La politique au jour le jour (volume 3)

De
Publié par

La campagne électorale bat son plein. Les deux candidats choisis par les médias tentent de capter les suffrages des citoyens inquiets en se présentant comme des personnages neufs....

Publié le : samedi 1 septembre 2007
Lecture(s) : 274
Tags :
EAN13 : 9782296181663
Nombre de pages : 138
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

La politique au jour le jour
novembre 2006 - février

2007

Déjà paru, chez le même éditeur

Jean Jean Jean Jean Jean

LEVY, LEVY LEVY, LEVY, LEVY,

Le dossier Georges Albertini et Simon PIETRI, De la République à l'État français La CGT au Crédit du Nord Jours de colère La politique au jour le jour, volumes 1 et 2

Jean Lévy

La politique au jour le jour
Volume 3
novembre 2006

- février

2007

Chronique quotidienne et critique des événements et des médias

L' Harmattan

http://www.librairieharmattan.com diffusion. harmattan@wanadoo. harmattan 1@wanadoo. fr L'Harmattan, 2007 ISBN: 2-296-04059-5 EAN : 9782296040595

fr

Préambule

A

u fil des jours, la chronique, tout au long du volume 3 (de novembre 2006 à février 2007), poursuit son voyage dans le temps où 'hier paraît déjà très loin. électorale pour les présidentielles prend devient

En France, la campagne de l'ampleur.

D'abord, la compétition interne au sein du Parti socialiste un évènement national. Combien y aura-t-il de postulants?

La télé devient le support des finalistes. Chaque Français devient témoin de la bataille. En fait, il n'y aura pas débat mais seulement des monologues ternes et ennuyeux. Y aura-t-il un deuxième tour? Le 'suspens' continue. Il serait hasardeux de prétendre que le monde est tenu en haleine. Enfin, le 16 novembre, sort le nom de l'heureuse élue avec 60 0Jb des voix socialistes. Une femme comme candidate, c'est inouveau. Ségolène Royal est présentée comme une ingénue en politique. Elle va se complaire dans le rôle de la 'madone inspirée'. Entre Sainte Jeanne et Mère Térésa. Cette posture lui servira de programme. En face, le Rastignac de la droite fonce vers les sommets. Il y songe depuis de longues années « et pas seulement le matin en se lavant les dents» ose avouer, fier de lui, l'intéressé. Son sacre devant 80 000 supporters a lieu le 14 janvier. Il se veut le continuateur de toutes les images d'Épinal de l'histoire de France. Il cite aussi Jaurès, Blum et même Guy Mocquet, le jeune communiste fusillé par les Allemands en octobre 1941 ; il avait été arrêté, dès l'été 40, par la police française ,ce que ne précise pas le petit Nicolas. Nicolas Sarkozy ne cache pas son ambition: son domaine réservé s'étendra à tous les sujets. Il sera 'chef de touf. Numéro deux des gouvernements Raffarin et de Villepin, il sera, répète-t-il, 'l'homme de la rupture' ! Avec quoi? Avec qui? Jacques Chirac doit être ravi. De sondage en sondage - ils sont pratiquement quotidiens - la mise en condition des citoyens s'exerce avec vigueur. Les électeurs n'auront qu'un seul choix: Sarko ou Ségo. 7

Certes, pour la mise en scène, les instituts d'opinion ( !) ajoutent un 'troisième homme' et c'est naturellement Le Pen, présenté comme
'la menace'. On nous serine: « Rappelez-vous le 21 avril2002... ». Votez 'utile', c'est la consigne des grands partis. Le PS en fait un slogan: « Tous derrière Ségolène Royal, dès le premier tour! ». Et de phagocyter aussi bien Jean-Pierre Chevènement que Christiane Taubira pour éviter leurs candidatures: le PS leur offre, sur un plateau, quelques sièges de députés.

À 'la gauche de la gauche',
sur la base de l'antilibéralisme

va-t-on ?

vers une candidature

unitaire

La LCR d'Olivier Besancenot ne croit pas à ce rassemblement. Il suspecte le PCF de songer à intégrer une nouvelle 'gauche plurielle' dans un futur gouvernement socialiste. Chez les communistes, deux courants se dessinent: les partisans d'une candidature de la secrétaire-générale du PCF et ceux qui craignent la confusion du fait des responsabilités de Marie-George Buffet. D'autres noms sont avancés afin que les centaines de 'collectifs unitaires' fassent leur choix. L'affaire fera long feu. Entre l'UMP et le PS, François Bayrou veut créer un centre 'ni de gauche, ni de droite' et pour concrétiser cette alternative il se porte candidat à l'élection présidentielle. Il sera crédité de moins de 15 0/0 des suffrages jusqu'à la mi-janvier. Rien n'y fait: les sondages donnent Sarkozy premier 22 avril et vainqueur à tous coups au second tour. au scrutin du

