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La main

De
292 pages
Les transpositions poétiques de l'auteur en langue des signes l'ont amenée à glaner les fruits d'une abstraction sensible et, du singulier au pluriel, à réaliser l'importance du toucher dans la pensée. Du piano à l'ostéopathie, de l'art numérique à la préhistoire, de la neurologie à la chiromancie, entre sciences et histoire de l'art, lettres et langages, "les mains fondent un intervalle de temps, où mûrit la pensée, comme un appel".
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La main
Pluriel d’une abstraction sensible


Sous la direction
d’Armelle Chitrit







La main
Pluriel d’une abstraction sensible

























Colloque de Cerisy
















www.lelabodelettres.org
lelabodelettres@live.fr





© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56528-9
EAN : 9782296565289

Présentation 9 ARMELLE CHITRIT

17 ANNICK LABARRE VILA La main, organe de la préhension et du

toucher NEUROLOGIE

D’une main à l’autre : de la main créatrice 35 HENRIETTE BESSIS
à la main sujet
HISTOIRE DE L’ART


49 CLAUDE BOCHURBERG La main ou la promesse d’une parole geste

OSTEOPATHIE

63 LINE CLEMENT Le paysage de la main ou la promenade
curieuse de la chiromancienne CHIROMANCIE

81 SABA FARES La représentation de la main dans les
gravures rupestres en Jordanie du Sud
ÉPIGRAPHIE


95 ITZHAK GOLDBERG
Les mains qui parlent
PEINTURE

107 NATACHA LAGIERE La main : organe de relation,

médiateur en psychomotricité GERIATRIE

127 MICHEL LANTELME Malraux, la Main du destin

LITTERATURE
La main d’orchestre
143 NATHALIE MAMIAS


MUSIQUE

157 MARC-ALAIN OUAKNIN La main de Kafka

KABBALE


175 STEPHANE PATRICE Les mains de Marguerite Duras


CINEMA

191 JEAN-FRANÇOIS PERRIN La main des fées
CONTE

219 CHARLES POLIO La main et la pensée musicale
PIANO

235 ANNIE RISLER
La Langue des Signes Française :
LINGUISTIQUE comment faire parler les mains ?

251 ALEXANDRA SAEMMER
Mains en réseau : réflexions sur l’art interactif
INFORMATIQUE

267 CYRIL THOMAS Le toucher du photographe
PHOTOGRAPHIE

279 NOTICES BIOGRAPHIQUES Des auteurs

TABLE ET RESUMES
7

PRÉSENTATION

Métonymique de notre existence, au carrefour de plusieurs sens,
la main multiplie les pratiques, consacre les pouvoirs, transmet les
savoirs, produit des représentations du monde et d’elle-même, dans
un réel dont elle épouse et repousse le relief constitué et changeant.

Instrument de langage et de pensée, de la langue des signes à
l’art numérique, entre caresse et indifférence, la main joue à pile ou
face comme le signe d’un « tout » qui nous échappe.

De la neurologie à la chiromancie, de la poétique à la
préhistoire, de la langue des signes à la direction d’orchestre, de la
kabbale à l’ostéopathie, la main dans ce pluriel des actes qui, ici, la
caractérisent, livre sa part d’invisible, dans une forme d’écoute
privilégiant, le plus souvent, le pouls de la recherche, sans
gisement préconçu.

La main, comme citation de notre humanité, vient ici enrichir la
source de notre rapport à l’autre : chemins d’un pluriel énigmatique,
où se retranche le projet — fût-il pertinent — d’une exhaustivité.

Signature d’un passage invoquant la protection divine sur les falaises
rupestres du sud de la Jordanie (S. Farès), jouant du pouvoir des
métamorphoses dans l’univers des contes de fée (J. -F. Perrin) et dans la
transformation qu’opère le geste d’écrire, des origines de l’écriture
jusqu’à nos écrans plats d’une signalétique « en ligne », les mains
parlent !

La main revêt une puissance singulière; elle regagne aussi vite
la syntaxe du corps par des travaux sur le toucher photographique
(C. Thomas), le cri dans le cinéma de Marguerite Duras
(S. Patrice), la question, si précisément physique, de la préhension
(A. Labarre Vila), qui conditionne diversement ce regard que nous
portons sur elle.
9 Au repos et à la lumière d’une chandelle, elle devient une page
de lecture pour la promenade herméneutique de la chiromancienne
(L. Clément).

Que disent les mains, comment réorganisent-elles l’espace, en
particulier avec la langue des signes dont elles sont l’organe
moteur (A. Risler)? Nous apprenons qu’elles recréent une
architecture en mouvement, qu’elles trahissent une concrétude dont
la pensée se réclame, en plus de saisir, de comprendre et de
prendre. Autour du vide, les mains profèrent des paroles, des
signes, qui élaborent et font circuler le sens, le provoquent, en
effacent le contour et, ce faisant, dépassent ce que nous savons.

