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La population de Djibouti

366 pages
Ce livre présente des recherches menées ces trois dernières années à Djibouti dans le domaine de la sociodémographie. Si les thèmes abordés sont centrés autour des questions de population, les approches sont variées : sociologiques mais aussi juridiques, anthropologiques et géographiques. Une contribution à l'étude des évolutions récentes des comportements démographiques à Djibouti.
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La population de Djibouti

Recherches sociodémographiques

Collection "Populations" Dirigée par Yves Charbit, Maria Eugenia Cosio-Zavala,

Hervé Domenach

La démographie est au cœur des enjeux contemporains, qu'ils soient économiques, sociaux, environnementaux, culturels ou politiques. En témoigne le renouvellement récent des thématiques: développement durable, urbanisation et mobilités, statut de la femme et de l'enfant, dynamiques familiales, santé de la reproduction, politiques de population, etc. Cette démographie contextuelle implique un renouvellement méthodologique et doit donc prendre en compte des variables en interaction, dans des espaces de nature diverse (physiques, institutionnels, sociaux). La collection "Populations" privilégie les pays et les régions en développement sans pour autant oublier leurs liens avec les pays industrialisés et contribue à l'ouverture de la démographie aux autres disciplines. Elle est issue d'une collaboration entre les chercheurs de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD), du Centre Population et Développment de l'Université Paris Descartes (CEPED, UMR 196) et du Centre de Recherches Populations et Sociétés (Université Paris X-Nanterre).

2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-05946-7 BAN: 9782296059467

@ L'Harmattan,

Sous la direction de Olivier BELBEOCH, Yves CHARBIT, Souraya HASSAN HOUSSEIN

La population de Djibouti
Recherches sociodémographiques

L'Harmattan

Les données qui ont fourni la matière de ce livre proviennent essentiellement de l'Enquête Djiboutienne auprès des Ménages (EDAM-IS2) et de l'Enquête sur la Santé de la Famille (PAPFAM), enquêtes qui ont bénéficié du soutien financier de divers bailleurs de fonds, en particulier l'UNFP A ainsi que de l'appui technique de plusieurs organismes internationaux dont The Pan Arab Projectfor Family Health qui ont assisté la DISED dans la réalisation de ces enquêtes. Cet ouvrage a été publié grâce au financement de I'UNFP A (Projet DTI2P2004) avec l'appui de l'UNICEF (chapitre 3) et de la Coopération française (chapitre 12).

Direction

scientifique:

Olivier BELBÉOCH Mababou KEBE Barbara MEFFE-KROMAH Fassa Daniel TOLNO Béatrice GALLO
Olivier BELBÉOCH

Avec la collaboration de :

Mise en page: Infographie:

AVANT-PROPOS

Le gouvernement de Djibouti a mis en place un certain nombre de plans d'action nationaux, dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la condition de la femme ainsi que dans la lutte contre la pauvreté et pour la protection de l'environnement. À cet effet, des réformes dans des secteurs prioritaires tels que la santé, l'éducation ou la promotion de la femme (plan de réforme pour le secteur de la santé, états généraux de l'éducation, stratégie nationale d'intégration de la femme dans le développement) ont été effectuées au cours des dernières années. Conformément aux objectifs prioritaires du gouvernement, le deuxième programme de coopération UNFPA/Djibouti avait pour but de contribuer au renforcement de la base des données nationales et à l'amélioration de la production des indicateurs nécessaires à la réalisation des objectifs de la Conférence Internationale sur la population et le développement (dite Conférence du Caire de 1985) et des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Une des activités du Projet DJI2P204 (2005-2007) était d'aboutir, comme dans d'autres pays, à un ouvrage de synthèse sur des enjeux nationaux de population et développement à Djibouti. Des recherches présentées dans deux chapitres de ce livre ont d'autre part bénéficié d'appuis de partenaires au développement bilatéral (Coopération française) et multilatéral (Unicef). Ce livre est exemplaire à plus d'un titre. Sur le fond, il est une contribution à la réalisation du suivi de la Stratégie de Lutte contre la Pauvreté, des Objectifs du Millénaire pour le Développement ainsi que des stratégies sectorielles nationales. Plus précisément, il répond à un constat, celui de la « faiblesse générale de l'offre statistique ». Certes Djibouti a réalisé deux grandes enquêtes, EDAM/IS2 et EDSF, Enquête Djiboutienne sur la Santé et la Famille (dite PAPF AM) dont le rapport principal a été publié en 2004. Mais pour concrètement renforcer le système de suivi des programmes de population et plus généralement la politique multi-sectorielle de population, et afin de répondre aux problèmes les plus cruciaux qui se posent en matière de population, encore fallait-il se doter de travaux de recherche d'un

niveau scientifique incontestable. Les thèmes des chapitres en témoignent: la nuptialité, l'évolution des prévalences des mutilations génitales féminines, l'activité économique des femmes, la sédentarisation des nomades, les dynamiques régionales dans la montagne Afar, la qualité des logements, l'utilisation actuelle de la contraception, la perte de grossesse, les effectifs de l'enseignement supérieur à Djibouti, l'accompagnement social des personnes vivant avec le VIR-SIDA. En matière de genre, ce livre contribue à l'amélioration des connaissances en violence fondée sur le genre en apportant des données socio-démographiques originales et des analyses qualitatives socio-anthropologiques sur les mutilations génitales féminines. Il contribue ainsi à la promotion de l'égalité de genre et au plaidoyer pour le renforcement des droits des femmes et la promotion de la lutte contre la violence fondée sur le genre. Une orientation fondamentale a en effet été prise dès le début du projet. Consacrer un livre à La population de Djibouti impliquait certes que la démographie fût au coeur de l'ouvrage, mais celle-ci devait s'ouvrir aux autres sciences humaines, en particulier le droit, la géographie, la sociologie, l'anthropologie. Il apparaît en effet qu'un des moyens de contribuer de manière significative à l'approfondissement des relations entre la population et le développement est de diversifier les méthodologies et les approches disciplinaires. De même, il importait de combler le fossé entre recherche dite pure et recherche dite appliquée. D'un autre point de vue, il concrétise une collaboration scientifique entre plusieurs structures nationales. L'une d'entre elles, la Direction de la statistique et des études démographiques, est au premier chef une productrice de données nationales, mais d'autres produisent des statistiques dites de routine, qui offrent des données jusque-là presque totalement inexploitées. C'est le cas du Projet de la Santé de la reproduction, du Ministère de l'Éducation nationale, du Secrétariat exécutif du Comité Interministériel de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme (CILSTP). Enfin, il faut faire une place à part à l'Université de Djibouti, qui a une double vocation de formation et de recherche. Et à travers ces structures c'est une collaboration en matière de recherche appliquée qui s'est instaurée entre plusieurs grands ministères: Ministère de l'Éducation nationale, de la Santé, de 6

l'Économie, des Finances et de la Planification, de la Promotion de la Femme. Cette collaboration se renforce d'un partenariat international avec Populations et Interdisciplinarité, laboratoire de recherche universitaire français en démographie de réputation internationale et qui a une grande expérience du renforcement des ressources humaines par la réalisation de projets combinant, des activités de valorisation des données existantes, des activités de formation à la recherche par la recherche, des activités de diffusion des travaux de recherche. Ce livre avait enfin un objectif de formation à la recherche par la recherche. Plusieurs chapitres ont ainsi permis à des cadres nationaux de la DISED de valoriser les données existantes sur un thème de recherche précis, opportunité qui leur est rarement offerte. D'autre part, il a donné l'occasion à de jeunes chercheurs et maîtres de conférences de valoriser des thèses ou des travaux réalisés antérieurement. Il nous reste à féliciter les auteurs et les coordonnateurs du projet pour avoir mené à terme ce bel exemple de collaboration scientifique internationale.

