grands hommes, de l'antiquité à notre civilisation, ont toujours eu le souhait
de laisser une trace de leur passage, ce fut les pyramides, les temples, les
cathédrales, les musées, les bibliothèques, et la pierre en constituait les murs.
La symbolique maçonnique du compas et de l'équerre représente bien l'outil de
ces tailleurs de pierres. De ceux-ci furent Pythagore, Euclide, Ptolémée
Philadelphie (Le bâtisseur du phare d'Alexandrie), et enfin, Auguste, le fondateur
de l'Empire Romain, qui fut promu «Grand Maître de la Loge de Rome».
Puis ce furent les légions romaines qui propagèrent dans le monde les loges. Au
début, c'étaient des sociétés secrètes, précurseures de la Franc-maçonnerie.
Vinrent au milieu du Moyen-âge, les Chevaliers de la Table ronde un ordre
secret au service du roi Arthur, c'était l'époque des Templiers dans l'Ordre du
Temple religieux et militaire protecteur de leur secret. C'était une milice
dénommée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, premier
temple juif de Jérusalem construit par Salomon sur le Mont Moriah de 1013 à
1006 av J.C., à vérifier. Selon la légende plus de 180.000 ouvriers y auraient été
employés et parmi lesquels 8.000 maçons. L'Architecte en chef aurait été le
Phénicien Hiram-Abi. Ce temple joua un grand rôle dans l'histoire légendaire du
compagnonnage et de la Franc-maçonnerie. Puis jusqu'au XVIIème siècle les
sociétés secrètes disparurent pour apparaître en associations sous le vocable de la
Franc-maçonnerie en 1717.










20 3 - Introduction.
Paul Copin-Albancelli de son vrai nom Paul-joseph Copin 1851/1939 développa
son aventure maçonnique et anti maçonnique dans son livre «Le Pouvoir occulte
contre la France, 1908, le drame maçonnique» dans lequel il écrivait,
«la Franc-maçonnerie n'est autre chose que la République à couvert,
comme la République elle-même n'est autre chose que la
Francmaçonnerie à découvert. Et Copin-Albancelli ajouta si la maçonnerie
avait fait connaître son véritable but à ses adhérents nous n'aurions pas
à constater de pareilles contradictions entre eux, il conclut, La
Francmaçonnerie est une société secrète», référence (1).
Ancien franc-maçon, journaliste devenu antimaçonnique, nationaliste
conspirationniste Copin-Albancelli lança au début du XXème siècle une
campagne de dénonciation de la Franc-maçonnerie afin de dévoiler les buts
secrets de cette «secte» trop souvent, d'après lui, ignorés du grand public, à
travers des journaux et quelques livres dont celui du Pouvoir occulte contre la
France.
Gustave Bord 1852/1934, historien de la Révolution française et essayiste connu
pour ses opinions antimaçonniques publia un ouvrage en 1908 de référence
historique de maçons sérieux dont la préface ainsi que des extraits de l'ouvrage
sont donnés par la seconde référence (1) La Franc-maçonnerie en France des
origines à 1815 sous la référence «www.baruel.com», mis en ligne en juin 2009.
Pour Gustave Bord
«le dogme maçonnique est une chose grave une pensée dangereuse
qui, conduit les sociétés aux pires cataclysmes, ne cherchez pas dans le
maçon, tantôt ennemi de caste ou de nationalité tantôt ennemi
politique ou religieux, car il renferme en même temps tous ces
dangers».
Il rejoignit dans sa réflexion Paul Copin-Albancelli, mais il ne faut pas oublier
que ces livres furent écrits en 1908 au début du XXème siècle et que l'Empire
austro-hongrois devenait une identité politique au centre de l’Europe par
l'annexion le 6 octobre de la Bosnie-Herzégovine, ce qui conduira le 28 juin
1914 à la Première Guerre mondiale par l'assassinat de l'archiduc
FrançoisFerdinand. Quant à la France ce début du XXème siècle vit des signes de
modernité avec l'expo universelle, une première ligne de métro, la loi de 1901
sur les associations, Marie Curie prix Nobel de médecine mais surtout l'affaire
21 Dreyfus, avec une certaine radicalisation du gouvernement par une politique
anticléricale 1899/1906. L'Église fut particulièrement visée en 1904. En 1905 la
fin du Concordat et la IIIème République conduisirent à la séparation de l'Église
et de l'État ce qui mit en place la laïcité en France.
Lorsque la Franc-maçonnerie s'installa en France au XIXème siècle elle fut
l'objet d'attaques populaires, le secret entraina un début d'hostilité ou la liberté
d'expression et d'association existaient peu ou pas. Ce secret maçonnique mal
perçu conduisit à une forte suspicion anti chrétienne allant jusqu'à donner
naissance à un complot anti chrétien. Les loges naissantes qui proposaient à leurs
membres de se regrouper chez un de leurs membres entrainèrent fantasmes,
libellés, satires, pamphlets contre la Franc-maçonnerie naissante. Cela eut pour
effet de cultiver une abondante littérature antimaçonnique dont les premiers
écrits véritablement hostiles furent en 1744 «La Désolation des entrepreneurs
modernes du Temple de Jérusalem de Louis Travenol», un nouveau catéchisme
des francs-maçons et «L'ordre des francs-maçons trahi et le secret des Mopses,
(le secret des petits chiens dogues, le carlin, (Mopsus en latin)) révélé de l'abbé
Pérau». Tous deux prétendirent avoir infiltré un atelier. Travenol décrivit les
tenues comme des «orgies solennelles» et les rituels comme des «momeries». Le
fait que la Franc-maçonnerie soit d'origine Britannique fut la cause d’un
nationalisme délétère. De toute cette littérature se dégagea deux tendances
antimaçonniques la religieuse et le politico-sociale. La thèse de l'antimaçonnique
religieux trouva ses racines dans l'existence de liens entre Napoléon Bonaparte et
la Franc-maçonnerie en vue d'abattre la civilisation chrétienne, bien que le
régime concordataire ait réorganisé les rapports entre les différentes religions et
l'État de 1801 à 1905. D'ailleurs les liens entre l'Empereur et la
Francmaçonnerie furent décrits par Alexandre Dumas dans l'un de ses livres,
«Mémoires de Garibaldi 1860». À partir de cela, un amalgame fut construit dans
le milieu catholique à partir du livre d'Augustin Barruel «Mémoires pour servir à
l'histoire du jacobinisme entre 1797 et 1799» paru en quatre volumes, ouvrage
traduit en plusieurs langues exerça une grande sur les idées politiques du début
du XIXème siècle. Il dénonçait un complot maçonnique dans la Révolution
française. Là dessus vint se greffer la théorie du complot juif dans leur volonté
de domination du monde, mythe incarné par «Les Protocoles des Sages de Sion»
document du début du XXème siècle dénonçant un programme juif de
domination du monde, créé par le faussaire antisémite russe Matveï Golovinski
pour le compte de la police politique tsariste. Tout cela est bien compliqué et je
renvoie le lecteur au chapitre La Franc-maçonnerie dans la tourmente
révolutionnaire.
