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La Hongrie contemporaine

De
382 pages

Particularités dans la configuration et le site topographique. — . L’ancienne mer. — Divisions naturelles. — La plaine de l’Ouest ou bassin de Pozsony. — Un lac qui se remplit et se désemplit par intervalles. — Curieux marécages. — Traces du sol marin. — Le Danube. — Son cours. — Les populations. — Colons suisses. — Colons bavarois. — Pozsony, Komarom, Esztergom, leur histoire. — Spécialité de marbre. — Beautés naturelles.

La configuration du sol de la Hongrie est des plus.

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À propos deCollection XIX
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Raoul Chélard
La Hongrie contemporaine
PRÉFACE
On a commencé, en France, à s’occuper sérieusement de la connaissance des pays étrangers. Non seulement le monde de la science, mais encore le grand public et particulièrement le monde du commerce et de l’industrie, justement e ffrayés des pertes que l’influence française subit dans les pays voisins, font, de toutes parts, des efforts pour connaître le terrain afin de le reconquérir. Parmi les pays d’Europe les moins connus ou plutôt les plus mal connus chez nous, figure, comme étant le plus proche, en première ligne, la Hongrie. Pour la grande masse des Français, la Hongrie est encore aujourd’hui une province de l’Autriche, dont les affaires se règlent à Vienne e t non à Budapest. Les Hongrois, représentants uniques, dans l’Europe civilisée, des races asiatiques, sont confondus avec les Allemands, voire même avec les Slaves, et quant aux richesses industrielles, aux matières premières de tout genre dont le pays abonde, aux milliards qui sommeillent encore dans son sol, personne n’y songe ; personne ne se rend compte, non plus, qu’il ne s’agit pas du tout d’un pays qu’il faut d’abord défricher, explorer, rendre cultivable, d’une espèce de terre vierge où tout manque et où le commerce se heurte, comme dans beaucoup de pays de l’Orient, contre le manque de v oies de communications et des obstacles de toute nature Erreur ! Pendant que nous avons été en admiration d evant le développement prodigieux des deux Amériques, le même phénomène se produisait presque à nos portes. La Hongrie, grande puissance indépendante a vant 1526, ayant sommeillé, vaincue, tantôt comme province de l’Empire turc, tantôt comme province autrichienne, se releva brusquement en 1867, fit la paix avec son roi et recouvra son autonomie. Dès lors, en moins de vingt-cinq ans, on a eu le singulier spectacle d’un peuple qui se refait nationalement sans transition aucune : commerce, industrie, réseau de chemins de fer, instruction publique, littérature, science, jo urnalisme, théâtre, peinture et musique magyares ont été créés de toutes pièces rien que par la force des souvenirs nationaux et par l’élan patriotique des cœurs. Aujourd’hui la Hongrie est un pays nationalement constitué qui est en pleine évolution ; dont la population est portée au progrès, dont les richesses sont pour ainsi dire mûres et où l’initiative commerciale, tout en bénéficiant du moins de concurrence, peut travailler avec les mêmes facilités techniques qu’à l’Occident. On aurait tort, en France, de laisser passer inaperçu ce mouvement dont l’initiative et l’influence françaises pourraient tirer des bénéfices considérables. Or, ce que nous avons voulu faire est bien simple : c’était de créer un ouvrage documentaire pouvant guider les personnes, à quelque état qu’elles appartiennent, q ui désirent être renseignées sur les choses de Hongrie. A cet effet, notre livre a été divisé en quatre par ties, dont la première, un aperçu géographique contenant des renseignements ethnograp hiques, agricoles, industriels, historiques, et la description de contrées remarqua bles par leurs beautés naturelles, a pour but de servir d’orientation générale. La deuxième partie, la partie sociale, renferme tout ce qui a trait au caractère national, aux costumes, à l’histoire de la race magyare, à sa littérature, à la société, la politique, les mœurs et les lois. La troisième partie est consacrée à l’industrie, au commerce, à la vie économique, aux chemins de fer et aux finances du pays. Elle comprend tous les renseignements pouvant
être utiles aux commerçants et aux industriels français. Dans la quatrième partie enfin, nous nous sommes ef forcé de donner à ces mêmes trois points de vue, y compris celui du touriste, u n aperçu détaillé de Budapest, cette gigantesque capitale du commerce danubien dont on n e sait pas où le développement s’arrêtera. Les renseignements que nous donnons ont été puisés à des sources hongroises et contrôlés sur place. Aussi ne pouvons-nous finir sa ns exprimer nos remerciements les plus sincères à toutes les personnes en Hongrie qui ont bien voulu nous prêter leur gracieux concours soit pour le contrôle des renseig nements, soit pour des communications nouvelles.