Yves CHARBIT Directeur de l'UMR CEPED

AÏcha Ibrahim DJAMA Représentante de l' UNFP A

Fahmi Ahmed MOHAMED Président de l'Université de Djibouti

7

CHAPITRE

1

LA NUPTIALITÉ À DJIBOUTI

Sekou Tidiani KONATE Statisticien Direction des Statistiques et des Études Démographiques

Résumé
Les données issues de l'enquête PAPFAM 2002-2003, première à intégrer les variables portant sur la nuptialité, ont servi de fondement à la rédaction de ce chapitre. Il montre que la nuptialité est caractérisée par l'ajournement progressif de l'âge au premier mariage des femmes et des hommes. Ce recul du calendrier d'entrée en première union est surtout marqué chez les femmes avec près de quatre ans d'écart entre deux générations de quinze ans de différences d'âge. Cette particularité de la nuptialité de Djibouti par rapport aux tendances observées dans les pays voisins, s'explique en partie par l'amélioration de la scolarisation des filles d'une part, mais aussi de la spécificité de la répartition de la population djiboutienne. La presque totalité (près de 80 %) de la population vit en milieu urbain, lequel est nettement plus couvert par le programme de planification familiale. De plus les mariages entre cousins, les unions polygames et les ruptures des premiers mariages en dehors du décès d'un des conjoints sont importants dans les régimes matrimoniaux à Djibouti.

CHAPITRE 1 Dans les prochaines années, il sera intéressant d'évaluer l'impact des mutations économiques en cours sur les régimes matrimoniaux à Djibouti.

Introduction
Jusqu'à la réalisation de l'Enquête Djiboutienne de Santé de la Famille - EDSF/PAPFAM1 en 2002-2003, il n'existait pas à Djibouti de données socio démographiques fiables couvrant l'ensemble du pays permettant d'appréhender à travers une étude analytique les traits caractéristiques des comportements nuptiaux. C'est pourquoi il a été jugé utile de mener une étude sur la nuptialité à Djibouti à partir de la base des données de l'EDSF dont les résultats font l'objet de ce chapitre. Il est cependant important de souligner, dès à présent, que la nature de cette enquête ne nous permet pas de disposer des données relatives à toutes les variables clef d'une étude de nuptialité. En effet, l'enquête EDSF était plus destinée à appréhender la situation des femmes et des enfants que de fournir des informations détaillées pour l'ensemble des membres des ménages. De ce fait on se retrouve avec peu d'informations sur les hommes dans la base de données, ce qui se traduit ici par des analyses avant tout centrées sur les femmes. Par ailleurs, l'absence de données rétrospectives ne permet pas d'envisager ici une étude comparative plus fine destinée à cerner tous les aspects de changements intervenus dans les comportements nuptiaux d'une génération à l'autre. Néanmoins, des comparaisons de groupes de générations sont possibles avec toutes les limites inhérentes à l'utilisation de cette méthodologie pour évaluer des évolutions. Malgré ces limites, cette étude permet de dégager caractéristiques actuelles des régimes de nuptialité à Djibouti. les

Au fil du chapitre, on s'est attaché à expliquer les tendances observées dans les comportements nuptiaux sur la base des données et
1

EDSF : Enquête Djiboutienne sur la Santé de la Famille.

PAPF AM : le Programme Arabe sur la Santé de la Famille est un projet régional piloté par la Ligue des États Arabes et dont le siège est au Caire en Égypte. 10

LA NUPTIALITÉ À DJIBOUTI aussi, à partir d'informations à caractère sociologique se fondant sur des faits et pratiques en cours au sein de la société. Ainsi, à travers des résultats obtenus des croisements de variables, des hypothèses sur certains facteurs considérés à priori comme déterminants dans les comportements nuptiaux et leur évolution ont été formulées et vérifiées. Au nombre de ces facteurs il y a l'éducation, surtout celle de la fille, l'environnement social, culturel et économique, données disponibles dans l'enquête EDSF/PAPFAM. Djibouti est un pays d'immigration privilégiée dans la sous région et on y dénombre une forte proportion de la population d'origine étrangère composée de Yéménites, d'Éthiopiens, de Somaliens et d'autres nationalités africaines. Il serait intéressant d'étudier l'influence du brassage culturel sur la nuptialité. Malheureusement les données de nationalités sont absentes dans l'enquête ce qui ne permet pas d'aborder cet aspect.

1. Tendances de l'âge au mariage
1.1 L'âge des femmes au mariage En comparant l' â¥e moyen au premier mariage calculé à partir de l'enquête EDAM-IS de 1996 à celui issu de l'EDSF de 2002, on observe une stabilité de cet âge autour de 21 ans. L'analyse des tendances selon le milieu de résidence et le niveau de scolarisation montre d'intéressantes disparités. En effet, les différences entre les âges moyens au premier mariage en milieu urbain (21,1 ans dans la ville de Djibouti et 20,3 ans dans le reste de milieu urbain), en milieu rural (19,7 ans) et en milieu nomade (20,8 ans) ne sont pas aussi marquées que celles observées par niveau de scolarisation: 19,9 ans pour le primaire, 21,1 ans pour le secondaire et 23,8 ans pour le supérieur. De ce constat on peut déduire que l'âge au premier mariage des femmes recule avec le niveau de scolarisation, tandis que l'influence du milieu de résidence sur l'ajournement de la primo-nuptialité n'est que modeste.

2

EDAM-IS: Enquête Djiboutienne Auprès des Ménages à Indicateurs Sociaux. Deux enquêtes EDAM ont déjà été réalisées, une en 1996 et l'autre en 2002. Il

CHAPITRE 1 Il convient de souligner que, de part la nature de son calcul, l'âge moyen au premier mariage ne permet pas d'appréhender les changements de comportement nuptiaux liés aux effets de générations. De plus, la période de comparaison entre 1996 et 2002 étant ici courte, il est tout à fait compréhensible que cet âge moyen reste stable, les changements de comportements d'ensemble étant des phénomènes sociaux très lents dans leur évolution. Pour cette raison, d'autres indicateurs tels que l'âge médian au premier mariage seront utilisés par la suite.

