La Libération progressive

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Où est passé l’homme moyen, capable d’opérer une Synthèse harmonieuse des différents éléments de sa vie d’homme, en vue d’un équilibre, d’un épanouissement et d’une stabilité susceptibles de lui procurer le bonheur et de lui permettre d’irradier ce bonheur à son tour ?

La « Libération progressive » est une « Formation personnelle » qui cherche à englober différents aspects de l’être humain, tout en respectant les tendances politiques et religieuses. Une clef de lecture de soi, des autres et du monde, susceptible de rapprocher les esprits et les coeurs. Cet ouvrage s’adresse à tout être Pensant, Réfléchi, Conscient et Responsable, à vous, à toi ?


Publié le : samedi 1 janvier 2005
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EAN13 : 9999998738
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Prologue Face à cette pulsion profonde qui pousse à transmettre et à partager je me demande : « Pourquoi écrire ? » et aussi : « A qui sadressent ces pages ? »
L’Homme et Dieu
Durant longtemps lHomme moyen, créature religieuse souvent faible et menacée, sest appuyé dans son désarroi sur les réponses que la religion lui apportait, quand elle ne les lui imposait pas Aujourdhui, et pour ne considérer que les trois religions mono-théistes, lindividu moyen se trouve, au sein de chacune delles, confronté avec des choix qui le laissent perplexe et suscitent parfois plus de questions quils napportent de réponses. La présence, au sein dune même religion, de courants de pensée différents, et même parfois de tendances divergentes sopposant les unes aux autres, est une bonne chose en soi, car elle prouve que lHomme pense, quil sent, quil cherche et que, Dieu aidant, il trouvera. Les problèmes actuels qui résultent de la présence de pensées et de tendances différentes au sein dune même religion ainsi que les problèmes inter religieux ne découlent pas, en fait, de lexistence de ces différences autant quils découlent du fait que chacun simagine être le détenteur unique de la vérité. Il nen reste pas moins que lHomme daujour-dhui, et les jeunes plus particulièrement, ne peuvent plus trouver dans ce havre ancestral que fut la religion, la Paix, la Sérénité,
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lHarmonie et lEquilibre avec autant de facilité et autant de sim-plicité que jadis nos grands-parents. Lenfant dhier a découvert quil peut poser son « pourquoi ? » et il ne sen prive pas. Les réponses quil trouve à ses « pourquoi ? » ne sont, malheureusement, pas tou-jours de nature à le satisfaire, soit que ces réponses ne soient pas convainquantes, soit quil nait pas reçu la formation qui lui permette de les assimiler Le développement technologique et les réalisa-tions scientifiques ont poussé lHomme à poser toujours plus de « pourquoi ? » et lui ont aussi donné le sentiment davoir de moins en moins besoin de Dieu. Ce sentiment est entretenu par le fait quil ne connaît souvent pas sa religion assez bien pour y trouver toutes les réponses quelle est susceptible de lui offrir, par le fait que sa religion est peut-être inapte à lui offrir toutes les réponses quelle devrait, par le fait que sa religion lui propose les réponses adéquates mais quelle le fait dune manière peu susceptible dêtre comprise, par le fait quil se sent lui-même plus « libéré » et se croit donc plus indépendant et aussi par le fait quil a, en général, moins « peur » Dans ce sens, lHomme a effectivement beaucoup moins besoin de lancien type de relation qui le reliait à Dieu. Lenfant qui courait pleurnicher auprès de son Dieu a grandi et cherche, aujourdhui, a entamé le dialogue. Il sent en lui le besoin dune nouvelle forme de relation, et ce besoin joue peut-être, entre autres facteurs, un certain rôle dans les crises intestines que nous constatons aujourdhui. Le problème est souvent quil ne sait pas par quel bout il devrait entamer le dialogue quil désire tant Je ne dis pas que les religions ne sont plus à même de répondre aux besoins de lHomme. Loin de là : il est des besoins auxquels seule la religion peut répondre. Mais je souligne simplement que les choses ne sont plus aussi simples ni aussi faciles pour lHomme daujourdhui quelles létaient pour nos grands-parents. Et cela peut-être parce que justement lHomme daujourdhui, cherchant à assumer son début de maturité indivi-duelle,  lensemble de la planète vivant en pleine crise dadoles-cence  cherche en même temps à assumer sa religion au lieu de se contenter de sy réfugier. Phénomène positif, encore une fois, certes, mais aussi phénomène de croissance qui, comme toute croissance, ne peut être que douloureux.
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« LHomme cherchant à assumer son début de maturité indivi-duelle » ai-je dit ? Voici que dès les premières lignes jenfourche demblée le thème majeur de cet ouvrage, alors que je ne me pro-posais de laborder que beaucoup plus tard !
