La Psychanalyse : une théorie pratique

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L’auteur propose ici les éléments d’une compréhension raisonnée de la psychanalyse. L’ouvrage s’ouvre sur un bref récit de la vie de Freud et sur une introduction à sa pensée, replacée dans le contexte culturel et scientifique de l’époque. Suit une présentation ordonnée des concepts qui composent le système freudien et des apports, parfois critiques, des post-freudiens, de Jung à Lacan.

En fin d’ouvrage, un « quiz psychanalytique » devrait permettre au lecteur de s’assurer qu’il a bien lu, bien compris et fera un usage pertinent de sa lecture.

Ce livre est d’abord destiné aux enseignants, formateurs, animateurs, éducateurs et travailleurs sociaux, qu’ils soient praticiens ou encore en formation. La simplicité et la clarté du propos devraient également intéresser des lycéens et des étudiants souhaitant avoir quelques idées claires sur la psychanalyse sans y passer trop de temps.


Après un doctorat en philosophie, Jean-Michel Magis a poursuivi une double carrière d’enseignant et de formateur. Une pratique professionnelle aujourd’hui unifiée puisque Jean-Michel Magis pratique maintenant le coaching avec des cadres dirigeants d’entreprise.


Publié le : mercredi 1 janvier 2003
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EAN13 : 2862140449
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CHAPITRE PREMIER
LA NAISSANCE DE LA PSYCHANALYSE
De la physiologie à la médecine
On lie traditionnellement le nom de Sigmund Freud à la psy-chanalyse. Il en est sans conteste tout à la fois le créateur, l’inventeur, l’initiateur, le concepteur et le père. Qui était-il ? Nous allons essayer de le voir brièvement, car ce qu’il est explique en partie ses constructions et productions théo-riques. e Freud est un homme duXIXsiècle, puisqu’il est né en 1856. Nous dirions, de nos jours, que c’est un homme de l’Eu-rope de l’Est, puisque son pays natal est la Moravie, contrée actuellement située en République tchèque et qui, à l’époque, faisait partie de l’empire d’Autriche. Il passera l’essentiel de sa vie à Vienne. Ses parents sont des commerçants juifs. Or l’an-tisémitisme fait partie des conceptions un peu archaïques qui e sont celles de l’Autriche de la fin duXIXsiècle, un pays qui est loin d’être à la pointe du progrès européen. Tout ce qui se passe alors sur notre continent, en matière de psychologie expérimentale par exemple, se fait en Allemagne, à Berlin, ou en Suisse, mais guère en Autriche. D’un point de vue écono-mique, l’Angleterre est le moteur du capitalisme naissant et l’Autriche doit être considérée comme une province relative-ment reculée, pourvue de conceptions et de principes moraux assez en retard sur ceux des autres pays cités.
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Le père de Freud correspond tout à fait à l’image du juif, tel qu’on se le représentait il y a cent cinquante ans. Il est com-merçant en drap, tailleur, fourreur. Freud lui-même cite dans un de ses ouvrages autobiographiques un fait de son enfance qui l’a beaucoup frappé. Son père avait été agressé dans la rue : sa toque de fourrure était tombée dans le caniveau et le petit Sigmund avait été assez humilié et déconfit de voir que son père ne la ramassait pas. En effet, il était exclu, dans le contexte de l’époque, qu’un juif puisse se défendre contre un catholique ou un protestant. Cet événement semble avoir marqué Freud, qui déclare avoir voulu venger son père en montrant qu’un juif pouvait malgré tout atteindre la notoriété. Sigmund Freud fait des études secondaires tout à fait com-plètes et classiques. Il est donc un humaniste averti. Sa scolarité au gymnase comprend du latin, du grec, du français, de l’anglais. Elle fait de Freud un helléniste distingué, un éru-dit en Antiquité et en lettres. Lui resteront de cette période une vaste culture et l’habitude d’utiliser les mythes et les légendes tant antiques que germaniques comme exemples pour ses théories. De ses études philosophiques, il gardera un grand attache-ment à Schopenhauer (qu’on peut considérer, entre autres choses, comme un philosophie idéaliste et misogyne) et un (1) goût profond pour le métaphysique et les grandes interro-gations morales et politiques. La métaphysique lui donnera même, par la structure linguistique de son appellation, l’idée de nommer la science qu’il créera :métapsychologien’est. Ce que plus tard qu’il l’appellera psychologie des profondeurs, puis psycho-analyse et enfin psychanalyse. Son père le pousse ensuite à faire des études longues à
1. Ce qui est au-delà des questions de physique. Recherche rationnelle de la connaissance de l’être absolu, des causes de l’univers, etc.
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l’université. Lui-même, très intéressé par cette perspective, hésite cependant à entrer vraiment dans une filière d’études juridiques approfondies. Il se décide, en définitive, pour un cursus de biophysioneurologie. Ce choix s’explique en partie par l’influence du positivisme expérimental qui vient d’Au-guste Comte, de tout un courant sur lequel nous allons revenir plus loin. Il n’embrasse pas au premier abord la formation médicale, mais il y a un glissement dans ses études de physiologie appli-quée, car il lui faut, pour pouvoir poursuivre la recherche qui l’intéresse, un diplôme et surtout une pratique médicale rémunératrice. Il se décide donc tardivement à faire sa méde-cine dont les caractéristiques sont d’ailleurs assez éloignées de celle d’aujourd’hui. Les médecins ne sont pas encore tout à fait des scientifiques. Les progrès rapides de la médecine datent précisément de cette période et jusqu’au début du e XIXsiècle la médecine ne s’est pas tellement transformée. Freud, qui, malgré la gêne financière de sa famille, se décide à faire des études longues, envisage un cursus universitaire qui déboucherait plutôt sur des matières nobles : par exemple la physiologie. C’est ainsi qu’il commence à travailler dans un laboratoire de physiologie expérimentale. Le Pr Ernst von Brucke en est le patron. Cet homme, dont il sera l’élève puis l’assistant, le marquera beaucoup. Brucke lui-même n’est pas passé à la postérité pour ses tra-vaux scientifiques. Néanmoins, Freud poursuit dans ce laboratoire des travaux extrêmement intéressants. Une des premières choses qu’il est amené à faire concerne une recherche sur la cellule nerveuse. Il s’agit de neurophysiologie pure.
Freud est à deux doigts de se distinguer là par des recherches de pointe sur les techniques de coloration. En effet, un des problèmes de la neurophysiologie était
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d’arriver à colorer les matières vivantes, sans les détruire, par l’action du colorant, mais de manière à les rendre visibles au microscope. Freud fait ainsi des recherches sur ces techniques de colo-ration, notamment avec des sels d’or. S’il avait pu prolonger son effort dans cette direction, tout permet de penser qu’il (2) aurait pu découvrir le neurone , ce que fera dans les mêmes années 1870-1880, un de ses confrères travaillant dans les mêmes conditions.
Voici ce que fut sa première formation. Elle est un peu comparable à ce qui se passe actuellement en France pour certains élèves des grandes écoles qui, tout en faisant leur scolarité normale dans leur école, passent parallè-lement, à l’université, certains diplômes équivalents ou secondaires. Par exemple on fait Polytechnique et en même temps on passe une licence de physique. C'est un peu ce qui s’est produit pour Freud : en même temps qu’il suivait ses études de neurophysiologie, il passait en plus son diplôme de médecine ! Il faut insister sur le fait que sa carrière était orientée vers la recherche plutôt que vers la pratique médicale. On peut même affirmer qu’il ne deviendra médecin praticien qu’à cause d’un certain nombre de contraintes, notamment des contraintes financières et un peu par les hasards de la vie. Un des éléments qui ont déterminé ce choix réside dans le fait que le Pr von Brucke avait trois assistants et qu’il est assez rapidement devenu clair pour Freud que lorsque son patron prendrait sa retraite ce ne serait pas lui qui lui succéderait, mais un de ses deux collègues. Ne pouvant donc espérer reprendre la chaire et ayant besoin de contribuer financière-ment à la vie de sa famille, Freud opta pour la pratique
2. Neurone : cellule de base du système nerveux.
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médicale. Il faut également préciser que si la famille Freud avait eu des revenus relativement importants tant qu’elle séjournait en Moravie, après le déménagement à Vienne, au moment où le jeune Sigmund faisait ses études, les affaires sont devenues beaucoup moins florissantes, à tel point que le jeune homme doit commencer à subvenir partiellement à ses besoins. Il continuera d’ailleurs fort longtemps à prendre ainsi en charge sa famille d’origine. Bien des choses dans son itinéraire universitaire semblent donc pouvoir s’expliquer par ces contraintes financières. Ayant présent à l’esprit cet itinéraire de départ, puis cette série de glissements, de dérapages, on peut commencer à comprendre mieux, à situer le père de la psychanalyse.
Une découverte ratée
Freud passera encore à côté d’une grande découverte : celle de la cocaïne. Dans le cadre de sa thèse de physique, il est amené à rédiger une monographie, un mémoire consacré à la cocaïne. Il va donc faire, en laboratoire, des recherches sur la cocaïne qu’il définit comme un analgésique alors qu’un de ses collègues pense qu’on doit l’utiliser comme anesthésiant. Tous les deux disent les mêmes choses sur la composition du produit, mais Freud envisage de le prescrire pour lutter (3) (4) contre la douleur. Céphalées , algies diverses sont pour lui des cas d’indication. Freud se sert de la cocaïne comme nous nous servons aujourd’hui de l’aspirine. Le jeune Freud manque de chance : on le sait bien maintenant, la cocaïne est une drogue. Il y a un effet d’accoutumance extrêmement important. Plus on en prend et plus il faut en prendre, avec
3. Céphalées : maux de tête. 4. Algies : douleurs.
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des effets secondaires tout à fait dommageables (un peu comme la morphine). La cocaïne est donc inutilisable dans ce cadre de prescription. Le collègue, quant à lui, désigne la cocaïne comme un euphorisant, un anesthésiant ponctuel. En effet, il n’y a aucun problème pour faire une piqûre de cocaïne dans la mâchoire, pour extraire une dent par exemple. Mais quelqu’un qui souf-frirait en permanence de céphalées ne pourrait absorber chaque jour sa dose de cocaïne sans en pâtir par ailleurs. Ce second échec a beaucoup marqué Freud. Il avait d’ailleurs prescrit un traitement à la cocaïne à un des deux assistants avec lesquels il travaillait directement chez le Pr von Brucke. Cet ami avait contracté une maladie virale grave lors de ses travaux sur la bactériologie et il avait été amputé d’un pouce. Freud lui propose un traitement à la cocaïne et il s’en sert pen-dant quelques semaines avec succès. Cela fait effectivement régresser la douleur et rend la vie supportable au patient. Mais Freud constate qu’il faut progressivement renforcer et augmenter sans cesse les doses, puisque les doses les plus fortes ne suffisent plus, deviennent inefficaces, provoquent des états de manque et des effets secondaires désastreux.
Cette affaire causera à Freud une déception importante. Il y aura aussi des répercussions sociales non négligeables dans la mesure où ces travaux sur la cocaïne seront connus dans les milieux médicaux de Vienne, ce qui va beaucoup contribuer à le discréditer. Il a déjà contre lui d’être un médecin juif, état pratiquement rédhibitoire dans la société savante de son époque et de son pays. Cette publication hâtive, non suffi-samment contrôlée, sur la cocaïne lui nuit dans la mesure où l’on dit : voilà quelqu’un qui a soif de puissance et de gloire mais qui n’est ni un médecin ni un scientifique sérieux, qui n’a pas pris le temps de vérifier toutes les conséquences de l’utilisation d’un médicament comme celui-là. Cette histoire
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a donc nettement contribué à le discréditer au début de sa carrière, ce qui constituera certainement un handicap pour le début de ses travaux sur l’analyse des maladies mentales. C’est à partir de là que se situe le véritable démarrage de Freud, les conditions d’inauguration de ce qui va devenir la psychanalyse. La recherche sur la cocaïne peut être considé-rée comme une première tentative de traitement d’un trouble certes physiologique et médical, mais qui inaugure un intérêt pour la clinique. À ce moment-là, Freud se tourne vers la psychiatrie.
Nous allons dire un mot de la psychiatrie de l’époque pour pouvoir comprendre le voyage d’études que Freud va faire chez le Pr Charcot, juste après son échec avec la cocaïne. Il va en effet se rendre à l’hôpital de la Salpêtrière, dans le XIIIe arrondissement de Paris pour y faire un long stage. Il rentrera à Vienne en passant à Nancy, chez le Dr Bernheim, dont les travaux vont tout à fait dans le même sens. Deux hommes qui seront les pères spirituels ou les initiateurs de Freud en psy-chiatrie et dans le domaine des maladies mentales. Nous sommes aux environs de 1887, sous la IIIe Répu-blique. Le Second Empire est terminé en France. C’est l’époque de Pasteur… qui marque l’émergence de la méthode expérimentale dans les sciences. Cette méthode rejoint par ailleurs les courants philosophiques contemporains, essentiel-lement le positivisme d’Auguste Comte. Sur le plan scientifique, la thèse de la méthode expérimen-tale est la soumission à l’observation et au fait, et tout ceci va entièrement conditionner les premières orientations des tra-vaux de Freud : soumission à l’observation, tentatives pour observer les phénomènes, pour en dégager des lois qui sont des lois expérimentales, au lieu d’avoir des lois de type philo-sophique déduites d’un savoir la plupart du temps religieux, idéologique, constitué de façon tout à fait déconnectée d’une