Dans cette préface est présenté le dessin ci-dessous qui montre pour Gustave
Bord l'influence de la Franc-maçonnerie sur la République.
22
Qui est une usurpation d'un antimaçonnique !
Augustin Barruel était un prêtre jésuite essayiste et polémiste. Il travailla à
montrer que la Révolution française n'était pas un soulèvement spontané, mais
commencé dans les loges et dans les clubs pendant plusieurs décennies. Les
loges étaient des centres d'intrigues politiques. L'influence de la
Francmaçonnerie ne peut donc être niée par aucun chercheur d'histoire politique. On
peut lire que la Révolution française était prévue au bénéfice de la bourgeoisie,
la classe supérieure avec le peuple comme instrument. Le comte François-Henri
de Virieu 1754/1793 franc-maçon d'une loge martiniste de Lyon, rattachée à
l'ésotérisme et à la mystique judéo-chrétienne, s'était rendu au couvent de
Wilhelmsbad en 1782, voir le chapitre 7, pour y dénoncer un complot en cours
dans un état d'avancement tel que la monarchie ni l'église ne pouvaient en
réchapper. Le club des Jacobins, le plus célèbre club de la Révolution française,
qui fut celui qui prépara la Révolution selon Georges Couthon en 1793, (voire la
Franc-maçonnerie dans la tourmente révolutionnaire) c'est ici qu'elle s'est faite,
c'est ici que se sont préparés les grands évènements clama-t-il ! Et Augustin
Barruel ne fit que déclarer ce qui se tramait dans les loges.
Le club des Jacobins était un cercle de réflexion, un groupe de pression d'une
remarquable efficacité. Partisan de la politique de salut public il agissait contre
ceux qui menaçaient la République. Le Comité de salut public dominé par
Danton, un cordelier, puis Robespierre, un jacobin, dont sa chute entrainera celle
de l'influence politique du club ainsi que sa dissolution. Pour Augustin Barruel le
processus engagé dans les loges et les clubs visait à permettre à la bourgeoisie de
s'emparer du pouvoir. Dans ses mémoires, il soutenait la théorie du complot
selon laquelle les illuminés de Bavière dès 1787 infiltraient la Franc-maçonnerie
et d'autres sociétés pour renverser les pouvoirs en place aussi bien politique que
religieux. Sa thèse montrait que la Révolution française résultait d'un complot de
23 philosophes athées, les francs-maçons et de certains Protestants contre l'église et
la royauté.
Que la théorie du complot fut fromentée comme je l'ai décrit en début d'article
pour expliquer l'antimaçonnisme de l'époque, il n'en n'est pas moins vrai que le
dessin ci-dessus, ne peut être qu’une manipulation signée avec la référence
«www.barruel.com» puisque Augustin Barruel est décédé en 1820. Ce dessin fait
référence, entres autres, au président de la République ainsi qu'à l'euro, il est de
création en 2009.
Mais cela ne signifie pas que la Franc-maçonnerie ne soit pas une République de
l'ombre parce que l'on y débat et que son influence, par les hommes qui
fréquentèrent les loges eurent à exercer des fonctions ministérielles fruit culturel
des débats. De là découle son influence qui, pour Alain Queruel, formateur et
conférencier chargé de cours sur la Franc-maçonnerie à l'université du temps
libre d'Orléans et de celle de Paris 7 Diderot, écrit dans son livre histoire,
fondements, figures, énigmes, et pratiques, Eyrolles pratique, (2),
c'est le reflet du monde intellectuel et politique,
page 22, «la Renaissance en exaltant les valeurs purement intellectuelles au
détriment du travail manuel creuse un fossé entre les exécutants d'ouvrages et les
autres». C'est vrai que la France fut toujours dominée par les intellectuels au
détriment des bâtisseurs comme si ceux-ci n'avaient pas de culture ! Même
maintenant on ne voit qu'eux philosophes, journalistes mobiliser les médias,
alors que les bâtisseurs, ingénieurs et autres en sont exclus. C'est un grand
dommage qui fait que nous ne sommes pas industriels.
Alain Queruel conclue que ce changement de mentalité bouleversait la
physionomie des loges, on y vit entrer tout d'abord quelques individus lettrés
comme des clercs ou des nobles, puis dans un second temps la maçonnerie
spéculative des Alchimistes et Cabbalistes, qui représentaient bien l'évolution
intellectuelle de la Renaissance des XIVème-XVIème siècles, montraient un
changement radical de fonction par rapport à la forme opérative des bâtisseurs.
Il s'agit de l'histoire des gentlemans maçons écossais, Harry Carr historien dans
sa thèse sur la transition, nous apprend qu'ils se seraient retrouvés seuls dans les
loges par suite de la décadence de la forme opérative, et que, de ce fait, ces loges
devenaient spéculatives par l'influence de personnes étrangères au métier de
gentilhomme maçon. L'intérêt de ces personnes pour les courants alchimistes et
néoplatoniciens serait né à Florence au XVème siècle dans la continuité du
néoplatonisme doctrine philosophique élaborée à Rome en 232 et pour la
tradition Rose-Croix à partir du XVIIème siècle. La Rose-Croix, matérialisait
24 l'état de perfection spirituelle et mentale, elle était un ordre cabbalistique, fondé
en 1888, par Stanislas de Guaita, 1861/1897, occultiste et poète et Josephin
Péladan, 1858/1918, occultiste et écrivain. L’ordre était lié au martinisme,
courant de pensée ésotérique judéo chrétienne et à l’église gnostique. Il
enseignait la cabbale et l'occultisme. Les manifestes Rose-Croix, étaient de
pensée alchimiste en référence à Paracelse, 1493/1541, alchimiste, astrologue et
médecin suisse, précurseur de la toxicologie, et pionnier de la médecine
psychosomatique. Le mouvement Rose-Croix fut considéré sectaire par la
Commission d'enquête sur les sectes du 04 octobre 1958. On voit que
maçonnerie, cabbale, alchimie, magie, philosophie, astrologie, médecine étaient
imbriquées et chacun y trouvait sa pensée. La Renaissance entrait dans une
période de rêverie.
Au XVIème siècle les chrétiens de plus en plus nombreux, sous l'influence des
ouvrages de Pic de la Mirandole, 1463/1494, théologien et humaniste italien, et
Johanesse Reuchelin 1455/1522, un humaniste allemand s'intéressèrent à la
cabbale en même temps qu'à l'étude de l'hébreux. Pour Pic de la Mirandole les
deux sources du christianisme, la révélation biblique et la philosophie grecque
découlaient d'une même origine dont la cabbale était le témoin de plus fidèle.
Johanesse Reuchelin professeur de grec et d'hébreux à l'université d'Ingolstadun
et de Tübingen rencontra, à Florence, Pic de la Mirandole au cours de sa visite
en 1490 à Rome. Il apprit de lui l'influence de la cabbale hébraïque sur les
religions et s'intéressa de ce fait à cette langue. De ses recherches, dans la langue
de la Bible, il étudia le Talmud, et la cabbale, dans son ouvrage (De arte
cabbalistica). Dans le judaïsme le Talmud (la loi orale) est le principal vecteur de
génération en génération de la loi écrite la Torah.
