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La laïcité pour tous

De
103 pages
Les fondements juridiques de la laïcité française, détaillés dans les quatre précédents tomes, sont complétés ici par des approches complémentaires. La laïcité est le produit d'une évolution historique, étroitement corrélée avec l'émancipation de la France et l'émergence de la Révolution, mais aussi de réflexions sociologiques (identité française, immigration), philosophiques (rôle assigné aux religions, apport de la laïcité aux valeurs de la République) et politiques.
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• La première rappelle que cette lacité est le produit de l’Histoire de la France, depuis ses fondations, jusqu’à ce jour. Cette évolution est étroitement corrélée avec l’émancipation de la France qui fut « îlle aïnée de l’Eglise » et avec l’émergence de la Révolution et du Siècle des Lumières. • La deuxième approche de la lacité française est de nature sociologique, sous plusieurs dimensions, dont celles de l’identité française, ou de l’immigration. • La troisième se dégage de la philosophie politique qui pose maintes questions, parmi lesquelles le rôle assigné aux religions, l’apport de la lacité aux valeurs de la République ou son rôle dans le « vivre ensemble ». • La dimension politique de la lacité est également fondamentale.
Enîn, la lacité française n’est pas seule au monde : comment se présente-t-elle dans les instances internationales et dans d’autres
Illustration de couverture : © Hemera - Oleg Iatsun
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Gérard FELLOUS
La Laïcité pour tous Postface de DanielBENICHOU, président de l’association Tome 5 « Le Chevalier de La Barre »
La Laïcité pour tous
Une construction historique, sociologique, philosophique et politique
LA LAÏCITÉ POUR TOUS
Gérard FELLOUSLa laïcité pour tous Tome 5 Une construction historique, sociologique, philosophique et politique Postface de Daniel BENICHOU, président de l’association « Le Chevalier de La Barre »
© L’Harmattan, 20165-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08186-1 EAN : 9782343081861
Introduction
Ainsi que nous l’avons vu dans les précédents fasci-cules, la laïcité français est définie et encadrée par un corpus juridique détaillé, qui permet de la reconnaitre entre bien d’autres dans certains pays, de la respecter, de la mettre en œuvre sans contestations, sa légitimité étant assise sur la volonté démocratique exprimée dans ses représentations parlementaires nationales. On ne peut ignorer pour autant que dans sa spécifi-cité française, elle demeure le produit d’une évolution historique, sinon d’une révolution, mais aussi de ré-flexions et de débats sociologiques, comme elle est l’incarnation des principes et des philosophies, non seulement des temps qui l’on fait naître, mais aussi contemporains. C’est ce que nous examinerons dans ce dernier fas-cicule, afin d’éclairer toutes ses facettes, de la mieux comprendre pour mieux y adhérer.
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Une histoire longue et conflictuelle
Dans ses rapports avec les cultes, la France a connu trois régimes au cours de quatre séquences histo-riques : Des origines de son histoire, c’est-à-dire dès le baptême de Clovis, jusqu’ à la Révolution de 1789. Le Royaume de France fut un Etat confessionnel dans lequel le catholicisme était la religion unique qui légitimait une monarchie absolue de droit divin. L’Eglise catholique avait alors tourné le dos à l’impé-ratif du christianisme primitif qui avait introduit une distinction entre le temporel et le spirituel avec l’in-jonction de Jésus aux Pharisiens : «Rendez à César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu» (Mathieu, XXII, 15,21). Si le clergé catholique, garant du dogme d’Etat, avait le monopole de l’éducation et le contrôle des uni-versités et des publications, c’est-à-dire la main mise sur la liberté de pensée et de religion en soumettant tous les sujets du Royaume aux «devoirs envers Dieu», il n’en demeure pas moins que les souverains tentèrent sans cesse d’acquérir une autonomie par rap-port aux Souverains pontifes. La France médiévale fait la distinction entre la mo-narchie héréditaire et l’institution ecclésiastique, mais le monarque reçoit, comme l’évêque, l’onction de « l’huile sainte »: il devient «l’oint du Seigneur», le roi très chrétien, lieutenant de Dieu sur la terre. Il n’en demeure pas moins que :
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