L’Homme et la Science
LHomme daujourdhui subit aussi dautres contrecoups des découvertes scientifiques et du développement de la technologie. Les différentes branches de lactivité humaine se sont tellement diver-sifiées que seul le travail en équipe peut aboutir à la réalisation de lobjectif, chacun des membres de léquipe étant hautement spécialisé dans une activité de plus en plus pointue. Il en résulte deux types de réactions qui nous intéressent. Dans le premier cas, lindividu, véritablement passionné par sa branche, poussera toujours plus loin la Spécialisation. Pour nos grands-parents, être médecin, ingénieur ou avocat était déjà une spécialisation. Aujourdhui le médecin sera clinicien ou Homme académique, puis, sil est clinicien il sera patho-logue ou chirurgien, puis, sil est chirurgien, il se spécialisera dans la chirurgie nerveuse ou urinaire pour se spécialiser ensuite au niveau dune opération déterminée si ce nest au niveau dune partie bien spéciale de cette opération Il ny a pratiquement plus, dans tous les domaines, de plafond à la Spécialisation. Il est très important de noter que largent gagné, le niveau de vie, le statut social et la puissance acquise vont souvent de pair avec le degré de spécialisation atteint. Ce qui nous amène au second cas, celui de lindividu moyen-nement passionné par ce quil fait, mais qui, par la force des choses, à cause justement des facteurs économiques et sociaux que nous venons de mentionner, argent gagné, niveau de vie, statut et puis-sance, se trouve fortement motivé, au sein dune communauté où, pour être « bien vu » il faut « réussir » Certains maudissent largent et le tiennent pour responsable du malheur de lHomme moderne. Je ne pense pas que cela soit justifié. LHomme a inventé largent.
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Largent na pas inventé lHomme. LHomme réagissait exactement de la même façon du temps du troc et largent na rien changé à la nature profonde de lHomme ni aux phénomènes sociaux qui en résultent. (se référer à la partie concernant « Les motivations pro-fondes qui agissent en lHomme »). Dans les deux cas, et quoique pour des raisons différentes, lHomme fera « la course aux diplômes » et investira temps, argent et énergie dans la connaissance toujours plus poussée dun nombre toujours plus restreint de choses, voire dans la connaissance dune seule et unique chose : la Spécialisation représente une indispensable poussée verticale. Nous ne devons cependant pas oublier que lHomme a tout autant, sinon encore plus, besoin dun épanouissement horizontal
L’Homme et la Société
Les sollicitations de la société de consommation sont incom-mensurables. Dans les sociétés primitives lHomme devait inventer un code pour déterminer la hiérarchisation sociale, selon des lois que nous verrons au chapitre concernant les motivations profondes qui régissent beaucoup de nos agissements. Aujourdhui, il y a pour chaque pays et pour chaque niveau de vie une forme spécifique de sollicitation susceptible de déclencher la joute sociale moderne : la course à la Possession, symbole de réussite et de dominance. La Consommation joue donc le jeu de la hiérarchisation en fournissant à lHomme un code déjà tout préparé pour la détermination de la dominance. Nous avons-là une des raisons principales pour lesquelles la société de consommation a été adoptée spontanément par des peuples de cultures et de-civilisations très différentes : la consom-mation solutionne en fait un problème de hiérarchisation que lHomme doit solutionner de toutes façons. Et voici notre Homme moyen pris dans les engrenages dune société hiérarchisée à partir dune dominance dont léchelle des valeurs sappuie sur la Possession, cest-à-dire lArgent et la Puissance quil confère. Une telle échelle des valeurs est-elle susceptible de lui procurer le bonheur ?
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LHomme moderne est donc confronté (1) au problème de redéfinir une relation plus mûre avec Dieu. Cela est bon. Il est aussi (2) de plus en plus obligé de se spécialiser. Cela aussi est bon mais représente une montée verticale qui ne lui laisse malheureusement pas assez de temps pour sépanouir horizontalement. Il est aussi (3) tenu de se situer par rapport à une société hiérarchisée selon des critères de Puissance et de Possession qui tendent à accentuer son malaise  car malaise, il y a, nous le verrons tout à lheure  parce que ces critères, vestiges dune psychologie sociale animale, ne sont plus vraiment conformes à ses besoins profonds. Ils létaient du temps de lHomme des cavernes, du temps de lHomme primitif, mais ne le sont certainement plus par rapport à lHomme décrit dans « La cellule Libératrice ».