Un autre moyen de mesurer des évolutions est de comparer des indicateurs portant sur des générations différentes de femmes. Ainsi, le tableau ci-dessous fait ressortir que l'âge médian au premier mariage est passé de 21,8 ans à 23,6 ans entre les générations de femmes de 45 à 49 ans et celles de 30 à 34 ans. Cela dénote un recul du calendrier d'entrée en union des femmes.
Comme la proportion des femmes non mariées avant l'âge de 30 ans est importante, on s'est proposé de commencer l'analyse des comportements nuptiaux seulement au-delà de cet âge.

TABLEAU

1 : ÂGE MÉDIAN AU PREMIER MARIAGE DES FEMMES ÂGÉES DE 30 À 49 ANS, SELON L'ÂGE ACTUEL EN FONCTION DU MILIEU DE RÉSIDENCE.

Milieu de résidence Urbain

30 à 34 ans 24,8

Groupe de générations 35 à 39 40 à 44 ans ans 23,4 22,1

45 à 49 ans 21,7

Le recul de l'âge médian au premier mariage des femmes est cependant un phénomène essentiellement urbain: l'âge médian au premier mariage varie très peu en milieu rural et nomade alors qu'il augmente régulièrement d'un groupe de générations à un autre en milieu urbain, passant ainsi de près de 22 à 25 ans pour les femmes de 30 à 34 ans alors même que l'amplitude d'âges auxquels le premier mariage a pu se réaliser est plus réduit que pour les femmes de 45 à 49 ans. 12

LA NUPTIALITÉ À DJIBOUTI Deux constats s'établissent à partir des résultats du tableau 2 qui met en rapport l'âge médian au premier mariage et le niveau d'instruction: Constat 1 : l'âge au premier mariage augmente d'une génération à l'autre quel que soit le niveau d'instruction; Constat 2: comme cela a été déjà remarqué avec l'âge moyen au premier mariage, le recul du calendrier d'entrée en union des femmes est aussi lié au niveau de scolarisation féminine. En effet l'âge médian s'élève progressivement, et même rapidement à partir du niveau secondaire, au sein de la génération des 30-34 ans, génération à partir de laquelle un accent particulier a été mis sur la scolarisation des filles. Le taux de scolarisation féminin a fortement augmenté 1977, date de l'indépendance du pays3. Le temps passé partir du secondaire fait généralement repousser l'âge du la jeune fille et la relation entre l'augmentation de l'âge mariage et la scolarisation féminine s'établit de facto. à partir de à l'école à mariage de au premier

TABLEAU 2 : ÂGE MÉDIAN AU PREMIER MARIAGE DES FEMMES ÂGÉES DE 30 À 49 ANS, SELON L'ÂGE ACTUEL ET LE NIVEAU D'INSTRUCTION.

Niveau d'instruction Analphabète Primaire Secondaire

.

30 à 34 ans 23,1

24,5
27,4

Groupe de générations 35 à 39 40 à 44 ans ans 22,8 22,1 22,0 20,9 27,7 23,9

45 à 49 ans 22,0 21,0 19,0

* Les intégrées à ce groupe.

Un autre instrument utilisé pour appréhender l'âge au mariage est la moyenne des années de célibat (SMAM - Singulate Mean Age at first Marriage) calculée pour ceux ou celles qui se marient avant l'âge
3 Selon les chiffres du Ministère de l'Éducation nationale. 13

CHAPITRE 1 de 50 ans en tenant compte du pourcentage de célibataires dans chaque groupe quinquennal d'âge. Il est à noter que de part son mode de calcul, la moyenne des années de célibat tient plus compte de l'effet de structure d'âge que l'âge moyen au premier mariage directement calculé. Cette moyenne sera appelée dans la suite du document « durée moyenne de célibat ». Les résultats obtenus par ce calcul confirment les tendances déjà observées avec l'âge moyen et l'âge médian au premier mariage comme on peut le constater à travers les résultats présentés sur les graphiques I et 2 : - calendrier d'entrée en union plus tardif en milieu urbain qu'en milieu rural et nomade; - retard progressif du calendrier d'entrée en union en fonction du niveau de scolarisation.
GRAPHIQUE 1 : DURÉE MOYENNE DE CÉLIBAT DES FEMMES SELON LE NIVEAU D'INSTRUCTION.

34

33,2

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22
Analphabète

Primaire

Secondaire

Supèrieur

Ensemble

Niveau d'instruction

14

LA NUPTIAL/TÉ À DJIBOUTI

GRAPHIQUE

2: DURÉE MOYENNE DE CÉLIBAT DES FEMMES SELON LE MILIEU DE RÉSIDENCE.

34

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26

24

22 Urbain
Rural et Nomade Lieu de résidence Ensemble

Outre la poursuite d'études qui retarde l'entrée en union, en atteignant un certain niveau d'instruction, les femmes et les hommes peuvent devenir exigeants sur l'idéal d'homme ou de femme à épouser. Cela devient un problème de fond si le champ d'investigation se réduit à un groupe spécifique donné dans lequell'aspirant(e) a du mal à trouver son idéal. Cette hypothèse est avancée ici en raison de la fréquence des mariages consanguins dans les régimes nuptiaux djiboutiens. Ces types de mariages seront analysés dans la troisième partie. Un autre indicateur permet de mesurer l'évolution de l'âge des femmes au mariage. On ne compare plus des groupes de générations différentes mais l'âge moyen des mariées selon l'année de célébration du mariage. Les calculs n'ont porté que sur les femmes de l'enquête ayant eu un unique mariage car il n'est pas possible, dans la base de données, de savoir avec certitude si la date de mariage indiquée 15

CHAPITRE

1

concerne le premier ou un autre mariage pour les femmes en ayant connu plusieurs. Un biais de recrutement est possible pour les cinq années les plus récentes car le champ des femmes enquêtées ne concerne que celles ayant plus de 15 ans et les éventuelles adolescentes mariées avant cet âge durant ces années les plus récentes ne font pas partie de l'échantillon étudié mais ce biais est faible. En effet, parmi les femmes de 20 à 24 ans mariées entre 1992 et 1996, seulement 3 % l'ont été avant l'âge de 15 ans.
TABLEAU 3 : ÂGE MOYEN ET ÂGE MÉDIAN AU PREMIER MARIAGE SELON L'ANNÉE DE CÉLÉBRATION DU MARIAGE. Année du manage 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 Âge moyen au manage 17,6 18,3 17,9 19,0 19,4 18,8 19,7 19,8 19,6 20,9 20,1 21,0 20,1 21,1 22,0 21,6 22,3 22,4 22,3 23,0 21,6 21,6 21,8 22,4 22,8 22,6 22,9 Écarttype 3,0 3,0 3,3 3,0 2,9 3,7 3,0 3,7 3,9 4,0 4,5 4,8 4,5 4,8 4,5 4,7 4,8 5,2 5,3 5,0 4,2 4,2 4,3 4,9 4,6 4,8 4,6 Âge médian au manage 17,2 18,0 16,9 18,1 18,5 18,0 18,9 18,6 18,9 20,2 20,0 20,0 19,1 20,6 21,3 20,7 21,2 20,7 20,8 21,7 20,4 20,1 20,2 21,0 21,8 21,9 21,6 Nombre de premiers mariages 30 38 41 41 38 57 44 57 78 55 62 80 79 69 81 114 71 109 102 152 116 94 103 117 148 126 106

16

LA NUPTIALITÉ À DJIBOUTI Malgré la faiblesse de certains effectifs, les tests statistiques (tests de Student) sont très significatifs. Les mariées de 2001 ont 5 ans de plus que celles de 1977. L'évolution a donc été très rapide. De plus, on constate que la concentration autour de l'âge moyen est plus forte aujourd'hui qu'elle ne l'était entre 1985 et 1995.

GRAPHIQUE

3 : ÂGE MOYEN AU PREMIER MARIAGE SELON L'ANNÉE DE CONFIANCE

DU MARIAGE (INTERVALLES

a = 0,05).

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24

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1985
Année du m..'age

1990

1985

2000

On peut également remarquer sur le graphique des phénomènes conjoncturels et une forte sensibilité de l'influence des événements politiques comme notamment l'accord de 1994 signé entre le F.R.U.D.4 et le gouvernement djiboutien. L'année 1994 est marquée par une très forte augmentation du nombre de premiers mariages (vraisemblablement un rattrapage des mariages retardés par la situation politique antérieure). En 1995, l'âge moyen chute brutalement pour retrouver le niveau enregistré juste avant que la guerre civile n'éclate.

4

De 1991 à 1994 une guerre oppose le Front pour la Restauration de l'Unité et de la Démocratie (FRUD) et le pouvoir en place.

17

CHAPITRE 1

GRAPHIQUE

4 : PROPORTION

DE FILLES DE MOINS DE 18 ANS DU PREMIER MARIAGE.

PARMI LES MARIÉES SELON L'ANNÉE

70

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50

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20

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10

o 1975
1~ 1985 1990 1995 2000 Année du mariage

On constate aussi une très forte diminution des mariages précoces d'adolescentes et de jeunes femmes. Les filles de moins de 15 ans formaient 12,2 % de l'ensemble de mariées dont l'union est intervenue entre 1975 et 1979; 6,6 % entre 1985 et 1989 et 2,8 % entre 1995 et 1999. Le recul est encore plus sensible pour les filles et jeunes femmes de moins de 18 ans. 1.2 L'âge des hommes au mariage

Comme pour les femmes l'âge moyen au premier mariage des hommes n'a pas varié entre 1996 et 2002: il est stable à 29 ans.
À défaut de pouvoir calculer l'âge médian des hommes au premier mariage à partir des données de la base de l'EDSF pour les raisons évoquées dans l'introduction, on s'intéressera au nombre moyen des années de célibat (SMAM). 18

LA NUPTIALITÉ À DJIBOUTI Les graphiques 5 et 6 ci-après pennettent d'établir deux faits: Fait 1: le niveau d'instruction n'est pas un facteur détenninant de la nuptialité chez les hommes. En effet les différences selon le niveau d'instruction ne sont pas significatives. Quel que soit le niveau d'instruction les hommes se marient autour de 31 ans, un âge bien avancé par rapport aux femmes; Fait 2: comme chez les femmes, on se marie plus tard en ville qu'en milieu rural et nomade (différences statistiquement significatives).

GRAPI-llQUE

5 : DURÉE MOYENNE DE CÉLIBAT DES HOMMES SELON LE NIVEAU D'INSTRUCTION.

34

32
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19

CHAPITRE]

GRAPHIQUE

6 : DURÉE MOYENNE DE CÉLIBAT DES HOMMES SELON LE MILIEU DE RÉSIDENCE.

34

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24

22 Urbain Rural et Nomade Lieu de résidence Ensemble

L'âge relativement avancé des hommes au mariage peut relever d'un problème lié à la situation économique. En effet, le coût élevé de la vie et le taux élevé du chômage5 n'incitent certainement pas les hommes, à qui revient généralement les charges financières, à se lancer rapidement dans des mariages dont les coûts peuvent être parfois prohibitifs (voir encadré p. 24), chacun voulant faire de son mariage un événement mémorable comme « celui du voisin ou de la voisine, de l'ami(e), de l'autre... ». Comme le disent parfois certaines femmes du pays, « on juge de la valeur d'une femme aux dépenses de son mariage ». À ces dépenses du mariage il faut ajouter les dépenses non moindres de l'installation et de l'équipement du nouveau ménage.
5 D'après le rapport de l'enquête EDAM-IS2 (2002), les taux de chômage des hommes et des femmes étaient respectivement de 54,5 % et de 68,5 % en milieu sédentaire.

20

LA NUPTIAL/TÉ À DJIBOUTI Là encore chacun et surtout chacune voudrait avoir la plus belle maison et les plus beaux meubles pour montrer qu'on s'est « bien marié». Le coût du mariage en milieu urbain est tel qu'il n'est pas rare de voir certains couples s'endetter pour leur mariage. Les mêmes raisons peuvent servir à expliquer: - la disparité entre les âges au premier mariage en ville et en milieu urbain et rural, la vie citadine incitant plus à la dépense lors des célébrations des mariages et demandant plus d'investissement dans le logement lors de l'installation des nouveaux mariés; -le recul progressif de l'âge au premier mariage des femmes. Les filles plus instruites et/ou vivant en ville peuvent devenir plus exigeantes sur la qualité de la célébration de leur mariage ce qui peut représenter plus de dépenses en perspective auxquelles le futur mari devra faire face. 1.3 Comparaison entre les âges au premier mariage des femmes et des hommes Comparativement à celui des femmes, le nombre moyen d'années de célibat des hommes montre que ces derniers connaissent en général une entrée tardive en union par rapport aux femmes. En illustrant ce fait sur le graphique 7, on constate qu'à 20 ans, près de 44 % des femmes ont contracté un premier mariage contre 8 % seulement des hommes, et qu'à 30 ans ces pourcentages sont respectivement de 81 % et 34 %. Ces chiffres peuvent exprimer à eux seuls un certain nombre de phénomènes sociaux: - la précocité des filles au mariage par rapport aux garçons. Cela entraîne parfois un écart d'âge important entre les époux qui peut être à l'origine de conflits rendant difficile la communication au sein du couple; - comme cela a été déjà évoqué, les hommes doivent d'abord s'assurer une certaine position économique leur permettant de faire face aux dépenses du mariage et du ménage. Ce qui peut prendre du temps surtout si l'intéressé est au chômage ou veut faire un « mariage de rêve ». Rappelons que dans la société djiboutienne ce sont les hommes qui « marient» les femmes. Ainsi si une femme, 21

CHAPITRE 1 quelle que soit sa situation financière ou sa position sociale peut se marier, il en va autrement pour l'homme.

GRAPHIQUE D'HOMMES

7: COURBES

CUMULATIVES

DES POURCENTAGES D'ENTRÉE

ET DE FEMMES SELON LE CALENDRIER

EN UNION (GÉNÉRATIONS
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NÉES AVANT 1967).

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Une comparaison plus poussée entre les âges au premier mariage permet d'aboutir à un autre constat, très instructif. C'est celui de l'influence déterminante de la scolarisation des filles et les faits comportementaux sous-jacents dans le processus de recul progressif de l'âge au premier mariage chez les femmes. En effet le tableau 4 et le graphique 8 permettent, par rapport au niveau d'instruction, d'introduire des nuances dans l'analyse ci-dessus de la comparaison globale des âges au premier mariage des femmes et des hommes: -l'âge au premier mariage des femmes analphabètes et des femmes de niveau primaire est très bas par rapport à celui des hommes de même niveau d'éducation;

22

LA NUPTIALITÉ À DJIBOUTI -l'âge au premier mariage des femmes de niveau secondaire est le même que celui des hommes de même niveau d'éducation;
-

l'âge au premier mariage des femmes de niveau supérieur est
de même niveau d'éducation.

plus élevé que celui des hommes
TABLEAU 4 : DIFFÉRENCES

DES DURÉES MOYENNES DE CÉLIBAT

DES FEMMES ET DES HOMMES SELON LE NIVEAU D'ÉDUCATION.

Niveau d'éducation Âge au mariage Femmes Hommes Analphabète 26,8 31,1 Primaire 28,5 30,6 Secondaire 31,0 31,2 Supérieur 33,2 31,4 Ensemble 28,0 30,7

GRAPHIQUE

8: DIFFÉRENCES

DES DURÉES MOYENNES DE CÉLIBAT

DES FEMMES ET DES HOMMES.

34.

32

24

22
Analphabète

Primaire

Secondaire

Supérieur

Niveau d'instruction

Les coûts du mariage en ville6 à Djibouti.
6 Près de 80 % de la population totale est urbaine.

23

CHAPITRE 1 Les montants mentionnés dans ce texte sont donnés à titre indicatif, les dépenses de mariage dépendant plus de la conception du mariage et des possibilités financières desjùturs époux et de leursfamilles. Après que les futurs mariés aient porté à la connaissance de leurs familles respectives leur intention de se marier, une rencontre entre les parents seulement est organisée chez la future mariée. Au cours de cette réunion, les parents du futur marié apportent un sac de khat d'une valeur de 7 500 à 14000 FDJ (1 US$ = 175 FDJ) selon la qualité désirée et payent les frais de boissons. À cette occasion les deux familles font plus amples connaissances, confirment la décision du mariage et fixent la date des fiançailles. Lesfiançailles ou la célébration du mariage par Al Ma 'doum AIChar-i. 7 Pour les fiançailles, qui ont lieu généralement la nuit, le futur fiancé doit payer des habits neufs, des cadeaux pour la future fiancée et faire face à toutes les dépenses de l'organisation de la cérémonie (les petits pots de bonbons bien embalIés dans des dentelles, les boissons, les parfums...). Ces frais et dépenses peuvent alIer de 40 000 FDJ à des montants beaucoup plus importants. Lors de la cérémonie même des fiançailles à laquelIe sont conviés tous les membres des deux familles, leurs amis et un Ma 'doum, le fiancé et sa famille paient ou apportent à la fiancée et à sa famille: - une dot en espèce d'un montant dont le montant dépend des possibilités du fiancé et de sa famille. Certaine des personnes interrogées ont avancé le chiffre de 60 000 FDJ minimum;
-

une dot en nature composée de khat d'une valeur de 15000 à 39000 FDJ, de tabac et des habits pour le père de la mariée.

Après la remise des dots, le Ma 'doum, dont l'entretien est à la charge de la famille du fiancé, célèbre le mariage. Ensuite les pots de bonbons et d'autres friandises sont distribués aux invités dans la joie et l'allégresse. Les représentants des deux familles se concertent par la suite sur le montant du Mahr, une somme que doit verser le marié à sa femme. Selon le nouveau Code de la Famille de 2002, « Le Mahr peut être constitué par tout bien licite évaluable en argent. Il constitue pour l'épouse un bien dont elle dispose à son gré ». Bien qu'aucun montant ne soit donné dans le Code de la Famille, les personnes interrogées ont laissé entendre qu'en ville il est de coutume de donner de l'argent dont le montant est dans la plupart des cas de 600 000 FDJ. Avec l'intervention du Ma 'doum (qui délivrera un acte de mariage par la
7 Le représentant de la Charia (loi islamique).

24

LA NUPTIAL/TÉ À DJIBOUTI
suite), on est en droit de dire qu'en fait de fiançailles, il s'agit plutôt de mariage religieux ou de mariage tout court, le mariage civil à l'occidentale n'étant pas obligatoire pour la population djiboutienne. Dans la conscience collective, le mariage est assimilé à ses festivités qui ont lieu bien après la cérémonie des fiançailles. Le mariage ou les festivités du mariage. Avant d'organiser les festivités du mariage, le nouveau marié se fait généralement le devoir de trouver un bon logement pour le nouveau ménage. Ce logement, qui est dans la plupart des cas loué, doit être bien aménagé, meublé et équipé. Dans le cas de mariages moyens les dépenses de l'ameublement et l'équipement du logement peuvent aller au-delà de 1 000 000 FDJ selon la provenance des meubles et des équipements: Dubaï, Yémen, Arabie Saoudite ou marché local. Une fois le logement prêt, on pense à organiser les festivités du mariage. Elles sont aussi l'occasion de grosses dépenses pour:

-les toilettes et habillements des mariés; - l'organisation de la grande soirée du mariage; -l'azouma ou le repas du déjeuner du lendemain du mariage qui rassemble tous ceux qui ont pris part au mariage, s'ils le veulent. Après un rapide calcul, les dépenses d'un mariage moyen, des fiançailles aux festivités du mariage en passant par le logement peuvent facilement atteindre I 500000 FDJ, celles d'un mariage « mémorable» pouvant dépasser 3 000 000 FDJ. Sachant que le SMIG (Salaire Minimum Garanti) est de 17 500 FDJ, que le salaire moyen est d'environ 55000 FDJ et que le chômage est bien une réalité, on comprend que les hommes qui doivent socialement supporter les dépenses du mariage ne se précipitent pas à se marier sauf en cas de grossesse prématurée. En effet, si au cours des flirts, la fille tombe enceinte avant le mariage, la pression sociale impose qu'elle soit impérativement mariée par l'auteur de la grossesse avant la naissance du bébé, l'avortement étant légalement et cuIturellement interdit dans le pays. Dans de tels mariages précipités les dépenses sont généralement moindres.

