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La mort ne s'affronte pas… !

De
148 pages
Pour penser la mort et penser à proximité de la mort, l’humain a besoin de mythes. De nos jours et depuis les années 1970, le mythe à l’oeuvre est celui d’un individu capable d’anticiper sa propre mort, de la parler et de l’apprivoiser.


A partir de leur clinique quotidienne en soins palliatifs, Jérôme Alric et Jean-Pierre Bénézech montrent combien ce mythe, non seulement peut s’avérer traumatique pour la vie psychique, mais aussi et surtout comment il participe à construire une idéologie inquiétante de la «Bonne mort».


A partir de la pierre angulaire de l’impossible représentation de sa propre mort, mais aussi en donnant toute sa place au sentiment d’éternité qui existe en tout un chacun, ils proposent des réflexions croisées qui requestionnent les discours et les pratiques actuelles toujours plus normées et normalisantes des soins de fin de vie.


«La mort ne s’affronte pas… !» constitue - sinon un affront à la pensée contemporaine pragmatique - tout du moins une proposition qui a l’ambition de remettre l’humain et sa fragilité constitutive au centre des débats sur cette question.


Jérôme Alric est psychologue-psychanalyste, il travaille au Département des soins palliatifs du CHRU de Montpellier. Il est docteur en psychopathologie et chargé d’enseignement aux universités de Montpellier et de Nîmes. Il est également membre du Comité Scientifique de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs).


Jean-Pierre Bénézech est médecin, il travaille au Département des soins palliatifs du CHRU de Montpellier. Il a déjà publié «La douleur chronique : une face cachée de la résilience» aux éditions Sauramps médical en 2005 et «Les douleurs chroniques : Quelle espérance ?» aux éditions Sarment/Jubilé en 2008.
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ne s’aFronte pas...
myhe à ’œuvre es ceuî d’un îndîvîdu capabe d’ancîper sa
A parr de eur cînîque quodîenne en soîns paîafs, Jérôme Arîc e Jean Pîerre Bénézech monren combîen ce myhe, non seuemen peu s’avérer raumaque pour a vîe psychîque, maîs aussî e surou commen î parcîpe à consruîre une îdéoogîe înquîéane de a «Bonne mor».
A parr de a pîerre anguaîre de ’împossîbe représenaon de sa propre mor, maîs aussî en donnan oue sa pace au sen men d’éernîé quî exîse en ou un chacun, îs proposen des rélexîons croîsées quî requesonnen es dîscours e es pra ques acuees oujours pus normées e normaîsanes des soîns de in de vîe.
«La mor ne s’arone pas… !» consue - sînon un aron à a pensée conemporaîne pragmaque - ou du moîns une propo sîon quî a ’ambîon de remere ’humaîn e sa fragîîé cons uve au cenre des débas sur cee queson.
lîafs du CHRU de Montpellîer. Il est docteur en psychopathologîe et chargé d’enseîgne ment aux unîversîtés de Montpellîer et de Nïmes. Il est également membre du Comîté Scîenique de la SFAP (Socîété françaîse d’accompagnement et de soîns pallîafs).
est médecîn, îl travaîlle au Département des soîns pallîafs du CHRU de Montpellîer. Il a déjà publîé «La douleur chronîque : une face cachée de la résîlîence» aux édîons Sauramps médîcal en 2005 et «Les douleurs chronîques : Quelle espérance ?» aux édîons Sarment/Jubîlé en 2008.
JÉRômE ALric
JEaN-PIERRE Bénézech BÉNÉZECH
- Jean-Pîerre
ALRIC
Jérôme
PRÉfaCE : PatRICk Ben SouSSAn
La mORt! ne s’aFronte pas...
La mort ne s’aFronte pas...
sauramps éditions
La mort ne s’arone pas...!
