//img.uscri.be/pth/5babc7535f411331514adcd79d9ed446a986a672
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 13,50 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

La psychologie clinique et la profession de psychologue

De
189 pages
Face à l'évolution de la place des psychologues, voici trois axes d'interrogation : 1) Quelle formation à/de la clinique à l'Université et avec quels enseignants, quels professionnels ? 2) Quelle formation à la psychothérapie en université Quel devenir de la psychanalyse dont on constate le déclin ? 3) Quelle serait l'organisation professionnelle nécessaire pour autant qu'on puisse définir ses missions et ses pouvoirs ?
Voir plus Voir moins

LA PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET LA PROFESSION DE PSYCHOLOGUE (Dé)Qualification et (Dé)Formation ?

Collection Psychologie Clinique Dirigée par Sylvain BOUYER et Olivier DOUVILLE

Approche du sujet, la psychologie clinique s'intéresse à chaque personnalité singulière en situation, en tenant compte de son évolution, de ses réponses subjectives et de ses interactions. Démarche particulière, la psychologie clinique ne saurait se réduire à un domaine, un objet, un cadre théorique ou un ensemble de techniques spécifiques. On la trouve à l'œuvre dans différents champs professionnels - travail, santé, éducation - et diverses disciplines - psychologie sociale, développementale, interculturelle, pathologique... -. A ce titre, elle est largement redevable à la psychanalyse, dont la théorie et la pratique lui donnent sens. Ouverte aux praticiens et aux théoriciens qui s'en réclament, la collection Psychologie Clinique propose, en continuité avec la revue éponyme, des ouvrages synthétiques sur une question psychologique de I'homme dans sa double inscription intrapsychique et sociale: aussi bien des livres qui font le tour d'une question clinique, des textes qui présentent un problème d'actualité sur lequel le clinicien a des contributions à apporter que des ouvrages qui explorent une pratique clinique d'intervention, de recherche et/ou de soin. La collection Psychologie clinique s'adresse aux praticiens et aux universitaires, et plus largement aux lecteurs concernés par une réflexion ou une pratique de l'homme au singulier.

Comité scientifique Sylvain Bouyer, Nancy Nathalie Dumet, Lyon Marie-Claude Mietkiewicz, Nancy Olivier Douville, Nanterre Benjamin Jacobi, Aix-Marseille Marie-Jean Sauret, Toulouse

Sous la direction de

Patrick Ange RAOULT

LA PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET LA PROFESSION DE PSYCHOLOGUE
(Dé)Qualification et (Dé)Formation ?

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRŒ

L'Harmattan Italla Via Degli Artisti 1510214 Torino ITALIE

DANS LA MEME COLLECTION Marie-Claude MIETKIEWICZ et Sylvain BOUYER (dir.) Où en est la psychologie clinique?

@ L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-7872-0 E~:9782747578721

Les auteurs
Sylvain BOUYER,
Maître de conférences en psychologie clinique, Université Nancy 2. Patrick COHEN, Vice-président de la Fédération Française de Psychologues et de Psychologie, Psychologue, Marseille. Ludovic GADEAU, Maître de conférences en psychologie clinique et pathologique, IUFM. Directeur du Centre Médico-Psycho-Pédagogique, Grenoble. Anne GOLSE, Maître de conférences en sociologie, Université de Caen. Philippe GROSBOIS, Psychologue clinicien,

Université Catholiquede l'Ouest - Angers. Béatrice LAMBOY,
Docteur en psychologie clinique, PhD. Direction des affaires scientifiques INPES, Institut National de Prévention et d'Education à la Santé, Paris. Pascal LE MALEF AN, Maître de conférences en psychopathologie, Université de Rouen.

Marie-Claude MIETKIEWICZ,
Maître de conférences en psychologie clinique, Université Nancy 2.

Michèle MYSLINSKI,
Maître de conférences en psychologie clinique, Université Pierre Mendès-France, Grenoble II. Patrick Ange RAOULT, Maître de conférences en psychologie clinique et pathologique, IUFM, Institut Universitaire de Formation des Maîtres, Chambéry. Marie-Jeanne ROBINEAU, Présidente de la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie, Psychologue, Marseille.

Serge Georges RA YMOND, Psychologue, expert près des tribunaux, docteur en psychologie, EPDSM, Etablissement Public Départemental de Santé Mentale, Ville Evrard.

Robert SAMACHER,
Maître de conférences en psychologie clinique, Université Paris VII.

Jeanne TYRELL,
Maître de conférences en psychologie, Université Pierre Mendès-France, Grenoble II.

Sommaire
Introduction (11)

Débats en psychologie Patrick Ange Raoult... ... ...

...

...

