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La politique au jour le jour (volume 4)

De
128 pages
Les Français viennent d'élire le nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy. Son programme, dit de "réformes", va accentuer la "contre-révolution sociale". Le ciel bas de notre hexagone ne doit pas cacher le soleil qui se lève de Caracas à La Paz et de La Havane à Quito. L'Oncle Sam ne peut plus imposer sa loi dans son arrière-cour. Big Brother est embourbé entre Tigre et Euphrate...
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La politique au jour le jour
février 2007 - mai 2007Déjà paru, chez le même éditeur
Jean LEVY, Le dossier Georges Albertini
Jean LEVY et Simon PIETRI, De la République à l'État français
Jean LEVY, La CGT au Crédit du Nord
Jean LEVY, Jours de colère
Jean LEVY, La politique au jour le jour, volumes 1, 2 et 3Jean Lévy
La politique au jour le jour
Volume 4
février 2007 - mai 2007
Chronique quotidienne et critique
des événements et des médias
L' Harmattanhttp://www.librairieharmattan.com
diffusion. harm attan@wanadoo. fr
harmattan 1@wanadoo. fr
L'Harmattan, 2007
ISBN: 2-296-04058-8
EAN : 97822960405882001
Février
LUNDI12 ET MARDI13 FEVRIER
e dimanche a été le théâtre - au sens exact du mot - d'un
double spectacle visant à charmer les électeurs. 'Charmer,C
comme le serpent hypnotise sa proie. Projet d'un 'pacte
présidentiel' pour Ségolène Royal, projet d'un 'pacte républicain'
pour Nicolas Sarkozy.
L'objectif, pour la candidate du PS, était de rassembler 'la gauche'
à partir de 100 propositions qui, pour certaines d'entre elles,
avaient 'le goût de la gauche' :
. l'augmentation du Smic à 1500 euros,
. la majoration des plus bas salaires et des petites
retraites,
. la création de 500.000 emplois pour les jeunes,
. l'âge de la scolarité obligatoire à trois ans, alors
que la loi actuelle prévoit la scolarisation à deux
ans dans les maternelles (loi qui est très loin d'être
généralisée).. .
Les modalités d'application de ces mesures sont demeurées dans
le flou.
C'est ainsi que le Smic à 1500 euros s'entend brut, soit en gros
1200 euros net et cet objectif serait étalé sur cinq ans...
La majoration des retraites, évaluée à 5 % ne viserait que les 'plus
petites' retraites.
Quant à la revalorisation des rémunérations immédiatement
supérieures, aucun engagement n'est pris ni sur le montant, ni sur
niveau, ni sur la date d'application. « Le plus tôt possible », c'est
tout ce que l'on sait...
Les 500.000 emplois pour les jeunes? Des 'emplois tremplin'.
Autrement dit, ils peuvent 'sauter. Aucune pérennité n'est prévue,
ni le type de contrat. Pas question de COI.Aucune critique du grand patronat, ni des scandaleux profits
réalisés par celui-ci grâce à une exploitation accrue des salariés, ni
des restructurations et des délocalisations, rien sur les
licenciements boursiers. Pas un mot sur la caste qui domine le
pays, les 200 patrimoines qui capitalisent, au minimum, 50 millions
d'euros (hors domicile et biens de luxe), les nouvelles 200 familles
qui regroupent les grands patrons de la finance, de l'industrie et
des médias, avec les politiciens à leur dévotion.
Ségolène Royal n'en est pas troublée. Au contraire, elle veut
« réconcilier les Français avec l'entreprise ».
C'est tout dire: changer le décor pour jouer la même pièce.
De plus, 'innovant' par rapport au programme socialiste lui-même,
la candidate veut instituer, pour les jeunes délinquants, des 'centres
fermés' à encadrement militaire. Et de se prononcer pour une
'réforme' de la carte scolaire, c'est-à-dire rendre plus souple
l'obligation de scolariser ses enfants dans leur secteur d'habitation.
