La Grèce et les Balkans (Tome 1)

De
Publié par

Pourquoi une telle somme ?
Parce que d’hier à aujourd’hui, les Balkans ont été et demeurent une des frontières essentielles de l'Europe. Et que l’oubli du temps long par les puissances européennes a nourri des catastrophes en chaîne au cours des siècles.
Les Balkans, zone frontière ? C’est un euphémisme : ici se heurtent les chrétientés romaine et byzantine, bientôt orthodoxe ; la chrétienté dans son ensemble et l’islam ; les empires européens et la puissance ottomane ; les empires européens entre eux, à commencer par la maison d’Autriche, le tsar de Russie et la couronne britannique ; les idées impériales et la révolution des États-nations ; les États-nations fondés sur un grand récit historique unitaire et des minorités nationales qui aspirent à la reconnaissance de leurs droits ; le cours impérieux des guerres locales, régionales, mondiales et froide et un brassage incessant des populations qui rend vain tout espoir d’États ethniquement homogènes. Pour ne rien dire des promesses des idéaux démocratiques européens et du cynisme des puissances face à leur Orient compliqué.
Ce premier volume traite des Empires byzantin et ottoman, de leurs caractéristiques et de leur legs dont les rejeux marquent l’histoire de la région jusqu’à la révolution jeune-turque de 1908.
Publié le : samedi 23 août 2014
Lecture(s) : 4
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072488436
Nombre de pages : 704
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
C O L L E C T I O N F O L I O H I S T O I R E
BESSARABIE e MOLDAVIE ba z u s i n T aD C D raDn A vi ee R s TRANSYLVANIEt Pr A A VOÏVODINE LT P P r CROATIEEu ISTRIE ESt SSBANAT av e D I N BOSNIE A D A L M AT IE O RVALACHIE Portes l It de FerOLTÉNIE Q a U nSERBIEran E Siube D D M o Mer Adriatique r aD O B R O U D JA v a MONTÉNÉGRO KOSOVO G R A N D B A L K A N Š A RMer Noire D rinS tru m a P L A N I N AM Varitza a r ALBANIE d a rDétroit du R H O D O P E S ITALIEM eBosphore s MACÉDOINE mbt u hkina STHRACE P I N D E O LY M P E ÉPIRE ÎDétroit des L EDardanelles THESSALIE S I O Mer NEUBÉE ANATOLIE IÉgée E N N E S PÉLOPONNÈSE
Terres de la péninsule balkanique audessus de 450 m d’altitude
Noms grecs des principaux fleuves : Évros (Maritza) Nestos (Mesta) Strymonas ou Strymon (Struma) Axios (Vardar)
CYCLADES
CRÈTE
Mer Méditerranée
DODÉCANÈSE
CHYPRE
La Grèce et les Balkans : relief, fleuves, régions
200 km
Olivier Delorme
La Grèce et les Balkans e DuVsiècle à nos jours I
Gallimard
Cet ouvrage inédit est publié sous la direction de Martine Allaire.
Couverture : Theophilos,La chute de Constantinople(détail). © Éditions Gallimard, 2013.
Olivier Delorme, agrégé d’histoire, directeur des Étudeset Recherches à l’Institut Charles-de-Gaulle (1984-1987), chargé de mission pour la préparation des Journéesinternationales:DeGaulleensonsiècle(1987-1990), responsable de la collection Retour aux textes à la Documentation française (1990-1997), maître de confé-rencesàlInstitutdétudespolitiquesdeParis(2001-2008).
100 km
Volos
M e r A d r i a t i q u e
D o d é c a n è s e
Arta
Crète
Athènes
Mer Égée
Kavala
Alexandroupoli
Smyrne
Mer Méditerranée
Royaume de Grèce en 1830 Cédé par le RoyaumeUni en 1864 Thessalie et sud de l’Épire, acquis en 1881 Macédoine, Épire, Crète, Sporades orientales acquises aux traités de Londres et Bucarest en 1913
Thrace occidentale, définitivement acquise au traité de Sèvres (1920) Thrace orientale, Imbros, Ténédos et district de Smyrne, acquis ou occupés et soumis à plébiscite par le traité de Sèvres (1920) ; intégrés à la Turquie au traité de Lausanne (1923) Dodécanèse, cédé par l’Italie au traité de Paris (1947)
Thessalonique
Î l e s I o n i e n n e s
Ioannina
Constantinople
Mer Noire
La formation territoriale de la Grèce
INTRODUCTION
Futur prix Nobel de littérature (1963), le poète 1a diplomate Georgios Séfériadis, Séféris de son nom de plume, publie en 1944, dans un fascicule édité par laRevue du Caire, un texte rédigé directement en français et intitulé «Deux aspects du commerce spi-2 rituel entre la France et la Grèce». Cette revueest alors la principale publication francophone de la Résistance intellectuelle en Orient et Séféris, exilé depuis l’invasion de la Grèce par l’Allemagne au printemps 1941, s’attache à analyser dans ce texte les
a. En général, on a retenu pour le nom des souverains leur forme francisée. En revanche, on a choisi de donner, pour les autres noms propres de personnes, la forme qu'ils ont dans la langue du pays dont ils sont originaires. Pour les langues slaves notées en cyrillique, on a utilisé la translitération commune en caractères latins enrichis de signes diacritiques à valeur pho-nétique. Pour le grec, on a adopté une translitération qui cherche à être le plus proche possible à la fois de la prononcia-tion et de la graphie en grec moderne. Lorsque celle-ci est significativement éloignée de formes francisées qui ont pu être utilisées de manière plus ou moins courante, on trouvera ces formes francisées dans l'index, avec le renvoi vers la forme uti-lisée dans le présent volume.
Les notes sont regroupées en fin de volume.
10
La Grèce et les Balkans
conditions du dialogue particulièrement fécond qui, à ses yeux, s’est établi entre les cultures grecque et française. Il insiste ainsi sur le rôle de la tradition antique dans la culture française:
D’abord parce que la France, mieux que tout autre pays, a su s’en servir de la manière la plus large, la plus originale, la plus créatrice. Ensuite parce que, du fait de l’extraordinaire rayonnement des lettres françaises, c’est par la France que la tradition grecque a été pour 3 la plupart répandue dans les autres pays du monde.
Puis il s’attache à l’influence majeure qu’ont eue les Lumières et la Grande Révolution sur l’éveil national grec:
Tout un ruissellement d’idées qui part de la France pour les rendre terriblement actives chez nous. Ce sont nos savants, les maîtres de la Nation, comme on les appelait (…), qui puisent à pleines mains dans la science française pour de nouvelles semailles, et, sur leurs traces, une foule de jeunes gens, des élèves des universités françaises, qui reviennent enseigner dans 4 les écoles florissantes et très nombreuses de la Nation.
De fait, durant les siècles de domination ottomane, les sujets du sultan n’ont pas été définis par une nationalité, mais par leur religion. Les Grecs étaient des Roums (ou Romains, au sens d’héritiers de l’Em-pire romain christianisé), c’est-à-dire des chrétiens — comme les Bulgares ou les Serbes. L’émergence d’un sentiment national, indissociable du mouvement des idées parti de France, va faire d’eux des Hellènes;elle s’accompagne de la redécouverte de la grandeur de la civilisation antique, aux côtés de l’identité chré-tienne orthodoxe qui a été le seul mode d’identifica-
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.