Mais comment la main, dans la singularité, parvient-elle à
s’emparer de la pensée? La neurologie fonde la perspective du
développement artistique que Marie Jaëll découvre au sujet du
piano ; la construction arrondie des lignes papillaires permet
l’intégration du sujet à l’objet par le toucher. C’est ce que révèle le
clavier du pianiste (Ch. Polio), ou encore l’outil multimédia qui, à
force de liens et d’hyper-liens, rejoue l’épaisseur symbolique d’un
monde construit dans le rapport à l’autre, sans terme à son
équivalence.

La main comme réserve de sens inépuisable induit l’espace de
la relation et, en son creux, refuse parfois de se saisir de quoi que
ce soit pour multiplier les chemins à partir de rien. La dialectique
palpatoire privilégie le toucher d’une « parole-geste »
(C. Bochurberg), témoin charnel d’un changement quotidien ou
soudain dans la réalité thérapeutique (N. Lagière), prolongée ou
anticipée dans la représentation picturale. L’univers des mains
appelle leur présence, dégagée de la conscience, entre désir et
culpabilité, entre élégance et interdit; fascinantes et tentaculaires,
chez les peintres Schiele et Kokoschka (I. Goldberg) ; elles sont
l’œuvre et l’outil, sujets et objets, omniprésents d’une histoire de
l’art qu’elles motivent entre la touche et toucher (H. Bessis).

La narration que font les mains permet de mettre au jour un
conflit entre la gauche et la droite, entre éthique et esthétique, avec
une lecture éclairée de Kafka (M.-A. Ouaknin). Le motif littéraire
10 des mains ne s’arrête pas à une contemplation de l’ordre des
choses, mais cherche bien sûr à le modifier. La Main du destin
chez Malraux (M. Lantelme), celles qui questionnent le pouvoir,
qui d’un cri appellent l’amour, qui croisent ici la main du chef
d’orchestre ne touchant rien et guidant tout (N. Mamias).

À travers l’empreinte d’un monde que son toucher observe, que
sa mémoire conserve, que sa narration transpose, la main ouvrière
donne corps à une vision qui s’ouvre, du visible à l’invisible et du
singulier au pluriel.

Les mains fondent un intervalle de temps, où mûrit la pensée,
comme un appel. Du geste à l’empreinte, le pluriel des « deux
mains » marque aussi une opposition féroce, une lutte
complémentaire d’où peut émerger la voie royale d’une fiction
heuristique dans les sciences et les pratiques que cet ouvrage met
en dialogue.

Et pour entrer dans le toucher que signifie la lecture, la main
ouverte tel un livre ajouterait aux pratiques d’interprétation des
œuvres, du corps à l’œuvre, traçant à l’horizon un passage, tantôt
emblématique, tantôt symptomatique, d’une extrémité du corps
dans la pensée. Actes de la rencontre entre spécialistes de plusieurs
continents, ce livre traduit la multiplicité foisonnante, et parfois
même déconcertante, du spectacle commun que cet éventail ne
peut transcender.

La main échappe le plus souvent au discours ou, par le projet
même de vouloir le régler, sitôt le situe à l’écart de la prise. Elle
dessine des formes d’improvisation dans la pensée, engageant le
désir d’une création théorique, alliant la rigueur et le
questionnement pour en repousser les limites.

Entre ces contributions, qui ont pris une forme relativement
académique, divers ateliers se sont déroulés, sous la responsabilité
de Line Clément que je remercie chaleureusement.

Extension expérimentale de chaque intervention, leur apport à
la théorie s’est nourri du jeu de la transversalité, dans le risque et la
11 richesse d’un pluriel crépitant. Sur le geste d’écrire, la direction
d’orchestre, la chiromancie, le toucher…

Dans cet ordre majoritairement alphabétique de la table des
matières, je souhaite remercier chacune des personnes venues
partager sa pratique et enrichir cette rencontre de ses hypothèses,
sachant que c’est aussi une des missions du labo de Lettres.

Je remercie l’équipe de Cerisy pour son accueil, dans la
mémoire de ceux qui n’y sont plus, en particulier Catherine
Heurgon, Maurice de Gandillac et Éric Belley, inoubliables
partenaires de jeu et de discussion.

Cet ensemble ne pouvait se tenir sans susciter la création
soutenue par le conseil régional des Lettres de Basse-Normandie :
la mise en scène — Panier bio — n’a pas esquivé le bonheur
sensoriel d’écarter les natures mortes pour faire danser les poèmes-
fruits et jouer des correspondances d’une cueillette franco-
québécoise très allégorique et dont la performance s’est
transformée du marché aux Pentes de la Croix-Rousse.

