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La nouvelle dynamique politique en France

De
310 pages
Cet ouvrage analyse la recomposition du paysage politique à l'issue des dernières élections. Il revient sur les sujets d'actualité qui font l'objet d'une nouvelle dynamique des réformes et de la modernisation de la vie politique. Il analyse les situations économiques et sociales et en dégage des propositions pour renouer avec la croissance. Il aborde les relations entre la France et l'Afrique pour résoudre le problème du développement et de l'immigration. Il fournit des éléments de réflexion pour relancer l'Europe.
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LA NOUVELLE DYNAMIQUE POLITIQUE EN FRANCE

Emmanuel Nkunzumwami

LA NOUVELLE DYNAMIQUE POLITIQUE EN FRANCE

L'Harmattan

Du MÊME AUTEUR

La Tragédie rwandaise. Historique et perspectives, L'Harmattan, 1996.

@ L'HARMATTAN,

2007

5-7, rue de l'École-Polytechnique,

75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-04652-8 EAN : 9782296046528

INTRODUCTION

Le présent ouvrage s'inscrit dans une rétrospective des événements récents qui ont marqué les campagnes à l'élection présidentielle et aux élections législatives. Il rappelle quelques grands thèmes sur lesquels les deux candidats favoris de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, se sont exprimés. Il remet en mémoire les différents moments et les différents thèmes de ces deux campagnes et remet en débat quelques sujets d'actualité qui font l'objet d'une nouvelle dynamique des réformes en France. L'analyse du déroulement de la campagne à l'élection présidentielle de 2007 est faite à la lumière des élections antérieures, des idées et des hommes qui ont marqué la vie politique française à la conquête du sommet de l'État depuis près de trente ans. Il a l'ambition de susciter des réflexions et invite les citoyens politiquement engagés, les acteurs économiques et sociaux, les jeunes générations ou les simples citoyens, à prendre part à l'action dans la nouvelle donne de l'espace politique. Le monde a profondément changé au cours des dernières décennies et la France doit pouvoir y retrouver sa juste place et son rayonnement. Elle doit donc lever un nombre d'obstacles qu'elle s'est érigés. 7

Les différents freins à l'intégration républicaine d'une partie des Français se distinguant particulièrement par leurs cultures d'origine présumée, par leurs ressemblances physiques, par leurs ascendances aux noms à consonance inhabituelle en France traditionnelle, ou par leurs lieux d'habitation sur le territoire français sont présentés. La France du XXIème siècle est devenue multicolore et pluriculturelle mais peine à reconnaître tous ses enfants comme légitimes et devant jouir des mêmes droits partout, pour se sentir fiers d'appartenir au même destin national. La nouvelle dynamique dans le pays offre précisément l'opportunité à des Français oubliés de l' Histoire de sortir de l'ombre et de participer à la construction de l'avenir. L'un des enseignements majeurs de l'élection présidentielle de 2007 aura été le retour à l'expression démocratique par la participation massi ve au vote. La grande bataille qui va accompagner ce réveil est la lutte contre toutes les formes de discriminations pour que chaque Français puisse avoir équitablement les chances d'accéder à une bonne éducation, à une meilleure formation professionnelle, à un travail pour se créer une identité sociale et se procurer du revenu de ses efforts à l'œuvre collective, à un logement, à une reconnaissance économique, politique et sociale sans aucune distinction ethno-raciale. Grande nation coloniale jusqu'au début des années 1960, mise à genou par de nombreuses guerres depuis le temps de la Gaule, en traversant les conflits férocement meurtriers contre les anglais, les guerres de religion culminant à la tragédie de la Saint-Barthélemy, la terreur accompagnant la révolution de 1789, les guerres napoléoniennes et les souffrances de Waterloo, les deux 8

guerres mondiales dont elle est péniblement sortie avec l'aide et le concours des alliés, enfoncée dans la guerre d'Indochine puis celle d'Algérie dont elle garde encore les stigmates, la France s'est toujours redressée. Mais, ce vieil empire fier, convoité, attrayant et qui inspirait le rêve des peuples du Monde au nom de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen, s'est progressivement assoupi et s'est laissé envahir par la haine de l'Étranger, le racisme et la xénophobie. Longtemps mis en sommeil ou considérés comme tabous, les problèmes de l'immigration, l'intégration républicaine, la lutte contre les diverses discriminations, l'abolition des barrières communautaristes, l'égalité des chances pour tous et l'égalité professionnelle sans distinction, ont fait leur apparition dans les débats publics à la fin du XXème siècle et suscitent encore des passions aujourd'hui. Le pays doit maintenant se reconstruire avec toutes ses composantes en s'acceptant dans sa diversité et dans sa pluriculturalité liées à son Histoire longue de plusieurs siècles. Cette identité forgée par le passé est un socle commun pour bâtir un avenir partagé pour tous. Des éléments de débats sont également abordés dans le cadre des transformations et des réformes pour relancer la croissance économique. Une commission a été spécialement mise sur pied par le président de la République, réunissant des talents de gauche et de droite de l'échiquier politique français avec le concours de quelques experts exerçant hors de France, pour réfléchir à tous les leviers en vue de la libération de la croissance. Ce qui suggère que cette croissance tant recherchée est principalement plus enchaînée par les mentalités, par les 9

pratiques culturelles, par les peurs, par les illusions des gloires perdues que par les savoir-faire, les performances techniques et technologiques qui font encore l'honneur de la France dans divers domaines. La France est performante dans le Monde avec ses grandes entreprises internationales; mais celles-ci sont très spécialisées et très peu nombreuses. En revanche, d'innombrables PME ne parviennent pas à dépasser le seuil psychologique de vingt emplois et leurs activités demeurent confinées dans leurs régions de naissance. Les plus performantes ne sortent pas de l'hexagone pour aller conquérir les marchés étrangers. Pourtant, les gisements de croissance se trouvent de plus en plus dans les pays émergents, très loin de nos frontières européennes. Plutôt que d'attendre qu'elle arrive toute seule, il convient d'aller chercher cette croissance; c'est également faire preuve d'une nouvelle dynamique de combattivité et d'innovations. Les pratiques politiques françaises sont restées longtemps dans une cour gardée par les traditions et avaient tourné le dos à la modernité. Qu'il s'agisse des survivances de la monarchie républicaine que se sont constituée les anciens chefs d'État sous la Vème République, de la politique française en Afrique favorisant plus les dictatures et les népotismes que le décollage économique de ce continent meurtri, des cumuls des mandats nationaux, régionaux, cantonaux et municipaux, et d'une étanchéité entre les responsables politiques enfermés dans les dorures des palais de la Nation et les habitants, le pou voir s'était séparé du peuple. Ce dernier avait alors commencé à manifester son mécontentement en désertant les bureaux de vote, se refusant ainsi à exercer ses droits démocratiques. 10

Pourtant la démocratie est un bien précieux qui s'use très vite quand on ne s'en sert pas. Aussi, depuis le 21 avril 2002, au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, le peuple s'est progressivement réveillé pour exercer un droit de vigilance: Europe, Front National, administration des collectivités locales, participation historique à l'élection présidentielle de 2007, etc. Une nouvelle dynamique s'est mise en mouvement. Il faudra néanmoins qu'elle se confirme dans les échéances ultérieures, dès les municipales de mars 2008. Ce petit ouvrage apportera quelques rappels des résultats électoraux depuis 1981. Il analyse les forces et faiblesses de la France dans la grande bataille de la mondialisation. Il propose des pistes d'actions aux responsables politiques engagés dans les dynamiques des transformations dans les territoires, aux acteurs économiques et sociaux divers à la recherche des gisements d'une croissance indispensable au maintien du pays dans le cercle des grandes nations, et à tous les responsables mobilisés autant dans des actions publiques des réformes de la société française que dans les relations internationales. L'ouvrage se veut résolument simple et accessible à tous les citoyens qui y trouveront les sources de questionnement sur les enjeux de la France du XXIème siècle et des moteurs d'action.

«TI n'y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ».
Général de Gaulle.

I. LES AMBITIONS EUROPEENNES

Les Français, puis les Néerlandais (Pays-Bas), ont rejeté massivement le Traité établissant une «Constitution pour l'Europe» qui leur était présenté en mai et juin 2005. La traduction de ce rejet a été diversement analysée en raison des groupes divers et des raisons diverses qui se sont manifestés contre ce Traité. Il semble néanmoins que les raisons objectives peuvent être relevées. Depuis 1957, lors de la mise en place du Traité de Rome, l'Europe voulue par la France et l'Allemagne était une construction d'un «REVE DE PAIX» en Europe. Les coopérations se sont construites autour des enjeux majeurs en rapport avec les besoins vitaux du moment: reconstruire l'Europe détruite par la deuxième guerre mondiale requiert des matériaux et de l'énergie, au premier rang desquels arrivent l'acier et le charbon. Ce dernier est la principale source d'énergie à la fin de la deuxième guerre mondiale, rejoint bientôt par le pétrole et le gaz. Mais, il fallait alors faire face au crucial problème de l'énergie en bâtissant des stratégies d'approvisionnement et de diversification des ressources. Au cours des années soixante, le choix français et allemand des centrales nucléaires comme nouvelles sources d'énergie « propre » est un choix vital
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et politique pour s'affranchir de la dépendance du pétrole et des caprices spéculatives des producteurs comme des marchés eux-mêmes, et du charbon qui pouvait épuiser les mines à court terme en même temps qu'il constitue une première source de pollution atmosphérique. Néanmoins, pour démarrer rapidement la nouvelle Europe du rêve de paix et de fraternité, la CECA (Communauté Économique du Charbon et de l'Acier) est mise sur pied. Petit à petit, on construit une Europe économique pour la mise en commun des ressources et l'abolition des taxes douanières en vue de créer une nouvelle dynamique de croissance. Au cours des années 1970, une autre idée est née: l'Union Économique et Monétaire (UEM) autour du Système Monétaire Européen (SME) avec l'introduction de l'ECU (European Count Unit ou Unité de Compte Européenne). Cependant, cette union suppose plusieurs pré-requis: les stratégies des cours de change entre les monnaies des pays membres, l'harmonisation des politiques économiques au sein de la Communauté Économique Européenne de l'époque (CEE), l'ajustement des politiques sociales et fiscales, la libre circulation des personnes, des biens et des services. L'élargissement de l'Europe des années 1970 jusqu'à la fin du XXème siècle, sous l'impulsion de la France et de l'Allemagne, vers le Royaume-Uni, vers les pays de l'Europe du Sud (Portugal, Espagne, Grèce) et vers l'Europe du Nord (les pays scandinaves et l'Irlande) auxquels s'est adjointe l'Autriche, avait pour mission de renforcer la puissance économique européenne face aux États-Unis et au Japon, respectivement première et deuxième puissance économique du Monde. Le passage 14