Pourquoi la cabbale ? Parce que cette culture universelle était présente dans les
milieux religieux et intellectuels et tout ce qui pouvait éclairer l'ignorance était
une source d'intérêt. Elle compterait dix neuf-siècles d'âge selon l'histoire des
religions dans une littérature abondante en ouvrages écrits, Histoire des religions,
http://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1947_num_134_1_5604
«La cabbale se veut un outil d'aide à la compréhension du monde en ce sens
qu'elle incite à modifier notre perception du monde Pour ce faire, la cabbale met
à disposition de ses adeptes un diagramme synthétique : l'Arbre de vie ou des
Sephirot, et autres clés de lecture pour de multiples ouvrages, ainsi qu'un
foisonnement de concepts. Elle propose ses réponses aux questions essentielles
concernant l'origine de l'Univers, le rôle de l'homme et son devenir. Elle se veut
à la fois un outil de travail sur soi et un moyen d'appréhender d'autres systèmes
de pensée».
25 Sa définition n’est pas aisée, on rencontre en parcourant la toile plusieurs
définitions et ce qui me parait la plus simple est de se référer à l'étymologie du
mot. Ce mot vient de l'hébreu (qabbalah) qui signifie tradition authentique
ou encore reçu par tradition. Sa racine est (qabel ) qui signifie recevoir. On
peut avoir une idée de l'alphabet hébraïque par cette adresse :
http://www.kabbale.org/hebreu.htm. La cabbale est donc une religion qui est
reçue par tradition authentique. On comprend mieux maintenant l'influence de la
cabbale sur l'origine de la Franc-maçonnerie par l'importance de la religion dans
ses loges.
La cabbale remonte donc à Moïse, puisqu'elle est une présentation de la loi orale,
ci-dessus, et secrète que Dieu lui donna sur le Mont Sinaï en même temps que la
loi écrite et publique, la Torah, qui est, selon la tradition du judaïsme,
l'enseignement divin transmis par Moïse au travers de cinq livres que la tradition
attribue à Moïse, mais que la réalité montre qu'ils furent réalisés à Babylone par
de nombreux rédacteurs. La tradition eut un énorme pouvoir eut égard à
l'ignorance des hommes. De ces cinq livres découle le Pentateuque qui, pour les
chrétiens, représente les cinq premiers livres de la Bible et chez les juifs la
Torah. De cette Bible vient l'ensemble des enseignements de la religion
chrétienne. La cabbale, ou mystique juive, est donc une religion traduite de la
Torah (voir aussi la seconde partie chapitre 29-3 la Genèse Nimrod et la Tour de
Babel).
Mais il y a aussi plusieurs autres livres sur la cabbale dont le Seder Ha Zohar,
«Le livre de la Splendeur» écrit il y a environ 2.000 ans par Rabbi Shimon bar
Yohaï soit par Moïse Shem Tob de Léon un rabbin espagnol du XIIIème siècle
généralement considéré son compilateur et qui sont l'œuvre majeure de la
cabbale, références (3), (4), (5). Le livre de la création, le Seder Yetsirah, est le
livre juif le plus ancien écrit de la cabbale, il est attribué au patriarche Abraham.
Dans Morals and Dogma, (6) Albert Pic (7) mais aussi le chapitre 31-1, Grand
Commandeur du Rite écossais ancien et accepté, déclara que la
Francmaçonnerie était un produit de la cabbale.
Le terme du cabbalisme fut repris par nombre de nouveaux mouvements
religieux, dont le Centre de la cabbale situé à New-York depuis les années 1.980.
Maurice-Ruben Hayoun, spécialisé dans la philosophie juive médiévale, dans
son livre la cabbale éditions Ellipses, préfacé par Jacques Attali, à la question :
qu'est-ce que la cabbale ? Il est écrit, page 10 «au fond, cette littérature
exégétique d’un type assez particulier qu’on nomme cabbale ou mystique juive,
tente, comme dans les autres religions monothéistes (christianisme et islam) de
rendre compte, à sa façon, de la divinité, de la question du monde (émanation ou
26 création ?), et de la destination de l’homme. Mais c’est bien Dieu et le mystère
de la foi qui occupèrent la place centrale.....». Pour lui la cabbale s'écartait des
voies de la philosophie à laquelle elle s'était, à l'origine fortement opposée, mais
elle l'adaptera tardivement dans un esprit conforme au sien, Le Monde des
religions magazine français ou le journaliste Matthieu Mégevand est chroniqueur
et écrivain suisse.
Il n'est pas question de rentrer dans cette culture judaïque, d'ailleurs je n'en ai pas
la compétence, mais seulement de donner un aperçu de son imbrication dans la
magie, l'alchimie, la médecine, et la religion chrétienne, ce qui fait que l'on sort
un peu de la Franc-maçonnerie mais c'est pour mieux y rentrer.
L'intérêt au XVIème siècle pour la cabbale, pour un public chrétien de plus en
plus large, était pour l'étude de l’Hébreu, de sorte que des collèges trilingues
s'ouvraient un peu partout en France, en Italie, en Angleterre, etc...Et qu'il ne
faisait que confirmer la doctrine chrétienne, qui, pour Pic de la Mirandole,
«aucune science ne peut mieux nous convaincre de la divinité de Jésus-Christ
que la cabbale et la magie». Mais cet intérêt se limitait en général pour la théorie
des Noms divins et des pratiques proches de l'alchimie.
La théologie des Noms divins, est l'étude des différents arguments, attributs, ou
habillages que l'on peut affecter à Dieu. Saint Thomas d'Aquin, 1224/1274,
proclamé docteur de l'Église par Pie V en 1567 exposa cette théorie sous
l'influence de l'œuvre les Sentences de Pierre Lombard, un traité de théologie,
1146, l'un des livres les plus importants du Moyen-âge. Elles furent remplacées
au XVIème siècle dans le cycle des études universitaires, par sa Somme
théologique, de Thomas d'Aquin. Cette Somme théologique pour laquelle
Thomas d'Aquin consacra dix années de sa vie développait des questions sur
l'étude de Dieu, de la création, de la fin ultime de la vie des humains, du mérite,
de la foi, de l'incarnation, c'était par ses arguments et questions que l'on traçait le
mouvement de l'homme vers Dieu.
À la Renaissance le mouvement humaniste de la pensée européenne se
caractérisa par le retour aux textes anciens comme mode de vie d'écriture et de
pensée. Le centre le plus notable de l'humanisme de l'époque était à Florence. Un
siècle avant la fin de l'Empire romain d'Orient des Grecs érudits étaient venus en
Italie pour donner des cours de grec à Florence. Ils jouèrent un rôle dans le
développement de l'humanisme au sens de l'étude des textes de l'antiquité
grécolatine, liée au progrès de la philologie (étude d'un langage à partir d'un document
écrit) de l'édition des textes, autre activité de ces humanistes. Par le
développement de l'imprimerie, le mouvement humaniste se diffusa sur tout le
continent aux XVème et XVIème siècles à travers ce qu'on appela la République
des lettres, née elle aussi avec retard, et grâce aux nouveaux lieux de sociabilité
et d'émulation que furent les académies nées en Italie.
