//img.uscri.be/pth/19010873954ce24a681b258d5ba3dd50edbe719f
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,75 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

La jungle de Calais

De
133 pages
Ecrit avant la fermeture de la "jungle" de Calais, l'auteur raconte le quotidien de ces hommes qui déploient des forces inouïes pour survivre, aidés par des bénévoles. Afghans, Erythréens, Irakiens... Ils étaient cinq cents à attendre chaque jour leur ration de nourriture à la Belle Etoile, une association du Secours Catholique (...). C'étaient des gamins de quinze, seize ans. Loin de leurs parents restés dans la guerre mais qui espéraient pour eux un avenir de paix, où l'on peut travailler et manger à sa faim.
Voir plus Voir moins
La Jungle de Calais
Du même auteur Le Fiu(L’Harmattan) Traumas(Grandvaux) Le silence des étoiles(L’Harmattan) Les photographies présentes dans cet ouvrage sont de l’auteur. Les photographies de Jérôme Equer (Agence Vu) font l’objet d’expositions en France et à l’étranger. © L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-11976-5 EAN : 9782296119765
Philippe EURIN
La Jungle de Calais Misère et solidarité
Aux bénévoles du Secours Catholique et de Salam. Et tout particulièrement à Mariam et à Moustache.
Pendant près de deux ans, avec le photographe Jérôme Equer, je suis allé à Calais. Nous voulions voir cette ville devenue terre migrante. Afghans, Erythréens, Irakiens… Ils étaient cinq cents à attendre chaque jour leur ration de nourriture à la Belle Etoile, une association du Secours Catholique, au hangar Paul Devot tenu par l’association Salam. A attendre des vêtements propres au vestiaire Notre Dame, ou des baskets non trouées pour continuer leur longue marche. C’étaient des gamins de quinze, seize ans. Loin de leurs parents restés dans la guerre mais qui espéraient pour eux un avenir de paix, où l’on peut travailler et manger à sa faim. La fréquentation de ces adolescents qui auraient pu être nos fils nous bouleversa. Leur incroyable force — ils avaient parcouru des milliers de kilomètres pour être ici — leur espérance toujours si souriante nous marquèrent profondément. Et les bénévoles, ces Samaritains de Calais qui leur viennent en aide tous les jours, laissèrent en nous un sentiment de fraternité plein de réconfort : Moustache, le père Boutoille, sœur Cécile, le docteur Franco, Reza, Mariam, Sylvie… Au fil des mois, nous avons vu vivre ces hommes et ces femmes, aidants et aidés, aimants et aimés, migrants de leur terre d’enfance ou migrants dans leur propre existence ; Nous avons pénétré dans la jungle. Ni lions, ni serpents venimeux mais beaucoup de policiers sans cesse aux aguets. Les Afghans nous y offraient toujours un thé bien chaud pour nous saluer. Déjà, les autorités
9
s’entraînaient à la supprimer. Un signe fort serait ainsi donné au reste du monde. Ce livre raconte Calais avant la fermeture de la jungle, cette triste démonstration de l’identité nationale qui exclut.
10