La maison du sociologue

De
Publié par

Le but de cet ouvrage est de présenter aux étudiants et chercheurs en sociologie et sciences humaines une théorie sociologique générale qui articule les six théories partielles dont l'auteur s'est servi et qu'il a contribué à élaborer au cours de sa carrière : celle des problèmes vitaux de la vie commune, celle des relations sociales et de la socialisation, celle du sujet personnel, celle du sujet collectif, celle du changement culturel et celle du changement social et du développement.
Publié le : mercredi 8 avril 2015
Lecture(s) : 8
EAN13 : 9782806107800
Nombre de pages : 166
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Avec cet ouvrage, l’auteur poursuit trois
buts. Le premier est, après quarante ans de La maison recherche, de faire le point sur les théories
du partielles qu’il a été amené à utiliser et à
sociologue reconstruire sans cesse pour orienter ses
analyses empiriques sur diférents terrains : le
développement, le changement social et culturel, la jeunesse, les
métiers de l’aide sociale, l’action collective, la socio-analyse de
l’individu, la sociologie de l’histoire. Le second est d’élaborer une
théorie sociologique générale qui articule ces diférentes théories
partielles : celle des problèmes vitaux de la vie commune,
celle des relations sociales et de la socialisation, celle du sujet
personnel, celle du sujet collectif, celle du changement culturel
et celle du changement social et du développement. Le troisième La maison est de proposer aux étudiants et aux chercheurs en sociologie
des instruments théoriques d’analyse, fondés sur des concepts
soigneusement défnis et rédigés dans un langage clair, dont ils
puissent se servir pour orienter leurs recherches empiriques, et Guy Bajoit
qu’ils pourront améliorer grâce aux résultats de celles-ci. du
Guy BAJOIT est professeur émérite de sociologie de l’Université catholique de
Louvain. Il a publié notamment Pour une sociologie relationnelle (PUF, 1992), Les
jeunes dans la compétition culturelle (avec Abraham Franssen, PUF, 1995), Le sociologue
changement social (Armand Colin, 2003), Sociologie des raisons d’agir (Presses
de l’Université de Laval, 2010), Pour une sociologie de combat (Academic Press
Fribourg, 2011), L’Individu, sujet de lui-même (Armand Colin, 2013) et Le modèle Pour une théorie sociologique générale
culturel civique de la cité grecque (Academia, 2015).
Illustration de couverture :
© difnbeker - Getty images / J. Allain
www.editions-academia.be
ISBN : 978-2-8061-0220-1
17 € 9 782806 102201
eiaiocsgooou
Guy Bajoit
La m n du s LLa maison du sociologue
BAJOIT_PETIT_04.indd 1 28/03/2015 15:20Mise en page : Vincent Abitane – Studio Prépresse
D/2015/4910/16 ISBN : 978-2-8061-0220-1
© Academia – L’Harmattan s.a.
Grand’Place, 29
B-1348 Louvain-la-Neuve
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce
soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
BAJOIT_PETIT_04.indd 2 28/03/2015 15:20Guy Bajoit
La maison du sociologue
Pour une théorie sociologique générale
Créativité Culturelle
Problèmes Logiques Logiques
Conditions vitaux du sujet du sujet d’existence de la vie personnel collectifPratique commune
des
Relations
sociales
Amont des relations sociales Aval des relations sociales
BAJOIT_PETIT_04.indd 3 28/03/2015 15:20BAJOIT_PETIT_04.indd 4 28/03/2015 15:20Je dédie ce livre aux étudiants et
aux chercheurs en sociologie.
BAJOIT_PETIT_04.indd 5 28/03/2015 15:20BAJOIT_PETIT_04.indd 6 28/03/2015 15:20Introduction générale
A. Une théorie générale : pour quoi faire ?
À la diférence de leurs prédécesseurs, les sociologues
d’aujourd’hui font preuve d’une grande réticence envers les
théories générales, que certains appellent, avec ironie, les
« grandes théories » ! Les plus radicaux d’entre eux sont des
empiristes purs et durs, convaincus que toute théorie ne peut
que biaiser leur regard sur la réalité sociale. D’autres, plus
modérés, estiment que les changements socioculturels si
profonds que connaissent nos sociétés depuis quelques décennies
rendent inadéquates les théories sociologiques héritées du
passé, et qu’il ne convient pas d’en produire une nouvelle dans
un contexte aussi instable : mieux vaut se limiter à des théories
de moyenne portée.
Que reprochent-ils au juste à ces « grandes théories » ?
D’abord, d’être aveuglantes : elles font courir aux observateurs
de la réalité sociale le risque de ne leur laisser voir que ce qu’elles
veulent bien leur en montrer. Ensuite, d’être ethnocentriques :
7
BAJOIT_PETIT_04.indd 7 28/03/2015 15:20La maison du sociologue
elles se fondent sur des paradigmes qui dérivent forcément du
modèle culturel dominant, donc de la modernité. En outre,
d’être réductionnistes : elles réduisent la réalité au paradigme
qui les fonde, comme une photographie réduit le vivant à un
objet inerte, en deux dimensions alors qu’il en a trois. Enfn,
d’être idéologiques : elles interprètent le réel à partir des intérêts
d’un acteur particulier, dont elles légitiment la conduite en lui
conférant un label de scientifcité.
Ces critiques ne sont pas négligeables : elles me paraissent
même fondées, et ceux qui les énoncent ont le plus souvent
raison. En efet, les grandes théories de la sociologie
classique sont bien nées avec la modernité et ont été nourries et
construites par l’observation des sociétés modernes en voie
d’industrialisation : la sociologie n’était pas pensable avant la
modernité et elle a été pensée avec elle. Ces théories sont-elles
pour autant inaptes à comprendre des sociétés qui ne sont pas
modernes ? Ne peuvent-elles en donner qu’une image faussée ?
Si l’on adhère à cette afrmation, il convient de méditer
soigneusement son corollaire : celui-ci implique en efet que
les théories sociologiques se réduiraient à n’être qu’une
explicitation du récit culturel que les sociétés modernes tiennent sur
elles-mêmes et des idéologies de leurs acteurs. Mais s’il en était
ainsi, toute prise de distance scientifque deviendrait impossible ,
du moins en sciences humaines : mieux vaudrait alors, pour
comprendre une société, répéter le discours de… son modèle
culturel ! Et toute sociologie deviendrait dès lors inutile : nous
serions dans une impasse épistémologique. Non seulement,
la sociologie ne pourrait rien comprendre aux sociétés
nonoccidentales, mais elle serait tout aussi inadéquate pour
comprendre le passé des sociétés occidentales elles-mêmes :
l’Antiquité européenne, le Moyen Âge…
Alors, que faire ? Il faut constater d’abord que les
sociologues (du monde entier) ne se posaient pas cette question
avant les grands bouleversements sociaux et culturels, en cours
depuis quatre ou cinq décennies, dans les sociétés occidentales.
8
BAJOIT_PETIT_04.indd 8 28/03/2015 15:20Introduction générale
Personne ne mettait en doute la pertinence des « grandes
théories » pour comprendre le monde avant la crise (l’afaiblissement
du modèle culturel progressiste de la première modernité) et
la mutation (la montée du modèle culturel subjectiviste de la
seconde modernité) qu’ont connues récemment ces sociétés.
Les sociologues auraient dû, pourtant, se poser la question,
car les biais épistémologiques signalés ci-dessus agissaient déjà.
Mais en ce temps-là, semble-t-il, ils n’en étaient pas conscients.
Ce serait donc la mutation culturelle qui expliquerait
pourquoi ils se posent cette question aujourd’hui.
Ce constat doit nous inciter à réféchir sur le rapport
paradoxal entre la culture et la démarche scientifque en sciences
humaines, notamment en sociologie. Paradoxe ? En efet, d’une
part, pour comprendre une société, quelle qu’elle soit, la
sociologie devrait disposer de concepts construits sur l’observation
de sa réalité, donc, inspirés par sa culture – ce qui était bien
le cas de la sociologie classique, dès lors qu’elle s’appliquait
à comprendre les sociétés de la première modernité. Mais,
d’autre part, en s’inspirant ainsi de la culture de leur propre
objet d’analyse, les sociologues se seraient rendus incapables de
prendre la distance indispensable à une démarche scientifque.