Paris, le 15 mai 1890.
RAOUL CHÉLARD.
I
Partie géographidue
INTRODUCTION 1 La Hongrie, en hongrois Magyarország , autrement it territoire e la couronne e saint Etienne, pays plus gran due l’Autriche et due l’Italie, s’éten à l’Orient e l’Europe centrale, entre l’Autriche et la Roumanie, l’Ariatidue, la Bosnie, la Serbie et la Galicie. Son climat présente un caractère continental, c’est-à-ire du’il n’est pas influencé par les courants e la mer comme celui e la France. Son unité géographidue est absolue, en ’autres mots, ses frontières sont entièrement formées par la nature : elles consistent, pour les trois duarts, en montagnes ont l’altitue épasse souvent eux mille mètres et dui entourent le pays comme une muraille impénétrable. Seule, une partie e la frontière su est formée par un golfe e l’Ariatidue, le Quarnero, et es fleuves. Le territoire e la Hongrie affecte la forme ’une ellipse irrégulière ont la partie orientale, légèrement soulevée, s’avance en pointe, tanis due la partie ouest traîne en dueue. Buapest, la capitale u pays, pour ainsi ire à cheval sur le Danube, en occupe le foyer occiental. Le territoire dui s’éten entre le 49° 38’ et le 44° 30’ e latitue nor et le 44° 16’ et 32° 40’ e longitue est, couvre 3 22,285.27 kilom. carrés et se trouve situé à istance égale e l’éduateur et u pôle Nor. D’après ce chiffre, la Hongrie occupe le sixième ra ng ans le tableau comparatif es 2 superficies totales es pays e l’Europe, à savoir :
Russie.........
Allemagne...........
France..........
Espagne..........
Suèe................
Hongrie..........
Norvège..........
Angleterre......
Autriche..........
Italie..........
Turduie ’Europe..........
Danemark..........
Roumanie..........
5.427.124.10
540.670.99
528.571.99
508.066.90
442.818 00
322.285.27
318.195.00
315.279.27
299.984.25
296.323.41
209.722.00
142.032.57
131.401.90
k. c.
Portugal...........
Grèce..........
Bulgarie..........
Bosnie et Herzégovie...........
Serbie...........
Hollane..........
Belgidue..........
Montenegro..........
92.828.60
64.688.30
63.972.00
52.102.10
41.389.80
32.999.91
29.455.16
9.400.30
Au point e vue e son aministration et e la nationalité e ses habitants, la Hongrie se ivise en trois parties bien istinctes, ont l’ organisation politidue, il est vrai, est centralisée à Buapest, mais pour lesduelles on fait néanmoins certaines ifférences et dui présentent ’ailleurs, au point e vue ethnogra phidue, un caractère nettement tranché. La première est laHongrie proprement dite,le pays où la race magyare c’est-à-ire règne en maîtresse et imprime à l’ensemble son caractère original. Annexée à la Hongrie une première fois en 1848, pui s éfinitivement en 1867, la Transylvanie oit toujours être consiérée comme faisant partie intégrale u pays magyar à cause e la configuration e son sol, dui fait du e les eux pays sont le complément géographidue l’un e l’autre. La euxième partie se compose e trois anciennes provinces : laCroatie,l’Esclavonie et lesAnciens confins militaires. La troisième, enfin, est le port e Fiume, sur l’A riatidue, avec son petit territoire suburbain. Par la possession imméiate e ce port, la Hongrie est en contact irect avec les puissances maritimes, nécessité absolue pour l’ écoulement e ses riches prouits agricoles. La population totale es trois parties u royaume e st e 16,000,000 ’âmes environ, soit 48 âmes par kilomètre carré. Sur l’ensemble e la surface, la Hongrie proprement ite occupe 279,749.68 k. c., soit 86,80 0/0 e la totalité. 42,516.02 k. c. représentent le territoire e la Croatie et e ses provinces annexées. Enfin, 19.57 k. c. appartiennent au territoire e Fiume.
