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La gémellité dans l'imaginaire occidental

De
106 pages
Les connaissances scientifiques n'ont pas totalement aboli la part de mystère que recèle le phénomène gémellaire. Ce "caprice de la nature" suscite encore aujourd'hui fascination, mais aussi crainte parmi la population des "singuliers" - ceux qui naissent seuls -, diront les jumeaux. L'imaginaire occidental de la gémellité et l'épanouissement individuel des jumeaux sont ici étudiés au travers de récits mythiques, d'œuvres littéraires, de productions théâtrales et cinématographiques.
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La gémellité dans l’imaginaire occidental
Ouverture philosophique
Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu’elles soient le fait de philosophes “professionnels” ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée ê tre le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de phi losophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Fatma Abdallah AL-OUHIBI,L’ombre, ses mythes et ses portéesépistémologiques et créatrices, 2011. Dominique BERTHET,Une esthétique de la rencontre, 2011. Gérald ANTONI,Rendre raison de la foi ?,2011. Stelio ZEPPI,Les origines de l’athéisme antique, 2011. e Lucien R. KARHAUSEN,Les flux de la philosophie de la scienceau 20 siècle, 2011. Gérald ANTONI,Rendre raison de la foi ?,2011. Pascal GAUDET,L’anthropologie transcendantale de Kant, 2011. Camilla BEVILACQUA,L’espace intermédiaire ou le rêvecinématographique, 2011. Lydie DECOBERT,On n’y entend rien. Essai sur la musicalitédans la peinture, 2010. Jean-Paul CHARRIER,La construction des arrière-mondes. LaPhilosophie Captive 1, 2010. Antoine MARCEL,Le taoïsme fengliu, une voie de spiritualité enExtrême-Orient, 2010. Susanna LINDBERG,Entre Heidegger et Hegel, 2010. Albert OGOUGBE,Modernité et Christianisme. La questionthéologico-politique chez Karl Löwith, Carl Schmitt et HansBlumenberg, 2010. Hervé LE BAUT,Présence de Maurice Merleau-Ponty, 2010. Sylvie MULLIE-CHATARD
La gémellité dans l’imaginaire occidental
Regards sur les jumeaux L’Harmattan © L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54303-4 EAN : 9782296543034
Pour Eva et Roxane
INTRODUCTION
De la biologie à l’anthropologie en passant par la médecine, le droit, la psychologie, l’ethnologie et la mythologie, nombreuses sont les spécialités intéressées par le fait gémellaire. Et pourtant, au regard des connaissances acquises – qui n’ont véritablement e commencé à se développer qu’à partir de la seconde moitié du 20 siècle – force est de constater que la gémellité garde encore sa part de mystère. L’imaginaire a, quant à lui, investi le terrain depuis fort longtemps déjà. Dans la plupart des sociétés ce « caprice de la nature » suscite depuis toujours une certaine fa scination, qui n’exclut pas la crainte, parmi la population très majoritaire des « singulie rs » –ceux qui sont venus au monde seuls vous diront les jumeaux. Nombre de croyances profo ndément ancrées dans la conscience collective sont attachées au phénomène gémellaire. Par ailleurs qui n’a pas, au moins une fois, songé à ce que représenterait pour lui le fait d’avoir un frère jumeau ou une sœur jumelle ? L’épisode des retrouvailles entre Ulrich et Agathe, les personnages musiliens de L’homme sans qualitésinaugure une réflexion de l’auteur autour d’une gémellité idéelle et idéale. Précision importante : Ulrich et Agathe ne sont pas jumeaux. Ils sont « simplement » frère et sœur. Cinq années séparent leur naissance. A celles-ci s’ajoutent d’autres nombreuses années durant lesquelles ils on t vécu loin l’un de l’autre, leur père les ayant confiés à des institutions éducatives différentes à la mort de leur mère. De retour dans la ville de son enfance, où il doit assister a ux funérailles de son père, Ulrich s’apprête à revoir