Parmi les mains présentes, impossible de reproduire celle de
Marie-Christine Escalier , venue avec la Geste des Anonymes; la
collection des œuvres d’art prêtée par le Dr Régis Lisfranc pour
l’exposition ; les courts métrages de fiction et d’anthropologie
(dont Faces of the hand de Tamas Wormser).

La publication des Actes révèle les mains de l’écriture comme
une étape supplémentaire ; les imagine encore toutes tenir
ensemble — comme le bouquet offert dans l’autoportrait solidaire
de la première de couverture —, ouvre libre cours aux détours des
chemins empruntés.

Merci aux amis du Labo de Lettres qui m’ont aidé à la mise en
page et à la relecture du manuscrit.

De l’empreinte à l’outil, quand la main s’avère du côté de la
pensée, elle devient métonymique d’un genre propre et commun à
nos actions, à notre identité, de la transmission à son devenir.
12
« Plus il y a de corps, plus il y a de pensée » ! Ainsi, étions-
nous invités à épouser l’élan de cette gradation, par le voisinage du
colloque Artaud (qui s’est tenu au même moment que le nôtre).
Citer pour inciter de nouvelles perspectives dans l’élucidation des
lignes de nos champs respectifs et cependant décloisonnés.

Si l’aventure d’un désir partagé versait à l’humain ces
découvertes comme mode et dépassement des signes et des outils,
cela voudrait dire que le toucher dans la pensée n’est pas pure
intuition ; que la rencontre comporte un risque dont la main
métaphore exécute au sens propre un vivant partage heuristique,
1— comme « simple promesse » ou « poignée de main ».

Armelle CHITRIT

1 Je me permets de signaler par cette référence à Mandelstam et Celan que ma
contribution sur le geste d’écrire, d’abord sur un poète (« La Mémoire et l’éveil »
publiée dans Jabès l’éclosion des énigmes, colloque de Cerisy, PUV, 2007), s’est
étayée depuis pour l’objet d’un prochain essai.
13






À la mémoire d’Éric Belley (mort sur la route en septembre 2008),
Création lumière du Théâtre d’ombres en 2003















Julie Molina en pépin dans « la Pomme »
Panier Bio poèmes et voix Armelle Chitrit



Sous la peau praline des foires
en orgueil elle était montée
et de ne s’être jamais parlé
celui qui se curait les ongles
épiloguait sur le péché.

La conséquence? une chance!
de ne pas prendre les pétales
pour des pépins, l’étoile emprisonnée
sous la connaissance de l’arbre,
pour un chagrin sans voile.
Chassés, de ne s’être jamais parlé.

LA MAIN : ORGANE DE LA PREHENSION ET DU
TOUCHER


Résumé

La main, « partie du corps humain, organe de la préhension et
du toucher, placé à l’extrémité du bras et muni de cinq doigts dont
l’un (le pouce) est opposable aux autres » : telle est la définition du
dictionnaire Le Robert, qui lui consacre cinq pages. Au paragraphe
« Fonctions de la main », dans une citation de Carrel, on lit : « La
main est un chef d’œuvre. À la fois, elle sent et elle agit. On dirait
presque qu’elle voit. C’est la disposition anatomique de sa peau et
de son appareil tactile, de ses muscles et de ses os, qui a permis à la
main de fabriquer les armes et les outils… La main s’adapte au
travail le plus brutal comme au plus délicat […] ». Belle façon de
résumer les fonctions motrices et sensitives de la main, dédiée à la
perception et au geste précis. Cette précision est rendue possible
par la complexité de son anatomie, muscles, nerfs, récepteurs
cutanés, articulations, et est reflétée par l’importance de la
représentation cérébrale de cette petite partie du corps humain. Les
aires motrices et sensitives du cortex cérébral sont reliées aux
zones profondes du cerveau, aux neurones de la moelle épinière,
aux racines et aux troncs des nerfs des membres supérieurs, dont
trois participent à l’innervation des muscles et des téguments de la
main.

À tous ces niveaux, existent de nombreuses relations avec les
autres éléments du système nerveux (tronc cérébral, cervelet, aires
corticales), permettant l’intégration du geste manuel dans
l’ensemble de la motricité, de la perception et des fonctions
supérieures (langage, mémoire…). Le croisement des fibres
nerveuses entre les récepteurs (sensitifs) ou effecteurs
(musculaires) périphériques et les centres nerveux détermine le
contrôle de l’hémicorps controlatéral à chaque hémisphère. Les
techniques d’exploration classiques ou en développement,
neurophysiologiques, neurochimiques, imagerie fonctionnelle,
permettent de localiser les structures impliquées dans le
mouvement ou la sensation de la main, saine ou altérée par un des
17 acteurs : dégénérescence musculaire, section de nerf, lésion
cérébrale, entraînent des troubles divers : paralysies, sensations
anormales, tremblement, crampe des écrivains, etc.
Les informations acquises sur le fonctionnement normal ou
pathologique confirment l’importance des associations entre les
structures nerveuses concernées et expliquent les interactions avec
les fonctions cognitives et psychiques.

