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C O L L E C T I O N F O L I O H I S T O I R E
Olivier Delorme
La Grèce et les Balkans e DuVsiècle à nos jours III
Gallimard
Cet ouvrage inédit est publié sous la direction de Martine Allaire.
Couverture : photo © Aris Messinis / AFP (détail).© Éditions Gallimard, 2013.
C I N Q U I È M E P A R T I E
LE TEMPS DE L’EUROPE
Chapitre XXI
LA LENTE DÉMOCRATISATION DE LA GRÈCE ( 1955- 1990)
Arrivé au pouvoir à Athènes en 1955, Konstantinos Karamanlis est né sujet ottoman, en 1907, fils d’un 1a instituteur grec dans une Macédoinealors déchirée 1 2 b entre Turcs,sijdatiomkde la VMROslaves etandartès* : 2
La première vision — confie-t-il à Maurice Gene-voix — (…) est celle de notre étable et de notre cave (…). Nous y avions notre vache, mais aussi les fusils que détenait notre père pour armer les partisans grecs, lesandartès*. Combien de fois ai-je soulevé la 3 trappe qui recouvrait leur fosse secrète!
Son père est arrêté par les Turcs, torturé, puis détenu comme otage dans un camp de concentration bulgare durant la première guerre mondiale. Devenuavocat, patronné par une notabilité locale, Karamanlisest élu député du Parti populaire (monarchiste) à Serrès en juin 1935, dans laVouli* qui abolit la répu-blique, puis en janvier 1936 dans celle que dissout le coup d’État de Métaxas six mois plus tard. Retourné
a. Les notes sont regroupées en fin de volume, p. 2148. b. Les mots suivis d’un astérisque sont expliqués dans le glossaire, situé en fin de volume.
1496
La Grèce et les Balkans
à son étude, il quitte la Macédoine sous occupation bulgare (1941) pour l’Athènes de la famine où, sans prendre part à la Résistance, il participe à un groupe, l’Union socialiste, qui réfléchit à la future moderni-sation du pays. Il s’y lie avec Konstantinos Tsatsos, philosophe, juriste et beau-frère de Séféris, y ren-contre universitaires et intellectuels — le professeur d’économie Xénophon Zolotas, futur gouverneur de la Banque de Grèce, ou Georgios Mavros, futur leaderdu parti centriste en 1974. Il rallie Le Caire en 1944, repart peu après pour la Grèce libérée et retrouve son siège de député du Parti populaire à Serrès en 1946. Son entrée au gouvernement, dans les cabinets Tsaldaris et Maximos comme ministre du Travail (novembre 1946-février 1947), se fait sous le signe de la répression du mouvement syndical. Dans les cabi-nets d’union Sophoulis et Diomidis, il reçoit le porte-feuille des Transports (mai-novembre 1948), puis celui de la Prévoyance sociale (novembre 1948-janvier 1950) — en charge des centaines de milliers de réfugiés de la guerre civile. Il devient brièvement ministre de la Défense (septembre-novembre 1950) sous Sophoklis Vénizélos. Enfin, lors de l’accession au pouvoir de Papagos, lui échoit pour trois ans (octobre 1952-novembre 1955) le ministère des Tra-vaux publics (ainsi que les Communications en 1954).Ces responsabilités sont loin d’être négligeables au temps du plan Marshall et de la reconstruction, d’au-tant qu’elles lui permettent de se faire apprécier du tuteur américain comme un technicien honnête et efficace. Pour autant, les deux poids lourds du Ras-semblement hellénique de Papagos, Panayotis Kanel-lopoulos et Stéphanos Stéphanopoulos, qui lorgnaientl’héritage du maréchal, aussi bien que le franc-tireur