27 Césare Vasoli, 1924/2013 diplômé de Nietzche à l'Université de Florence en
1947 en philosophie morale, puis chargé d'histoire de philosophie médiévale,
docteur honoris causa de l'Université de la Sorbonne au Centre des études
supérieures sur la Renaissance, dans son livre «Les philosophies de la
Renaissance» (Bruno Mondatori 2002). Entre mythes et réalités traditions
magiques et ésotérisme dans le XVème siècle rappelèrent, toute l'influence que
l'ésotérisme exerça sur le monde européen conduisant à des pratiques qui
promettaient de révéler les «arcana mundi», (qui dissimulent le monde secret),
aussi bien au philosophe qu'au médecin, voire au religieux, référence (8).
Césare Vasoli professeur de philosophie morale en 1970 et de la Renaissance
1980/1994 à l'Université de Florence, affirmait,
«la società dell’Europa rinascimentale continuava a mantenere l’aspetto rozzo e
inconditoto della stregoneria contadina e popolare, ma anche nutrire la dotta
immaginazione di filisofi e teologi educati alla lettura dei classici della magia
neoplatonica ed ermetica ». La société de l'Europe de la Renaissance continuait à
maintenir l'aspect brut et "inconditoto" de la sorcellerie paysanne et populaire,
mais aussi nourrir l'imagination savante de philosophes et théologiens bien
élevés à la lecture des classiques de la magie néo-platonique et hermétique, (voir
Histoire de la Philosophie par le Docteur Henri Ritter, Paris librairie de Lagrave
1836).
Cette société renaissante était bien moins cartésienne que postmédiévale.
Pic et Reuchelin assimilèrent la cabbale à l'alchimie pour son mysticisme. Dans
la pratique, l'alchimie était une discipline en rapport avec la transmutation des
métaux, c'est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale qui devait changer les
métaux, guérir les malades et prolonger la vie. Les alchimistes pensaient que la
prolongation de la vie pouvait se faire via un élixir.
À la Renaissance se furent des spéculations philosophiques ou spirituelles.
La doctrine secrète des hébreux synthèses de la science de la religion et de la
philosophie dans la réflexion de Pierre Emerhach, site du judaïsme francophone
alchimie et cabbale, référence (9), écrit : «la cabbale pouvait tout faire
puisqu'elle réussissait au gré de certains à mieux défendre les doctrines
chrétiennes de l'incarnation et de la trinité et pour quelle raison ne pourrait-elle
pas rejoindre l'alchimie à la transformation de métaux ?». Le but de l'alchimie
était de parvenir à l'or, le métal qui faisait rêver, mais il ne s'agissait que d’or
spirituel. Pour Pierre Emerhach ces deux points de vue l'alchimie matérielle et la
transformation des passions de l'homme représentées au sein du judaïsme entre
alchimie et cabbale reposaient sur un sérieux malentendu en rapport à la
purification de l'âme avec celle des métaux, comparant Dieu à l'or fin.
28 L'alchimie occidentale qui prit probablement naissance dans l’Égypte
hellénistique des Ptolémée, une dynastie pharaonique issue du général
macédonien Ptolémée entre -110 et 300 ap Jésus Christ, englobait un ensemble
d'activités et des modes de pensée, magie, alchimie, philosophie, géométrie,
cosmologie. Par contre, l'astrologie se rapportait à l'arithmétique, à la géométrie
et à la musique. Dans la mystique alchimique il y a le principe de la mort et de la
renaissance. Dans l’athanor, fourneau cosmique désignait en alchimie le four
fournissant la chaleur pour la digestion alchimique. C'est par elle que les
substances sont digérées pour reprendre vie par une transformation chimique.
C'est aussi un processus de distillation important dans l'alchimie, c'est le feu qui
est chaleur et force, et lumière l'intelligence.
La cabbale et son arbre de vie des dix Séfiroth puissances créatrices du mystère
de la création et des 22 chemins en Hébreu étaient une source d’inspiration
auprès des philosophes humanistes de la renaissance notamment à Rome. Ce
changement de fonction eut pour conséquence de ne plus chercher les moyens
pour bâtir des cathédrales, mais de construire une personnalité dans le concept de
l'Architecte de l'Univers qui était l'idée qu'un Être suprême dont l'intelligence
ordonnerait l'Univers comme un Grand Architecte pourrait le faire. Ce concept
n'était plus d'origine maçonnique.
Il relevait plus de la philosophie des religions, qui posait la question de savoir
qu'est-ce une religion, et de la théologie, et accessoirement seulement de la
maçonnologie.
L'idée qu'un Être suprême pouvait gouverner l'Univers était constitutive à la
religion naturelle, religion des philosophes que l'on trouvait déjà chez Cicéron.
On la retrouvait aussi chez Jean Calvin théologien et réformateur, initiateur de la
réforme protestante, dans son traité, Institution de la religion chrétienne qui fut
un traité de théologie appelant, à plusieurs reprises, Dieu Grand Architecte de
l'Univers. Le contexte que Dieu était considéré l'Architecte de l'Univers se
rapportait aussi à l'une des idées de la philosophie des Lumières. Une telle
définition renvoyait à un dieu non plus considéré comme créateur mais comme
ordonnateur et bâtisseur.
L'expression Grand Architecte reliait directement la Franc-maçonnerie aux
mathématiques qui était une référence maçonnique de la géométrie du compas et
de l'équerre, ce qui fait penser à Pythagore philosophe mathématicien.
Parallèlement, dans la société britannique déchirée par des luttes intestines et
religieuses, les logis, les loges se transformèrent pour un espace clos ou se
mêlaient toutes les confessions passant d'un statut de loges de maçons
professionnels à des loges de francs-maçons. Compte tenu du désordre politique,
il ne fut pas étonnant qu’une confrérie-maçonne vit le jour à Londres le 24 juin
29 1717 jour de la Saint-Jean le Baptiste. Quatre loges opératives décidèrent de
s'unir dans la taverne du « Goose and Gridiron » et formèrent la Grande Loge
d'Angleterre et de Westmister désignée Loge mère, mais aussi Grande Loge de
Londres. Ces quatre loges portaient les noms des tavernes dans lesquelles elles
se réunissaient, L'Oie et le Grill, La Couronne, Le Pommier, Le Gobelet et les
Raisins.