13

La psychologie clinique a-t-elle encore un avenir? Patrick Ange Raoult... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

19

Chapitre 1 Place sociale de la psychologie: évolution et enjeux (49)
Les psychologues dans la psychiatrie publique: histoire et actualité
Anne Golse ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 51

Clinique du dedans, clinique du dehors Serge Raymond... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Psychologie clinique et santé publique Béatrice Lamboy... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

57

67

Chapitre 2 Changer le statut des enseignants en psychologie? (73)
La psychologie clinique s'enseigne-t-elle ? Marie-Claude Mietkiewicz... ... ... ... ... ...

...

75

A nouvelle psychologie clinique, nouveau statut Pascal Le Maléfan... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 83 Pourquoi le statut hospitalo-universitaire? Robert Samacher ...

... ...

...

89

Chapitre 3 Formation universitaire des psychologues (103)
L'Université et la formation du psychologue clinicien Sylvain Bouyer... ... ... ... ... ... ... ... ... Réflexions sur les dimensions clinique de la formation initiale et continue des psychologues cliniciens Michèle Myslinski... ... ... ... Psychologie clinique et psychologie sociale cognitive: Discussion sur la présentation de Michèle Myslinski Jeanne Tyrell... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

105

115

125

Chapitre 4 Fonction psychothérapique du psychologue (127)
Destins de la psychanalyse à l'Université
Ludovic Gadeau... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 129

Quelle place pour l'Université dans la formation psychologues à la psychothérapie? Philippe Grosbois... ...

des 135

Chapitre 5 Organisation de la profession (157)
Psychologue clinicien: une place à construire
Pa tr ic k Co he n ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 1 59

Annexes (165) Annexe 1 : Propositionsde lois relatives aux psychothérapies.. 167 Annexe 2: la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie Marie-JeanneRobineau...... ... ... 169 Bibliographie ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 175

10

INTRODUCTION

Débats en psychologie
Patrick Ange Raoult

Cet ouvrage s'inscrit dans une réflexion d'ensemble sur l'évolution de la psychologie qui traverse un moment critique. Il résulte d'un Colloque organisé à Chambéry en décembre 2003 avec mon collègue et ami Abdessalem Yahyaoui, maître de conférences à l'université de Savoie, surpris, comme moi, par des dérives, parfois inquiétantes, constatées dans le milieu universitaire tant au niveau des orientations, de la formation que des recrutements et de la déontologie. Cette évolution entre en écho avec les modifications de la demande sociale et avec le changement de paradigme en cours. Cet état critique de la psychologie est décrit avec force et pertinence par E. Jalley (2004) à propos de la crise de la psychologie en Université, et dans un précédent ouvrage, chez le même éditeur, j'avais, avec d'autres auteurs, posé la question de la disparition des psychologues cliniciens1 (2004). Cette réflexion se poursuit dans le texte introductif à visée polémique. Après avoir pris acte du changement paradigmatique, il est rappelé les dissociations, scissions et conflits qui trament la psychologie depuis ses origines, en particulier avec l'introduction de la psychologie clinique, comme le souligne A. Ohayon (1999). Il est décrit la fragilité statutaire et professionnelle des psychologues, principalement cliniciens, les plaçant très souvent en position de soumission hiérarchique, voire de paramédicalisation, sans revendication collective de leur part. Il est dénoncé une formation inadéquate en raison de la prévalence universitaire, accentuée actuellement par la montée en force du courant cognitiviste, favorisant le recrutement de jeunes chercheurs cooptés en regard de leur inculture clinique. Je soulignerai avec insistance le mépris universitaire pour les praticiens dont l'inféodation peut être activement quêtée. C'est à ce titre que la carence des stages est exemplaire, carence qui va croissante dans les options actuellement suivies. Dans ce sens on peut craindre une déqualification des psychologues venant aggraver non seulement l'insécurité sur le terrain mais aussi la non-spécificité de leurs interventions. On rencontrera sur ce chemin le problèlne des relations avec les modèles théoriques psychanalytiques ou cognitivistes, la place de la psychopathologie et la fonction des psychothérapies. Le propos se clôture
I Colloques sur la psychologie clinique, CHS Prémontré, 1997, 1998, 2000.

par des interrogations sur la nécessité d'une organisation unique et des propositions envisageables. La suite de l'ouvrage se subdivise en 5 chapitres qui reprennent, développent et nuancent les thématiques évoquées. Le premier chapitre interroge l'évolution de la place des psychologues. A. Golse, sociologue, se penche sur l'intégration de la psychologie dans le champ de la psychiatrie publique. Elle indique que la reconnaissance des psychologues est liée à l'apparition de la sectorisation, s'intégrant plus nettement dans la démarche de la psychologie clinique. En décrivant les pratiques effectives des praticiens, elle met en exergue trois modal ités d'exercice: les entretiens (consultations, suivis), les psychothérapies et la régulation institutionnelle. L'institutionnalisation des psychologues a bien eu lieu. Mais S. Raymond, psychologue en Etablissement Public Départemental de Santé Mentale (EPDSM), à partir de son expérience clinique, définit l'apparition d'une nouvelle pratique, celle qu'il nomme clinique du dehors ou clinique de la ville. C'est le constat que la référence institutionnelle disparaît au profit d'une clinique de la mobilité, de la délocalisation, voire une clinique de l'urgence. En prise avec les transformations de la psychiatrie publique, le psychologue est convié à sortir pour exercer une clinique de la ville. Cette dynamique est confirmée par B. Lamboy, psychologue exerçant à l'Institut National de Prévention et d'Education à la Santé (INPES), qui révèle le glissement de la notion de psychiatrie vers celle de santé mentale, axée sur la médicalisation, l'évaluation et la prévention. Ce texte est d'intérêt en tant qu'il nous désigne les politiques en œuvre et la place assignée aux psychologues. L'auteur nous livre l'appréhension des problèmes de santé publique comme équivalents de troubles sociaux à réguler. Elle rappelle les orientations nationales en matière de santé mentale, en particulier le très discuté rapport Cléry-Melin 1 (<< Plans d'actions pour le développement de la psychiatrie et le développement de la santé mentale» 2003), qui donne les axes d'une formation et d'une fonction attendues des psychologues. Elle sollicite enfin les psychologues cliniciens d'une part à ne pas ignorer ces déterminants, d'autre part à s'y impliquer. Cette orientation ne lève pas pour autant une certaine paradoxalité de la position des psychologues2. L'éclatement des discours sur la psychologie, source de malaise pour le professionnel, souligne le manque d'assise de la psychologie à l'Université, remettant en cause son fonctionnement et son autonomie. La
1

2

Voir les textes de P.A. Raoult, B. Lamboy, R. Samacher.
Comme y insiste par ailleurs Y. Gérin (2003).

14

psychologisation massive ou le recours systématique au psychologue dans le champ social devrait tout autant nécessiter une réflexion éthique. Car l'assujettissement du psychologue aux enjeux de pouvoir masque les enjeux politicio-sociaux que méconnaît délibérément le psychologue derrière l'écran du savoir. Ceci se conjoint au recrutement d'enseignants-chercheurs hyperspécialisés, éloignés des pratiques, et à la promotion des protocoles cognitivistes visant une orthopédie réadaptatrice. Dans cette logique suit la deuxième partie relative à la formation et au statut des enseignants en psychologie. M.C. Mietkiewicz porte l'hypothèse que la psychologie clinique s'enseigne, émargeant dans la construction de la représentation de la spécificité de l'approche clinique dans les discours estudiantins. Recueillis auprès d'étudiants de DEUG et de DESS, les réponses données confirment l'évolution de ces représentations. Elles révèlent la carence des praticiens à I'Université et l'insuffisante préparation aux réalités de la pratique. On comprend dès lors que P. Le Malefan se penche sur les formateurs pour promouvoir le statut d' enseignant-chercheur/praticien. Les enseignants sont en exil de la clinique instituée, entraînant ou favorisant l'incohérence entre la logique universitaire d'acquisitions de niveaux et une logique de la transmission de compétences. R. Samacher poursuit cet axe en parlant d'un statut hospitalo-universitaire qu'il serait pertinent d'étendre aux psychologues cliniciens. Or, il relève le paradoxe des maîtres de conférences en clinique interdits d'exercer une activité clinique instituée dans un emploi public. Défaillent alors les articulations entre l'enseignement et la pratique clinique. Ces paradoxes se retrouvent dans les divers rapportsI Piel-Roelandt (2001), Cléry-Melin qui tendent à promouvoir des techniciens en psychologie tout en maintenant le principe d'une formation de haut niveau, qui relèverait d'une formation doctorale. Dans ce cas, le lien de subordination n'a plus lieu d'être. Il revient enfin sur le problème de la psychothérapie, au travers de l'amendement Accoyerl et du rapport PichotAllilairel (2003). Devant les implicites, il suggère de défendre le principe d'un statut professionnel de haut niveau soutenu par l'hypothèse de la création d'un livre IV bis dans le Code de Santé Publique afin d'éviter que les psychologues ne deviennent des officiers de santé chargés d'appliquer, sous contrôle médical, des méthodes codifiées. L'enjeu est alors celui de la formation des psychologues, objet du troisième chapitre. S. Bouyer se demande si le psychologue clinicien est
1

Voir le texte de R. Samacher et annexe 1, p. 167.

