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La libéralisation des marchés du cacao au Cameroun : impact sur la production et la commercialisation

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239 pages
L'objet de cette étude est triple : analyser les effets que la libéralisation de la filière cacaoyère exerce sur la production et la commercialisation au Cameroun; dégager les enjeux qui interpellent toujours le secteur à l'heure actuelle; ouvrir des voies de recherche susceptibles d'être explorées dans un but de rentabilisation des performances compétitives ou d'optimisation de la filière. Dès lors, l'analyse des faits s'appuie à la fois sur les fondements théoriques de l'interventionnisme de l'État et du libéralisme économique, ainsi que sur l'analyse des données statistiques et des graphiques. Les résultats obtenus révèlent que la libéralisation de la filière cacao est souhaitée par tous (État, producteurs/paysans, vendeurs, acheteurs, exportateurs). Elle est souhaitée de tous à cause des limites et des blocages liés à une gestion administrative déficiente du secteur. Mais cette libéralisation reste encore incomplète à cause des dysfonctionnements, des carences et des difficultés qui subsistent. En réaction aux coûts et aux effets pervers en cours, des stratégies alternatives sont nécessaires. Elles consistent essentiellement en une action collective, qui exige la mise en ouvre de facteurs institutionnels, organisationnels, financiers et psychologiques du capital humain pour établir ou rétablir la confiance intra catégorielle et inter catégorielle des professionnels du cacao. Cette définition des actions communes et de mobilisation de toutes les ressources nécessaires nous conduit à repenser une nouvelle réglementation
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Extrait
Cet encadrement s'exécute tant au niveau de la théorie et de la littérature économique qu'au niveau de la gestion administrative de ce secteur.



Section I ; L'encadrement théorique : l'interventionnisme de l'État



Deux points sont essentiels ici, à savoir : le bilan de la théorie et le bilan de la littérature économiques.




Paragraphe 1 : Le bilan de la théorie



Alors que les premiers théoriciens du dirigisme économique ont pensé, à la suite des mercantilistes, l'économie en termes d'économie nationale, les théoriciens de la période d'après la deuxième guerre mondiale ont plutôt développé un interventionnisme volontariste.



A. Les traditions nationales



La politique économique décidée par les pouvoirs publics est fondée sur un programme visant à promouvoir et à raffermir une approche des traditions nationales1.



En effet, le dirigisme économique est d'abord commandé par les forces mercantilistes2 depuis le 16e siècle en Europe, avec une forte expansion aux 17e et 18e siècles (Colbert, Mun, Petty). Ce sont de véritables apôtres de l'intervention d'un État tout- puissant dont la logique et les pratiques reflètent la situation et la mentalité des divers pays de l'époque.



Sur le plan interne, les premiers théoriciens de l'économie nationale ont vu dans l'accumulation physique de l'or une source de la richesse par excellence et le nerf de la puissance privée. Ils attestent de la prospérité par deux moyens déjà très keynésiens, à savoir : la baisse du taux d'intérêt obtenu, soit par la loi de l'abondance monétaire résultant elle-même d'une balance favorable, soit par le développement de la consommation et du luxe qui constitue le principe médiéval de la défense métallique transposé sur un plan économique. Certes, la montée du libéralisme dès le 18e siècle va tout remettre en cause; toutefois, un courant interventionniste n'a cessé de le traverser.



Sur le plan externe, les mercantilistes se déterminent par la suprématie des échanges dont l'intervention de l'État en constitue le moyen, une balance favorable leur théorie et la stimulation de l'initiative privée allant d'un protectionnisme limité au monopole du système est leur principe de base.



En effet, en dehors même des socialistes comme Chevalier ou Dupont, trois courants de pensée se sont développés à savoir : le romantisme (Sismondi, Saint-Simon), la démocratie (Marx et Engels qui critiquent les capitalistes), le scientisme.



À cet effet, Montesquieu et Tocqueville admettent une intervention sociale modérée de l'État. Celui-ci doit se montrer modéré à l'égard des citoyens dans la fixation des impôts. Dans une logique similaire, Turgot parle d'un État protecteur de la liberté, Say ajoute que l'État doit conserver une fonction régalienne, même subsidiaire, dans la protection du droit de la propriété et du travailleur.



Au 19e siècle, parallèlement à la montée du protectionnisme extérieur défendu âprement par List qui, en reprenant et systématisant les vues de Smith et de Condorcet, insiste sur le fait que le devoir d'un État attardé est de sortir de cette situation inférieure, en développant les forces productives de la nation par le protectionnisme; des réactions intérieures s'affirment en faveur d'une intervention économique. De plus, au début du 20e siècle, l'humanisme libéral de certains auteurs (le philosophe Alain, Ortega, Gasset) les amène à se méfier de la doctrine du laisser-faire intégral et à accepter, jusqu'à un certain point, les interventions correctives de l'État providence et de l'État de droit.



Par ailleurs, le libéralisme raisonnable d’Aron adopte la tradition de modération et de pluralisme tolérant inspirée de Montesquieu et Tocqueville. Avec Popper, l'État devient le garant de l'État de droit et de la liberté comme l'État protecteur de la liberté de Turgot au 18e siècle.



Ces réflexions d'une approche des traditions nationales vont laisser la place à un interventionnisme volontariste après la seconde guerre mondiale.
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