Trois de ces quatre loges étaient occupées par des artisans et des commerçants
dont aucun n'étaient de naissance noble. Les loges Gobelet et les Raisins étaient
composées de nombreux nobles, deux ducs, trois comtes, un marquis, trois lords,
quatre chevaliers militaires de haut rang, et des ministres religieux. Cette
noblesse n'hésita pas à s'associer avec des gens modestes, des gens du peuple,
puisque le premier Grand Maître fut un savetier très modeste. On peut imaginer
que le pasteur James Anderson 1678/1739 écossais, presbytérien et franc-maçon,
que, sous la direction de Georges Payne qui occupait un poste élevé au sein du
corps des commissaires aux impôts qui firent office de grand maître à deux
reprises en 1718 et 1720, avec John Théophilus Désaguliers, 1683/1744 pasteur
anglican, scientifique l'un des fondateurs de la Franc-maçonnerie moderne, cela
répondait à un besoin de sociabilité par rapport aux années de tourments et
d'oppression. Le pasteur James Anderson écrivit la première version des
Constitutions dites d'Anderson rédigées en 1721 à l'initiative du duc John
Montagu alors grand maître de la loge de Londres en 1721.
Le nom d'Anderson y fut associé historiquement plus tard. Les Constitutions
d'Anderson (Constitution, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements
et Usages de la très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés) sont
considérées comme l'un des textes fondamentaux de la Franc-maçonnerie
moderne. Selon James Anderson, Georges Payne fut élu Grand Maître des
Maçons à l’Assemblée Générale et Fête annuelle de la Grande Loge de Londres,
du 24 juin 1718, et fût dûment investi, installé et félicité. Le 24 juin 1719, lui
succéda John Désaguliers, 1863/1744, voir les références (10), (11), (12).
La Grande Loge d'Angleterre était chargée de gérer les loges existantes et de
créer de nouvelles loges. Puis vint ensuite la Grande Loge Unie d'Angleterre le
27 décembre 1813 résultant d'un acte d'union entre les anciens et des modernes,
elle eut une grande influence sur la Franc-maçonnerie.



30 4 - Ce qu'il faut savoir.
Il s'agit d'un ensemble de questions qu'il est utile de savoir pour comprendre les
obligations d'un Maçon, ses devoirs et ses relations avec ses Frères mais aussi
comment on devient franc-maçon. Qu'est-ce que le secret, combien coûte la
cotisation, toute une quantité de connaissances qui donnent un éclairage pour la
compréhension des dossiers suivants. Ce qui est présenté n'implique pas que ce
soit exact et partout dans le monde, les mêmes conditions font que chaque
obédience doit probablement appliquer sa doctrine, et c'est sans prétention
aucune que je montre ce que j'ai trouvé sur cet important sujet.
Que sont les rituels ?, Le secret ?
La représentation visuelle et matérielle des symboles se prête fort bien à une
méditation personnelle où les pensées pénètrent au plus profond de nous-mêmes.
Lors d’un rituel les symboles se révèlent par des actes. Un rituel effectué en
commun éveille tous les sens et peut agir sur les sentiments, les émotions et
l'intuition de chacun. Mais la perception du rituel diffère d'une personne à l'autre
et ne peut être communiquée oralement, car s'il en était ainsi, la méthode ne
serait plus symbolique. Cette expérience personnelle, difficile à communiquer,
constitue le secret maçonnique, trop souvent mal compris.
Quel est le rôle de la fraternité ?
La fraternité, c'est la recherche de la valeur humaine, c'est le soutien et l'entraide
partagée qui nous mène à une existence digne et fait de nous des enfants de
l'univers. C'est pourquoi les francs-maçons se reconnaissent comme Frères. Les
Frères apportent les uns aux autres leur soutien afin de permettre à chacun d’eux
d’emprunter en toute confiance le chemin de la recherche de soi-même. En
échange, chacun fait profiter les autres de ses connaissances, de ses expériences
et de son entendement. Il ne faut pas confondre fraternité et amitié. Les
francsmaçons ont chacun leurs propres convictions et ne sont pas unis par une identité
de vues. La Franc-maçonnerie est, sans aucun doute, un lieu où se nouent de
belles et franches amitiés entre Frères.
Qu’est-ce que l’initiation ?
Il faut savoir qu'au début les maçons étaient des illettrés et l'initiation s'imposait
d'elle-même. L’initiation, nous l'avons déjà évoquée, s'effectue à la première
réunion où l’ « apprenti » participe à un rituel dans lequel les symboles sont
évoqués et communiqués. Le terme vient du latin «initium», le début, ce qui veut
dire que l’on peut entreprendre le travail symbolique. Les symboles et les rituels
31 sont regroupés en trois grades, Apprenti, Compagnon et Maître. Le bagage
symbolique s’enrichit à chacun de ces grades.
Qu’est-ce qu’une Loge ou un Atelier ?
Le franc-maçon est individuellement membre d’une Loge. La Loge «humaine»,
par opposition à le loge bâtisse ou les francs-maçons rangeaient leurs affaires, est
un groupe de francs-maçons qui pratiquait ensemble le travail maçonnique. Les
Loges sont géographiquement dispersées, elles sont plus nombreuses dans les
grandes agglomérations. Elles se réunissent plusieurs fois par mois. Hormis les
initiations, les autres activités sont, des conférences présentées par des Frères sur
des sujets variés, éthique, psychologie, esthétique, philosophie, spiritualité,
culture, …. Ce ne sont pas des exposés théoriques et académiques, c’est avant
tout le fruit d’un travail personnel et de l’expérience du conférencier qui peut
s'accompagner d'autres modes d'expression tels que la musique, la poésie, le
chant et aussi des projections visuelles.
Le travail maçonnique
C'est avant tout le travail sur soi en écoutant les francs-maçons et en confrontant
les arguments présentés que l’on fait ainsi sa propre conviction sur les divers
sujets d'ordre philosophique ou de société. Ce travail est fondamental pour
s'intégrer dans l'esprit maçonnique, il permet de passer d'un état inférieur à un
état supérieur par le respect des intervenants et l'écoute de toutes les opinions
avancées. Le travail sur soi ce fait naturellement par la participation aux
réunions, mais aussi par sa contribution personnelle sur l'introspection des
échanges, ce qui revient à regarder à l'intérieur de soi. Elle ne se limite pas à
l'apprenti, elle se poursuit au passage de chaque degré qui conduit à des épreuves
et des travaux à faire au fur et à mesure que le maçon s'élève dans la hiérarchie.
Que représentent la fraternité universelle et le progrès de l’humanité ?
La fraternité n’est pas seulement le lien qui unit les francs-maçons. Ceux-ci
s’efforcent également de faire en sorte que tous les hommes soient frères, en
d'autres termes que tous les hommes puissent s’entraider et accroître leur dignité
humaine. Cela implique de créer des liens entre personnes d’opinions différentes,
qui en d'autres circonstances ne se seraient sans doute jamais rencontrées. La
tolérance maçonnique n'est pas une sorte d'apartheid amorphe qui se bornerait à
accepter passivement une opinion quelconque, elle est une attitude active qui
consiste à s'enrichir en apprenant l'un de l'autre. La fraternité maçonnique
n’implique pas que chacun doive devenir maçon ! La Franc-maçonnerie ne
définit pas ce qu'elle comprend par «le progrès de l’Humanité». Cela fait l’objet
du travail de recherche de chaque franc-maçon en particulier.