1Prononcez Maiarorssague, ce dui veut ire Magyarie, pays magyare. Magyar vient u mot finno-vogoulien mogaer, mogre, et signifiait homme u pays, compatriote. Dans l’ancien jargon aministratif autrichien, la Hongrie est souvent nommée Transleithanie. Le mot Hongrie vient u nom Hounougar ou Ounougar par leduel on ésignait la conféération es tribus hunnidues dui, à la fin u neuvième siècle, prirent éfinitivement possession u bassin es Carpathes.
2a fait es réserves sur l’exactitue parfaite u chiffre e 322,285.27 k. c., et, en On
effet, il y a dueldues mois, le octeur Penck, professeur e géographie à l’Université e Vienne, ayant établi e nouveaux calculs, a obtenu un total supérieur e 3,054 k. c. à la première évaluation.
I
La plaine ou le bassin de l’Ouest
Particularités dans la configuration et le site top ographique. — . L’ancienne mer. — Divisions naturelles. — La plaine de l’Ouest ou bassin de Pozsony. — Un lac qui se remplit et se désemplit par intervalles. — C urieux marécages. — Traces du sol marin. — Le Danube. — Son cours. — Les populations. — Colons suisses. — Colons bavarois. — Pozsony, Komarom, Esztergom, leur histo ire. — Spécialité de marbre. — Beautés naturelles. La configuration du sol de la Hongrie est des plus. originales : en regardant bien attentivement la carte de l’Europe, deux choses nous frappent : D’un côté on distingue une arête de montagnes se dirigeant presque en ligne droite de l’ouest à l’est et qui constitue, pour ainsi dire, l’épine dorsale de notre continent ; cette chaîne centrale s’appelle successivement Pyrénées, Alpes, monts Carpathes, Caucase ; elle lance au sud et au nord des ramifications qui, en courant vers la mer, forment : en France, le Jura et les Vosges ; en Italie, les Apen nins ; en Bohême, les monts métallifères ; en Dalmatie, le Karst ; les Balkans en Turquie et l’Oural aux confins de l’Europe. L’arête principale ainsi que les branches sont souvent interrompues par de larges percées. De l’autre côté on remarque nettement à l’orient du continent une série presque systématique de grandes mers intérieures remplissant des bassins formés en entier ou en partie par ces chaînes de montagnes ; en avançan t de l’est à l’ouest, on trouve, comme première mer de la série, la mer Caspienne ; ensuite, la mer Noire ; la troisième, la plus rapprochée du centre de l’Europe, un bassin desséché, la Hongrie ou bassin des Carpathes entouré de tous les côtés d’un mur de mon tagnes et jadis couvert par les eaux ; celles-ci se sont, depuis, retirées à la suite de modifications géologiques telles que rehaussement du sol, rupture des bar. rages de retenue, pour laisser libre une des plus vastes et des plus fertiles plaines que la géographie connaisse. L’opération géologique constante du Danube, le principal cours d’eau de la Hongrie, on pourrait dire le seul, puisque tous les autres sont ses tributaires, a été pour beaucoup dans les causes du desséchement. Ce fleuve géant, q ui, depuis sa source jusqu’à son entrée en Hongrie, ne parcourt que des régions domi nées par les Alpes, et par conséquent reçoit une quantité d’affluents dont les eaux, au printemps, à la fonte des neiges, charrient des masses de pierres, des matièr es de transport et du terrain rocailleux enlevés en haut des montagnes, et qu’il dépose ensuite dans la plaine, y a naturellement formé de nombreuses couches d’alluvio n. Nous aurons d’ailleurs tout à l’heure occasion de parler en détail du travail géologique de tous les fleuves du pays. Or, ces vastes plaines intérieures dont quelques-unes sont communément connues, à 1 l’étranger, sous le nom de puszta , se trouvent divisées en trois grands bassins form és par la chaîne circulaire des monts Carpathes qui les entourent, en affectant la forme d’un vaste crochet comme un mur, un réservoir d’eau. Entre eux, ces bassins, dont deux sont des plaines à niveau bas et le troisième, celui de Transylvanie, un plateau élevé et accidenté, son t séparés par des branches de montagnes que les Carpathes, d’un côté, et les dernières extrémités des Alpes de Styrie de l’autre, lancent à travers le centre du pays. La Hongrie est ainsi naturellement divisée en trois compartiments fort distincts, dont le prem ier, à l’ouest, attenant à la plaine de