des six premiers pays fondateurs de la Communauté Économique Européenne (France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) à l'Europe des douze États membres après l'arrivée du Royaume-Uni, de l'Espagne, du Portugal, de l'Irlande, du Danemark et de la Grèce était naturel, car il s'agissait d'intégrer des pays traditionnellement et habituellement évoluant dans des contextes politiques et économiques avec les pays fondateurs. Il n'y avait donc pas de ruptures dans les grands équilibres, d'autant que les pays de l'Europe du Sud étaient eux-mêmes entrés en période de restructuration économique et contribuaient à la croissance de l'Europe agricole qui manquait à l'Europe du Nord. L'achèvement de la construction d'un ensemble cohérent s'est réalisé avec l'intégration des pays scandinaves (Suède et Finlande) et de l'Autriche. Dès lors cette Europe acquise des douze, puis des quinze États membres, l'on aurait pu réfléchir à un modèle plus intégré pour mieux asseoir des ambitions de construction de l'Union Économique et Monétaire par l'harmonisation en amont des politiques qui la soutiennent. Les grands chantiers de l'Europe lancés dans les années 1990 comportent alors le Traité de Maastricht, adopté en 1992, et qui est de ce point de vue, une première étape qui aurait dû se poursuivre à

périmètre constant. A ce stade, les « Européens
historiques » que sont les Européens des douze puis des quinze membres étaient en droit de demander: futur apportant des éléments hétérogènes sur le plan économique, industriel et social soit soumis à l'arbitrage des peuples de l'Union Européenne (voie référendaire ou 15

10) Que tout élargissement

parlementaire selon les pratiques constitutionnelles de chaque État membre). Cela aurait eu le mérite de constituer une démarche démocratique d'arbitrage sur les évolutions de l'Europe des peuples et une expérience de la participation des citoyens à l' œuvre commune. 2°) Que les ambitions initiales de l'Europe, du et du «rêve de puissance économique, de prospérité et du mieux-être» soient redéfinies et adoptées par les citoyens. Car en effet, il ne peut y avoir de construction harmonieuse de l'Europe sans le rêve. Mais, également, les compétitions économiques et politiques mondiales entre les grandes puissances étaient déjà ouvertes et imposaient un nouveau rythme de développement à l'Europe.

«REVE DE PAIX»

3°) Que soient tranchées clairement et définitivement les FRONTIERES CULTURELLES ET GEOGRAPHIQUES DE L'EUROPE ainsi que les conditions claires, débattues et acceptées de leur extension. Il s'agit de l'extension de l'Europe vers l'Est et vers le bassin méditerranéen. Que fallait-il donc pour redonner du «Rêve» aux peuples d'Europe avant de nouvelles aventures d'élargissement et de construction politique à travers le Traité constitutionnel avorté? L'idée de construction européenne reste toujours en chantier.

10) Nous avons construit

dans la paix une

MONNAIE unique: L'EURO, sans l'harmonisation des politiques économiques qui la soutiennent. Il est légitime que les Européens en soient fiers car l'Euro est une grande réussite monétaire en temps de paix dans 16

l'histoire du Monde. Elle s'impose progressivement comme une monnaie de transactions internationales, un challenger du dollar à son lancement et qui s'est très largement apprécié au-delà des prévisions des économistes. La parité souhaitée avec le dollar américain est déjà battue en brèche depuis que l'Euro s'est stabilisé au-delà de 1,35$, et même autour de 1,43$ pour 1€ en octobre 2007, posant de sérieux problèmes aux exportations des pays d'économie fragile de la zone Euro. Mais, malgré la monnaie unique et la forte augmentation de la valeur de l'Euro (ou de la grande faiblesse du dollar américain), l'Allemagne est devenue depuis 2005 le premier exportateur du Monde avec des excédents commerciaux historiques, pendant que la