Pendant ce temps de compétition, la terre continue de tourner pas seulement autour de l'élection présidentielle française.

et

D'abord, les élections américaines de novembre 2006 ont consacré la défaite politique de George Bush et des Républicains. Les Démocrates ont conquis la majorité à la Chambre des Représentants et au Sénat. Le peuple des États-Unis, conscient du fiasco militaire, souhaite un retour rapide de ses soldats engagés en Irak et une politique axée sur le social, mais le Président est encore là pour deux ans... Tant en Irak que dans les territoires palestiniens, la violence de l'occupant active la résistance opiniâtre des peuples qui tiennent à leur indépendance. Les pertes américaines s'accroissent au rythme des attentats qui se font toujours plus meurtriers, sans aucune perspective de solution militaire. 8

Dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, Israël mène des actions de guerre et multiplie ce qu'il appelle des 'assassinats ciblés' de militants palestiniens. L'Iran et son président, Mahmoud Ahmadinejad, restent dans le collimateur des puissances occidentales. La volonté de Téhéran de se doter d'une industrie nucléaire civile induit, selon les États-Unis et l'Union européenne, son objectif de posséder l'arme atomique. Les dénégations répétées des autorités iraniennes n'y changeront rien. Le régime des mollahs demeure, pour l'Occident, l'un des composants de l'empire du Mal. Il n'est pas le seul. Nos médias, et parmi eux Le Monde ,et France Inter, désignent à longueur de colonnes et d'émissions les autres États dits 'voyous' ou 'totalitaires', qui ont, pour certains d'entre eux, la fâcheuse idée de ne pas se plier à la Loi du Marché, ou de vouloir maintenir intacte leur souveraineté. De Minsk à Pékin, de Moscou à Khartoum, les dirigeants sont désignés comme 'populistes', injure suprême, et accusés de ne pas respecter la démocratie comme 'valeur, au sens spécifique du CAC 40. Que dire des pays d'Amérique latine qui, tels le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur (ils font 'ami ami' avec Cuba), et de Fidel Castro, un précurseur vénéré, alors que leurs dirigeants, forts de l'appui massif de leurs peuples, se dégagent de la mainmise des intérêts financiers américains. Le dénigrement systématique de la politique suivie par Hugo Chavez, Evo Morales et Rafael Correa, fait partie de l'information 'objective' telle que l'entendent nos médias aux ordres des puissances d'argent. Il faudra attendre le quatrième volume de cette chronique la suite des évènements et en particulier, la campagne en France et son dénouement. pour vivre électorale

9

LA POLITIQUE

AU JOUR LE JOUR

ous avons terminé le volume 2 de notre chronique sur l'échec sévère subi par George Bush lors des élections américaines de mi-mandat, le 7 novembre. Tous les résultats n'étaient pas entièrement connus le lendemain. Cependant l'ampleur de la défaite des Républicains n'était pas contestable. Ce volume 3 revient sur l'évènement.

N

2006
NOVEMBRE
MERCREDI8 NOVEMBRE

'administration Bush a subi, hier, un désaveu massif de la majorité des électeurs américains, du moins des 40 % qui ont voté. Les démocrates ont conquis la majorité, d'une trentaine de sièges à la Chambre des représentants; ils en ont déjà gagné quatre au Sénat. Dans deux États, le Montana et la Virginie, l'écart entre les candidats est si faible qu'il est nécessaire de recompter les bulletins. Or, une victoire démocrate dans chacun d'eux donnerait également aux démocrates la majorité au Sénat. Reste à savoir ce que ceux-ci feront de leur victoire. La situation s'aggrave chaque jour sur le terrain. Les démocrates oseront-ils prôner un désengagement militaire rapide? Le plus grand nombre des élus de ce parti a voté, depuis 2003, tous les crédits pour poursuivre la guerre. La prudence reste de mise quant à l'attitude qu'ils prendront demain. La défaite infligée à l'équipe Bush est un évènement heureux. Pour le peuple américain d'abord. Pour tous ceux qui, en France et dans le monde, ont manifesté leur hostilité à la politique militariste, agressive et attentatoire aux libertés des ultras de Washington.