32 Comment devient-on franc-maçon et membre d’une Grande loge en
général ?
Un homme qui cherche, qui espère recevoir la Lumière, est-il digne de la
recevoir ? Il est libre et honnête. Ce dialogue issu du rituel d'initiation donne les
trois caractéristiques principales du franc-maçon, il doit chercher et être un
homme libre et honnête. Il faut choisir une obédience, un courant, et une loge. La
croyance en Dieu guide déjà le choix de l'obédience quant à la loge c'est une
question de proximité locale.
Quels sont les devoirs du franc-maçon ?
Le franc-maçon a pour devoir de respecter la liberté et la personnalité de
l’Homme. D’œuvrer à l'universelle fraternité et à l'égalité entre hommes.
D'assumer ses responsabilités morales. De travailler au bien de tous. De
pratiquer la tolérance la plus large à l’égard des opinions envers toutes les
convictions tant religieuses que philosophiques, politiques ou sociales pour
autant que celles-ci ne soient pas en contradiction avec les principes de la
Francmaçonnerie. Ces principes font appel à l'honnêteté du candidat. Sa liberté
intérieure exige entre autres d'être conscient de ses limites dans la connaissance
de la Vérité.
Qui peut-être franc-maçon ?
L'appartenance à la Franc-maçonnerie est possible à partir de 21 ans. Ni
profession ni niveau d'études ne sont des critères pour l’admission d’un candidat.
Il importe que celui-ci puisse se libérer afin de participer assidûment aux
activités de sa future Loge. Il importe aussi que la compagne du candidat n'ait
pas d'objections à son appartenance à la Franc-maçonnerie. Un principe général
veut que le franc-maçon puisse se dévoiler comme tel, mais il ne lui est pas
permis de dévoiler le nom d’un Frère ou une d’une Sœur.
Peut-on quitter la Franc-maçonnerie ?
Oui, on entre en Maçonnerie comme étant un Être libre, on peut la quitter
également en Être libre. Il suffit pour cela de donner sa démission, mais il est à
noter que cela arrive rarement.
Que coûte la cotisation ?
Celle-ci varie d'une loge à l'autre mais est en général comprise entre 300 et 350 €
par an, en 2012. Elle est fonction du revenu de chaque Frère. Pour les hauts
revenus elle peut être supérieure à 550 €. Cette somme sert à la location et à
33 l'entretien des locaux et doit également couvrir les frais administratifs. Certaines
réunions solennelles se terminent par un repas pris en commun. La participation
à ces repas n'est pas obligatoire, mais ils permettent de riches échanges entre les
Frères.
Comment devient-on membre ?
L'admission d'un nouveau membre est soigneusement préparée, et ceci aussi bien
dans l'intérêt du candidat que dans celui de la loge. Il faut s’assurer qu'il s'agit
bien d'un choix délibéré en connaissance de cause de la part du candidat mais
aussi qu'il sera accepté par les Frères de la Loge. Il existe trois voies pour entrer
en Franc-maçonnerie,
• Soient, un ou plusieurs francs-maçons vous considèrent digne de faire
partie de l'Ordre et vous proposent d'être initié. C'est la voie la plus
courante.
• soit vous vous considérez comme un homme libre, droit et honnête qui
cherche, vous vous adressez directement à des francs-maçons que vous
connaissez.
• soit vous vous considérez comme un homme libre, droit et honnête qui
cherche mais vous ne connaissez pas de francs-maçons, il vous suffit dès
lors d'adresser votre candidature à la Grande Loge de votre pays.
Un document à compléter sera envoyé. Par même courrier il sera demandé
d’expliquer les motivations qui vous poussent à demander votre admission dans
l’Ordre. La candidature sera transmise à la Loge la plus proche de votre
domicile. Un contact sera établi entre cette Loge et vous. La procédure
comprendra plusieurs étapes et peut prendre de 6 mois à un an et demi.
Quelle relation y a-t-il entre la Franc-maçonnerie et la société ?
La Franc-maçonnerie recherche la Fraternité entre les hommes et le
perfectionnement de l'humanité, et le désire de vivre en bonne intelligence avec
son temps. Ce n'est pas la Franc-maçonnerie comme telle qui entreprend des
actions, mais ses membres en tant qu’individus. Leurs actions se basent sur leur
perspicacité, leur intuition et leur conscience. Ces qualités peuvent varier d'un
franc-maçon à l'autre. La Franc-maçonnerie, permet par sa méthode symbolique,
de développer la sagesse et la force intérieure du franc-maçon afin de tendre vers
un monde meilleur. Mais chaque franc-maçon a ses opinions personnelles, il est
donc impossible à la Franc-maçonnerie de prendre position au nom de ses
membres.
Quelle est la relation entre la Franc-maçonnerie et les Religions ?
34 «Nier Dieu, c’est se priver de l’unique intérêt que peut avoir la mort», Sacha
Guitry. Cela signifie que l'on ne peut l'ignorer si l'on veut comprendre la vie.
L'essence de la Franc-maçonnerie est religieuse mais elle se défend d'être
envisagée comme une religion. Elle n'est ni une religion parallèle ni une religion
de substitution, elle ne comporte ni évangélisme ni sacrements. Le franc-maçon
utilise la méthode maçonnique pour chercher une réponse aux questions
essentielles, comme par exemple la différence entre le bien et le mal, l'apport
d'arguments dans la recherche de la vérité universelle…etc. La
Francmaçonnerie ne se considère pas comme étant en concurrence avec les religions et
les philosophies qui apportent des réponses, elle se trouve simplement du côté du
questionnement.
La Franc-maçonnerie moderne est née au début du XVIIIème siècle dans un
climat de guerres et de querelles de religions. Dès le début, la Franc-maçonnerie
a réuni des hommes ayant des convictions différentes et qui voulaient établir des
liens avec ceux qui pensaient autrement qu'eux. C'est ainsi qu'au début il y avait
différentes convictions religieuses. Dans les Loges pluralistes, dont la Grande
Loge de Belgique faisait partie, toutes les opinions religieuses et philosophiques
étaient admises. Des personnes qui n'appartenaient à aucune religion ou à aucun
groupement idéologique pouvaient en faire partie. Il était néanmoins exigé que le
franc-maçon soit toujours tolérant envers les opinions des autres.
Quelle est sa relation avec l'Église catholique ?
Lors de la création de la Franc-maçonnerie, des catholiques étaient présents dans
les Loges. Quelques décennies plus tard, en 1738, le pape excommunia les
catholiques qui étaient francs-maçons. Cette mesure fut répétée dans d'autres
bulles papales. Le pape était alors non seulement l'autorité religieuse mais aussi
le chef des États pontificaux qui ne se limitaient pas, à ce moment-là, comme
aujourd’hui à la cité du Vatican. Il semble que ce soit surtout pour des motifs
politiques que l'excommunication était prononcée. Il faut savoir que des sociétés
discrètes qui reposaient sur un «secret» étaient perçues comme dangereuses pour
le pouvoir en place. On en retrouve des traces dans le droit Canon de 1917 qui
excommunia à nouveau les francs-maçons ou ceux qui collaboraient avec la
Franc-maçonnerie et aussi tous ceux qui étaient membres de sociétés qui
conspiraient contre l'église. En 1983, le texte du droit Canon changea de telle
sorte que la Franc-maçonnerie n'y fut plus nommément citée, mais il subsistait la
référence à des sociétés qui agissaient au détriment de l'Église. Bien entendu la
Franc-maçonnerie n'agissait en rien contre l'Église et appliquait la laïcité,
séparant l'Église de l'État, ce qui n'était pas appliqué dans tous les pays.