France creuse le trou des déficits commerciaux, avec la
même monnaie. Chaque pays reste donc jaloux de ses choix économiques et industriels. En effet, l'Allemagne brillait dans les exportations tout en maintenant une forte consommation intérieure alors que la TVA à 16% aurait plutôt favorisé la consommation des biens produits en Allemagne ou importés de l'Union Européenne pour créer une solidarité économique de l'Europe. Depuis le 1er janvier 2007, le taux de TVA en Allemagne a gagné 3 points pour se situer à 19% mais l'Allemagne continue de parier sur la consommation intérieure comme sur les exportations pour soutenir son économie. Pourtant cette même Allemagne fournit en même temps des efforts pour digérer la réunification entre l'ex-République Fédérale d'Allemagne (RFA) et l'ex-République Démocratique Allemande (RDA), une opération que de nombreux observateurs considéraient comme un handicap économique et budgétaire de l'Allemagne réunifiée pour des décennies et un fardeau pour 17

l'ensemble de l'Union Européenne. Mais l'Allemagne, sur ce dossier également, a marqué des points. Le pays a engagé des réformes économiques et sociales courageuses sous la chancellerie de Gerhard Schroder. Elles commencent à produire leurs fruits sur les équilibres économiques et sociaux. Il convient de souligner que, pour les productions allemandes consommées en Allemagne, la hausse des coûts due à la hausse de la TVA à 19% est voisine de 2 points car cette hausse de 3 points sur la TVA est amortie par une baisse de 1 point sur les charges sociales à la production. Pourquoi alors portons-nous la pression sur la BCE qui a relevé régulièrement ses taux d'intérêts en 2006, puis en 2007, contre toute logique de relance de l'investissement et de la consommation intérieure dans toute la zone Euro, mais qui n'a pas affecté négativement l'économie allemande? Pourquoi l'Euro devient-il cher pour des exportations françaises, alors qu'il favorise les exportations en Allemagne? Cela nous interroge sur l'ajustement et la solidarité des politiques économiques et industrielles européennes. Par ailleurs, nous ne pouvons pas lutter à armes égales dans la mondialisation avec nos amis américains alors que le Dollar est également une variable d'ajustement des déficits pour financer la consommation, soutenir la politique du crédit et la politique étrangère aux États-Unis, pendant que notre Euro ne s'assigne que des missions «de base », certes nécessaires, de lutte contre l'inflation, et de garant du pacte de stabilité (déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB) et de croissance. L'Euro est donc privé de force d'interventions politiques comme le sont depuis toujours le Dollar pour les États-Unis et le Yen pour le Japon, ou encore aujourd'hui le Yuan pour la Chine dans sa 18

nouvelle offensive commerciale vers les pays du Sud et dans la conquête des marchés occidentaux par la compétitivité sur les prix. Il convient donc de nous redéfinir les marges d'actions économiques que nous autorise l'Euro. Mais, il faudra surtout bâtir une vraie coordination des politiques économiques et industrielles, et revoir des impératifs de recherche et développement au sein de l'Union Européenne. Enfin, comment allons-nous coordonner des politiques économiques et monétaires de l'Union et harmoniser nos stratégies lorsque seuls treize pays constituent la zone Euro aujourd'hui alors que d'autres grands contributeurs économiques de l'Europe que sont le Royaume-Uni, le Danemark et la Suède ne sont pas dans la zone Euro, et que douze autres pays qui nous ont rejoints ne remplissent même pas encore les critères d'admission pour utiliser et se plier aux contraintes de notre monnaie. En fait, nous aurions mieux fait d'en faire d'abord des «partenaires privilégiés» pendant quelques années et de ne les «intégrer» pays par pays que dès le moment où ces nouveaux candidats-membres remplissent totalement les critères pour adopter la monnaie unique et se conformer aux exigences économiques, industrielles, fiscales, politiques et sociales de l'Union Européenne définies et acceptées. Ce serait sûrement une sage politique à mettre en place à l'avenir pour une croissance harmonieusement maîtrisée et équitable de l'ensemble des États membres de l'Europe. 2°) L'Europe manque d'ambitions et de visibilité de ses politiques sociales et fiscales. En effet, les pays membres sont devenus concurrents entre eux pour attirer 19

les investisseurs d'un pays à l'autre. Nous avons créé une zone franche en Irlande pour relancer l'économie de ce pays. Mais, en fait, était-ce pour quelle durée? Quelle contrepartie économique pour l'ensemble de l'U.E. en attendait-on, en dehors du gain évident et incontestable de l'Irlande pour diminuer le chômage et accroître son niveau économique? Un citoyen français doté d'un bon investissement intellectuel préfère aller travailler en Irlande ou au Royaume-Uni (qui n'est pas membre de la zone Euro) où les fiscalités du capital et du travail sont les plus souples! Un employeur a intérêt à installer ses centres de production dans les pays d'Europe Centrale où, à compétences de ressources humaines comparables, le SMIC est à très bas coût en comparaison avec la France ou l'Allemagne, et installer son siège social en Slovénie où l'impôt sur les bénéfices des sociétés est nul. Un industriel a donc le choix entre produire dans les grands pays de la zone Euro, pour bénéficier de la haute qualité technologique, de la recherche et développement ou délocaliser ses productions dans les nouveaux pays de l'Europe de l'Est pour profiter du meilleur coût de production et d'une faible fiscalité, tout en restant au sein de l'Union Européenne. Bientôt les candidats aux délocalisations à l'autre bout du monde à la recherche de la main d' œuvre qualifiée et à vil coût développeront naturellement leurs affaires dans les pays de l'Est, membres ou non de l'Union Européenne, mais aussi vers les pays d'Asie, d'Amérique Latine ou d'Afrique, pour ensuite rapatrier les produits dans les pays à haut niveau économique, de pouvoir d'achat et de consommation pour de meilleures marges financières. Et la fiscalité trouve alors sa valeur d'ajustement socio-économique. Nous ne pouvons pas continuer à pratiquer les taux de 20