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observation réelle. Les travaux les plus importants seront faits en biologie, en médecine et en physiologie. Les gens en pointe à ce moment-là appartiennent à l’École de Paris, avec Pasteur et ses travaux sur la bactériologie et l’asepsie, sur les vaccins entre autres et, en physiologie et en neurologie, à l’École de Berlin. À Vienne, les Habsbourg règnent sur une société complè-tement sclérosée, bloquée, sans grande production scientifique ou philosophique, et Freud va avoir à se battre tout le temps contre cette société-là. À Berlin par contre, travaillent un certain nombre de gens connus : Helmholtz fait des recherches sur les systèmes ner-veux centraux, Weber et Fechner mesurent la sensation et les phénomènes perceptifs et tentent d’en donner une analyse quantitative. Autant la France et l’Allemagne sont en avance pour les travaux scientifiques, autant l’Angleterre représente la société moderne de l’époque, au début du capitalisme moderne sau-vage et libéral. C’est le règne de Victoria, avec son avance technologique, économique, voire politique, mais aussi son puritanisme, c’est-à-dire une morale complètement rigide au niveau de ce qui va nous intéresser : la sexualité, la vie rela-tionnelle des gens. Cela va tout à fait ensemble : naissance du capitalisme, ren-voi du corps qui jusque-là, dans les sociétés artisanales et agricoles, demeurait immédiatement présent, pas forcément comme lieu de plaisir d’ailleurs, mais comme lieu de contact avec la nourriture, avec la terre, avec les animaux, avec les autres hommes. Avec le début du capitalisme, la nécessité de la rentabilité de chacun dans sa production matérielle passe par son corps. On voit donc apparaître les chaises à haut dos-sier, les couverts, les pièces séparées pour les différents membres de la famille…, et une mise à distance du corps. Celui-ci devient outil de production de plus en plus rapide et
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de plus en plus rentable, alors que dans un autre système de production, s’il est bien sûr exploité et asservi, il est, en même temps, plus proche, mieux maîtrisé par chacun, plus dispo-nible pour l’expression et les contacts entre les gens. Une certaine promiscuité qui existait jusque-là disparaît complètement, au point que sous Victoria on emmaillote les pieds de chaises avec des espèces de voiles en dentelle parce qu’on les considère comme indécents. Le vocabulaire, l’ameublement évoluent de manière à occulter tout ce qui pourrait rappeler que l’homme est aussi un mammifère supé-rieur. Il faut donc avoir présent à l’esprit ces deux aspects apparemment contradictoires et en fait parfaitement conver-gents de la situation sociohistorique de l’Angleterre de Victoria. Et si l’Angleterre n’exporte pas de manière égale son avance technologique et économique, elle exporte cependant très bien ses conceptions en matière de morale et de vie quo-tidienne.
Les hystériques de Charcot
Les travaux de Charcot à la Salpêtrière s’inscrivent dans la même ligne que ceux de von Krafft-Ebbing, médecin alle-mand et criminologue de médecine légale, qui s’est posé un des premiers des questions sur la responsabilité ou l’irrespon-sabilité des criminels. Krafft-Ebbing demande par exemple l’autopsie d’un grand sadique, tel qu’on a pu en voir dans le filmLe juge et l’assassinlesTavernier, qui, parcourant de B. campagnes, égorge de jeunes bergers et des petites filles, les viole et les tue. Cet homme est pris, jugé, condamné à mort, exécuté. Krafft-Ebbing fait l’autopsie du cadavre, ouvre le crâne et trouve une tumeur qui occupe plus de la moitié du cerveau. Il introduit ainsi pour la première fois l’idée de l’ir-responsabilité, maintenant contestée dans les usages qu’on en
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fait parfois, mais qui à l’époque représentait manifestement un progrès considérable. Les savants se mettent à chercher du côté de ce qu’on appelle les tares héréditaires, toujours dans le cadre général du courant expérimental positiviste. Ils veulent trouver une base physiologique à des comportements inadaptés, maladifs. Une tumeur au cerveau, une hérédo-syphilis, l’idée de la dégénérescence, les tares héréditaires, toute une écriture caté-gorisante sur les maladies mentales qu’on cherche à découper, à spécifier, à expliquer, permettent provisoirement de rendre compte de ces comportements qu’on ne peut/ne veut expli-quer autrement. Quand Freud arrive à Paris, il existe à l’hospice de Charen-ton un certain nombre de « déments », dont une femme, connue du public bourgeois qui va la regarder le dimanche en famille comme on va au zoo, qu’on appelle l’encagée de Vin-cennes. C’est une grande agitée, enfermée dans une grande cage, menottée, ligotée, bardée de fer. On vient là la regarder comme une attraction surtout quand elle a une crise ; alors la foule s’enflamme. Voilà donc un dernier élément du contexte psychiatrique du temps. Krafft-Ebbing ainsi que la plupart des savants de l’époque cherchent dans la physiologie l’explication du psychologique, si on peut désigner ainsi, de manière un peu anachronique, les comportements psychiques anormaux. C’est la tendance scientifique de ce siècle par rapport au précédent. Charcot inaugure un tournant en montant de toutes pièces à la Salpê-trière un service de neurophysiologie où il rassemble un certain nombre de malades femmes que l’on considérait (5) comme des simulatrices, et qu’on appelait leshystériques. Par cette dénomination on croyait désigner l’origine du mal. On pensait qu’un certain nombre de symptômes, que nous
5. Hystérique vient du grechustera: matrice.
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