L

Il

C'est là une lourde défaite pour Nicolas Sarkozy, qui ne cache pas sa sympathie ouverte pour George Bush et sa politique. L'élève caniche trouvera-t-il un autre maître? Dans les territoires palestiniens, la guerre menée par Israël continue chaque jour plus sanglante. Encore ce matin Tsahal a bombardé un quartier de Beït Hanoun, dans la bande de Gaza, faisant dix-huit morts, dont quatre enfants et quatre femmes. D'autres victimes sont à déplorer en Cisjordanie. Le fait est jugé si grave et l'émotion si forte que le chef du gouvernement, Ehoud Olmert, s'est 'excusé'. « Acte inexcusable! » rétorquent en chœur les États occidentaux qui n'ont pas pour autant saisi le Conseil de sécurité. Le Hamas et le Fatah ont appelé à reprendre « les opérations de

martyrs », au cœur d'Israël.
Au Népal, un accord qualifié «d'historique» vient d'être signé entre le gouvernement et les maquisards 'maoïstes'. Il prévoit l'entrée de ces derniers dans un gouvernement intérimaire qui devrait être formé avant le 1er décembre. Une Chambre, également intérimaire va remplacer le Parlement actuel. Parmi ses 330 membres, 75 seront désignés par le Parti du congrès népalais, 73 par les 'maoïstes', 73 au sein du Parti communiste et le reste réparti entre cinq autres formations. Le peu d'informations sur la situation politique au Népal ne permet pas, avec certitude, de donner les éclaircissements sur l'orientation réciproque des 'maoïst~s' et des 'communistes'. Ces derniers doivent avoir des liens avec les communistes indiens, alors que les 'maoïstes' devaient être, à l'origine, proches des communistes chinois du temps de Mao. Débat public à la télé entre les trois 'candidats à la candidature', au sein du PS, centré sur la politique étrangère et 'l'Europe'. Chacun a joué sa partition: Laurent Fabius, s'efforçant d'être le représentant de la 'gauche' socialiste, insiste sur cet ancrage à propos de tous les problèmes évoqués. Dominique Strauss-Kahn se veut le socia/démocrate type, comme' on les aime, au sein du Parti socialiste européen. Il se déclare partisan d'une construction européenne, reposant sur le 'couple franco-allemand' (ce qui, en période de 'grande coalition' à Berlin est significatif). De plus, se faisant visionnaire, il envisage pour l'Europe le destin d'un 'nouvel empire' intégrant le monde méditerranéen.

12

Ségolène Royal mêle une petite musique 'française' et 'nationale' et tient des propos plus iconoclastes, tel son refus de concevoir l'Iran doté du nucléaire civil. Même George Bush n'envisage pas une telle interdiction. Toujours l'affaire Clearstream, en fond à peine sonore, s'insinue dans la précampagne électorale. Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pans, chargés de l'enquête, ont officialisé pour la première fois le 7 novembre, leur intention de convoquer Dominique de Villepin. «Cette audition apparait effectivement utile à la manifestation de la vérité, écrivent-ils, et interviendra au moment où nous l'aurons jugé opportun au regard des éléments du dossier. /I nous appartiendra alors d'apprécier le statut sous lequel M. de Villepin devra être entendu ». Cette prise de position n'est pas appréciée par le parquet qui préconise d'entendre le Premier ministre «en tant que témoin », statut qui scelle l'inexistence de toute présom ption d'infraction à l'encontre de la personne interrogée. Le Monde, qui n'a jamais caché son hostilité à Dominique de Villepin dans cette affaire, boit du petit lait...
JEUDI 9 NOVEMBRE

a victoire électorale des démocrates est totale aux États-Unis. Les sénateurs républicains du Montana et de la Virginie ont été battus. Les démocrates disposent donc de la majorité dans les deux chambres. George Bush a été contraint de sacrifier son proche ami, Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense, un faucon ultra. Il a nommé à sa place Robert Gates, un dirigeant de la CIA, que l'on dit hostile à la guerre en Irak... La question est posée maintenant à la majorité démocrate: va-t-elle préconiser une sortie rapide du conflit en s'opposant frontalement à George Bush ou recherchera-t-elle un compromis concerté avec le président? On peut légitimement craindre que la seconde option soit la bonne. Le massacre de Europe et dans d'Israël procédait Gaza, provoquant Béït Hanoun suscite une très large émotion en le monde. Mais, depuis des semaines, l'armée déjà à des tueries quotidiennes dans la bande de de nombreuses victimes civiles.

