Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 13,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

La pérennité des systèmes de croyances ou le fondement d'une unité nationale japonaise

De
176 pages
Les hiérarchies de valeurs, les normes ou « nomos », issues de croyances ont codifié l'organisation sociale du Japon en assurant de fait leur pérennité. Dans la société, les interactions entre les individus procèdent d'une mémoire collective transmise d'abord au sein des familles, puis par la « praxis » de la « cité ». C'est ainsi que les « autorités narratives », les institutions ont acquis leur légitimité, leur « identicité». En somme une société qui procède d'une « Ethique de l'autonomie ».
Voir plus Voir moins
渡辺 庄三郎
笠松紫浪 浅草観音堂大提
Jonathan Jay Mourtont
LA PÉRENNITÉ DES SYSTÈMES DE CROYANCES OU LE FONDEMENT D’UNE UNITÉ NATIONALE JAPONAISE Une éthique de l’autonomie
La pérennité des systèmes de croyances ou le fondement d’une unité nationale japonaise
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-09066-5 EAN : 9782343090665
Jonathan Jay MOURTONTLa pérennité des systèmes de croyances ou le fondement d’une unité nationale japonaise Une éthique de l’autonomie
Du même auteur : Le Japon un ordre de croyance : L’influence du fait religieux dans les affaires internationales. Collection : notes de conjoncture, Editions l’Harmattan, 2013.
INTRODUCTION
Les hiérarchies de valeurs trouvent leur origine au sein de différents systèmes de croyances. Ces normes ouno-mosont codifié les interactions entre individus régissant l’activité humaine en permettant son organisation sociale. Nous allons, dans une logique descriptive et à partir d’un modèle analytique, soumettre à notre réflexion les systèmes religieux et les normes qui découlent de ces principes. L’approche philosophique procède de celle que l’on trouve dans laCritique de la faculté de jugerde Kant. Nous allons à partir du réel et des phénomènes tirer des données. Dans celle-ci figure également la culture du sujet qui les traite, pour exemple un philosophe kantien aura un modèle d’appréhension du réel. C’est la limite du sujet qui se trouve désormais subordonné à sa culture d’origine. Il ne peut sortir de lui-même et le jugement qui en découle sort conditionné par le savoir de la culture et des pratiques sociales dans lesquelles il a grandi. L’expérience, ou le rapport aux données se structure en forme de synthèse. De celle-ci va émerger un travail de réflexion dont découle-ront des principes. De ceux-ci nous tenterons de dégager une normativité successive des différents systèmes qui organisent la société japonaise, pour en distinguer des « transcendantaux ». Nous retrouvons ainsi la métaphy-sique des mœurs de Kant, les principes de la liberté ainsi que les différentes catégories de la connaissance de lacri-
tique de la raison pure. En effet, ces principes se divisent en 2 grandes catégories, ceux qui sont de l’ordre du Droit et ceux de l’ordre de l’Éthique. A partir d’eux, nous arri-vons à des structures catégorielles pratiques, dont L’Anwendung[la condition transcendantale de possibilité], la condition de validité ou non de la norme. Selon les prin-cipes dont émanent toutes formes de normes instanciées dans le réel, nous trouvons la doctrine du Droit, catégorie de Devoir, et la Doctrine de la vertu, en d’autres termes, une catégorie d’éthique. C’est dans le quanta se trouvant entre les deux que résident les systèmes de croyances ja-ponais comme finalité d’un processus kantien de la connaissance. La logique principielle des croyances pour-1 rait se définir selon le concept de Naoshi Yamawaki 1 en celui d’« Ethique publique ». Ils sont d’un point de vue contemporain, économique et politique en parfaite opposition philosophique. En effet, la logique libérale a pour objet de construire une logique de droit en parfaite opposition au système étatique qui, selon lui, est intrusif. L’Etat représente, en somme, une atteinte du libre choix des individus. La logique contractuelle doit prévaloir en opposition à des principes moraux dont serait détenteur l’État, qui représenterait une forme d’égalité, de justice de droit des individus. L’État républicain est té-léologiquement Universel, «à la pratique d’autodéter-mination de citoyens qui aspirent au bien commun et qui se comprennent comme les membres libres et égaux d’une 2 communauté de coopération autogérée ». A cela s’oppose le modèle libéral qui met au cœur la sphère privée, et non la sphère publique, entraînant un questionnement 1  Philosophe japonais. Professeur de philosophie publique à l’université de Tôkyô. Il a notamment fait une conférence à ce sujet à la Commission européenne intitulée «Opportunity and tasks for a trans-national public philosophy for the 21st century »2  Jürgen Habermas,Démocratie et justice, Tel Gallimard, France, p.291.
8
concernant la possibilité de faire société. Le système libéral désigne un système qui décline une liberté négative contrairement au modèle étatique républicain, qui, lui, recherche une liberté positive, c’est-à- dire la vertu au sein des individus, ce qui nous laisse à penser des similitudes avec la société japonaise. Pour finir, nous analyserons les mouvements comme la Soka gakkai, ou la Kurozumikyô, ou encore la diffusion des nouvelles religions, les sectes religieuses, expression d’un désir de transcendance dans une société de plus en plus contraignante. Nous allons essayer de démontrer les points de simili-tude dans l’idéal républicaniste néo-romain et la société japonaise. 3 Nous partirons de l’analyse de Watsuji Tetsurô concer-nant l’éthique de l’individu, une éthique qui trouve sa substance dans la relation entre les hommes. 4 間柄 [ ]あいだがら. Nous nous attarderons sur 5 l’analyse de [人間] qui, selon le binôme sino-japonais, se compose de la notion d’individu et d’espace. Donc, l’être serait celui qui interagit en permanence avec autrui. Il trouverait sa réalité, non pas dans l’autre, mais dans l’interaction perpétuelle. Le sens originel résiderait dans 6 [世の中», et par extension « ce qui] , le « monde social 7 est public » []せけん. Il y a un particularisme dans l’association du concept d’individu et le terme qui le dé-signe. Il est intéressant de constater que le mot homme
3 Analyse figurant dansPhénoménologie japonaise, Philosophie n° 79, Editions de Minuit, 2003, p.11. 4 Aidagara, qui signifierelation, rapport, lien.5 ningen, association du caractèrehommeet du caractèreintervalle . Ce dernier peut avoir le sens d’espace ou de distance. 6 Yo no naka. Littéralement à l’intérieur du monde, d’une époque, d’une société.Cette expression est employée dans le sens demonde.7 Seken,le monde.
9
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin