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La promesse du présent

De
228 pages
A travers trois thèmes, Diversité, Démocratie, Spiritualité, qui se croisent et s'interpellent, Gilles Guillaud s'interroge sur notre rôle de citoyen. Tous étrangers au coeur de nos diversités, nous avons chacun la responsabilité de renforcer la fraternité et l'égalité au-delà de la notion de liberté. C'est ce que Gilles Guillaud tente d'exprimer ici, à la lumière de son expérience de vie, familiale, professionnelle, associative.
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Gilles GUILLAUD
LA PROMESSE DU PRÉSENT DIVERSITÉ, DÉMOCRATIE, SPIRITUALITÉ
Préface de JeanBaptiste de Foucauld
RUE DES ÉCOLES
LA PROMESSE DU PRÉSENT
DU MÊME AUTEURDans le cadre de Procoop deux ouvrages collectifs : En 1999 :La coopération décentralisée a-t-elle un avenir ?En 2001: Education au développement et territoires En 2003: Nous serons des métis (Editions des Ecrivains) En 2005sous la direction de Gilles Guillaud (L’Harmattan) La coopération décentralisée : Trois partenariats entre le Nord et le Sud Ille et Vilaine - Région de Mopti au Mali Ville de Hanoï au Vietnam - Région Ile de France Région Champagne Ardenne - Région de l’Oriental au Maroc
Gilles GUILLAUDLA PROMESSE DU PRÉSENT DIVERSITÉ, DÉMOCRATIE, SPIRITUALITÉ L’HARMATTAN
© L’HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00570-6 EAN : 9782343005706
Préface
J’ai rencontré Gilles Guillaud grâce à l’association Démocratie et Spiritualité, dont il est vice-président après avoir exercéles fonctions 1 de secrétaire général pendant une dizaine d’années . Il y a apporté son ouverture d’esprit, sa bienveillance sans faille, et son intérêt pour tout ce qui concerne la coopération entre les acteurs. C’est lui qui a eu l’idée de la Lettre mensuelle de cette association, qui crée le lien entre tous ceux qui voient dans la fécondation entre démocratie et spiritualité, distinguées mais non séparées, unies mais non confondues, l’une des clefs, sinon la condition, pour tenir la « Promesses du présent », titre de l’ouvrage que l’on va lire. Outre un livre sur la coopération décentralisée, Gilles a publié en 2 2003 un roman, «Nous serons des métis» , où il abordait déjà cette question de la diversité, du pluralisme, qui le hante. Il poursuit ici sa démarche, en mettant en scène de manière libre et originale, à sa manière, sans formalisme, avec une réelle liberté de ton, son parcours biographique en regard des impressions et réflexions que cela lui a inspiré sur le moment ou à l’heure actuelle, avec le recul du temps. « J’ai cherché des repères », nous dit-il d’emblée, mais j’ai constaté qu’était vaine la recherche d’une cohérence universelle, «alors qu’il faudrait surtout croire à la richesse de la diversité». En prendre la mesure, l’accepter vraiment, en profondeur, la considérer comme un atout, une force et non une limite ou une contrainte, construire donc avec elle et sur elle, ce sera le propos du livre: «La diversiténous fait ressentir ce que c’est que d’être autre, la démocratie nous permet de vivre ensemble dans notre altérité, la spiritualité, quelles que soient nos croyances, nous donne la force de dépassement nécessaire». Voilà qui nous donne la ligne mélodique de la partition : comment être citoyens dans la diversité, puis dans la démocratie, puis dans la spiritualité. Autant de parties qui vont, successivement, librement, sans ordre préconçu, mêler souvenirs, observations, réflexions, compte-rendu des réunions associatives, ecclésiales, ou amicales,
1 www.democratie-spiritualite.org 2 Editions S.d.E