Tous droîts de traductîon, d’adaptatîon et de reproductîon par tous procédés, réservés pour tous pays. Toute reproductîon ou représentatîon întégrale ou partîelle, par quelque pro-cédé que ce soît, des pages publîées dans le présent ouvrage, faîte sans l’autorî-satîon de l’édîteur est îllîcîte et constîtue une contrefaçon. Seules sont autorîsées, d’une part, les reproductîons strîctement réservées à l’usage prîvé du copîste et non destînées à une utîlîsatîon collectîve, et d’autre part, les courtes cîtatîons justîiées par le caractère scîentîique ou d’înformatîon de l’oeuvre dans laquelle elles sont încorporées (art.L. 122-4, L. 122-5 et L. 335-2 du Code de la proprîété întellectuelle).
©SAURAMPS MEDICAL, 2011 Dépôt légal : Avrîl 2011 I.S.B.N. : 978 2 84023
La mort ne s’arone pas... !
Jérôme Alric Jean-Pierre Bénézech
Préface :Patrick Ben Soussan
11, boulevard Henri IV 34000 Montpellier www.livres-medicaux.com
Nous tenons à remercier chaleureusement le Dr Josyane Chevallier-Mîchaud aînsî que les membres de ses équîpes (Unîté mobîle de souen et de soîns pallîafs et Unîté d’accompagnement et de soîns pallîafs du CHRU de Montpellîer) pour les échanges constants et régulîers quî ont nourri ce travail.
LEs aUtEURs JÉRômE Alrices psychoogue-psychanayse, î ravaîe depuîs pus de 10 ans dans e Déparemen des soîns paîafs (Unîé mobîe de souen e de soîns paîafs e unîé d’accompagnemen e de soîns paîafs) à ’hôpîa S Eoî au CHRU de Monpeîer. I es doceur en psychopahoo-gîe cînîque e psychanayse, e chargé d’enseîgnemen aux unîversîés de Monpeîer I., Monpeîer III. e Nïmes-Vauban. I es égaemen membre du Comîé Scîenique de a SFAP (Socîéé françaîse d’accompagnemen e de soîns paîafs) depuîs sa créaon.
JEaN-PIERRE Bénézeches médecîn, î ravaîe dans e Déparemen des soîns paîafs (Unîé mobîe de souen e de soîns paîafs e unîé d’ac-compagnemen e de soîns paîafs) à ’hôpîa S Eoî au CHRU de Mon-peîer. I es membre de a SFAP (Socîéé françaîse d’accompagnemen e de soîns paîafs) e de a SFETD (Socîéé françaîse d’évauaon e de raîemen de a doueur). I a déjà pubîé «La doueur chronîque : une face cachée de a résîîence» aux édîons Sauramps médîca en 2005 e «Les doueurs chronîques : Quee espérance ?» aux édîons Sarmen/Jubîé en 2008.
PatRICk Ben SouSSAn Pédopsychîare, Responsabe du Déparemen de Psychoogîe Cînîque,Insu Paoî-Camees, Cenre Régîona de Lue conre e Cancer Provence-Apes-Côe d’Azur, Marseîe.
Sommaire
Préface..................................................................................................7 PatRICk Ben SouSSAn
Inroducon........................................................................................ 23 JÉRômE Alric - JEaN-PIERRE Bénézech
L’accompagnemen psychanayque de a in de vîe : une éhîque du non-savoîr ....................................... 27 JÉRômE Alric
Le pronosc es-î éhîque ? .............................................................. 39 JEaN-PIERRE Bénézech
L’appe à ’éernîé dans a vîe psychîque............................................ 59 JÉRômE Alric
Même pee, que s’ouvre une fenêre...............................................71 JEaN-PIERRE Bénézech
«Je veux renrer chez moî». Lecure psychanayque........................ 81 JÉRômE Alric
Les Aures, a foî ou e dénî ................................................................ 89 JEaN-PIERRE Bénézech
A propos du deuî de soî-même ......................................................... 97 JÉRômE Alric
Vouoîr mourîr .................................................................................. 109 JEaN-PIERRE Bénézech
5
6
Du désîr de hâer a mor .................................................................119 JEaN-PIERRE Bénézech
Un nécessaîre maenendu...............................................................129 JÉRômE Alric - JEaN-PIERRE Bénézech
Concusîon ou ne surou pas résoudre e conradîcoîre...................................141 JÉRômE Alric - JEaN-PIERRE Bénézech
La mor ne s’arone pas ... !