TVA et d'autres taux d'imposition qui vont du simple au double au sein de l'Union Européenne. Il ne pourrait pas y avoir d'harmonisation économique sans son important volet fiscal. Avant toute initiative de définition des frontières constitutionnelles de l'Union Européenne, il conviendra d'abord de s'entendre sur «quel modèle d'Europe économique, industrielle, fiscale et sociale» nous voulons réellement construire. Définir l'Europe de l'horizon 2020-2030, c'est réfléchir sur son identité aujourd'hui et clarifier ses ambitions pour demain. 3°) L'Europe doit être très claire sur les choix de ses frontières géographiques. L'adhésion de la Turquie, qui s'est invitée dans les débats sur le projet pour la constitution de l'Europe en 2005, ne pose pas qu'un problème de définition de l'identité européenne; elle pose également les questions de la dimension géographique. En effet, pourquoi un Kurde turc serait européen, alors que nous refuserions ce statut à son cousin Kurde irakien, ou Kurde iranien ou syrien? La dimension affective des relations culturelles anciennes avec la Turquie devrait appeler à plus de vision lointaine. Il ne faudrait donc pas ignorer les autres États voisins à l'Est de la Turquie, qui ont également des liens historiques et culturels avec l'Europe: ce sont la Géorgie, l'Arménie, l'Iran, l'Irak, la Syrie et un petit bout de l'Azerbaïdjan. Et si, comme l'affirment de nombreux politiciens, nous partageons une histoire longue avec la Turquie, alors nous héritons aussi, de par notre identité chrétienne, de l'histoire d'Israël, de la Syrie, du Liban, de l'Égypte et de la Palestine. Pourquoi ces pays ne seraient-ils donc pas membres de l'Union Européenne? Et si nous avons construit une civilisation 21

européenne sur les restes de la civilisation romaine, nous le devons aussi à Alexandrie en Égypte. Et tout le bassin méditerranéen a des liens historiques et culturels très anciens avec l'Europe, notamment Carthage en Tunisie actuelle. En poussant plus loin le raisonnement, il conviendrait de rappeler régulièrement que les « Blancs» d'Amérique sont nos cousins européens émigrés en Amérique depuis son exploration par Christophe Colomb? Et pourquoi ceux qui le désirent ne seraient-ils pas «Européens» ? L' Mrique du Sud, qui compte toujours 10% de sa population de souche européenne, est majoritairement chrétienne comme certains pays d'Amérique Latine. Sont-ils pour autant éligibles en tant que «membres potentiels de l'Union Européenne » si les peuples de ces pays souhaitent unir leur destin à celui de l'Europe? Nous devons donc clarifier les frontières géographiques de l'Europe.

Aujourd'hui il y a plusieurs étages « inconciliables»
dans notre «Maison Europe» et les fondations demeurent encore branlantes. Il y a un fort risque qu'à force de charger de plus en plus cette maison, elle ne finisse par s'écrouler et se détruire avant même que la construction ne soit achevée. En effet, il y a le socle encore chancelant car les solidarités entre ses États évoluent au gré des politiques et des intérêts nationaux, même au sein des six pays fondateurs, c'est-à-dire le couple France-Allemagne, le Benelux (Belgique, PaysBas et Luxembourg) et notre sœur l'Italie. Quelles politiques industrielles, économiques, sociales, fiscales, des relations internationales entretenons-nous pour garantir l'avenir serein et solide de l'Europe? Avonsnous une politique étrangère harmonisée et les forces 22

militaires dédiées pour l'Europe de la Défense pour la faire respecter en cas de besoin? Quand l'ONU faiblit, les États-Unis assurent seuls ou avec les forces de l'OTAN la police et la sécurité dans le Monde; mais ils n'oublient pas la défense des intérêts supérieurs des États-Unis d'abord. Cela est encore plus vrai et actuel depuis l'effondrement du mur de Berlin et l'éclatement de l'URSS. Nous convenons entre tous les pays de l'Union que la sécurité des États et des peuples d'Europe est une priorité absolue mais nous ne disposons pas de moyens intégrés, estampillés «Union Européenne» pour garantir et défendre cette sécurité. Viennent ensuite les autres membres qui partagent avec nous l'aventure monétaire de la monnaie unique, l'Euro: Autriche, Espagne, Portugal, Grèce, Finlande, Irlande, récemment rejoints par la Slovénie, soit treize pays de l'Euroland. On aurait aimé 12 ou 14 pour les plus superstitieux contre le chiffre 13 ! Alors dépêchons-nous d'en recruter pour conjurer le sort et surtout un 15ème un 14ème avec un poids économique et humain très significatif pour avoir nettement plus d'États de la zone Euro que le reste de l'Union Européenne en vue d'asseoir une politique plus large de l'Union. Ce sera la base de notre crédibilité. Mais en attendant, ce sont les treize États qui font la politique monétaire de l'Europe de la zone Euro, sans oublier la puissance des États membres autonomes. En effet, nos amis de l'Europe du Nord sont toujours avec nous, même s'ils ne partagent pas notre monnaie: le Royaume- Uni pilote seul sa Livre Sterling comme symbole de l'identité et de la puissance britanniques aux côtés de la monarchie, le Danemark et la Suède demeurent attachés à leurs Couronnes. Ils contribuent 23