25

CHAPITRE 1

1.4 Écart d'âges entre les époux au premier mariage
L'écart moyen entre les âges au mariage des hommes et des femmes est important à Djibouti: il est de 7,6 ans. Plus d'une femme mariée sur trois a plus de 10ans de moins que son mari (voir tableau 5). Ceci confirme l'hypothèse soulevée de la précocité des femmes en matière de mariage par rapport aux hommes et l'entrée en union tardive de ceux-ci.

TABLEAU

5 : RÉPARTITION

EN POURCENTAGE

DES FEMMES MARIÉES

SELON LA DIFFÉRENCE

D'ÂGE AVEC LE MARI AU PREMIER MARIAGE

PAR TRANCHE D'ÂGES QUINQUENNAUX.

Groupe
d'âge
des femmes
~~15 à 19 ans

~~='" '" .... = <=œ SI() ,œ .. V "CI

....~'œ '" <== Sœ
..I()

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..... ,œ",

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"CI

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Eo-<

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<=

... ~"'..... t:~ ~'I:S œ"CI y 115..., <:::>15\::!. ,~

.. ~15<:>. <= (~ 8

20 à24 ans 25 à29 ans 30à 34ans 35à 39ans 40 à 44ans 45 à 49ans

2,6 3,9 4,6 3,4

23,4 26,9 33,3 26,8 3S,9 30,7

40,0 41,S 32,7 28,2 32,1 26,2

36,6 31,6 31,2 40,8 26,7 38,2

100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0

Nota bene: les femmesn'ayant pas déclarél'âge de leur mari au premiermariagene
sont pas prises en compte.

Il est à remarquer qu'un écart d'âge important entre conjoints est peut-être un facteur d'instabilité du ménage. Il serait intéressant de vérifier cette hypothèse en mettant en rapport les causes de divorces à Djibouti et la différence d'âge entre les époux. Malheureusement les données statistiques sur les mariages et les divorces ne sont pas encore disponibles sous une forme exploitable à la Charia (administration légale des lois islamiques habilitée à célébrer ou à dissoudre les mariages à Djibouti) où ils sont enregistrés.

26

LA NUPTIAL/TÉ À DJIBOUTI

1.5 Comparaison de l'âge au premier mariage de Djibouti et des pays de la sous-région
Ce paragraphe vise à comparer l'âge au premier mariage à Djibouti et dans les pays voisins de la sous-région, notamment le Yémen, l'Éthiopie et l' Érythrée8, dont une forte communauté vit à Djibouti depuis longtemps. Signalons que l'échantillon de l'EDSFIPAPFAM a couvert les ménages de ces communautés étrangères mais sans les différencier des ménages djiboutiens. La comparaison des âges médians au premier mariage des femmes9 avec les pays voisins montre l'originalité de la situation à Djibouti. On observe que quel que soit le groupe de générations, l'âge médian au premier mariage des femmes est nettement plus élevé à Djibouti que dans les pays voisins à partir de 25 ans (tableau 6).

TABLEAU

6 : ÂGE MÉDIAN AU PREMIER MARIAGE À DJIBOUTI DANS CERTAINS PAYS DE LA sOUS-RÉGION.

ET

Pays Djibouti
(PAPFAM

20-24 ans

Groupes d'âges des femmes mariées 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble ans ans ans ans ans 20,2 18,4 17,2 16,6 16,6 17,9 23,6 17,8 15,8 16,2 16,0 16,4 23,0 18,6 15,8 16,0 15,9 15,8 22,1 18,3 15,7 15,8 15,8 15,8 21,8 17,5 15,7 15,8 15,7 15,6 20,9 18,2 16,4 16,5 16,5

- 2002)

17,9 18,3 18,1 18,1 18,2

Érythrée
(DHS - 2002)

Éthiopie
(DHS - 2000)

Éthiopie (DHS-2005) Yémen (DHS- 1997) Yémen
(PAPFAM

- 2003) Sources: Demographic and Health Surveys.

-

-

8 9

Des données fiables sur la Somalie ne sont pas disponibles.

Les âges médians des hommes au premier mariage ne sont pas disponibles. Toutefois il faut noter que l'âge des hommes au premier mariage en Éthiopie est de 23,3 ans et de près de 25 ans au Yémen alors qu'il est de 29 ans à Djibouti (données PAPF AM et DHS).

27

CHAPITRE 1 Les écarts significatifs de 5,5 à 7,8 ans selon les groupes d'âges et par pays (tableau 6) entre les âges médians au premier mariage des femmes à Djibouti et dans les pays voisins peuvent être le reflet de la répartition géographique des populations de ces pays. En effet, contrairement à ses voisins, dont les populations sont fortement rurales (77 % au Yémen, 84 % en Éthiopie et 80,6 % en Érythrée)lO, la population djiboutienne est majoritairement urbaine: près de 80 % de la population vit dans les principales villes du pays. Notons d'autre
Rart

que les différences régionales sont particulièrement fortes en

Éthiopie: l'âge médian au premier mariage chez les femmes de 25 à 49 ans est de 14,4 ans dans la région Amhara et de 19,4 ans dans la région de Dire Dawa limitrophe de la République de Djibouti. Aucunes données fiables ne sont par ailleurs disponibles pour la Somalie, les résultats de l'enquête MICS 3 de 2006 n'étant pas encore accessibles.

2. Stabilité des mariages
2.1 Rupture du premier mariage
Le célibat prolongé ne touchant que 2,4 % des hommes et 2,9 % des femmes de la tranche d'âge de 45 à 49 ans, il apparaît que l'intensité du mariage est un trait dominant de la nuptialité à Djibouti. Cependant le taux de dissolution des premiers mariages se maintient tout de même à un niveau non négligeable de 12 %ll. En d'autres termes, près d'un couple sur dix se disloque avant le décès d'un des conjoints. L'analyse des taux de rupture par groupes d'âges, montre une augmentation progressive quasi-linéaire selon le groupe d'âges (voir graphique 9). Cela laisse supposer une augmentation des taux de divorce selon la durée du mariage mais les fréquences en fonction de la durée du mariage ne sont pas possibles à calculer. Il serait

Source: Rapport PAPFAM 2001-2002 du Yémen et UNSTATS-UN pour l'Éthiopie et l'Érythrée. 11 Le taux moyen dans les pays en développement est de 12 % selon le Rapport mondial sur lafécondité de 2003.

10

28

LA NUPTIAL/TÉ À DJIBOUTI intéressant de faire des recherches qualitatives pour déterminer les causes de ce phénomène.

