La grande armée de la liberté

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Automne 1815, Napoléon est exilé à Sainte-Hélène. La Restauration tente alors de balayer l’héritage de 1789. Symbole de l’Empire, la Grande Armée est dissoute. Proscrits par le nouveau régime, plusieurs milliers d’officiers, vétérans des guerres napoléoniennes, désirent toujours défendre la liberté des peuples et des nations. Parfois sans le sou, souvent sans avenir et attachés aux idéaux révolutionnaires, ils sont avides d’aventure et rêvent de gloire pour oublier l’Europe des rois. Professionnels de la guerre, ils vont alors proposer leurs services en Amérique du Sud, rejoindre l’Espagne ou conduire le peuple lors des journées révolutionnaires de 1830. Leur engagement politique frise parfois l’esprit de sacrifice. Ils acceptent de nouveaux risques : l’exil, la prison, voire la mort. Car la Sainte-Alliance (Autriche, Prusse, Russie) écrase les foyers libéraux et pourchasse ces officiers, sans répit. Craints pour leur ardeur au combat, leurs rôles au sein des sociétés secrètes et leurs convictions politiques, ils incarnent l’éventail de la gauche politique du XIXe siècle : libéraux, bonapartistes ou orléanistes, républicains modérés ou radicaux. La Grande Armée est ainsi le creuset de générations d’officiers pour lesquels le combat au nom de l’idéal de liberté n’est pas un vain mot. Walter Bruyère-Ostells narre leurs parcours, de Naples à Buenos Aires, offrant enfin une histoire vivante, pleinement incarnée, des mouvements révolutionnaires du premier XIXe siècle.
Publié le : vendredi 12 septembre 2014
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EAN13 : 9791021002425
Nombre de pages : 336
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W A L T E R B R U Y È R E - O S T E L L S LA GRANDE ARMÉE DE LA LIBERTÉ
LAGRANDEARMÉE DE LA LIBERTÉ
WALTER BRUYÈREOSTELLS
LA GRANDE ARMÉE DE LA LIBERTÉ
Préface de JacquesOlivier Boudon
TALLANDIER
© Éditions Tallandier, 2009 2, rue Rotrou75006 Paris
www.tallandier.com
SOMMAIRE
PRÉFACE, par JacquesOlivier Boudon INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE
À LAVENTURE, POUR LA GLOIRE ET LA FORTUNE
Chapitre premier LA NOSTALGIE DE LEMPIRE Chapitre II UN NOUVEAU CHAMP DE BATAILLE,LAMÉRIQUE LATINE Chapitre III NOUVEAUMONDE,NOUVELLES CARRIÈRES
DEUXIÈME PARTIE
AU SECOURS DES PEUPLES OPPRIMÉS
Chapitre IV SAUVER LESPAGNE LIBÉRALE Chapitre V LAGRÈCE,REFUGE DES LIBÉRAUX POURCHASSÉS Chapitre VI PREMIER TRIOMPHE DES NATIONALITÉS Chapitre VII UN ARCHIPEL LIBÉRAL?