Résultats
Le Dialogue se meurt…
Sur les côtés de certains autobus publics de la ville de Montréal je lisais il y a quelques années : « Prenez la peine de parler aux gens. » La caisse enregistreuse parlante venait dêtre mise en fonction dans les grands magasins épargnant à la caissière davoir à annoncer au client le montant de son addition et davoir à lui dire « merci » Le temps passé en communications pour se rendre au travail et en revenir, la fatigue dune journée de travail qui se veut compétitif, le « stress » de la vie moderne, les obligations familiales et les pro-blèmes dordre pratique laissent bien peu de temps aux relations sociales et aux échanges. Or, le dialogue, la mise en commun et le partage sont sources denrichissement et favorisent léquilibre intérieur. LHomme moyen sen trouve trop souvent privé. Chaque pas que lon fait en dehors du domaine strictement professionnel revient à coûter beaucoup dargent et dénergie. Or lHomme moyen na à revendre ni de lun ni de lautre. Ne dit-on pas « Time is money » ? Les adultes, communiquant de moins en moins entre eux, commu-
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niquent automatiquement de moins en moins avec les jeunes. Fini le temps de loncle auquel on allait confier ses soucis dadolescent. Finie lépoque de la brave vieille tante dont le giron recevait les larmes du premier amour déçu Ne pouvant plus satisfaire leur besoin déchange avec les adultes, les jeunes se replient sur leurs positions de jeunes. Ils forment des bandes, codifient le langage et lhabillement, et le phénomène quils représentent alors de part leur nombre et leur désir de saffirmer, offre à la société de consommation ce marché excep-tionnel que tous les commerçants connaissent si bien. Malheu-reusement, la pauvreté de leurs contacts avec les adultes ne leur permet pas dacquérir lexpérience grâce à laquelle aurait pu fleurir la qualité des contacts quils auraient besoin détablir entre eux. Doù la pauvreté des contacts des jeunes entre eux, pauvreté justifiée aussi par le fait quils ne trouvent pas facilement de sources denrichissement autres que techniques, scientifiques et professionnelles, la solution aux problèmes de vie et la réponse aux questions quils posent  peu lucratives  étant laissées au hasard des circonstances. Le dialogue se meurt, et avec lui une certaine forme denrichissement et un certain facteur déquilibre.
Où est donc passé l’Homme Universel ?
Non pas lencyclopédie vivante, bien entendu, mais cet individu cultivé, capable de parler avec une compétence moyenne de beau-coup de sujets différents, capable dapprécier différentes musiques et différentes uvres dart, qui ne fait pas la grimace quand il goûte un plat quil ne connaît pas parce quil nest pas esclave de lhabitude et quil accepte que les autres puissent être différents de lui, capable de bricoler sans causer de désastres et de se passionner pour un petit « hobby », une petite activité secondaire, non professionnelle, quil accomplit avec beaucoup de plaisir sinon avec beaucoup de compé-tence, la valeur et le niveau technique de luvre achevée restant pour lui très secondaires; cet Homme qui, capable de partager harmonieusement son temps et son énergie entre son travail, sa famille, ses amis et ses relations, est à la fois un bon-citoyen, un bon
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parent, un bon ami et une fréquentation appréciée ? En un mot comme en cent, je demande : « Où est passé lHomme moyen, capable dopérer une Synthèse harmonieuse des différents éléments de sa vie dHomme, en vue dun équilibre, dun épanouissement et dune stabilité susceptibles de lui procurer le bonheur et de lui permettre dirradier ce bonheur à son tour ? » Un tel Homme est aujourdhui anachronique. Or cet Homme nest pas anachronique parce que les besoins de lHomme ayant changé, luniversalité nest plus de mise. Non. Luniversalité reste de mise. LHomme amputé de son universalité, lHomme auquel il ne reste quun seul et unique domaine, lanalyse, cest-à-dire la spécialisation et uniquement la spécialisation, et qui ne peut donc pas faire la Synthèse des multiples volets que luniversalité suppose, est un Homme qui trouvera beaucoup plus facilement le chemin de la résignation (je peux mestimer heureux davoir ce beaucoup dautres nont pas) que celui du véritable bonheur (je suis heureux, je suis riche, je possède une véritable fortune, je sais, je connais). Cet Homme est anachronique simplement parce que luniversalité suppose un investissement de temps et dénergie que ne peut plus se permettre lHomme moyen daujourdhui. Le quantum dénergie dont lHomme dispose est le même quil y a cinq cent ans et les vingt quatre heures nont pas raccourci depuis. LHomme se voit sim-plement obligé den sacrifier (et, pour certains, cela représente un véritable sacrifice) une partie toujours plus importante aux besoins de la spécialisation, de la course au statut social, etc., sous peine de se singulariser et, peut-être sinon sûrement, dêtre mis au rancart par une société qui rejette ceux qui ne se plient pas à ses exigences. Car, disons-le sans ambages, luniversalité nest pas payante. Du moins pas matériellement. Elle suppose donc un choix, le choix dun certain sacrifice au niveau social ainsi que de ses conséquences, que neffec-tuera que celui dont le besoin naturel duniversalité est suffisamment fort pour résister au broyage de lensemble des engrenages écono-miques et sociaux précités. LHomme universel tend à disparaître
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