L

13

Les gouvernements occidentaux n'ont jamais trouvé à redire. Au contraire, ils excusent en permanence l'État hébreu « qui a le droit de se défendre ». Jamais les actes du gouvernement de Tel-Aviv, tels les 'assassinats ciblés' de militants palestiniens, l'utilisation d'armes nouvelles (interdites par la Convention de Genève) et fournies par Washington, la destruction systématique de toutes les infrastructures de la bande de Gaza, rien de tout cela n'a conduit l'Union européenne, ni la France à envisager des sanctions contre Israêl. À l'inverse, depuis mars, les Occidentaux ne reconnaissent pas le gouvernement issu d'une majorité Hamas démocratiquement élue. Aussi, ils ont imposé des mesures de blocus économique des territoires palestiniens. Cet embargo économique plonge ceux-ci dans le chaos social et politique et la population dans la misère et le dénuement. L'Union européenne justifie ainsi sa décision de punir collectivement les Palestiniens: «on ne discute pas avec une organisation terroriste ». Par contre, le terrorisme d'État pratiqué par Israël est considéré comme normal. Ce choix délibéré n'est pas limité au seul gouvernement de droite Chirac-de Villepin-Sarkozy. Les leaders socialistes ont apporté un soutien sans faille à l'État hébreu. Laurent Fabius lui-même a déclaré, le 7 novembre: «Si j'étais élu président, je ne recevrais représentants du Hamas ! ». pas les

Les sondages se succèdent en vue des élections présidentielles. Les patrons, sollicités, voteraient Nicolas Sarkozy à 53 %. Dans la mesure où le challenger de celui-ci serait Dominique Strauss-Kahn, il obtiendrait 21 0/0. Un chef d'entreprise sur cinq flirte avec la 'social-démocratie', si chère au député de Sarcelles. La proximité de DSK avec de grands patrons est du domaine public: ne participait-il pas, en 2000, aux rencontres du groupe dit Ide Bilderberg', aux côtés de Gerhard Cromme, président de ThyssenKrupp, de Marie-Jasée Kravis, alors administratrice de Vivendi, de Jeroen van der Veer, président de Royal Dutch, du baron Daniel Jansen, président de Solvay et de beaucoup d'autres représentants du capital international. DSK a été aussi vice-président du Cercle de l'Industrie, avec Vincent Bolloré et d'autres grosses pointures du monde des affaires. On comprend qu'il ait conservé quelques amitiés industrielles et bancaires.

14

Laurent Fabius n'a pas gardé la confiance des patrons: n'obtiendrait que 7 0A>e leurs voix. d

il

Pourtant, il fut un temps où lui aussi savait s'entourer de la collaboration de grands noms du CNPF d'alors. Le 'à gauche toute' actuel du député de Seine-Maritime exprime-t-il une volonté réelle de rupture avec ce passé qui passe mal?
VENDREDI10
NOVEMBRE

e mystère du journal Le Monde est-il levé? La question se pose: pour qui roule ce quotidien? Ses campagnes contre Dominique de Villepin (à propos de l'affaire Clearstream en particulier) et contre Jacques Chirac, le soutien médiatique dont Ségolène Royal bénéficie largement, laisserait penser que le quotidien du soir pencherait peut-être vers cette candidature socialiste.

L

Les prises de positions d'Alain Minc, en tant que président du Conseil de surveillance du Monde et celles de Jean-Marie Colombani rejoignent, en effet, les orientations 'girondines' de la présidente de la région Poitou-Charentes. Celle-ci ne cache pas sa volonté de transférer aux régions nombre d'attributions dévolues aujourd'hui à l'État. Ce thème est également défendu par Colombani. Pourtant, ces suppositions ne sont pas entièrement satisfaisantes. Dans un article publié par Le Monde, dans son numéro daté du 10 novembre intitulé: «Le Parti socialiste fait du sauvetage de Libération un enjeu politique », Pascal Galinier écrit: « Pointant du doigt la présence de Martin Bouygues dans TF1 et d'Arnaud Lagardère dans Le Monde, 'deux amis de Nicolas Sarkozy', dit-il, M. Montebourg croit déceler un risque de 'berlusconisation des médias français' ». Alors? Est-ce un dérapage du journaliste ou un aveu particulièrement inquiétant? Dans ce dernier cas, les rumeurs faisant état d'une proximité entre le quotidien et Nicolas Sarkozy s'avèreraient peut-être exactes. La déclaration de Montebourg, relayée et directement par le journal du soir, laisse rêveur... ainsi confirmée

Précisons qu'Alain Minc était, en 2000, administrateur de Vinci, de Valeo, d'Yves Saint-Laurent, de Moulinex et membre du conseil de surveillance de PPR. 15

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.