Introduction

La main permet le geste précis et délicat, ou global et puissant,
au travail, dans l’activité quotidienne, artistique, comme dans la
symbolique et les rapports humains. Apanage, avec le langage, de
l’espèce humaine, outil et moyen d’expression « parfait », la main
a envahi le cerveau : elle occupe un tiers du cortex moteur et
sensitif, dont près de la moitié pour le seul pouce (figure 1).
Mais la main est aussi particulièrement exposée à tous les
traumatismes et dysfonctionnements de l’ensemble des structures
neuromusculaires qui participent à son fonctionnement. La perte ou
les désordres des fonctions de la main ont toujours des
conséquences psychologiques, socioprofessionnelles, économiques
importantes, voire dramatiques.
Cependant, les douleurs, les troubles de la sensibilité, la perte
ou l’altération des fonctions de la main sont différemment vécus
selon le rôle de celle-ci dans la vie du sujet et dans ses activités,
professionnelles et personnelles.
Les désordres fonctionnels de la main sont aussi des indicateurs,
des « signes », dont l’analyse — « sémiologie » — par le médecin
permettra d’établir une relation avec les structures anatomiques
concernées, et d’évoquer le diagnostic de la lésion causale.
L’histoire du sujet, son psychisme et ses projets de vie
influencent évidemment le vécu de la perte ou de l’exacerbation
des fonctions sensitivomotrices de sa main. Les composantes
psychiques et existentielles interféreront également avec le
traitement éventuel, qu’il soit médicamenteux, chirurgical,
rééducatif, ou au contraire, avec le deuil de ces fonctions, en
l’absence de possibilité thérapeutique ou de restitution « ad
integrum » de l’état antérieur.

18 Neuro-anatomie et neurophysiologie (2, 3, 4, 7)

1- Motricité (figure 1)
Les agents effecteurs des mouvements de la main sont les
muscles, ceux de la main, dits « intrinsèques », mais aussi ceux de
l’avant-bras qui sont impliqués dans les mouvements des doigts et
du poignet. Les 19 muscles intrinsèques de la main (court
abducteur, court fléchisseur, opposant et adducteur du pouce,
opposant et adducteur du cinquième doigt, interosseux dorsaux (4)
et palmaires (4), lombricaux (4), palmaire cutané) permettent
l’opposition du pouce aux autres doigts, sa flexion, et le
rapprochement ou l’écartement des doigts. Certains muscles de
l’avant-bras (long abducteur, long et court extenseurs du pouce,
long fléchisseur du pouce, fléchisseurs communs profond et
superficiel, fléchisseurs radiaux et ulnaire du carpe ; extenseur
commun des doigts, extenseurs propres de l’index et du cinquième
doigt, radiaux et ulnaire postérieur) permettent la flexion et
l’extension du poignet et des doigts. Les muscles pronateurs (rond
et carré) agissent sur la rotation interne de la main, le court
supinateur sur sa rotation externe. Au total, 37 muscles sont
concernés par les mouvements de la main.
Les muscles sont activés par les nerfs, éléments du système
nerveux périphérique. Chaque nerf innerve plusieurs muscles.
Ceux de la main sont innervés par trois nerfs, médian, ulnaire et
radial. L’influx nerveux qui permet l’activation musculaire est
transmis par le faisceau pyramidal (figure 1) depuis le cortex
cérébral, dans l’aire frontale ascendante, jusqu’à la moelle épinière
via les régions sous-corticales ; de la moelle, émergent au niveau
du rachis cervical, les racines motrices des nerfs. Ces racines
cervicales vont se rassembler pour constituer le plexus brachial
dont sont issus les différents nerfs du membre supérieur. Du fait du
croisement des fibres nerveuses dans la moelle, la motricité de
chaque main dépend de l’hémisphère cérébral contro-latéral,
gauche pour une main dominante droite. À tous les niveaux,
existent des connexions, notamment avec les autres régions du
cerveau, structures profondes (noyaux gris centraux et thalamus),
et avec le cervelet. Ces connexions ont un rôle fondamental dans
l’influence des activités sensitives, sensorielles, cognitives et
psychiques, sur le geste manuel. Participent aussi à celui-ci les
19 articulations, tendons et vaisseaux de la main, qui peuvent être
altérés dans leur fonctionnement, du fait de désordres
neurologiques ou non.