P
réfac
e
PatRICk Ben SouSSAn
« Il comprît alors que la mort frappaît les hommes comme ça, au hasard, et que ceux-cî connuaîent à vîvre tant que le sort les épargnaît. »1 D. Hamme
« Fîn che sî compîa cîò che fu deo, Fîno a che la tua forza sî scîolga, Fîno a che tu pure inîsca Non con un urto, ma con un sîlenzîo, Come a novembre glî alberî sî spoglîano, Come sî trova fermo un orologîo.»
2 Prîmo Levî
« Post mortem nîhîl est, îpsaque mors nîhîl, Velocîs spaî meta nouîssîma. »
3 Sénèque
1 Hamme D (1930)Le Faucon Maltaîs,Parîs, Gaîmard, 1936. Le re de ce arce es aussî un emprun à Hamme e pus parcuîèremen à son îvre éponyme, « La Mor c’es pour es poîres » (Seeced Leers of Dashîe Hamme 1921-1960), correspondance, Pa-rîs, Édîons Aîa, 2002. 2 Prîmo Levî (1953)Il canto del corvo (II)(Le chant du corbeau),în : A une heure înceraîne,Parîs, Gaîmard, Co. Arcades, 1997 [« Jusqu’à ce que s’accompîsse ce quî fu dî, Jusqu’à ce que a propre force e quîe, Jusqu’à ce que oî-même u inîsses Non pas dans un choc, maîs en sîence, Comme se dépouîen es arbres en novembre, Comme s’arrêe une monre.»] 3 Sénèque (49-62) Les Troyennes,Parîs, La Dîérence, 2008, vers 398-399. [« Après a mor, î n’y a rîen e a mor ee-même n’es rîen : c’es e dernîer erme d’une course rapîde.»]
7
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Je vous aîsse penser qu’î faaî bîen queque înconscîence, une grande naveé, une ceraîne précîpîaon voîre un vîeux fond masochîque pour me demander de préfacer ce ouvrage. Maîs soyons pus compréhensîf, pus honnêe surou e reconnaîssons-y puô une preuve de coniance, un îen, une paron commune. Dans sonFîgures, André Markowîcz, 4 poèe e raduceur, écrî :»« Je suîs accompagné par quelques ombres . Enendez aors que ce quî faî e sens e e proje de ces mos d’ouverure es ’îmmense bruîssemen de ces ombres qu’î me sembe bîen avoîr côoyé avec es aueurs de ce îvre. Des ombres comme auan d’échos, de paroes, de présences fanomaques ; des races de ecures, d’échanges, de groupes de paroes ; maîs surou es reîefs sî vîvîians de a cînîque du quodîen. Dans e champ quî me passîonne depuîs des années, ceuî que je réduîraî emporaîremen à ce curîeux assembage enre psychanayse e médecîne, cea revîen à s’assurer, rendons hommage aux ravaux de Roand Gorî, quela médecîne la plus sophîsquée, la plus « techno-scîenique, sécrète toujours davantage la nécessîté d’accueîllîr et de traîter ce reste auquel s’adosse son dîsposîf : l’appel du malade et la mîssîon aléatoîre du médecîn de prendre en charge la détresse et la sourance. »I connue avec ces mos :« …je suîs certaîn que la médecîne authenquement hîppocraque, n’aura de cesse dans les années à venîr de sollîcîter la psychanalyse. A nous de ne pas la décevoîr, faute de quoî nous laîsserîons la place et la foncon éthîques à des technîcîens de l’éthîque, bîotechnîcîens, à même de feîndre de combler les vîdes laîssés par les 5 retraîts du polîque et l’anéanssement des espaces d’întersubjecvîté. » A rebours de Roand Gorî, învééré opmîse sur ce coup, je posueraîs qu’î convîendraî assurémen à cee heure de faîre e deuî de cee « médecîne authenquement hîppocraque »quî en appeeraî à a psychanayse. Ce rendez-vous raé ne sauraî d’aîeurs êre sans îen avec ’înfauaon de cee bîomédecîne sî bîen décrîe par Foucau maîs î faudra bîen un jour aussî dresser e procès de cee dîe psychanayse quî s’es consruîe de chapees en secres, auarcîque, en un poena savan e ou-puîssan, morfère parfoîs même. La psychanayse a oujours éé pour moî un espace de conesaon, un champ de résîsance, une our de gue, ’exercîce d’une vîgîance auée. Ee m’a permîs de enîr du côé e au côé du suje, de résîser à cee ensîon sî vîve quî end à
4 Markowîcz A.Fîgures.Parîs, Le Seuî, 2007, p.11 5 Gorî R. Vîng ans après,Cliniques Méditerranéennes, 2004, 1, 69, p. 8
La mor ne s’arone pas ... !