Un catholique peut-il être franc-maçon ?
35 En 1983, La Sacrée Congrégation pour la doctrine de la Foi sous la direction du
Cardinal Ratzinger, devenu depuis le pape Benoît XVI, précise que le fait de ne
plus citer nommément la Franc-maçonnerie, dans le droit Canon ne signifie pas
que le jugement négatif de l'église ait en quoi que ce soit changé. La doctrine de
l'Église catholique reste inconciliable avec la Franc-maçonnerie. Il n’empêche
que dans de nombreux pays, les autorités ecclésiastiques locales ont adopté une
attitude beaucoup plus tolérante vis-à-vis d’elle.
C'est donc au catholique qui veut devenir franc-maçon qu'appartient la décision
de juger si les principes de la Franc-maçonnerie sont en contradiction ou non
avec ses convictions religieuses et de voir dans quelle mesure il peut encore se
considérer comme catholique. Pour la Franc-maçonnerie, il suffit que le
candidat, en son âme et conscience et en toute liberté, s’engage à chercher à se
perfectionner tout en rejetant les positions intégristes.
Quelle est la relation avec la laïcité et la libre-pensée ?
Laïcité et Franc-maçonnerie sont complémentaires tout en ayant des points de
rapprochement et de divergences. Les points concordants sont, le respect de
l'homme tant dans son intégrité physique que la reconnaissance de l'homme
comme un être chargé de valeurs morales ce qui lui permet d'être à la fois
créateur et de donner un sens à sa vie. La nécessité d'affirmer les responsabilités
sociales comme un pendant aux libertés individuelles. Le libre examen comme
technique de recherche de la «vérité» dans le but de trouver une réponse aux
questions que se posent les hommes et qui concernent le sens de la vie, la
société, la nature, l'environnement et le cosmos.
Mais la Franc-maçonnerie ne prend pas de position collective et laisse à chaque
membre la liberté de s’exprimer individuellement. Il est donc important de ne
pas confondre laïcité et Franc-maçonnerie. La confusion n’est d'autant plus facile
qu'en français le mot laïcité possède deux sens.
• la laïcité d'État avec la séparation de l'Église et de l'État, principe soutenu
par la Franc-maçonnerie.
• la communauté de la libre-pensée basée sur une conception philosophique
non confessionnelle
Pourquoi la Franc-maçonnerie est-elle une société discrète ?
Le règlement permet que le franc-maçon dévoile son appartenance à l’ordre,
mais n’a pas le droit de révéler l’appartenance d’un frère ou d’une sœur.
Quelle est la relation avec la politique ?
36 La Franc-maçonnerie pose des questions et cherche une réponse. Chacun y
trouve une réponse personnelle mais aussi temporaire. Les rapports de la
Francmaçonnerie avec la politique sont surtout historiques. Il faut se rappeler qu'au
XIXème siècle la Franc-maçonnerie était l'antipode des catholiques. Comme le
suffrage universel n'existait pas encore, la politique se trouvait aux mains d'un
petit groupe élitiste. Après la création de partis politiques et la naissance de la
laïcité organisée, la Franc-maçonnerie a pu se libérer de son rôle politique et se
consacrer uniquement à sa mission initiale, une méthode de travail et un lieu où
ses membres de convictions différent peuvent travailler ensemble à améliorer la
condition humaine. Malgré cela, l'étiquette politique subsiste.
Quelle est sa relation avec la philanthropie ?
De par son caractère social le franc-maçon fait souvent de la philanthropie
comme l’est la Franc-maçonnerie. Elle ne peut être confondue avec les Services
Clubs, comme Lions Club, Rotary international…bien que l'on y trouve
également des francs-maçons comme dans d’autres sociétés à but social.
D'ailleurs, c'étaient des francs-maçons qui fondèrent en 1905 le Rotary aux
ÉtatsUnis. Ceci confirme ce qui fut écrit, ce sont des francs-maçons qui
individuellement entreprirent des actions sociales, et non la Franc-maçonnerie en
tant que telle.
Origine de la Franc-maçonnerie mythes et réalité sur la vidéo,
Youtube ci-dessous,
https://youtu.be/rjwciXDAF7o
Ces éléments sont une reproduction de l'article de Steve Loemba
«Francmaçonnerie, mythe ou réalité», que j'ai complétée.
Steve Loemba est un juriste de formation président de la Fondation «Cause
Congo» auteur du livre «le procès de la démocratie Congolaise». Directeur
associé au cabinet de conseil & stratégie SL-Consulting et vice président des
réseaux de la Franc-maçonnerie, sur son site facebook. Aucune autre information
n'est donnée sur cette personne, et si j'ai utilisé son article c'est pour l'éclairage
qu'il donne sur la Franc-maçonnerie, qui me paraît bien refléter l'esprit de cette
société d'hommes mais aussi de femmes eut égard à ce que j'ai appris dans ce
travail de recherche.
C'est probablement dans le cadre de l'appartenance à la Franc-maçonnerie de
Omar Bongo ancien chef de l'Etat Gabonais et Grand Maître de la Grande Loge
du Gabon, alors qu'il s'appelait encore Albert-Bertrand Bongo initié dans la Loge
37 du Grand Orient de France dans le temple de la place Jean Faure à Angoulême
ou il fut admis à voir la Lumière, que Steve Loemba avait écrit ces lignes.
Ce qui ressort de cet exposé est que cette Franc-maçonnerie implique des
contraintes personnelles et familiales puisque la compagne du futur franc-maçon
doit être consentante à ce que son époux soit dans la "lumière". On sent aussi que
le franc-maçon doit intégrer en lui-même cette recherche de la "Lumière" il n'est
de fait pas libre de sa pensée puisqu'il se doit d'être solidaire et fraternel de ses
Frères. De plus, il se dégage une certaine prétention dans cette
Francmaçonnerie, qui, dès lors qu'elle se permet d'aborder tous les sujets qui
gouvernent notre existence dans une recherche de la vérité universelle, comme si
elle pouvait exister ! De grands mots pour finalement peu de choses car la vérité
universelle n'est autre chose que la vérité du plus fort. Mais il faut reconnaître
que ces échanges d'idées dans les obédiences peuvent être enrichissants.
L'épreuve initiatique du postulant,
Le bandeau avant la Lumière du parcours initiatique.