Faut-il aller jusqu’à croire que des concepts produits sous une
culture ne peuvent pas être utilisés pour en analyser une autre ?
Cette attitude – aujourd’hui très répandue cependant – me
paraît beaucoup trop radicale. Je pense au contraire, qu’il faut
s’en servir pour les mettre à l’épreuve de nouvelles réalités, mais
à condition d’en faire une application critique, et de savoir les
transformer et les adapter à l’analyse de réalités diférentes.
Cette adaptation des concepts leur donnera ainsi une portée
explicative plus générale, et on peut espérer qu’après de très
nombreuses répétitions de l’opération, les théories qu’ils
formeront seront enfn généralisables. Je suis donc convaincu
que la meilleure manière de se garder des biais, bien réels,
inhérents aux « grandes théories » n’est pas de les rejeter,
mais de les prendre comme objet d’analyse et de travailler à
la reconstruction d’une théorie générale, toujours provisoire.
9
BAJOIT_PETIT_04.indd 9 28/03/2015 15:20La maison du sociologue
Il est possible de réduire peu à peu et même d’éliminer les
biais culturels des grandes théories en multipliant les analyses
dans des cultures diférentes. En outre, il est possible aussi de
réduire ou d’éliminer les biais idéologiques des paradigmes de
la sociologie classique en les articulant autour d’un nouveau
paradigme, inspiré du modèle culturel subjectiviste de la seconde
modernité, même si cela, évidemment, risque d’introduire de
nouveaux biais, qu’il faudra traiter avec la même méfance.
Ce qui doit être clair, c’est que le rejet des théories générales
ne sert à rien du point de vue du progrès des connaissances :
sans théorie générale, on ne fait plus qu’accumuler des
données empiriques, isolées les unes des autres, sans chercher à les
replacer dans leur cadre global, ce qui ne saurait faire avancer
la compréhension du réel dans son ensemble. Or, pour
comprendre ce qui se passe dans chaque domaine particulier de la vie
sociale, nous avons besoin de comprendre la logique du tout. Telles
sont les raisons pour lesquelles il me paraît si important de
proposer aux sociologues d’aujourd’hui une théorie sociologique
générale. Comme toute théorie, elle ne sera pas universelle,
elle restera provisoire et n’autorisera pas de généralisation, du
moins jusqu’à ce qu’elle ait servi de guide à de très nombreuses
applications empiriques et critiques, qu’elle ait été confrontée
à beaucoup de réalités diférentes, qui la transformeront et
la remplaceront sans doute par une meilleure. Mais, chemin
faisant, pas à pas, elle aura permis d’accumuler des savoirs,
de construire des théories partielles, d’inventer des méthodes,
bref, de faire avancer la connaissance de la vie sociale.
10
BAJOIT_PETIT_04.indd 10 28/03/2015 15:21Introduction générale
B. La maison du sociologue
Essayons d’abord, même si cela fut toujours difcile, de
nous mettre d’accord sur une défnition de la sociologie. Je
vous propose celle-ci : « La sociologie est la science des relations
sociales ». Cette défnition m’a été inspirée par mon premier
maître à penser, Alain Touraine : je l’ai entendue pour la
première fois en 1971. Je ne saurai sans doute jamais pourquoi
ces deux mots – relation sociale – ont tellement retenu mon
attention ; toujours est-il que je n’ai pas cessé depuis d’en
approfondir les multiples dimensions, grâce à des observations
empiriques menées sur des terrains très variés. Celles-ci m’ont
d’abord permis, notamment, de préciser cette défnition
qui était loin de me paraître claire : « une science des relations
sociales, c’est-à-dire une science dont l’objet est de comprendre et
d’interpréter les conduites des êtres humains – ce qu’ils font, disent,
pensent ou sentent – en analysant les relations qu’ils entretiennent
entre eux ». Mais, cette précision ne faisait que déplacer le
problème, car enfn, comment la pratique des relations sociales
engendre-t-elle les conduites des êtres humains ? Je pense
1qu’elle le fait de trois manières .
1 – On peut comprendre les conduites sociales en partant
des contraintes structurelles (matérielles et culturelles) que la
pratique des relations sociales fait peser sur les individus : ces
contraintes conditionnent leurs conduites. Si le sociologue
est plus sensible aux contraintes culturelles, il abordera les
relations sociales par le paradigme de l’intégration (l’approche
structuraliste ou fonctionnaliste) ; s’il est plus sensible aux
contraintes matérielles, il les analysera avec celui de l’aliénation
(l’approche marxiste).
2 – On peut comprendre les conduites sociales en
partant des dispositions actionnelles que la pratique des relations
sociales induit chez les acteurs : ces dispositions (leurs intérêts,
1. Voir Bajoit Guy (1992), Pour une sociologie relationnelle.
11
BAJOIT_PETIT_04.indd 11 28/03/2015 15:21La maison du sociologue
leurs valeurs, leurs habitudes et leurs afects) forgent leurs
logiques d’action. Si le sociologue est plus sensible aux intérêts
des acteurs, il abordera les relations sociales par le paradigme
du contrat (l’approche utilitariste ou stratégique) ; s’il est
plus sensible à leurs valeurs, il se servira de celui du confit
(l’approche « actionnaliste »).
3 – On peut enfn comprendre les conduites sociales en
partant des ressources psychiques (réfexivité, expressivité) que
la pratique des relations sociales développe dans la conscience
des acteurs (individuels ou collectifs), et grâce auxquelles
ils peuvent devenir sujets de leur existence. Ces ressources leur
permettent en efet d’agir sur eux-mêmes pour, d’une part,
gérer les contraintes structurelles qui les conditionnent et,
d’autre part, construire leurs dispositions (leurs motivations,
leurs raisons) à agir sur les autres. Le sociologue abordera alors
les relations sociales par un paradigme que je propose
d’appe2ler « paradigme de l’individu-sujet-acteur » (ou de l’ISA) .
Mon expérience de chercheur m’a appris que, si l’on veut
vraiment comprendre les conduites sociales, on ne peut pas
– comme l’a toujours fait la sociologie classique – choisir
un point de vue et nier les deux autres : il est au contraire
3indispensable de les articuler . Il est clair, en efet, que, dans
la réalité sociale, il n’y a pas de rapport déterministe, ni dans
un sens ni dans l’autre, entre les contraintes structurelles et
les dispositions actionnelles des individus ou des collectifs :
il y a bien conditionnement, mais non détermination, car les
contraintes laissent toujours aux acteurs une marge plus ou
moins grande de liberté qui leur permet de faire des choix.
Ce constat limite la portée explicative des contraintes
structurelles. Mais il est clair aussi que les dispositions actionnelles
ne « tombent pas du ciel » : elles sont elles-mêmes orientées
2. Je l’ai d’abord appelé « paradigme relationnel identitaire », mais il me semble plus juste
aujourd’hui de l’appeler « paradigme de l’ISA ».
3. Voir Bajoit Guy (2003), Le changement social.
12
BAJOIT_PETIT_04.indd 12 28/03/2015 15:21Introduction générale
par des contraintes sociales et culturelles qui conditionnent
les intérêts que les acteurs poursuivent, les valeurs auxquelles
ils croient, les habitudes qu’ils prennent et les afects qui les
animent. Cependant, si les dispositions actionnelles sont
bien produites par les contraintes structurelles, ce sont ces
mêmes dispositions, que les acteurs traduisent en actions,
qui reproduisent ou changent les contraintes structurelles.
Cet autre constat, aussi pertinent que le premier, limite la
portée explicative du second point de vue.
Dès lors, force est de reconnaître qu’entre les contraintes
structurelles et les dispositions actionnelles, il y a une « boîte
noire » : « quelque chose » qui permet aux acteurs de gérer les
contraintes et d’élaborer leurs dispositions à agir. Ce « quelque
chose » ne peut être que la conscience des individus, pris
iso4lément ou en tant que membres d’un groupe social . Mais
comment cette conscience agit-elle sur l’individu en relation
avec d’autres ? Cette question nous oblige à intégrer dans la
sociologie, des apports qui nous viennent de la philosophie
et de la psychologie (psychologie sociale et psychanalyse).