9 15
23
39
55
81
109
127
143
TROISIÈME PARTIE
LA NATION AU BOUT DU SABRE
Chapitre VIII LA SOUFRIÈRE ITALIENNE Chapitre IX LES FRACTURES SECRÈTES DE LA PÉNINSULE Chapitre X DES CHEFS POUR LE PEUPLE RÉVOLUTIONNAIRE Chapitre XI LA RÉVOLUTION SEXPORTE ENBELGIQUE Chapitre XII LE RÊVE POLONAIS Chapitre XIII LA LIBERTÉ ÉTOUFFÉE ENITALIE Chapitre XIV ULTIMES CAMPAGNES
CONCLUSION
NOTES BIBLIOGRAPHIE TABLE DES CARTES INDEX DES NOMS
161
189
207
231
243
255
269
279
287 326 330 331
PRÉFACE
Le livre que propose aujourdhui Walter BruyèreOstells sins e crit dans le renouveau des études sur le premierXIXsiècle, en particulier dans le domaine de lhistoire sociale du fait militaire. Après Natalie Petiteau sintéressant aux vétérans de la Grande Armée, avant Stéphane Calvet sinterrogeant sur le devenir des officiers charentais après 1815, Walter BruyèreOstells pose la question essentielle de la reconversion des dizaines de milliers dofficiers ayant participé à lépopée napoléonienne entre 1800 et 1815. À lorigine de cette recherche, figuraient quelques intui tions liées à la découverte de parcours individuels laissant penser que certains de ces officiers avaient joué un rôle dans les mouve ments révolutionnaires qui ont suivi la chute de Napoléon, malgré lintention affichée par les négociateurs du Congrès de Vienne dempêcher le retour de la Révolution en Europe. Lauteur a patiemment scruté, dans les archives, les dossiers des officiers de la Grande Armée tant en France quà létranger et a pu ainsi dresser la liste de plus de 330 officiers engagés dans des mou vements révolutionnaires après 1815 : 139 Italiens, 119 Français, 40 Polonais, 24 Belges, 3 Allemands, 2 Grecs, 1 Espagnol, 1 Portu gais et 1 Anglais. Cette identification est déjà en soi une perfor mance ; elle fait sortir de lombre bien des figures oubliées à côté des généraux Pepe, Lallemand ou Vaudoncourt qui étaient bien connus. On suit pas à pas ces personnages dabord à travers les révolu tions américaines, notamment aux côtés de Bolívar, héros de lindé pendance de lAmérique latine, mais aussi dans les projets suscités aux ÉtatsUnis, par exemple au Champ dAsile, pour faire revivre le souvenir de Napoléon. On passe ensuite en Europe où la révolution napolitaine de 18201821 mobilise certains de ces officiers dautant mieux que le souvenir de Murat, propagateur de lidée de lunité
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LA GRANDE ARMÉE DE LA LIBERTÉ
italienne, est encore prégnant, au point que sa femme Caroline est alors interdite de séjour en Italie. Puis lon passe avec eux dans le Piémont, où les esprits séchauffent à leur tour à la suite de la révolution napolitaine, et enfin en Espagne où les anciens officiers de la Grande Armée jouent un rôle essentiel aux côtés des libéraux partisans de la constitution de Cadix de 1812, entraînant du reste dans leur sillage de plus jeunes militaires, à limage dArmand Carrel ; ces officiers européens engagés en Espagne préfigurent les brigades internationales. Létude montre bien au passage le lien entre ces divers mouvements révolutionnaires. On connaissait les influences réciproques entre Naples et Madrid, autour du débat constitutionnel. On voit apparaître à travers litinéraire de certains officiers passés de Naples en Espagne, à limage du général Pepe luimême, la constitution de réseaux humains dans le prolongement du mouvement révolutionnaire au sud de lEurope. Lengagement dans la guerre dindépendance de la Grèce est ensuite analysé, autour de la figure de Fabvier, de même quil est perçu à travers les réseaux de philhellènes à travers lEurope. Dans tous ces lieux, les officiers de la Grande Armée servent à la fois de forces denca drement pour les troupes réunies sur place, mais ils jouent aussi un rôle dans la construction dune idéologie nationalitaire. Il ne faut pas non plus oublier que ces hommes sont souvent des profession nels de la guerre qui ne savent pas faire autre chose et se trans forment donc en mercenaires. Toutefois, il ne faut pas majorer leur importance sur le plan numérique. En Espagne, en Grèce et en Amérique latine, leur participation est faible ; elle est un peu plus forte en Italie. On notera enfin, au cours de cette première décen nie, labsence complète de lespace germanique, pourtant lui aussi parcouru de mouvements libéraux, ce que confirme la faiblesse des officiers dorigine allemande dans léchantillon constitué. On peut sinterroger sur cette absence qui semblerait confirmer un rejet plus net de la période napoléonienne et à linverse un lien plus fort entre les opposants à Napoléon et les libéraux des années 1817 et sui vantes. Létude de la révolution de 1830 et de la part prise par les anciens officiers napoléoniens est d; lune autre nature analyse des révolutions de France, de Belgique et de Pologne est de ce point de vue très significative, car les officiers de la Grande Armée y ont une place non négligeable. Ils organisent les combats, mais finalement prennent une faible part à la solution politique de la crise en France
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