Vienne, s’appelle le bassin de Pozsony ; on le nomm e aussi bassin de Gyœr ou petite plaine hongroise, parce que, en effet, elle est la plus petite des trois ; le deuxième, celui 2 du milieu, le plus grand, est universellement connu sous le nom d’Alföld , pays bas ; le troisième enfin est le. bassin ou plutôt le plateau transylvain. Le Danube, en quittant le territoire Autrichien, entre en Hongrie par la Porta Hungarica des vieilles chroniques : ici finissait l’Occident et commençait l’Orient, le pays inconnu. 3 La trouée est flanquée de rochers et du vieux châte au-fort de Dévény vár qu’on aperçoit du fleuve. C’est une des plus merveilleuses entrées naturelles que la nature ait jamais formées ; la Hongrie en possède une autre, celle du défilé de Kazan par laquelle le Danube sort, par le côté opposé ; pour le reste, elle est inaccessible. Aussitôt la plaine s’accentue, elle court du sud-ouest au nord-est en affectant la forme d’un cercle allongé couché en biais sur le méridien . Le Danube la partage en deux tronçons égaux dont la partie nord-est est plus acc identée à cause des nombreux contreforts avancés dse Carpathes ; la partie mérid ionale est unie, c’est à peine si elle présente çà et là quelques monticules atteignant tout au plus deux mètres. Au point de vue géologique, elle renferme une des c uriosités de la Hongrie : à son 4 extrémité sud-ouest se trouve le grand lac le Fertö , dont la surface couvre en ce moment environ 325 kilomètres carrés. Nous disons en ce moment, parce qu’en effet ce lac s’est alternativement vidé et rempli dans l’esp ace de quelques siècles. Ce phénomène si curieux a été observé pour la dernière fois il y a une vingtaine d’années : le comte Esterhazy venait de faire exécuter certain s travaux en vue de mettre à sec, sinon le lac lui-même, au moins ses prolongements m arécageux, lorsque, en effet, vers 1858, ses eaux commencèrent à diminuer. Dix ans apr ès, les marécages n’existaient plus, les oiseaux aquatiques qui y vivaient avaient disparu ; au bout de quelques mois, le lac se sécha complètement : en 1868, pendant l’été, ses eaux n’occupaient plus que les parties les plus profondes du bassin, de sorte que les voitures et les troupeaux passaient là, où quelques mois auparavant, il y avait eu 2 mètres d’eau. Dès 1858 tous les grands poissons étaient morts ; le fond mis à nu commençai t à se couvrir de plantes salines lorsque, d’un coup, en 1869, l’eau reparut et, repr enant peu à peu possession de son ancien territoire, reconquit en 1876 et l’ancien bassin et les marécages. Ce phénomène a déjà eu lieu au moyen âge sous le roi André II, au treizième siècle, à un moment de crue, exceptionnelle, plusieurs villages situés sur la rivé ont : été engloutis. C’est ici que nous rencontrons les premières traces de l’ancien sol marin, le fond du Fertö contient une. grande quantité de soude qui do nne à son eau un goût saumâtre. Quand le lac se dessèche, lés terrains qui l’enviro nnent deviennent aussitôt incultes à 5 cause du szik , nom par lequel le Hongrois désigne une fine pouss ière de fins cristaux de sulfate de soude et de magnésie mêlés avec le sa ble ténu des plages et qui se 6 répand partout . Le lac offre une autre particularité : verticalement à son axe longitudinal qui va du sud au nord — le lac affecte la forme d’un ovale prolongé, étranglé au milieu — il possède un 7 prolongement marécageux, le Hanság qui s’étend de la rive orientale presque jusqu’aux bords du Danube sur 50 kilomètres de long ; bien que n’étant larges que d’une quinzaine de kilomètres, ces marais couvrent une surface égale à celle, du lac lui-même. Or, tout ce sol noyé se compose tantôt de simple terre vaseu se, tantôt de limon tremblant, de pièces d’eau nues où couvertes de roseaux ; certain es parties sont assez consistantes pour supporter des villages, on en compte une dizaine, on y rencontre aussi maintenant quelques pâturages, des prés, des vergers ; on ne peut cependant la traverser en voiture qu’en deux endroits et les indigènes qui s’y hasardent sont obligés de s’armer les pieds
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