En clair, c'est permettre de choisir son établissement et créer ainsi
une nouvelle ségrégation sociale des écoles, des lycées et des
collèges.
Aucune allusion à une éventuelle remise en cause des 'réformes'
faites par la droite sur les retraites, la Sécurité sociale, les
privatisations!
En résumé, la stratégie de Ségolène Royal c'est de séduire
l'électorat de gauche avec un programme 'Canada dry', qui a
l'odeur de la sans être de gauche, en l'engageant à
minima.
Nicolas Sarkozy, lui, fait comme s'il était novice en politique. Un
candidat, numéro deux du Gouvernement depuis cinq ans, devrait
faire juges les Français de ses actes et de la politique de droite qu'il
a poursuivie avec constance durant toute la législature. Non,
Nicolas le petit se veut un homme neuf. Pas le moindre bilan de
l'action gouvernementale.
« J'ai changé!)}, tel est son slogan. Demain, seulement demain,
l'intéresse. Et de se présenter comme le futur « Président de tous
les Français ». «Je ne suis pas l'homme d'un clan, d'une France
contre une autre ».
L'ami proche de Martin Bouygues, d'Arnaud Lagardère, de Serge
Dassault et de Bernard Arnaud, veut faire 'ami-ami' avec le SDF du
quai Valmy, avec l'ouvrier licencié de chez Moulinex et la famille du
cadre de chez Renault, qui vient de se suicider sur le lieu de son
travail.Un vrai 'Ami du peuple', pas du genre Marat, certes, mais plutôt de
François Coty, directeur d'un quotidien d'avant-guerre portant ce
titre, qui était un des bailleurs de fonds des ligues fascistes. Donc,
nous avons eu hier, à la Mutualité, non pas l'homme qui dénonçait
la « racaille» en agitant son « karcher», mais un Français 'ni de
gauche, ni de droite', rassemblant les enfants de la Révolution, les
combattants de Valmy, au même titre que les nobles émigrés à
Coblence. Pourquoi pas honorer à la fois le communiste Gabriel
Péri et le chef milicien Joseph Darnand ? La basse démagogie de
Nicolas Sarkozy ne connaît plus de bornes. Il est vrai que son
problème est de faire peur à beaucoup. Donc, il faut se déguiser.
Comme le loup en grand-mère dans le conte de Perrault. Marianne
sera-t-elle le Petit Chaperon rouge?
L'un et l'autre candidat sont restés peu loquaces sur l'Europe, sujet
dangereusement polémique. Madame Royal s'est quand même
prononcée pour une «nouvelle constitution», réduite dans son
format, précise-t-elle et qu'elle entend faire ratifier « en 2009 » par
référendum. Plus prudent encore, Nicolas Sarkozy évoque une
« mini-constitution» que le Parlement serait chargé de ratifier.
Nous en sommes, en France, au degré zéro de la politique. Les
candidats, ambitieux du pouvoir, visent à gagner la majorité des
suffrages chacun à sa manière, compte tenu de l'électorat qui est le
sien et de 'la marge' supplémentaire qu'il faut attirer pour faire la
différence. Et peu importe les moyens, celui qui l'emportera
disposera de cinq ans pour imposer son véritable programme, loin
des promesses. C'est cela que l'on nomme sans doute le 'courage',
en politiq ue !
Le Portugal a voté à 59 % la légalisation de l'avortement, certes
avec 56 0/0 d'abstentions.. Le Gouvernement socialiste, présidé par
José Socrates, va faire adopter le texte de loi par l'Assemblée.
L'Église, dont le cardinal patriarche de Lisbonne Mgr Policarpo,
avait mené une violente campagne pour faire voter Non, avec
menaces 'd'excommunication automatique' des partisans du Oui,
mettant en garde contre 'la malédiction' qui ne manquerait pas de
s'abattre sur le Portugal si ce pays rejoignait 'l'apostasie
silencieuse' et 'le culte de la mort' des autres États d'Europe.
On considère, dans ces conditions, que le verdict populaire
constitue la plus grande défaite de l'Église portugaise depuis 1974,
date de la Révolution des œillets.
9Des attentats commis sur deux marchés de Bagdad ont fait plus de
76 morts, ce matin. En pleine 'pacification américaine' !
Le Gouvernement iranien a rejeté l'accusation US de livrer des
armes sophistiquées aux chiites irakiens. Jusqu'à présent, les
médias présentaient la guerre comme étant menée par la minorité
sunnite, qui avait disait-on alors les faveurs de Saddam Hussein.
Depuis que les États-Unis semblent se préparer à des actions
offensives contre Téhéran, « J'ennemi» est devenu chiite... ou
alors, sunnites et chiites mènent, les uns et les autres la résistance
à l'occupation américaine. Autant dire la grande majorité du peuple
irakien!
En Guinée, la grève générale paralyse l'ensemble du pays. Le
peuple réclame maintenant le départ du Président, Lansana Conté.
Vingt-trois personnes ont été tuées durant le week-end, près de
cent depuis début janvier.
Evo Morales, le président de la Bolivie, annonce « le début d'une
ère nouvelle pour J'industrie minière» après avoir envoyé l'armée
pour nationaliser un complexe métallurgique détenu par une
compagnie étrangère. Dans le même temps, le Gouvernement du
Venezuela a pris le contrôle de la plus grande entreprise
d'électricité, l'AES, jusqu'ici propriété américaine, dans le cadre de
la nationalisation du secteur électrique décidée par Hugo Chavez.
L'ensemble des entreprises de téléphonie doit suivre la même voie.
Les États-Unis vont implanter un centre de détection anti-missiles
en République tchèque. Une base militaire US est opérationnelle
en Bulgarie. L'OTAN tient conférence en Lettonie. La Géorgie et
l'Ukraine, depuis des siècles russes, puis soviétiques, ont été le
théâtre de manœuvres politiques, mises au point par la CIA, visant
à éloigner leurs peuples de Moscou et à faire adhérer leurs
Gouvernements à l'Alliance atlantique.
Cette situation inquiète Vladimir Poutine. Le président de la Russie
43èmefait part ouvertement de ses préoccupations à la Conférence
sur la politique de sécurité, qui vient de se tenir à Munich le 10
février:
« Un pays, les États-Unis, sort de ses frontières nationales
dans tous les domaines. C'est très dangereux: plus
personne ne se sent en sécurité, parce que personne ne
peut plus trouver refuge derrière le droit international (. ..)
10Cela signifie un centre de pouvoir, un centre de décision
agissant comme un maÎtre unique, un souverain unique (...).
Cela n'a rien à voir avec la démocratie ».
Une protestation logique d'un chef de Gouvernement qui sent son
pays menacé d'encerclement et de possible agression. Logique?
Pas pour Le Monde qui commente l'intervention de Poutine en ces
termes:
« A vec des accents rappelant la guerre froide entre les 'deux
grands', Vladimir Poutine s'est livré à une lourde charge pour
dénoncer /'unilatéralisme des États-Unis ».
Le quotidien, dont le PDG clamait comme une devise «Nous
sommes tous américains! », n'émet aucune critique contre la
politique agressive de Washington. Ce sont les Russes qui, par les
propos de leur Président, seraient provocateurs. On croit rêver. Et
si Moscou installait des bases militaires à Cuba, au Venezuela,
tentait une subversion au Canada, qu'écrirait Le Monde?
MERCREDI14 ET JEUDI15 FEVRIER
u Liban, afin de commémorer l'anniversaire de l'attentat qui
coûta la vie à Rafic Hariri, l'ensemble des forces pro-A
occidentales (regroupant les Maronites, les Druzes, une part des
Chrétiens) qui soutiennent le Gouvernement de Fouad Signora,
avait appelé à un rassemblement de masse à Beyrouth. Les
médias font état de 300 000 manifestants, chiffre très inférieur à
celui que revendique le Hezbollah quand il mobilise les foules.
Deux types d'attentats ont eu lieu hier.