2- Sensibilité
La main, organe du toucher, grâce à la sensibilité provenant des
récepteurs cutanés, est un récepteur-émetteur des sensations
externes elles-mêmes susceptibles d’influencer, de modifier,
d’altérer le geste.
La sensibilité a une fonction d’alarme, de protection ou d’éveil
qui contribue à la défense de l’individu et au maintien de
l’équilibre homéostasique. Elle a aussi pour fonction de fournir les
informations sur le monde extérieur, indispensables à l’exploration
des formes et à l’adaptation des gestes propositionnels (1).
À partir de ces récepteurs situés dans la peau et les structures
profondes (muscles, articulations, vaisseaux, viscères), les
stimulations mécaniques, thermiques, chimiques ou électriques se
transforment en un message électrique qui se propage le long des
fibres nerveuses.
Les sensations de tact, de température et de douleur sont
transmises au cerveau selon une propagation inverse de l’influx
moteur, de la périphérie — les doigts — vers le cerveau. L’influx
aboutit à l’aire pariétale de celui-ci via les nerfs médian, ulnaire,
radial (qui sont donc des nerfs « mixtes », contenant à la fois des
fibres motrices et sensitives), le plexus brachial, les racines
cervicales postérieures moyennes et inférieures. Comme les voies
motrices, les voies de la sensibilité croisent la ligne médiane, dans
la moelle (pour une partie d’entre elles), ou plus haut.
Les voies de la sensibilité sont dissociées en deux groupes: le
système dit « lemniscal », est une voie rapide, directe, avec peu de
relais (synapses), permettant l’analyse rapide des informations ; le
système « extra-lemniscal » est plus lent, multi-synaptique. Il
existe de nombreuses interrelations entre les deux systèmes.
Comme c’est le cas pour la motricité, la sensibilité de chaque
main est représentée dans l’hémisphère contro-latéral. À tous les
niveaux, existent des connexions, notamment avec les autres
régions du cerveau, les structures profondes et le cervelet, et au
niveau distal, avec les récepteurs tendineux et articulaires. Là
encore, la part des interconnexions avec les autres éléments du
20 système nerveux, sensoriel, locomoteur et psychomoteur est
essentielle et rend compte de la complexité du geste manuel et de
la multiplicité de ses altérations potentielles.


3- Rôle des fonctions cognitives
« Organiser la sensation en forme de connaissance, soumettre
l’action à un plan, nécessite la capacité d’intégrer les divers
apports sensoriels, de conserver la trace des expériences
successives, de fondre les schèmes sensori-moteurs en une
synthèse toujours renouvelée. Cette capacité est dévolue au réseau
de neurones qui constituent le cortex cérébral » (Cambier) (1). La
plus grande partie des lobes du cerveau, pariétal, occipital,
temporal, constitue le cortex associatif. Il est relié aux aires
primaires et au thalamus. C’est le lieu où se constituent les
remaniements synaptiques, supports des traces mnésiques. C’est
aussi le lieu des convergences poly-sensorielles qui rendent
possible l’identification cognitive. De même, il conserve les
schèmes sensori-moteurs qui président à l’accomplissement du
geste ou de l’expression. Le lobe pariétal intervient de façon
prédominante pour la connaissance du corps, le contrôle du geste.
Le lobe frontal soumet à son contrôle les conduites instinctives.
L’inhibition des activités, les stéréotypies, l’incapacité d’une action
programmée sont les conséquences d’une lésion frontale.
L’hémisphère gauche du sujet droitier intervient de façon
prédominante pour le langage et pour le contrôle de l’activité
gestuelle propositionnelle.
L’hémisphère droit serait privilégié pour le maniement des
données visuo-spatiales, les activités musicales, la personnalisation
des visages. Les notions de spécialisation hémisphérique et de
dominance ne doivent pas faire oublier que les deux hémisphères
participent conjointement à la perception et à l’action.

21 Modes d’exploration de la motricité et de la sensibilité

1- Examen clinique
Le médecin interroge le sujet et son entourage et leur demande
de décrire les symptômes et leur histoire (« anamnèse »), ainsi que
les antécédents, maladies personnelles ou familiales, traumatismes,
occasionnels ou habituels (micro-traumatismes répétés des
travailleurs manuels, par exemple). Puis il examine la main du
sujet (avec les siennes, réalisant un jeu interactif entre les mains de
l’examinant et de l’examiné) : il évalue la force musculaire, la
masse musculaire ou « trophicité », le tonus, note d’éventuels
mouvements anormaux (tremblement). Il étudie la sensibilité au
tact, à la température, à la piqûre, et examine les réflexes. Enfin, il
apprécie les fonctions sensorielles et cognitives.
À l’issue de cette étape clinique, le médecin décrit les
symptômes (subjectifs, ressentis par le sujet) et les signes
(objectifs, constatés par lui à l’examen), en précise la topographie,
le type, le mode de survenue, l’ancienneté, la sévérité. Il devra
alors faire des hypothèses de diagnostic de la lésion nerveuse
causale, diagnostic « étiologique », en fonction de la neuro-
anatomie, et de ses constatations. Pour confirmer ses hypothèses, il
demandera des examens « paracliniques », dits
« complémentaires ».