Agathe qui a maintenant vingt-se pt ans et qui, pour lui, est « presque 1 une inconnue » . Robert Musil décrit en ces termes leurs retrouvailles : « [Ulrich] voulut se changer et l’idée lui vint de passer une sorte de pyjama d’intérieur qui lui tomba dans les mains comme il défaisait ses valises. « Elle aurait pu au moins m’accueillir dans l’appartement ! » pensa-t-il. Il y avait dans le ch oix négligent de ce vêtement comme un vague désir de faire la leçon à sa sœur (…). C’était un grand pyjama de laine moelleuse, une sorte de costume de Pierrot, carrelé de gris et de noir, noué aux poignets et aux chevilles comme à la ceinture ; il l’aimait pour son confort, confort qu’une nuit d’insomnie et un long voyage lui firent ressentir avec plaisir comme il descendait l’escalier. Mais lorsqu’il pénétra dans la chambre où l’attendait sa sœur, il s’émerveilla de s’être ainsi vêtu. Par une mystérieuse disposition du hasard, il se trouva en effet devant un grand Pierrot blond, enveloppé de rayures et de carreaux d’un gris et d’un rouille subtils, qui, au premier coup d’œil, paraissait tout semblable à lui. “Je ne savais pas que nous fussions jumeaux !” 2 dit Agathe, et son visage s’éclaira de gaieté. » L’appréhension de la rencontre inévitablement susci tée par l’inexpérience de « l’autre », autre-frère, autre-sœur, que seuls réunissent les liens du sang, cède immédiatement devant l’émergence du « même » qui suscite émerveillement chez l’un et gaieté chez l’autre. La remarque d’Agathe constatan t la similitude des tenues vestimentaires renvoie à une essence gémellaire qui procède de la réunion des « mêmes » : ceux qui se ressemblent se retrouvent… et se retrouvent car ils se ressemblent. Pourtant si l’on y prend garde, leurs tenues sont loin d’être identiques. Mais ce n’est là qu’un moindre détail car Ulrich voit en Agathe son alter ego, son autre moi. C’est en cela qu’ils apparaissent « jumeaux », c’est-à-dire à la fois identiques et différents, et en cela complémentaires. Ils deviennent l’un pou r l’autre l’être essentiel en l’absence duquel leur existence ne peut accéder à la plénitud e tant recherchée. Ainsi une simple affinité des dispositions concernant leurs choix ve stimentaires donne aux deux
personnages l’impression réjouissante d’être parfai tement assortis. Assortiment qui évoluera jusqu’à son paroxysme vers la constitution du couple idéal tel que le frère et la sœur l’envisagent, puisque ces derniers transgresse ront le tabou de l’inceste. A travers cet acte, ils comptent accéder à une forme supérieu re d’unité qu’ils croient trouver dans l’autre Moi, l’alter ego. La gémellité est ici prés entée comme le paradigme de l’unité du Soi. Mais, comme on l’a précisé plus haut, il ne s’ agit là que d’une gémellité imaginaire dans laquelle le frère et la sœur tentent de retrou ver chez l’autre ce qui manque à leur être pour atteindre la complétude. Ils tentent d’in staurer une relation d’autosuffisance conforme à l’idée qu’ils se font du couple gémellaire, c’est-à-dire conforme aux images qui lui sont associées dans la pensée collective. C’est à l’analyse de représentations de l’imaginair e de la gémellité en Occident, dont certaines remontent à l’époque classique, que sera consacrée cette étude. Mais avant d’en présenter les orientations et les grande s lignes, il convient de préciser dès maintenant ce que recouvre le terme d’imaginaire. Gilbert Durand appelle « imaginaire » « l’ensemble des images et des relations 3 d’images qui constitue le capital de pensée de l’homo sapiens» . L’image quant à elle est ce qui apparaît à la conscience lorsqu’elle se repr ésente le monde qui l’entoure. Cette représentation, nous dit G. Durand, peut s’effectuer de deux manières : soitdirecte(on se représente une chose, c’est-à-dire un objet ou une personne existant réellement) ou au contraireindirecte « lorsque, pour une raison ou pour une autre, la c hose ne peut se présenter "en chair et en os" à la sensibilité, com me par exemple dans le souvenir de notre enfance, dans l’imagination des paysages de la planète Mars, dans l’intelligence de la ronde des électrons autour du noyau atomique ou dans la représentation d’un au-delà de la mort. Dans tous ces cas de conscience indirecte, l’objet absent estre-présentéla à 4 conscience par uneimage, au sens très large de ce terme » . Il nous faut convenir à partir de là que, loin de se limiter à un contenu mnésique de la perception, l’image est également élaboration. Effectivement, la pensée ne peut s’exercer sans recours aux images. L’image en tant qu’analogon, pour reprendre les termes de G. Durand, est donc également un symbole car elle permet d’accéder au non-sensible. Cette définition permet d’éviter de restreindre les processus et contenu de l’imaginaire aux seuls domaines de la fantaisie ou du dérèglement de l’esprit, lieux où l a Raison triomphante du Siècle des Lumières souhaitait les cantonner définitivement. L umières aveuglantes du rationalisme qui occultaient un fait essentiel : l’imaginaire co nstitue un mode de connaissance qui se suffit à lui-même. Dès lors l’on comprend mieux que l’étude de l’imaginaire puisse s’émanciper des questions liées à la nature réelle de l’objet, à la preuve de son existence, puisqu’elle s’intéresse à « un système, un dynamism e organisateur des images, qui leur 5 confère une profondeur en les reliant entre elles » . De fait, le recours à des termes tels que « Imaginaire religieux », par exemple, ne peut être en aucun moment associé à une prétention quelconque à adopter une position métaph ysique ou/et ontologique sur la question de l’authenticité des Révélations. Ces précisions ayant été apportées, venons-en maintenant au sujet même de cette étude : la gémell ité dans l’imaginaire collectif occidental. Toute future mère ou jeune maman a eu, au moins une fois, le privilège comme le désavantage d’avoir à entendre les conseils et avis « éclairés » de son entourage concernant l’avenir de sa grossesse ; il s’agit le plus souvent du récit d’expériences décrivant des situations à caractère anxiogène dont la future mère se serait bien passée. Lorsque l’on accueille des jumeaux, l’expérience pr end une ampleur particulière. La gémellité est en effet un phénomène à la fois naturel et extraordinaire. Extraordinaire de par sa rareté statistique et les contraintes matéri elles qu’elle implique, mais également
dans la manière dont elle est perçue par la société . Sans pour autant oublier que les comportements ne sont pas identiques selon les cultures et les régions du monde, on peut toutefois tenter de repérer certaines formes d’appr opriation sociale du fait gémellaire. Celles-ci sont objectivées par l’examen des contenu s imaginaires que nous livrent les œuvres littéraires mais aussi les productions théât rales ou cinématographiques. Par ailleurs, il est également possible de percevoir d’ autres expressions manifestes de ces contenus imaginaires dans les discours tenus commun ément autour de la gémellité. Aussi, cette étude intègre-t-elle des informations recueillies à l’occasion d’entretiens de 6 nature informelle qui ont été menés auprès de jumeaux (et jumelles) et de parents de jumeaux. Cela dit, nous tenons à bien préciser ici que ces entretiens n’ont pas été réalisés dans le but de produire une enquête qualitative au sens strict. Les contenus recueillis permettent d’exemplifier, pourrions-nous dire, certaines des analyses réalisées à partir des productions imaginaires que sont les œuvres lit téraires, théâtrales ou encore cinématographiques. Ces témoignages permettent donc de découvrir quelques-unes des expériences qu’ont vécues des personnes directement concernées par le fait gémellaire et