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selon un certain regard: celui d’un enfant âgé et étonné, tout surpris que cela soit, que cela soit ainsi, si peu rationnel en somme, et finalement si bizarrement sympathique. C’est cette vision qui va accompagner le lecteur. La première partie nous conduit de l’enfance au Maroc, pays de contraste, aimé de l’auteur, qui y retourne souvent, àMarseille, ville métisse s’il en est, où il a exercé pendant un certain temps ses activités professionnelles après avoir été candidat à la députation, puis à la France des banlieues, ensuite à la célèbreplace Tarhir du Caire, où il a tenu à se rendre, enfin au Japon pour le mariage de son fils avec Mayuka. C’est le premier parcours de diversité proposé, avec ses contrastes, ses enthousiasmes, ses difficultés. Le second est plus politique, plus axé sur le vivre ensemble, plus culturel, qu’il s’agisse de conter les heurs d’une campagne électorale, d’expérimenter la coopération décentralisée, de réfléchir sur le pouvoir, son caractère sacré, son évolution, la lecture que l’on peut en faire à la lumière des grands auteurs, comme Alexis de Tocqueville. Gilles plaide pour inverser le mode de fonctionnement de l’Etat, partir du citoyen, organiser des espaces publics de discussion, aboutir à des contrats de gouvernement entre l’Etat et les associations citoyennes. Il s’interroge sur la mutation de civilisation en cours, et sur la bonne manière de l’appréhender. Le troisième parcours de diversité est consacré à la spiritualité: « Commentretrouver un divin, un sacré qui laisse la place à l’homme ?Comment peut-on communier ensemble, dans autre chose que dans le divin ou le sacré » ? Cela alors que « Dieu ne répond pas, le silence est parole». Il s’interroge sur le contenu à donner aujourd’hui à la laïcité et fait une large part à l’islam, qu’il regarde avec une trèsgrande compréhension. Il rappelle cette affirmation libérale du Coran, dans la sourate 5 : « Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes actions ». Est-il possible, dans cette perspective, d’articuler tout cela dans un projet qui soit politique et spirituel, qui réponde aux besoins des personnes, comme le Pacte civique, que Gilles a porté avec d’autres 3 sur les fonds baptismaux, s’efforce, par exemple, de le faire? Le livre ne répond pas clairement. Il ouvre beaucoup de questions à partir de faits simples, de traits de vie, plus qu’il n’apporte de réponses. Un
3 www.pacte-civique.org
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relativisme certain l’imprègne, voire même un certain scepticisme intellectuel. La notion même de vérité objective et définitive s’effiloche, et les affirmations de vérité sont plus des faits de culture que des démonstrations probantes. Pourtant, c’est un texte qui, pour lucide qu’il soit, n’en est pas moins optimiste par bien des côtés, qui croit en la personne, en la démocratie, en une spiritualité qui reste à définir. Ainsi: «La phase d’individualisme actuel est nécessaire. Elle permet à chacun et en pleine lumière d’entrer dans l’ère de l’interdépendance. Lui succédera une phase d’interdépendance assumée. L’homme, bien obligé, se rendra compte qu’il ne peut vivre seul, qu’il doit construire avec les autres, même différents de lui, son interdépendance ». Une sorte de fil rouge court tout au long du livre et soutient bien la lecture : une sorte d’au-delà du sens qui n’arrive pas à se dire, autour duquel on tourne sans le trouver,dont on pressent l’existence paradoxale, comme le « Montanalogue »de René Daumal: un pur acte de foi en somme! Foi dans le sensible, dans le foisonnement de la vie même, dans le retour «à un fondement spirituel du vivre ensemble, une sorte de spiritualité laïque fondée sur l’humanisme, éventuellement compatible avec une explication transcendante du monde ». Des passages émouvants sont consacrés aux relations de Gilles avec sa petite fille de quatre ans Joséphine. Lors de la mort de son arrière-grand-mère, celle-ci a ce merveilleux mot d’enfant : «Le problème, c’est comment ils vont faire pour la monter au ciel maintenant ? ». C’est une manière originale de poser les problèmes de notre société, de sa nécessaire mutation. Et comme la vérité vient de la bouche des enfants et que les Evangiles nous invitent àretrouver l’esprit d’enfance, nous lui laisserons, sagement, conclure ainsi cette introduction. Jean-Baptiste de Foucauld Président de Démocratie & Spiritualité Ancien Commissaire au Plan
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