Explorations neurophysiologiques
Les examens neurophysiologiques permettent, par des
techniques de stimulation électrique (ou magnétique) appliquée
aux nerfs, d’étudier la conduction de l’influx nerveux des fibres
motrices et sensitives. Les stimulations entraînent une
dépolarisation des fibres nerveuses qui se transmet sur tout leur
trajet. Les réponses provoquées par cette dépolarisation peuvent
être détectées par des électrodes situées au niveau des structures
correspondantes, muscles ou nerfs.
Les examens neurophysiologiques « périphériques » permettent
d’étudier la conduction de l’influx nerveux au niveau des nerfs des
membres. Les examens neurophysiologiques « centraux »
permettent d’étudier la conduction de l’influx nerveux le long des
voies nerveuses centrales : détection au niveau du cortex cérébral
somesthésique des réponses provoquées par une stimulation
percutanée de la main, ou détection au niveau des muscles de la
22 main des réponses provoquées par une stimulation du cortex
moteur. L’étude de l’activité électrique produite par les muscles est
également possible et souvent nécessaire au diagnostic.
L’analyse des données de ces examens permet de faire le
diagnostic de lésions des nerfs, du plexus brachial, des racines ou
des neurones cervicaux, et d’en préciser le siège et la sévérité ; on
peut aussi faire le diagnostic de maladies générales du système
nerveux, aiguës ou chroniques, génétiques ou acquises et dont il
faudra rechercher la cause (diabète, virus, etc.). L’atteinte des
muscles peut être secondaire à ces lésions nerveuses, ou provenir
de souffrances du muscle lui-même : paralysie et atrophie par
dégénérescence des motoneurones de la moelle cervicale
(poliomyélite par exemple), section ou compression des nerfs,
myopathies. Une lésion sur les voies entre la moelle et le cerveau
peut aussi être identifiée, mais devra être précisée par d’autres
examens, neuroradiologiques notamment.

Explorations neuroradiologiques
Les radiographies simples du rachis cervical peuvent suffire à
préciser certaines causes de lésions des mains (arthrose cervicale) ;
souvent, elles devront être complétées par un scanner ou une IRM
(Imagerie à Résonance Magnétique) qui peut visualiser une
compression de la moelle, une tumeur, des lésions cérébrales
diverses.
Les nouvelles techniques d’imagerie dite « fonctionnelle » (5)
permettent d’« allumer » les régions du cerveau activées lors de
certains gestes effectifs ou intentionnels. Elles laissent espérer des
méthodes d’analyse dynamiques et globales, intégrant le geste et
son intention, susceptibles d’améliorer la connaissance des
fonctions et des désordres cérébraux.

2- Neuropsychologie
Les bilans neuropsychologiques explorent les capacités du sujet
dans le domaine du langage, écrit et oral, dans sa compréhension et
son expression ; les activités gestuelles, manipulation d’objets,
exécution de gestes et de séquences arbitraires, activités graphiques
et constructives, habillage ; les capacités de connaissance, de
l’espace, du corps et des objets ; les capacités mnésiques et
intellectuelles.

23 Pathologie
Mon propos se limitera à la main neurologique (1, 6), sans
aborder les autres causes de désordres anatomiques et fonctionnels,
parfois sévères, comme les déformations rhumatologiques de la
polyarthrite rhumatoïde.
Peintres et sculpteurs ont souvent et depuis longtemps représenté
la main normale et pathologique. En médecine, la sémiologie
neurologique de la main s’est développée tardivement, à la fin du
XIXe siècle avec Duchenne de Boulogne puis Déjerine.
La pathologie neurologique de la main peut s’aborder par la
lésion, au niveau du système nerveux périphérique ou central, ou
par les symptômes et signes, conséquences de celle-ci : main
engourdie ou douloureuse, main paralysée, main indocile ou
maladroite (6). Dans tous les cas, elle repose sur l’étude des signes
(sémiologie).

Sémiologie

1- Type des signes
1.1. Signes moteurs
1.1.1. Force musculaire : évaluée de 0 (paralysie complète) à
5 (force normale) ;
1.1.2. Trophicité (masse) musculaire : normale, diminuée
(amyotrophie), augmentée (hypertrophie) ;
1.1.3. Tonus musculaire : normal, diminué (hypotonie),
augmenté (hypertonie) ;
1.2. Signes sensitifs
1.2.1. Troubles sensitifs subjectifs : douleurs, sensations
anormales non douloureuses (fourmillements, picotements,
cartonnement) ; perte des notions de position et de
mouvement (ataxie) ; perte de la sensibilité vibratoire ;
faculté d’identifier les objets par la palpation (stéréognosie) ;
1.2.2. Troubles sensitifs objectifs : perte, diminution ou
exacerbation de la sensibilité au tact, à la douleur, à la
température ;
1.3. Réflexes ostéo-tendineux : normaux, diminués, augmentés.
2- Topographie des signes: les troubles peuvent être en rapport
avec une structure anatomique définie (racine, nerf), ou
24 affecter un hémicorps, voire les quatre extrémités (mains et
pieds) ;
3- Intensité des signes: discrète, modérée ou sévère et plus ou
moins compatible avec une vie normale ;
4- Evolution des signes, aiguë ou chronique ; mode de survenue
(au repos et notamment la nuit, ou lors de l’effort et de
certains mouvements).