surtout, ils contribuent à montrer que les regards que porte la société contemporaine sur la gémellité ne sont pas neutres. Les jumeaux nous offrent en effet l’image d’une pro ximité extrême puisqu’ils naissent ensemble et, pour certains, se présentent comme d’authentiques semblables… Cette proximité tient à la fois de la réalité et de l’idée que l’on se fait de cette réalité. Lorsque l’on parle de « lien gémellaire », on enten d à la fois désigner ce qui relie les jumeaux dans leur histoire biologique ainsi que ce qu’ils partagent dans leur histoire individuelle. Mais, plus encore, dans le terme de « lien », l’on entend l’idée d’un attachement incontournable, c’est-à-dire dont on ne peut se défaire. Le fait que les spécialistes de l’éducation insistent sur l’importance de l’accès à l’individualité en constitue une illustration probante : chaque jumeau – soulign ent-ils – doit pouvoir bénéficier des conditions nécessaires au développement de sa propre individualité et cela n’est possible qu’en expérimentant la vie hors de la présence du f rère ou de la sœur. En Occident la séparation des jumeaux relèverait-elle, culturellement s’entend, d’un acte contre- nature ? C’est une des questions à laquelle cette étude tente de répondre. Il faut savoir que, dans d’autres cultures, africaines et amérindiennes nota mment, cette idée d’une proximité gémellaire est source d’inquiétudes. Inquiétudes en gendrant des comportements extrêmes : dans certaines tribus, on sacrifiait l’u n des jumeaux afin de rétablir un ordre perturbé. Il pouvait s’agir de la fille en cas de n aissance mixte tandis que dans d’autres régions, c’était le rang de naissance (aîné ou cade t) qui indiquait lequel des jumeaux serait mis à mort ou soumis à l’ordalie. Afin de saisir la spécificité de notre propre régime culturel, nous avons donc choisi d’entamer cette ét ude par un détour du côté des « jumeaux impossibles » des territoires amérindiens décrits par Claude Lévi-Strauss. La destinée idéale des jumeaux telle qu’elle est envis agée au cœur des récits de la mythologie amérindienne s’inscrit selon un modèle participant à l’équilibre de l’univers. Or ce modèle nous est totalement étranger. Son examen contribuera à permettre de saisir la particularité de notre mode d’appréhension du réel. Notons bien, à ce propos, qu’il ne s’agit aucunement d’entamer ici une analyse compara tive entrepensée sauvage et pensée « moderne », mais de présenter au lecteur occidental une vision différente du fait gémellaire selon les systèmes d’interprétation auxquels on l’associe de part et d’autre du globe. Aussi, et contre toute attente, le premier chapitre sera donc consacré à l’étude de ces jumeaux si « différents » des nôtres. Au moment d’entreprendre l’exploration de l’imaginaire de la gémellité en Occident, il est apparu nécessaire de situer préalablement le champ sémantique au sein duquel se déploient les différents sens – sens propre mais
aussi, et surtout, figuré – du termejumeau. Ce sera le sujet du second chapitre. A cette occasion, l’on tentera également de montrer que la relation gémellaire est envisagée comme une détermination de l’être et du devenir au sein de l’imaginaire collectif. La mythologie classique nous fournit nombre de figures gémellaires parmi lesquelles celles de Castor et Pollux également nommés Dioscures (« f ils de Zeus »). Les Dioscures 7 représentent l’archétype même du couple uni par laphiliac’est-à-dire l’amour grecque, inconditionnel, désintéressé. Associée aux jumeaux mythologiques elle est un mode d’existence ou, plus exactement, une raison d’être-à-deux. Nous étudierons en détail la figure dioscurique ainsi que les représentations qui lui sont associées au chapitre III. La description de l’humanité primordiale telle qu’elle est présentée dans le mythe d’Aristophane constitue une autre forme de résoluti on