15

réellement formé à l'Université de manière satisfaisante. Si l'acquisition de connaissances théoriques est une obligation, la professionnalisation suppose une compétentialisation praxique. D'une part, S. Bouyer désigne fort justement les étudiants de DESS comme des psychologues en formation, d'autre part il rappelle que le DESS n'est qu'une autorisation à exercer et à se former. Si d'un côté l'expérience pratique demeure irremplaçable pour exercer, cela suppose, d'un autre côté, la mise en place d'une véritable formation permanente, à la fois personnelle, associative et universitaire. Le psychologue doit par ailleurs montrer un intérêt général pour le fait social et pour la culture. Cette connaissance du contexte tient au fait le psychologue ne s'adresse pas à une machine détraquée mais à un sujet humain complexe inséré au sein d'une culture. Le psychologue ne peut être un technicien (testeur, applicateur, questionneur), il se doit de travailler sur lui-même, sur son propre fonctionnement psychique. En conclusion, S. Bouyer en appel1e à une structure de type internat de troisième cycle permettant l'exercice de responsabilités cliniques sous l'égide de praticiens-universitaires. Il souhaite le renforcement de la présence des praticiens y compris dans l'élaboration des programmes de formation. M. Myslinski, se référant à son expérience professionnelle, rappelle que la clinique ne s'enseigne convenablement que par la clinique elle-même. L'auteur insiste sur le caractère indispensable de la qualité de cliniciens expérimentés chez les enseignants-chercheurs et soutient le recrutement des enseignants-chercheurs en regard de leur expérience professionnelle. Cette référence se doit d'être appuyée par des méthodes pédagogiques efficientes. De la même manière, l'expérience vécue de l'étudiant en stage se doit d'être renforcée avec la présence d'un professionnel non seulement sur le terrain mais lors des soutenances de mémoires. Elle insiste encore sur l'encadrement méthodologique des mémoires, sur les supervisions et la mutualisation des informations. Cette démarche implique à la fois une référence à la pluridisciplinarité et une pratique du partenariat et du réseau. C'est la systématisation d'un schéma triangulaire - cliniciens de terrain, étudiants et universitaires - qui est revendiquée. Enfin dernier thème, la contribution de l'université à l'actualisation des connaissances. A sa suite, J. Tyrell rappelle l'importance de la pluridisciplinarité. Avec le quatrième chapitre, nous arrivons au point délicat de la formation à la psychothérapie en université. Après avoir tenu une position totalement hégémonique, la psychanalyse, nous dit L. Gadeau, vit un déclin

16

et une paupérisation dans la formation et la recherche universitaire. L'organisation même de l'Université favorise la marginalisation de la clinique: surcharge de travail pédagogique en clinique, sur-représentation des cognitivistes, mode d'évaluation de l'activité des enseignantschercheurs. La psychanalyse tendrait, dès lors, à disparaître de l'Université. Un facteur externe, celui de la rationalisation des coûts et du développement de l'évaluation, va à l'encontre de la logique du soin. Pourtant la psychanalyse devrait avoir une place dans l'Université pour que soit prise en compte dans la formation du psychologue la complexité de son objet. Ceci n'est pensable que si elle n'est pas réductible à un corpus théorique, mais qu'elle consiste en un accès au savoir de l'Inconscient par une mise en expérience (dynamique de groupe, psychodrame, etc.) à l'exemple de ce qui se déroule à l'université Lyon II. Ceci introduit à la place de la psychothérapie dans la fonnation universitaire des psychologues, ce dont traite P. Grosbois. À partir de rapports ministériels, il désigne la place requise de la psychothérapie dans le dispositif de santé. Ceci nécessite de définir et de classer les psychothérapies, marquées par la prégnance du modèle psychanalytique. Elle traduit la dépendance idéologique du clinicien en formation à la psychanalyse. Discutant des enjeux et risques d'une formation en Université, l'auteur préconise un enseignement à référence multiréférentielle, une connaissance générale des diverses théories et pratiques sans délivrance de diplôme. Quatre axes (théorique, clinique, épistémologique et anthropologique), soutenus par une pédagogie variée en rapport avec les stages, devraient constituer l'apprentissage d'une fonction, et non d'une spécialité, du psychologue. À l'encontre des associations réclamant un titre de psychothérapeute, il soutient que la psychothérapie est une fonction du psychologue, comme du psychiatre. Cette position est alors discutée en regard des recommandations de multiples organismes et des débats suscités par l'amendement Accoyer et de ses suites. Enfin, M.J. Robineau nous rapporte l'histoire qui a mené à la constitution de la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie. Les objectifs sont ainsi précisésl. Mais, au-delà, elle clarifie les enjeux pour la profession de se regrouper, à l'exemple de la plupart des pays européens dont Patrick Cohen, de son côté, précise les attendus. Cet ouvrage est traversé par l'ensemble des questionnements qui parcourent actuellement la psychologie comme champ professionnel. Il est, à
) Voir annexe 2, p. 169.

17

ce titre, un ouvrage qui participe à ce travail de réflexion en cours chez nombre de cliniciens, mais il doit être aussi une incitation à construire des actions pertinentes.

18