Le premier au Liban, contre deux autocars, dans la montagne
chrétienne, faisant trois victimes. Immédiatement ils ont été
attribués à des agents syriens et condamnés comme tel par tous
nos médias.
Le second en Iran, visant les Gardiens de la Révolution,
organisation militaire proche de Mahmoud Ahmadinejad, faisant
dix-huit morts parmi les soldats. Là, le traitement de l'information
est différent: il serait la preuve d'une impopularité croissante du
Président et de la montée en puissance de l'opposition.
Par deux fois, Nicolas Sarkozy a annulé une 'visite' qu'il devait faire
dans le '93', à Argenteuil, où il avait prononcé le mot de « racaille ».
IlPourtant, le candidat de l'UMP avait mis le paquet pour se
constituer une bande de jeunes supporters, les 'Bleu-Blanc-Rouge',
chargés d'organiser 'un accueil sympa'.
Total crie victoire: la première entreprise française a réalisé 12,5
milliards d'euros de bénéfice, soit 5 0Jbde plus qu'en 2005. Plus du
tiers de ces profits vont aller aux actionnaires, pas aux victimes de
.la marée noire de l'Erika.
Mais Total n'est pas la seule entreprise du CAC 40 à se féliciter de
ses résultats en 2006. Les banques, telles BNP-Paribas et la
Société Générale, annoncent des profits record de 8 milliards et de
5 milliards d'euros. Ensemble, les 40 'voleurs' en totaliseraient 95
milliards. « Et surtout, n'évoquez pas une taxe sur les super profits:
ces entreprises iraient planquer leur fortune à J'étranger» nous
affirment les adorateurs du libre marché, trouvant normale cette
'délocalisation de richesse'. La désertion des capitaux devient une
action très cotée en bourse et autour de la Bourse, dans les allées
du Pouvoir.
Bernard Guetta, le chroniqueur de politique internationale à France-
Inter a passé deux ou trois jours en Iran. Son séjour a dû être
circonscrit à la capitale et à ses beaux quartiers. Il en est revenu
plein d'optimisme: l'Iran n'est plus un État totalitaire sous l'emprise
des mollahs. C'est ce qu'on avait toujours pensé, à entendre ses
propos sur la radio de service public. Ce n'est plus cela. « /I y a
même une vie politique intense», a-t-il précisé jeudi matin,
précisant «que trois courants de disputent le pouvoir». et
d'énumérer:
« Le courant 'rénovateur' de Rasfanjani, l'ancien président
ouvert à l'Occident, le courant des 'conservateurs modérés'
et celui, populiste de Mahmoud Ahmadinejad, qui veut la
destruction de J'État d'Israël. Or, fait nouveau, conservateurs
modérés et réformateurs se sont rapprochés. Ils visent au
départ de président de la République ».
Bernard Guetta en est r~vi. À croire ces affirmations, les jours de
Mahmoud Ahmadinejad sont comptés. Surtout que le chroniqueur
de France-Inter nous livre un scoop:
« les Iraniens admirent sans réserve J'État hébreu, portent
les États-Unis dans leur cœur et détestent les Arabes ».
À quand l'entrée de ce grand pays, délivré du populisme, dans
l'Union européenne et l'OTAN?
12VENDREDI16 ET SAMEDI17 FEVRIER
es derniers sondages concernant l'élection présidentielleLindiquent un étiage très bas de l'électorat de gauche, tous
candidats confondus, de 'la gauche de la gauche' à Ségolène
Royal. Le pourcentage global varie de 38 à 40 0/0. En fait, la
représentante du PS atteindrait un niveau supérieur à celui que
François Mitterrand a atteint au premier tour de 19,88. Mais les
formations se situant à sa gauche ne dépasseraient pas, chacune,
2 0/0.
Un effet 'vote utile', dès le premier tour, explique en partie cette
situation, de même que l'absence de candidat des 'radicaux de
gauche' et celle de Jean-Pierre Chevènement dans les conditions
que l'on sait. Cependant, l'essentiel provient des campagnes
menées par MG Buffet, Olivier Besancenot, José Bové et Arlette
Laguiller. Aucune n'aborde les raisons fondamentales de la crise
sociale, ni les causes réelles de la pauvreté et de la détresse des
couches populaires, ni de l'inquiétude qui s'empare de couches
moyennes. Comme si le Non du 29 mai 2005 n'avait jamais existé.