activement à la force de l'Europe et participent également tout autant à son essor économique. Nous ne pouvons pas alors construire notre monnaie contre eux, même s'ils ne sont pas avec nous. Alors, que faire? Harmoniser nos politiques économiques, budgétaires et industrielles pour les inciter à nous rejoindre. Mais les politiques sociales et fiscales continuent de diverger! Le chantier est donc encore énorme. Ensuite, nous entraînons nos douze nouveaux entrants à grandir vite

pour « sauver » l'Europe de la désintégration. Mais l'on
entend déjà des voix qui réclament l'entrée de l'Ukraine et des restes des morceaux de la désintégration de l'exYougoslavie, l'accélération des négociations avec la Turquie malgré les observations soulevées par la France, l'examen de la demande des autres pays de l'Europe de l'Est dont d'anciens morceaux de l'ex-URSS et même des pays du Maghreb. Il ne resterait plus que la Russie à l'Est pour intégrer l'Union Européenne. Est-ce raisonnable? La réponse opposée par un grand nombre d'Européens aujourd'hui est que, dès maintenant, tout élargissement devrait être soumis au vote démocratique des peuples de l'Union Européenne, au scrutin uninominal des nouveaux pays postulants. Ce serait par cette démarche que l'Europe pourrait utilement contribuer à la fondation et au développement des ensembles régionaux viables et actifs, telle que l'Union Méditerranéenne d'un nombre très large des pays autour de la Méditerranée, et d'en faire de puissants partenaires économiques privilégiés. La Turquie, en tant que pont naturel entre l'Europe et l'Asie, ainsi que ses voisins de la Méditerranée y trouveraient une richesse et une place privilégiée. Les échecs connus dans les 24

tentatives de construction de l'Union du Maghreb, en butte aux intérêts politiques et géostratégiques de chaque État membre, pourraient également trouver leur solution dans un ensemble plus vaste du bassin méditerranéen, sur la base des solidarités économiques. La France et l'Union Européenne pourraient donc les y aider. Pour les passionnés de l'Europe, mais de l'Europe de nos rêves de paix, de prospérité, de respect des diversités européennes et d'efficacité économique, industrielle, sociale et démocratique, nous aimerions d'abord « consolider les bases de la Maison Europe » et lui faire une place digne d'un bon positionnement mondial avant d'y accueillir d'autres amis qui partageront notre destin commun. En France, les débats de 2005 sur le Traité constitutionnel pour l'Europe ont mis en lumière les carences à combler pour pouvoir avancer: pour bâtir une Union Européenne solide, déterminons les frontières géographiques et identitaires, consolidons une «démocratie européenne» et, enfin cimentons cette Union clairement définie par l'application d'un «Traité Simplifié » qui en détermine les axes de développement. Ce serait le bon ordre. Sinon, nous risquons l'écroulement de la «Maison Europe» avant que les travaux de construction ne soient achevés. Si chaque État membre s'en faisait un objectif, les bases seraient plus solides et la démocratie trouverait sa légitimité. Même si les ambitions de la France rejoignent celles de l'Europe, les situations individuelles de chaque État demeurent différentes au sein de l'Union. Il ne doit donc pas y avoir d'amalgames entre les difficultés de relance de l'Europe et les situations de blocage en France.

II. LA FRANCE ET L'EUROPE: LES AMALGAMES

EVITER

Pour la France, l'année 2007 sera une année historique car la démocratie française vient de triompher de tous les pessimismes, les catastrophismes, les déclinismes et de toutes les résignations. Les honneurs de cette année reviennent à Nicolas Sarkozy qui a réellement donné le rythme à la campagne à l'élection présidentielle, qui a imposé les thèmes correspondant aux véritables handicaps de la France, et qui a proposé ses réponses et de courageuses solutions à nos maux. Il s'en suit qu'il a réussi à convaincre une grande partie de nos concitoyens qui se sont retrouvés dans ses propositions à 31% au premier tour de l'élection présidentielle du 22 avril 2007. Les hommes et les femmes épris de démocratie, de tolérance et d'ouverture sur le Monde peuvent également féliciter Nicolas Sarkozy qui a réussi à ramener le Front National à son socle de résistants. Celui-ci a dû fondre davantage au deuxième tour, pour ne laisser à Jean-Marie Le Pen que ses proches amis, son cercle de courtisans et de clients de l'épicerie familiale comme électeurs! Enfin, le vrai visage de l'espérance des Français commence à se dessiner et les Français qui votaient par « protestation» 27