GRAPHIQUE

9 : POURCENTAGE

DE FEMMES DE 15 À 49 ANS

DIVORCÉES DE LEUR PREMIER MARIAGE.

25
21,9

!j20

:I
'6

-----------------------------------------

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--

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5 3,3

o
15-19 ans 20-24 ans 25-29 ans 30-34 ans Groupes d'âges 35-39 ans 40-44 ans 45-49 ans

Par ailleurs, on note (tableau 7) que le taux de rupture est plus élevé en ville par rapport au milieu rural ou chez les nomades. Mais les différences sont assez faibles même si les différences de taux sont statistiquement significatives (P < 0,01). La dissolution du premier mariage devient plus fréquente quand le niveau d'instruction de la femme s'élève. En étant plus instruite, la femme est plus active et acquiert plus fréquemment une autonomie financière et matérielle dans le ménage. Avec cette autonomie une femme peut être moins disposée à subir ce qu'elle peut désapprouver du comportement de son mari. Peut-on en déduire pour autant que les couples vivant en ville ou ayant en leur sein des femmes d'un niveau d'étude élevé soient plus exposés que les autres à l'instabilité du foyer et du mariage? Il est difficile de donner une réponse à cette question avec les données actuellement disponibles et sans enquête qualitative complémentaire.

29

CHAPITRE 1
TABLEAU 7 : POURCENTAGES DE FEMMES QUI ONT DIVORCÉ DE LEUR PREMIER MARIAGE ET POURCENTAGES DE CELLES QUI SE SONT REMARIÉES APRÈS LEUR DIVORCE SELON LE MILIEU DE RÉSIDENCE ET LE NIVEAU D'INSTRUCTION.

Dissolution du premier mariage

Remariée après Nombre de la dissolution femmes mariées du premier (15-49 ans) maria e

Nota bene: le nombre de femmes mariées est le dénominateur du calcul du pourcentage de la dissolution du premier mariage.

En interrogeant les Ma 'doum de Charia, qui sont légalement habilités à prononcer le divorce, et certaines personnes au sein de la population, il s'avère qu'en plus des causes possibles de divorce mentionnées plus haut, d'autres causes existent: - Le chômage: dans les ménages où personne ne travaille pour subvenir aux besoins essentiels de la famille, la discorde s'installe entre les époux et peut aboutir au divorce. - Le khat: dans certains ménages à faibles et moyens revenus si les dépenses consacrées au khat par le mari ou la femme sont élevées, elles amenuisent davantage les revenus du ménage. On observe alors les mêmes effets que dans le cas du chômage. Le divorce peut aussi intervenir, dans n'importe quel milieu social, à cause des comportements fâcheux liés à la consommation de khat par les hommes.

30

LA NUPTIALITÉ À DJIBOUTI
-

mariage polygame, il peut arriver qu'un homme divorce de sa femme, de son plein gré ou sous l'influence des parents et amis, si celle-ci ne procrée pas ou n'accouche que de filles.

La tradition: comme il sera montré dans le paragraphe sur le

2.2 Remariage après la rupture du premier mariage (en l'absence de veuvage)
Au regard des résultats du tableau 7, ci-dessus, près de quatre femmes sur dix se sont remariées après la rupture de premier mariage. Selon les mêmes résultats on divorce et on se remarie plus fréquemment en ville qu'en milieu rural et nomade. Ce fait peut s'expliquer par les différences dans les modes d'organisation sociale des milieux de résidence. En passant en revue la base de sondage qui a servi au tirage de l'échantillon de l'EDSF, on se rend compte que chacune des localités rurales a moins de 200 ménages et que chaque campement nomade recensé dans le cadre de l'enquête a moins de 110 ménages. C'est dire que les localités rurales et les campements nomades comptent peu d'habitants et qu'ils sont parfois habités par des populations issues d'une même ethnie, d'une même tribu ou d'un même clan. Cette situation a pour conséquences: le resserrement des liens sociaux entre les habitants qui vivent généralement en communauté où chacun sait et se sent concerné par ce qui touche aux autres;
-

la sauvegarde des valeurs traditionnelles et culturelles;

- le mariage fréquent entre cousins germains, comme il en sera fait cas dans la troisième partie. Ces trois traits caractéristiques de la vie dans les localités rurales et dans les campements nomades concourent à diminuer certainement le taux de divorce dans ces milieux par rapport au milieu urbain en instaurant un climat propice à la communication, au dialogue et à la réconciliation entre époux. Par contre, en cas de divorce, le remariage de la femme divorcée peut être difficile si elle est fautive aux yeux des autres, chacun connaissant son histoire au sein de la communauté. Une autre cause avancée par la population pour expliquer la difficulté du remariage dans le milieu rural et nomade est le manque de prétendants potentiels, les localités rurales et les campements étant peu peuplés. 31

CHAPITRE 1 L'analyse des résultats sur le remariage selon le niveau d'instruction met en évidence deux autres éléments caractéristiques de la nuptialité à Djibouti: le fort taux de rupture de premier mariage et le faible taux de remariage des femmes de niveau d'instruction supérieur et les faibles taux de divorce et de remariage (dans les deux cas) des femmes analphabètes par rapport aux deux autres catégories de femmes de niveaux d'instruction primaire et secondaire. En ce qui concerne les femmes de niveau d'instruction supérieur, les hypothèses de liberté, d'indépendance et d'autonomisation avancées pour analyser le taux élevé de rupture de premier mariage dans ce groupe restent aussi valables pour expliquer le faible taux de leur remariage par rapport à toutes les autres catégories de femmes. Quant aux femmes analphabètes tout laisse croire qu'elles sont handicapées à deux niveaux: leur situation d'analphabétisme et le milieu de résidence pour celles qui vivent en milieu rural et nomade. Il est à noter, selon d'autres résultats de l'EDSF, que 97,5 % soit la quasi-totalité des femmes non célibataires de 15 à 49 ans du milieu rural et nomade (qui représente 28,0 % de l'ensemble des femmes de ce groupe) sont analphabètes. Or, comme il a été remarqué ci-dessus, le taux de remariage est plus faible en milieu rural et nomade. 2.3 Stabilité des mariages à Djibouti et au Y émeu

Le Yémen a réalisé les enquêtes EDSF /PAPF AM à peu près à la même période que Djibouti (2003). Globalement, le taux de rupture de premier mariage et le taux de remariage sont plus élevés au Yémen qu'à Djibouti. Ils sont respectivement de 14,1 % contre 12,1 % et de 66,0 % contre 38,5 % (voir tableaux 7 et 8). On remarque qu'il y a plus de 27 points de différence entre les taux de remariage, alors qu'il n'y a que 2 points de différence entre les taux de rupture du premier mariage des deux pays. Le remariage semble être fortement et socialement souhaité, encouragé et soutenu au Yémen. D'autre part, on peut aussi penser qu'il y a moins de pressions sociales à l'obligation du remariage à Djibouti. En comparant les résultats de façon plus détaillée, il apparaît que toutes les tendances au divorce et au remariage selon le niveau d'instruction sont inversées entre les deux pays. Il en est de même 32

LA NUPTIALITÉ À DJIBOUTI pour le remariage selon le milieu de résidence. Faut-il y voir un problème de liberté individuelle de la femme? Un problème d'ouverture de pays sur l'extérieur? Ou tout simplement une question de culture?