Lésions du système nerveux (figure 2)


1- Lésions du système nerveux périphérique
Elles entraînent des douleurs et des troubles de la sensibilité,
diminuée ou abolie (hypo ou anesthésie), des sensations
anormales (fourmillements, engourdissement), une baisse de
la force musculaire, diminuée ou abolie (paralysie), et du
tonus (hypotonie), une fonte musculaire (amyotrophie) ; les
réflexes peuvent être diminués ou absents.
1.1 Lésions des troncs nerveux, les plus fréquentes :
les nerfs peuvent être comprimés par des causes extérieures
(plâtre, contention, posture prolongée), ou internes,
structures anatomiques anormales ou modifiées (cas fréquent
du canal carpien au poignet, rétréci et comprimant le nerf
médian ; bride fibreuse ; muscle surnuméraire) ;
traumatisme : section (verre, scie circulaire), contusion,
étirement lors d’accidents du travail, de loisir (bricolage), de
la voie publique, de tentative de suicide par section au
poignet.
1.1.1 Nerf médian : sa lésion entraîne une perte des
mouvements de rotation interne de la main, de la flexion du
poignet et des doigts, et de l’opposition du pouce ; une
atrophie «thénarienne », en « main de singe » ; des troubles
sensitifs dans les trois premiers doigts et la moitié du
quatrième.
1.1.2 Nerf ulnaire : paralysie de l’écartement et du
rapprochement des doigts, et de la flexion des deux derniers,
réalisant « la main en griffe » ; troubles sensitifs dans les
deux derniers doigts.
25 1.1.3 Nerf radial (figure 3): paralysie de l’extension du
poignet et des doigts, réalisant « la main tombante », « en
col de cygne ou en fléau » ; troubles sensitifs de la moitié
externe de la face dorsale de la main et du pouce.
1.2 Lésions du plexus brachial : paralysie de la main par
étirement du plexus brachial lors d’accidents de la voie
publique (moto), de mouvements violents (sport) ou
d’accouchement difficile (plexus brachial obstétrical) ;
compression par une tumeur ou une côte cervicale. La
paralysie et les troubles sensitifs concernent le plus souvent
l’ensemble de la main.
1.3 Lésions des racines cervicales : compression par une
hernie ou des lésions d’arthrose cervicale, avulsion lors
d’accidents de la voie publique (moto).
1.4 Lésions de la moelle cervicale : dégénérescence des
neurones, infection (poliomyélite), dégénérescence (sclérose
latérale amyotrophique), cause vasculaire. La paralysie et les
troubles sensitifs concernent le plus souvent l’ensemble de la
main, réalisant la « main d’Aran-Duchenne ».

Dans ces cas de lésions du système nerveux périphérique, les
signes cliniques siègent dans un ou des territoires anatomiques
généralement identifiables en termes de nerf, de racine ou plexus.
Cependant, la sémiologie peut être incomplète, ou imprécise, et
plus difficile à affirmer, notamment pour différencier les lésions
proximales, au niveau du plexus brachial inférieur, des racines
C8D1 ou de la moelle cervicale. La lésion sera alors confirmée ou
précisée par les examens paracliniques. Selon son type et sa
sévérité, le traitement proposé sera médical ou chirurgical
(libération ou suture du nerf). Dans les cas de section, il faudra
surveiller la repousse des fibres nerveuses, toujours très longue (1 à
2 mm/jour), ce qui entraîne un handicap socioprofessionnel et
psychologique important.