La conscience peut être conçue comme un mélange d’instinct
et d’intelligence (selon Henri Bergson) « culturalisés » par la
pratique des relations sociales. Elle permettrait à l’acteur
(individuel ou collectif) de développer les ressources psychiques
(l’expressivité et la réfexivité) grâce auxquelles il peut être sujet
de lui-même. C’est cette double capacité qui lui permettrait
de gérer les contraintes de sa socialisation, de construire et de
conserver son identité personnelle ou groupale, d’élaborer un
récit sur lui-même, et de se doter de motivations pour agir sur
les autres.
4. Voir Bajoit Guy (2013), L’individu, sujet de lui-même.
13
BAJOIT_PETIT_04.indd 13 28/03/2015 15:21La maison du sociologue
L’articulation des trois dimensions citées m’a suggéré – après
bien des tentatives plus compliquées et moins esthétiques –
le schéma ci-dessous, que j’ai appelé la « maison du sociologue ».
Créativité Culturelle
Problèmes Logiques Logiques Conditions vitaux du sujet du sujet d’existence de la vie
personnel collectifPratique commune
des
Relations
sociales
Amont des relations sociales Aval des relations sociales
Pour la visite guidée de cette « maison », à laquelle j’invite le
lecteur, on entre par la « porte » des relations sociales et on se
rend d’abord dans la « pièce » où sont rangées les « conditions
d’existence » ; ensuite, il n’y a plus qu’à suivre les fèches ! Dans
ce schéma, les fèches sont aussi importantes que les fenêtres et
ce, pour deux raisons. D’une part, et il faut y insister
fermement, elles ne signifent pas « causent » – terme qui renvoie à un
déterminisme inapproprié à la sociologie –, mais « constituent
les raisons qui permettent de comprendre pourquoi », ou « rendent
intelligible », ou encore « donnent du sens à… ». D’autre part,
chacune de ces fèches renvoie à une théorie partielle qui
constitue en soi un instrument d’analyse, utilisable séparément,
donc adaptable à chaque objet particulier de recherche.
14
BAJOIT_PETIT_04.indd 14 28/03/2015 15:21Introduction générale
La visite nous fera ainsi découvrir six théories partielles, qui
se complètent et forment ensemble une théorie générale. Je les
résume sous forme de six propositions, qui seront développées
dans les chapitres de ce livre.
Proposition  1 : Toute collectivité humaine, considérée en
un temps et un lieu donnés, est confrontée à des conditions
d’existence spécifques, qui lui posent quelques problèmes
vitaux, et imposent à ses membres des contraintes sociales
(Chapitre I : Téorie des problèmes vitaux de la vie commune).
Proposition  2 : Pour résoudre ces problèmes vitaux,
toute collectivité organise les relations sociales et socialise ses
membres dans cinq champs relationnels (Chapitre II : Téorie
des relations sociales et de la socialisation).
Proposition  3 : La pratique de ces relations sociales
engage les individus dans des logiques du sujet personnel
(Chapitre III : Téorie du sujet personnel).
Proposition  4 : Les logiques du sujet personnel forment
des sujets collectifs qui s’engagent dans des actions collectives
(Chapitre IV : Téorie du sujet collectif).
Proposition  5 : Pour légitimer les contraintes inhérentes
aux relations sociales, les acteurs créent des idéologies, des
utopies, des modèles culturels. (Chapitre V : Téorie du
changement culturel).
Proposition  6 : Par les logiques des sujets personnels
et collectifs et leur créativité culturelle, les acteurs agissent
sur (reproduisent ou changent) leurs conditions
d’existence (Chapitre  VI : Téorie du changement social et
du développement).
Je termine cette introduction en exprimant mon désaccord
avec une tendance que j’observe depuis de nombreuses années
15
BAJOIT_PETIT_04.indd 15 28/03/2015 15:21

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.