ou par «revendication des identités sociales» ont voté « utile »pour eux-mêmes et pour la France. Mais au fond, qu'attendons-nous réellement d'un président de la République en France? C'est un homme qui se lie par un CONTRAT POLITIQUE A VEC LA NATION. Un homme qui cesse d'être un homme de parti pour être UN HOMME DE LA NATION TOUTE ENTIERE. Donc un HOMME QUI NOUS RASSEMBLE AUTOUR DES AMBITIONS ET DES VALEURS DE LA NATION. UN HOMME QUI NOUS PROJETTE DANS L'AVENIR AVEC UNE ESPERANCE DU MIEUXETRE DE CHACUN DE NOUS. Un gardien de nos valeurs partagées qui fondent la France et son rayonnement dans le Monde. Un homme qui porte un projet ambitieux et réaliste pour la France. En analysant les projets et les projections des deux finalistes pour le sprint final du 6 mai 2007, deuxième tour de l'élection présidentielle, il y' en a un qui met le pays en mouvement et une autre qui se cherche encore une ligne claire. Les handicaps de Ségolène Royal sont évidents: le manque d'ambitions dans un programme creux et des idées générales d'un monde déjà dépassé, n'ont pu drainer que 25,85% après avoir asséché les réservoirs de toutes les gauches. L'effondrement historique du Parti Communiste avec Marie-Georges Buffet, la chute irréversible des Verts sous les talons de Dominique Voinet, l'irréalisme et les utopies enfin remarqués de Lutte Ouvrière avec l'icône national, Arlette Laguiller, les chasseurs qui ne convainquent plus sur des sujets aussi sérieux que la préservation de nos patrimoines ruraux et la sauvegarde de l'environnement, l'incapacité du Parti Radical de Gauche à exister sur un 28

positionnement identifiable, à s'imposer dans un large ensemble d'offres politiques très diversifiées et qui s'est sagement dissous dans le Parti Socialiste, sont des situations patentes. Le passéisme affligeant du Parti des Travailleurs dont personne ne connaît l'adresse, et l'incompréhensible (sauf avec un décodeur spécial) message de son porte-parole Gérard Schivardi, s'est rajouté à la confusion et tous ces partis ont emporté toute la gauche française dans leur chute. Trop de candidats de diverses gauches ont décrédibilisé et tué la gauche. En fait, ne subsistent plus que deux pôles à gauche: le Parti Socialiste (25,85%) et la Ligue Communiste Révolutionnaire qui doit son salut à la sympathie et à la séduction exercées par son jeune et dynamique candidat et porte-parole, Olivier Besancenot (4,5%). Mais alors, les utopies sont-elles mortes? Pas vraiment. Dès lors que les diverses gauches avaient beaucoup de mal à s'entendre sur les projets avant le premier tour et que parmi leurs ennemis jurés figuraient le Parti Socialiste et ses divers dirigeants, comment peut-on construire un programme qui rassemble autant de différents et opposés pour un deuxième tour crédible pour Ségolène Royal? C'est la première utopie. Ségolène Royal s'est imposée au Parti Socialiste mais reste entourée de nombreux ennemis de l'intérieur qui ne l'acceptent toujours pas comme leader. Ils sont en désaccord avec son programme (issu des débats participatifs populaires comme mode d'expression démocratique, à l'encontre de la pratique de la démocratie représentative en usage en France) qui n'est pas le projet du Parti Socialiste, jusqu'à être même contesté par son compagnon dans la vie et Premier 29

secrétaire du Parti Socialiste, François Hollande, qui a ouvertement affirmé à la télévision que, à sa place, il aurait fait une campagne AVEC le Parti Socialiste. Ségolène Royal a été portée au sommet au sein du Parti Socialiste par les sondages mais était mal préparée à cette campagne et ne communiquait avec personne, ni même avec le Premier secrétaire du Parti Socialiste. Celui-ci s'est souvent étonné de découvrir des déclarations de la candidate de son parti à la télévision en affirmant n'avoir pas vu ou rencontré cette candidate depuis plusieurs jours, preuve s'il en est qu'ils ne vivaient plus ensemble depuis bien longtemps. Il a souvent affirmé qu'il ne partageait pas le contenu du « pacte présidentiel » de sa compagne. Les déchirements internes au Parti Socialiste et les luttes de pouvoir et d'influence sont tels que Ségolène Royal ne peut pas compter sur les éléphants (anciens hauts dirigeants dans le parti) et d'autres assimilés pour asseoir une politique. La candidate n'a pas d'équipe soudée et solide derrière elle et elle ne pourrait donc pas convaincre sur un programme qui est déjà décrié dans son propre parti. C'est la deuxième utopie. Privée de l'union et du rassemblement de la gauche, Ségolène Royal essaie de rassembler autour d'un centre de gravité déplacé au centre-droit, plus proche de François Bayrou (UDF) que de Jean-Luc Mélenchon et Henri Emmanuelli (aile gauche du PS) ou d'Olivier Besancenot (LCR, extrême-gauche). Mais alors autour de François Bayrou se trouvent d'anciens militants de la droite républicaine, social-libérale. Ils ne peuvent pas renier leur appartenance à droite pour risquer ensuite le détournement de leurs électeurs qui les ont toujours crus 30