’objecvaon du maade, à a ogîque compabe de ’acvîé de soîns, à ’însrumenaîsaon des corps e au marché de a sourance. Ee m’a gardé aussî de cee sot-psychoogîe de a sané, quî verse dans es peres e prois de nore modernîé e ragîque au sens e pus grec du erme, a paroe, e désîr e, ma foî, comme on dî du côé de cee bonne vîe de Marseîe où j’exerce, ’înconscîen e a subjecvîé. La psychanayse a oujours éé pour moî une source enchanée de quesonnemens sur ’humaîn, soî, es aures, a vîe e e monde ; une source înoue de consance e d’humîîé ; une eçon înransîgeane d’écoue e de paroe ; un surprenan héâre, peîn de maîce e d’esprî même sî parfoîs doueurs, sourance e drame s’y énoncen sî for. Jusqu’à a in de sa propre vîe, Françoîse Doo prî au ééphone des maades e ee conseîa, écoua, au-deà de oue paence. Queques heures avan de mourîr, racone 6 Vîoaîne de Moncos dans Le Poîn , ee prî un dernîer appe e ne pu rouver a force de répondre. Ee soua :«Je suîs en traîn de mourîr, madame.»Ce à quoî son înerocurîce réorqua :«Nous avons tous nos pets soucîs...»
Le souci des soins palliaIfs La psychanayse a, me sembe--î, des pes soucîs à se faîre dans ce champ de a médecîne. E pus encore îcî, des soîns paîafs. I y faudraî queque Arîc de pus pour a praquer e queque BÉNÉZECH pour ’y accueîîr. C’es que es unîés de soîns paîafs, mobîes ou pas, ne me semben guère« hospîtalîères » à a psychanayse aujourd’huî. Ees s’édîceraîen puô ees ces srucures de soîns qu’évoquaîen René Dîakîne, don« la tendance naturelle est de s’organîser pour qu’aucune 7 surprîse - à la lîmîte aucune rencontre - n’y soît possîble ».Les soîns aux maades en in de vîe m’apparaîssen bîen, îcî e maînenan, en grande sourance e cee« atude quî se traduît davantage par une aenon à la personne quî soure qu’à la maladîe », aude quaîian es soîns 8 paîafs pour René Schaerer , bîen mamenée. Précîsons. Les soîns paîafs - quî donc rerera à cee conjoncon de mos son aîgeane éroîesse ? – se son înîaemen fondés sur une phénoménoogîe du manque e de a présence à ’aure, résoumen
6 De Moncos V.Peut-on enin crîquer l’îcône ?Le Poîn, 9 ocobre 2008, n°1882 7 R.Les textes du centre Alfred Bînet,Parîs, ASM13, décembre1984, 5 (Renconres) ème 8 Schaerer R (1987)Soîns pallîafs en cancérologîe et en phase termînale. Aces des VI Journées Grenoboîses de Cancéroogîe 17-18-19 Avrî 1986. Parîs, Doîn
La mor ne s’arone pas ... !
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