TABLEAU

8 : POURCENTAGES

DE FEMMES QUI ONT DIVORCÉ DE LEUR DE CELLES QUI SE SONT

PREMIER MARIAGE ET POURCENTAGES REMARIÉES

APRÈS LEUR DIVORCE SELON LE MILIEU ET LE NIVEAU

DE SCOLARISA nON AU YÉMEN (P APF AM 2003).

Nota bene: le nombre de femmes mariées est le dénominateur du calcul du pourcentage de la dissolution du premier mariage.

3. Mariage polygame et mariage consanguin
3.1 Mariage polygame
Selon les résultats de l'EDSF plus d'une femme mariée12 sur dix (11,2 %) a un mari polygame à Djibouti. Ce taux est beaucoup plus élevé que celui du Yémen où les résultats de l'enquête EDSF/PAPFAM de 2003 ont montré que seulement 6,3 % des femmes ont un mari ayant plus d'une épouse. Aujourd'hui, l'application du Code de Famille de 2002 donne la possibilité légale à toute épouse de remettre en cause, sinon d'empêcher un nouveau
12

Il s'agit des femmes mariées de 15 à 49 ans.

33

CHAPITRE 1 mariage de son mari. En effet, à l'article 22, il est écrit que « Toute épouse peut saisir le juge aux fins d'apprécier le préjudice causé par un nouveau mariage. L'acte concernant le nouveau mariage ne sera dressé qu'après: diligence par la Ma'adoun d'une enquête sur la situation socio-économique de I 'homme; consignation par le Ma 'adoun de l'avis de la ou des premières épouses. » De telles dispositions légales semblent donner raisons à ceux ou celles qui ont toujours pensé que la polygamie peut être à l'origine de sérieux problèmes socio-économiques ayant pour conséquence l'instabilité des ménages, l'accroissement des charges du ménage, la paupérisation des femmes, le manque d'affection pour et entre les enfants de mères différentes, la dislocation de la cellule familiale à la mort du mari, le problème de partage d'héritage... L'examen du tableau 9 montre que la polygamie est un fait de société dans la mesure où 6,3 % des femmes se trouvent déjà en situation d'union polygame après les quatre premières années de leur mariage. Logiquement, la proportion de femmes mariées en union polygame augmente en fonction de la durée du mariage. Notons que dans le tableau 8, les calculs concernent des générations différentes de femmes, ce qui explique la légère diminution constatée pour une durée de mariage compris entre 20 et 25 ans, par rapport aux groupes de durées inférieures et supérieures.

TABLEAU 9 : POURCENTAGES

DE FEMMES MARIÉES DE 15 À 49 ANS

EN UNION POLYGAME SELON LA DURÉE DU MARIAGE.

Durée du mariage (en années) De 0 à 4 ans De 5 à 9 ans De 10 à 14 ans De 15 à 19 ans De 20 à 24 ans 25 ans et plus
....
...........

Femmes en union polygame 6,3 9,3 12,3 15,7 14,2 15,7
11,2

Nombre defemmes mariées (15-49 ans) 596 562 487 392 262 180
2479

34

LA NUPTIAL/TÉ À DJIBOUTI
TABLEAU 10 : POURCENTAGES DE FEMMES MARIÉES ÂGÉES SELON LE MILIEU

DE 15 À 49 ANS EN UNION POLYGAME

ET LE NIVEAU D'INSTRUCTION.

Urbain Rural-Nomade Analphabète Primaire et alphabétisée Secondaire Supérieur

9,6 15,1 13,1 6,8 3,4 0,0

1782 704 1949 309 206 22

Deux hypothèses peuvent être posées en rapport avec les résultats du tableau 10 qui établissent, d'une part, que la polygamie est plus fréquente en milieu rural et nomade qu'en milieu urbain et, d'autre part, que 13 % des femmes analphabètes sont en union polygame alors qu'on ne trouve pas une seule femme de niveau d'instruction supérieure dans ce type d'union: -la polygamie est fonction d'éducation, de culture et de milieu; -la polygamie est fonction de la situation économique de la femme. En tout état de cause on peut penser qu'une femme ayant les moyens de subvenir à ses besoins ne peut être pécuniairement obligée à vivre en union polygame. Les causes de la polygamie sont multiples: - dans la tradition, un ménage doit avoir au moins un garçon soit pour perpétuer la lignée de son père, le régime de lignage étant le patriarcat dans les coutumes, soit pour défendre les honneurs de la famille en cas d'affront, soit pour prendre la relève du père dans les débats et discussions entre hommes sur le devenir de sa communauté. Selon certaines personnes, il peut arriver qu'un homme qui n'a pas de garçon ne soit pas pris au sérieux dans certains milieux. La société djiboutienne en pleine transition 35

CHAPITRE I culturelle avec l'ouverture du pays sur d'autres cultures et pratiques, reste encore marquée dans la conscience collective par ses traditions. C'est ainsi que certaines femmes mariées qui ne procréent pas ou qui ne donnent naissance qu'à des filles sont parfois contraintes à vivre des unions polygames, à moins de divorcer:
-

pour garder le bétail ou pour aider à d'autres travaux poussent certains hommes à être polygames;
-

en milieu rural et nomade, la nécessité d'avoir assez d'enfants

certains hommes seraient polygames en raison des tabous
sexuelles avec l'épouse

concernant l'interdiction des relations enceinte et juste après l'accouchement;

-la polygamie s'impose également à un homme déjà marié, si au cours de flirts hors mariage, sa partenaire tombe en état de grossesse. Comme il en a été fait cas dans l'encadré 1, «si au cours des flirts, la fille tombe enceinte avant le mariage, la société veut qu'elle soit impérativement mariée par l'auteur de la grossesse avant la naissance du bébé, l'avortement étant légalement et culturellement interdit dans le pays» ; -l'union polygame peut être un recours pour le mari en cas de mésententes fréquentes avec sa conjointe; - il arrive que des hommes se marient à plus d'une femme par recherche de plaisir, par demande de considération, par convictions religieuses ou parce qu'ils pensent avoir les moyens financiers d'avoir plusieurs épouses. Il sera intéressant dans les prochaines années de suivre avec attention l'évolution du taux de la polygamie tout en sachant que dans un contexte d'augmentation de l'âge à la première union seul le suivi de cohortes permettra de mesurer exactement ce qui est de l'ordre de l'effet de calendrier par rapport à celui d'un changement de comportements.

36