à droite au profit d'une aventure incertaine. Dans la dynamique de tous ces enjeux électoraux, derrière l'élection présidentielle, viennent les élections législatives en juin 2007 et les élections municipales en mars 2008. Aucun élu de droite ne peut compromettre les élections suivantes pour soutenir une candidate socialiste déjà condamnée par les siens. La cohérence politique est une exigence pour convaincre et gagner une élection. Le rassemblement au centre pour Ségolène Royal est donc un pari impossible car elle perdrait une grande partie des électeurs de la gauche socialocommuniste et de l'extrême gauche qui ont pesé dans les 25,8% qu'elle a pu réunir au premier tour, mais sans aucune certitude de conquérir les voix des électeurs du centre qui votent à droite. C'est la troisième utopie. Enfin, Nicolas Sarkozy donne encore le ton en déclarant que «les électeurs sont des hommes et des femmes libres », qui votent selon les ambitions qu'ils assignent au futur président de la République et que «les voix des électeurs n'appartiennent pas aux appareils politiques ». Les consignes de vote de la gauche perdent ainsi leur efficacité dès lors que les électeurs se prononcent sur «un homme, un projet et les moyens de le mettre en œuvre ». Et c'est Nicolas Sarkozy qui réunit tous ces précieux ingrédients pour gagner. De plus, aux yeux des Français, il est le plus crédible de tous les candidats à cette élection présidentielle de 2007. En effet, il est président du plus grand parti politique français, UMP, réunissant plus de 340.000 adhérents actifs dont il est le principal artisan pour son expansion depuis deux ans en doublant le nombre d'adhérents. Il est en prise avec la société, 31

soutenu par tous les militants de son parti, légitimé par un vote interne de l'UMP et il a réussi à faire adhérer ses concurrents internes à son projet présidentiel. Il est reconnu pour son expérience dans l'exercice du pouvoir et a obtenu des résultats à travers les grands ministères qu'il a dirigés en tant que ministre et ministre d'État, soit alors un très haut niveau de responsabilité au cœur de l'État. Tant au niveau politique qu'au gouvernement, Nicolas Sarkozy exerce les pouvoirs au centre des préoccupations quotidiennes des Français: au ministère de l'Intérieur, il assure la sécurité du territoire et veille à la sécurité quotidienne des citoyens. Les résultats sont donc directement visibles tous les jours et il est apprécié pour son énergie et sa détermination à agir sur tous les fronts (sécurité routière, lutte contre le terrorisme et la délinquance, sécurité dans les transports, rapprochement de la Police et de la Gendarmerie pour plus d'efficacité, etc.). Les Français l'ont souvent vu à l'œuvre tous les jours et s'en souviennent spontanément. Au ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, il a veillé au panier de la ménagère, à l'emploi, à la lutte contre les fraudes, aux équilibres économiques et industriels du pays, à la sauvegarde des entreprises, à l'équité dans le secteur de la distribution contre les marges arrières pratiquées entre les producteurs industriels et les réseaux de distributeurs sur le dos des consommateurs. Les Français se souviennent du cas Alstom., Ce fleuron français, leader mondial de l'industrie des transports ferroviaires et de l'énergie, affaibli par le recul conjoncturel de son marché et des problèmes de gestion, était au bord de la cessation de paiement. Le groupe s'est alors retrouvé en proie à une prédation de la 32

société allemande Siemens, avec l'accord de la
Commission Européenne à Bruxelles. Il a fallu toute la détermination et le talent de négociateur de Nicolas Sarkozy pour convaincre Bruxelles et le gouvernement qu'une autre solution de redressement en France était possible. Il a mis en marche les moyens financiers de l'État pour sauver l'entreprise, l'industrie française et les emplois. Et l'entreprise s'est très rapidement redressée. Sur trois ans, le cours de bourse d'Alstom est passé de l8€ à l65,90€ (1/11/2007) soit une croissance de 659,43% ; et depuis un an, cette société fait partie des

meilleures entreprises françaises avec une progression
de 121,9% et une distribution des dividendes de 1,73€ par action à ses actionnaires. De même la fusion SanofiAventis avait pour ambition de constituer un groupe pharmaceutique de taille mondiale plus viable et plus solide pour se protéger contre les prédateurs extérieurs capables de se mobiliser pour une OPA hostile. Ministre en charge de l'Industrie, Nicolas Sarkozy a défendu les pôles d'excellence et les masses d'emplois de l'industrie française. Il intervient pour sécuriser les Français contre les effets pervers de la mondialisation et ils l'apprécient. Il s'est fait l'image du défenseur actif de la France, des Français et de leur patrimoine. Ses capacités sont donc reconnues en France et à l'International. Ségolène Royal et son pacte présidentiel n'ont pas pris: il leur manquait du contenu, de la crédibilité, des ambitions pour la France, du concret et de la cohérence. La candidate manque d'expérience valorisable, elle n'a jamais eu de hautes responsabilités qui l'exposent pour juger de son efficacité et, est depuis peu présidente d'une région de niveau économique moyen en France. 33