2- Lésions du système nerveux central

Elles peuvent entraîner des troubles de la sensibilité et une
baisse de la force musculaire, associés à une hypertonie et une
exagération des réflexes. Ces signes siègent sur l’hémicorps
26 controlatéral à une lésion cérébrale unilatérale (hémiplégie), ou sur
les deux membres supérieurs et inférieurs en cas de tétraplégie par
lésion de la moelle cervicale.
À tous les niveaux, tronc cérébral, cervelet, cerveau, peuvent
survenir des lésions secondaires à des accidents vasculaires ou
traumatiques, des tumeurs. Les désordres de la main peuvent aussi
être le fait de maladies comme la maladie de Parkinson. Des
mouvements anormaux peuvent en être l’expression, affectant le
geste : tremblements, dystonies, limitation des mouvements
(akinésie).
La main pyramidale, souvent rencontrée dans l’hémiplégie, est
la main « en poing », les doigts étant contracturés en flexion.
La main frontale retrouve le réflexe du nouveau-né, « grasp-
reflex », caractérisé par un mouvement de préhension forcée,
involontaire, irrépressible.
La main parkinsonienne est caractéristique par le tremblement
de repos et par sa position, réalisant un mouvement d’émiettement.
Ce trouble de la main s’associe à d’autres signes évoquant la
maladie de Parkinson, par lésion des noyaux gris centraux du
cerveau.
La main choréique est caractérisée par des mouvements
incessants, brusques, anarchiques entravant le mouvement
volontaire.
La main athétosique est animée de mouvements involontaires
amples, lents, irréguliers.
D’autres mouvements anormaux d’origine centrale peuvent
affecter la main : tremblement dit « essentiel », tremblement
cérébelleux.
La crampe des écrivains perturbe l’écriture de façon spécifique
et exclusive, rendant l’écriture difficile, puis impossible, du fait de
la survenue d’une crispation croissante des doigts sur le stylo.
D’autres phénomènes de ce type (dystonies fonctionnelles) peuvent
s’observer par exemple chez les musiciens avec leur instrument.
L’apraxie est un trouble de l’exécution de gestes volontaires
signifiants (faire un geste symbolique, imité) ou impliquant
l’utilisation d’objets. Elle traduit une lésion cérébrale pariétale
gauche.
L’agnosie est un trouble de la connaissance affectant la
connaissance du corps (somatognosie) ou la connaissance des
27 objets par le tact (stéréognosie). Parmi les troubles de cette
fonction cognitive, citons l’expérience du membre fantôme,
perception persistante d’un membre amputé ; l’anosognosie, hémi-
asomatognosie, méconnaissance de sa paralysie par un sujet atteint
d’une hémiplégie gauche ; l’astéréognosie, incapacité à identifier
les objets sans contrôle visuel.
Des maladies générales et génétiques peuvent affecter l’un ou
l’autre, mais parfois les deux composantes, centrale et
périphérique, du système nerveux, compliquant et aggravant les
troubles.
Le traitement des troubles de la main d’origine centrale dépend
de la cause : médical, chirurgical, stimulations électriques. De
nombreuses causes échappent encore à toute possibilité
thérapeutique.

Pathologie musculaire
La main est longtemps respectée dans les maladies du muscle
(myopathies, myosites). Un trouble particulier est cependant
notable dans certaines d’entre elles, la myotonie, retard à la
décontraction musculaire parfois gênant, réalisant la « main
d’accapareur », le sujet ne pouvant relâcher son emprise sur une
main serrée.

Troubles de la transmission neuromusculaire
La jonction entre le nerf et le muscle permet la transmission de
l’influx nerveux et la contraction musculaire grâce à des
phénomènes biochimiques (libération de neurotransmetteurs) au
niveau de la plaque motrice. Dans la maladie myasthénique, ces
phénomènes sont altérés, et la contraction musculaire s’épuise
rapidement. Une fatigabilité anormale limite les mouvements, mais
déborde largement la main.

Maladies générales
Déjà évoquées, des maladies génétiques ou acquises, infectieuses
(sida), immuno-allergiques, métaboliques (diabète), toxiques
(alcoolisme), peuvent altérer le système nerveux périphérique et/ou
central. La main est rarement seule affectée.
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Traitement
Les possibilités thérapeutiques dépendent de la lésion causale et du
sujet. Le traitement médical peut être médicamenteux, oral ou par
des infiltrations locales ; il peut aussi faire appel à la rééducation,
kinésithérapie, ergothérapie. Le traitement chirurgical consistera en
la libération d’un nerf comprimé, la suture ou la greffe d’un nerf
sectionné, l’ablation d’une tumeur cérébrale quand elle est
possible.
Des stimulations électriques peuvent être utilisées : pour traiter des
douleurs rebelles, pour faciliter la repousse d’un nerf, et, au niveau
cérébral, pour supprimer le tremblement de la maladie de
Parkinson.

Évolution
L’état de la main malade ou altérée peut rester stable, ou évoluer
soit vers une aggravation des symptômes, si la cause persiste et
accentue les lésions, soit vers une amélioration. Celle-ci peut être
totale, ou partielle, laissant des séquelles. En fonction de
l’importance de celles-ci et de leur répercussion, la perte de tout ou
partie des fonctions de sa main sera plus ou moins acceptée par le
sujet. Une reconversion professionnelle devra parfois être
envisagée.


Conclusion

Cet exposé, bien qu’incomplet et simplifié, rend compte de la
complexité de l’organisation neuro-anatomique et fonctionnelle qui
régit la main. La fréquence et la multiplicité des désordres
potentiels de la sensibilité et de la motricité de la main soulignent
le patrimoine précieux d’une main indemne, capable d’exprimer
nos émotions, de réaliser nos gestes quotidiens pragmatiques,
créatifs ou symboliques.


Annick LABARRE VILA


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