Personne, à gauche, sauf Gérard Schivardi, soutenu par le Parti
des Travailleurs, ne met en accusation l'Union européenne et ses
traités, qui imposent leurs lois, celles du marché et des profits
financiers, à chacun des peuples qui sont contraints de les subir.
L'abandon des notions d'indépendance nationale et de
souveraineté populaire laisse en déshérence des millions de
Français qui se réfugient dans l'abstention. Il est symptomatique
qu'aucun sondage ne relève le nombre de personnes qui refusent
de répondre.
Ismaïl Haniyeh, le chef du Gouvernement du Hamas, a remis sa
démission au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud
Abbas. Conformément à l'accord de La Mecque, il a été
immédiatement chargé de constituer un Gouvernement d'union
nationale. Mais cette éventualité inquiète Israël et les États-Unis.
Les dirigeants de ces deux pays exigent du futur Gouvernement
une reconnaissance explicite de l'État hébreu comme condition
première à la cessation de l'embargo dont sont victimes les
territoires palestiniens. Cette ingérence directe, assortie de
menaces, viole le droit international. Le Hamas estime que la
question ne pourrait se poser que dans la mesure où Israël
reconnaîtrait, pour sa part, l'existence d'un État palestinien, viable
et souverain. Ce qui n'est pas le cas.
13Pourquoi, dans ces conditions, imposer à sens unique la
reconnaissance d'un État par un autre, sans réclamer la
réciproque? C'est qu'Israël considère les 'territoires' comme des
espaces colonisés sur lesquels, il a tous les droits.
Peut-on alors contraindre des 'colonies' à reconnaître l'existence de
leur État colonisateur?
Au JT de 20 heures d'Antenne 2, vendredi soir, une image fugitive
de Gérard Schivardi, le 'candidat des maires' comme il se nomme,
soutenu par le Parti des Travailleurs. Pourtant, contrairement à
d'autres candidats, il a déjà obtenu les 500 soutiens municipaux
exigés.
Cette censure particulièrement criante est le fait de tous les
médias. Pas une allusion, pas le moindre temps de parole pour
Gérard Schivardi. Pas le plus petit passage dans les débats
télévisés. Circulez, il n'y a rien à voir. Or, Gérard Schivardi présente
cette particularité qu'il est le seul à se prononcer pour le retrait de la
France de l'Union européenne. Justifier cette option mériterait, en
démocratie, une explication devant tous les Français. Elle ferait
certainement mouche chez de nombreux électeurs, parmi les 15
millions qui ont voté Non, le 29 mai 2005. C'est justement cette
réaction qui est redoutée par les 200 familles qui gèrent la France
et leurs médias. La parole est libre dans la mesure où on ne touche
pas à l'essentiel: le pouvoir de l'Argent. La tirade de Figaro, dans
le Barbier de Séville, sur la liberté qui subsiste lorsqu'on a évacué
les sujets interdits, conserve toute son actualité.
DIMANCHE 18 ET LUNDI19 FEVRIER
aurice Papon est mort samedi après-midi, à l'âge de 96 ans.
M Condamné en 1998, à dix ans de réclusion criminelle pour
complicité de 'crimes contre l'humanité', il n'a effectué que trois
années de sa peine, du fait, dit-on, de son 'état de santé'.
Sur cette 'raison médicale', il y aurait beaucoup à dire. Les militants
d'Action Directe n'ont, pour deux d'entre eux, jamais eu droit à
bénéficier de cette disposition alors qu'ils sont atteints, depuis
longtemps, de maladies pouvant entraÎner la mort et qu'ils en
subissent les séquelles dans leurs cellules. Le troisième détenu a
été libéré seulement quelques mois avant de mourir d'un cancer
décelé en prison.
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