C'est, après avoir été retenu par l'obédience, à la suite de sa demande écrite, du
curriculum vitæ et du casier judiciaire que le postulant, coopté, condition
essentielle, qu’il peut prétendre être appelé, avec son parrain qui peut être son
ami ou un parent maçon, pour être présenté, dans sa future loge. Bien sûr, il aura
réfléchi à son désir de devenir franc-maçon et devra se présenter au mieux
devant une assistance qu'il lui faudra convaincre et qui votera sur la suite qu'elle
jugera pour le bien de la Confrérie.
Dans la loge, il sera interrogé. Sa fiche a été préalablement affichée avec sa
photographie au siège de l'obédience pendant plusieurs semaines. Sa demande
d'admission aura été également communiquée à toutes les loges de France. Les
frères qui auraient une raison précise pour s'opposer à cette admission furent
invités à se faire connaître. Ils ont également été informés du jour du passage
sous le bandeau, locution qui signifie l'épreuve d'initiation. Le plus souvent,
avant l'entrée du postulant dans le temple, les frères appelés à juger ont exprimé
leurs sentiments. Mais leur hostilité, s’il y a, ne suffit pas à constituer un cas de
refus. La Loge est souveraine et peut ne pas prendre en compte les motifs
exprimés si elle considère qu'ils ne sont pas concluants. Il arrive très
fréquemment qu'elle n'en tienne même aucun compte. Si ses votes sont
favorables à l'admission au sein de l'Ordre, le postulant sera convoqué par le
Vénérable de la loge pour une «audition sous le bandeau».
Généralement, la convocation précise que le postulant doit se présenter à la
Loge, à une heure précise. Il attendra dans un cabinet noir aux murs nus pour se
38 concentrer, combien de temps ? C'est la loge qui le décide. Dans ce noir, il aura à
faire son examen de conscience qu'il a intérêt à préparer avant et à réfléchir sur
différents sujets de société ? Le frère Maître des cérémonies viendra le chercher,
et lui posera un bandeau noir sur les yeux pour le conduire jusqu'à la porte du
temple ou il verra la « Lumière » au retrait de son bandeau.
Le terme « Lumière » signifie qu'il voit un autre monde, celui d’une autre
naissance, un autre monde composé de Frères et de symboles.
La sincérité du postulant est mise à l'épreuve.
Toutes les questions posées après le retrait du bandeau n'ont d'autres buts que de
cerner un aspect de la personnalité de celui qui se présente à l'Ordre. Cette
épreuve de sincérité est donc délicate, il faut convaincre de la valeur de son
engagement, et nombreux furent rejetés parce que les frères ne reconnaissaient
pas la véritable nature du postulant. Il faut convaincre et ne pas se contenter
d'exprimer sa conformité à l'esprit de la Franc-maçonnerie qu'il convient de bien
connaître avant de s'engager. Le manque de sincérité est toujours sanctionné
sévèrement lors du passage sous le bandeau.
Après son audition, le postulant est raccompagné par le Maître des cérémonies
jusqu'à la porte de l'immeuble. Il n'a plus qu'à rentrer chez lui pendant que les
Maçons qui l'ont entendu procèdent au vote. Chaque maçon une boule blanche et
une boule noire. La boule noire exprime le refus, le «blackbouler». Une seule
boule noire élimine quatre boules blanches. Le dépouillement a lieu sur l'autel du
Vénérable par les soins du frère orateur et du frère secrétaire.
Le postulant attendra souvent plusieurs mois la décision de la Loge, bien que
cela doive dépendre de l’importance de sa personnalité. Il est certain que la
personnalité du postulant est importante, son langage, niveau d'étude sont des
facteurs de décision positifs ainsi que son aisance financière bien que je n'aie
aucune information sur ces points. Mais l'expérience m'a apprit que dans toute
Confrérie on préfère un membre qui ressemble aux membres de la Confrérie.
Admis dans la confrérie les premiers secrets lui seront délivrés au futur
francmaçon, et il devra porter serment. Pendant une année il est apprenti et sera invité
à assister aux débats mais en silence. Ce qui me paraît impossible si c’est une
personnalité, cela montre que là aussi il n’y a pas d’égalité.



39 5 - Les Grandes Loges.
La Grande Loge fondatrice de la maçonnerie spéculative est la Grande
Loge Unie d'Angleterre.

Blazon United Grand Lodge of England

Tablier de Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre.
Nous l'avons vu en introduction sous l'appellation Grande Loge de Londres, elle
se répandit en France comme dans de très nombreux pays au début du XVIIIème
siècle.
40 Elle est considérée descendante de la première obédience constituée dans le
monde. À ce titre, elle délivra des titres de reconnaissance, «landmarks» qui
respectèrent ses principes fondamentaux pour les obédiences régulières, c'est à
dire celles du premier groupe, les religieuses. Celles du second groupe sont des
libérales.
Les «landmarks» représentent 25 principes parmi lesquels,
1. tout franc-maçon affirmait l'existence de Dieu, Être suprême qu'il définit
Grand Architect de l'Univers,
2. la Franc-maçonnerie cultive la fraternité,
3. le secret absolu sur tout travail maçonnique,
4. la Franc-maçonnerie n'admet pas les femmes à participer aux travaux...
voir la suite sur la référence (10)
La croyance au Grand Architecte de l'Univers qui relève de la philosophie des
religions et de la théologie, voir l'introduction, fit son apparition en
Francmaçonnerie au début du XVIIème siècle, paragraphe 2, parce que les
francsmaçons étaient tous catholiques, voire protestants, mais c'était plus dans un
rapport à Dieu comme créateur et ordinateur du monde. On peut dire que
l'expression Grand Architecte de l'Univers à l'avantage de réunir sous ce vocable
catholique et protestant.
Tous les initiés devaient prendre leurs obligations sur le Volume de la Loi
Sacrée, référence (13), qui est la Bible, une mystique qui se rapporte aux Trois
Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie que sont, l’Équerre. Le Compas, et le
Volume de la Loi Sacrée ouvert et bien en vue qui signifiait que la révélation
contraint la conscience de la personne qui est initiée. Le Volume de la Loi Sacrée
comporte cinq planches affectées d'un numéro qui sont, 7441-1 « Le Volume de
la Loi Sacrée », 7441-2 « Le VLS », 7441-3 (02/2008) « Le VLS, 7441-4
(01/2008) « Le Volume de la Loi Sacrée et Tradition », et 7441-5 celui de la
référence (14). Ils se rapportent tous à cette volonté de mystification, mais avec
des approches différentes.
En d'autres termes, l'apprenti qui s'initiait devait prêter serment sur cette Bible ce
qui lui ouvrait les portes du Temple découvrant un univers de symboles.
On comprend bien que ceux qui cherchaient à entrer dans un Ordre étaient
amenés à exprimer une fidélité à cet ordre, c'était un gage de volonté pour leur
appartenance. Le problème est qu'il s'agissait de religion, de Dieu, ce qui
impliquait qu'elles étaient croyantes. La Franc-maçonnerie anglo-saxonne était
plus proche de la monarchie, comme à la Renaissance, donc liée à une croyance
tandis qu'en France c'étaient les valeurs démocratiques laïques et républicaines.
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