La Pensée aveugle

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Ce à quoi nous aspirons est d’inscrire notre réflexion en marge, dans ce que la pensée postmoderne confine dans un « underground » intellectuel. Notre discours, nous le voulons radical. Car que reste-t-il de l’Homme ? Rien ! Ou plutôt plus grand-chose ! Tout « en-dehors », tout en superficialité, rien n’émane plus « du-dedans ». La « haute » technologie a ravi les regards.

La pensée aveugle, ce « savoir ignorant » qu’est la pensée postmoderne, appelle à la « transcendance de l’ego », à la « temporalisation de la temporalité » diraient certains phénoménologues existentialistes, ne laissant qu’un vide nécessaire à l’accueil du dehors. Tuer l’ego transcendantal afin de préparer l’avènement. Celui de l’homme désincarné et déterminé par le regard d’autrui ou pire encore : par l’objet. Une vie par procuration, une vie qui ne pense plus et une pensée qui ne vit plus.


Né en 1976, année de la mort d’Heidegger, Hakim Fédaoui se veut appartenir, à l’instar de Mehdi Belhadj Kacem bien qu’aux antipodes de sa « pop philosophie », à ces « philosophes édifiés » qui tentent de vivre leur philosophie d’abord, plutôt que de la dire. Sa préoccupation majeure est de « re-mettre » la vie au centre de l’humain, de « ré-apprendre » la nécessité du « sens » et de combattre le « non-sens » qui gagne les consciences.

Son premier essai, Islam, Prélude à un commencement perdu, est paru aux éditions Amalthée en 2007.


Publié le : jeudi 1 janvier 2009
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EAN13 : 9789999996075
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Avant-propos La critique du rapport quentretient le musulman contemporain avec les sources fondatrices de la pensée islamique attend lapparition dune mé-thode épistémologique. Nous pensons que ce qui manque à la réalisation dune critique émancipa-trice et rigoureuse de ce rapport est une forme d« épistémè » permettant la reconstruction de la pensée religieuse de lIslam. Nous estimons que la démarche pluridisciplinaire mais également  et de là peut venir la confusion  transdisciplinaire (une forme de « pensée sauvage » différente de la démarche « dorganisation » avec ses « opérateurs de reliance » telle quelle existe chez Edgar Morin) comme on peut la trouver dans la « critique de la raison islamique » chez Mohammed Arkoun, ne permet pas délargir lhorizon dun esprit en quête dun épanouissement de son être dans cette so-ciété postmoderne bien que pré-intellective. Cette « critique » affirme, comme lensemble de la tradition scientifique et philosophique des contem-
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porains, que seule la pensée permet laccès à la vie. Avecla phénoménologie du Fondementes- cest sayer daffirmer que cest bien plutôt la vie qui donne accès à la pensée ; cest, comme le précisait Michel Henry, tenter de réhabiliter lexpression de « vie intérieure ». Dans ce travail décriture laphé-noménologie du Fondementse construit sur une ana-lyse de lexpérience consciente telle qua pu la développer Mohamed Iqbal, le plus grand phéno-e ménologue de la première moitié duXXsiècle. Lui, qui affirmait que la psychologie religieuse authentique pouvait rectifier certains concepts de la pensée philosophique. Avant lui, le grand ibn Hazm de Cordoue déve-loppa les premiers jalons de ce que lOccident e connaîtra au début duXXsiècle sous le nom de « phénoménologie » initiée par Husserl. LeDhahi-risme dibn Hazm na rien à voir avec le littéra-lisme réducteur de certains petits hommes. Il est bien plutôt cette méthode scientifique et philo-sophique qui substitue à la démonstration la dé-marche de « monstration » appelant déjà, à une « épochè » (suspension de nos préjugés scienti-fiques) pour laisser parler lobjet. En précisant, encore, que « toute chose contient sa vérité » le philosophe andalou voulait signifier que « lêtre du phénomène » était identique au « phénomène de lêtre », le phénomène nest que la mesure de lêtre, un mode dapparaître novateur à une époque où il y avait une distinction nette entretenue entre
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le noumène et le phénomène. Pour notre philo-sophe Cordouan, cest lesprit confus des hommes qui ne perçoit pas cette « évidence » (terme cher à Husserl). Aussi, instruit à lécole dibn Hazm, mais surtout de Fakhr al-Din al-Razi et de Mohamed Iqbal, il sagit pour nous de tenter de rendre à la subjec-tivité vivante sa place en tant que primat de la connaissance. Un monde qui remplace la vie par une « métaphysique » de la représentation et des universels donnant, par là même, la préséance à des notions abstraites comme le taux dintérêt, lopinion publique, la « société personne » (qui na rien à voir avec la « société des personnes »), est un monde qui, à terme, légitimera la disparition de nimporte quelle vie. Est-il irrémédiablement trop tard, dès lors, pour espérer voir revenir le vivant comme substitution à cette culture morti-fère miroitant loasis à des assoiffés quand elle nest que mirage ? Hakim Fédaoui Septembre 2006, Belfort.
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