de la dualité dans l’unité. Nous verrons, au chapitre IV, qu’il est possible d’envisager la relation unique que partagent les jumeaux dès les premiers temps de la vie, dans le s ein maternel, comme une forme de complétude qui prend fin lors de leur venue au mond e. La naissance peut effectivement évoquer la douloureuse expérience de la perte de la complétude originelle que subit la première humanité ainsi que le relate le poète grec . Au chapitre V, nous verrons que la naissance gémellaire participe à la fois de l’ordre et du désordre. Ordre car il s’agit bien d’un fait naturel qui se produit depuis la nuit des temps. Désordre car, en dépit de l’augmentation des naissances multiples depuis les années soixante-dix, cela demeure un fait exceptionnel,extra-ordinaireune, dont on a pendant longtemps attribué l’origine à déviance du comportement féminin. De nos jours encore, la présence de jumeaux suscite des réactions mêlant curiosité et fascination ; par ailleurs, la gémellité reste associée à des croyances tenaces. Le chapitre VI s’intéresse à la manière dont la littérature a participé à la révélation d’une légitimité culturelle de ce phénomène naturel qui surgit là où on ne l’attend pas. L’accès à une existence bienheureuse apparaît problématique chez les jumeaux appartenant à l’imaginaire collectif. Aband onnés par une mère craignant l’opprobre ou isolés brutalement de leur famille à la suite d’évènements malencontreux, ils ne trouvent d’apaisement à leur souffrance qu’au te rme d’une véritable quête identitaire. Les retrouvailles gémellaires n’ont pas nécessairement pour finalité d’unir les destins mais plutôt de rétablir le droits des jumeaux à envisager l’avenir sans renier leurs origines. C’est à la question de la perte d’identité et de la dépos session du Moi que sera consacré le contenu du chapitre VII. La confusion est ennemie de l’ordre social. Or, la ressemblance extrême que présentent certains jumeaux peut constituer une menace dans une société peuplée de singuliers tous différents et identifiables en cela. Mais les jumeaux ne sont-ils pas les premières victimes des quiproquos et désagr éments que peut générer leur ressemblance ? L’on verra également que la figure gémellaire peut être amenée à illustrer les problématiques de la responsabilité et du choix qui engage l’individu. Le couple gémellaire appréhendé comme une entité indivisible, unindividuum, constitue le sujet du chapitre VIII. C’est en tous cas, nous le verrons, l’image q ue renvoie principalement la e littérature à partir du XIX siècle. Celle-ci offre en effet une lecture plus i ntimiste de la relation gémellaire et de l’influence que celle-ci peut exercer sur les destinées individuelles. Enfin le neuvième et dernier chapitre sera consacré à une autre facette de la relation gémellaire telle qu’elle apparaît en Occident à travers la figure des frères ennemis. La représentation de la rivalité fraternelle est en effet augmentée par le rapport gémellaire, voire poussée à son paroxysme. L’on s’intéressera entre autres aux mobiles qui génèrent cette rivalité aboutissant inévitablement à la rédu ction de la dualité gémellaire à la singularité.
1  Robert MUSIL,L’homme sans qualités, Nouvelle Edition Tome II, Traduit de l’allemand par Philippe JACCOTTET et par Jean-Pierre COMETTI et Marianne ROCHER-JACQUIN pour les textes inédits, Ed. du Seuil, Paris, 2004, p. 11. 2 Ibid., p. 13-14. 3 Gilbert DURAND, Les structures anthropologiques de l’Imaginaire, Introduction à l’archétypologie générale, Ed. Bordas, Paris, 1960. 4  G. DURAND,L’imagination symbolique, Ed. PUF, Coll. Quadrige, Paris, 1998 (1964, 1° édition), p. 8. 5  Joël Thomas,Introduction aux méthodologies de L’IMAGINAIRE, Ed. Ellipses, Paris, 1998, p. 15. 6 Une vingtaine d’entretiens réalisés en France. 7 Φιλία, sentiment d’amour-amitié, entendu en tant que vertu.