La quantification dans le texte de spécialité

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La quantification est omniprésente dans le discours. Sans elle, il serait d'une fadeur insupportable. Les neuf études réunies dans ce volume tentent de cerner ce phénomène de langue. Ces études concernent le français et l'anglais, et recouvrent les discours scientifiques, culinaire, politique, médical et publicitaire. Si ce sujet a souvent été traité, de vastes pans de ce champ restent à découvrir.
Publié le : mardi 15 septembre 2015
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EAN13 : 9782336391250
Nombre de pages : 210
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La quantiIcation dans le texte de spécialité
La quantiIcation est omniprésente dans le discours qui nous entoure. Que ce soit sous forme de chiffres ou sous des formes moins précises, cette quantiIcation semble nécessaire. Sans elle, notre discours serait d’une fadeur insupportable. Les neuf études réunies dans ce volume, issues d’un colloque qui a eu lieu à Brest, o les 15-16 novembre 2013 –14,les Nouvelles Journées de l’ERLA N « La quantiIcation dans les langues de spécialité » – , tentent de cerner ce phénomène de langue. Ces études concernent le français et l’anglais, et recouvrent les discours scientiIque, culinaire, politique, médical, et publicitaire. Ce phénomène constitue un des sujets incontournables de la linguistique, et d’importance primordiale dans les langues de spécialité. Le sujet a souvent été traité mais de vastes pans de ce champ restent à découvrir ; ce volume constitue une contribution signiIcative à ce projet, et sera d’un grand intérêt à tous ceux qui s’intéressent au fonctionnement de la langue.
Textes réunis par David BANKS
La quantification dans le texte de spécialité
La quantiIcation dans le texte de spécialité
La quantification dans le texte de spécialité
Textes réunis par David Banks
La quantification dans le texte de spécialité
E R L A Equipe deRecherche enLinguistiqueAppliquée Direction Joanna Thornborrow Equipe d’Accueil EA4249 HCTI « Héritages & Constructions dans le Texte et l’Image » Faculté des Lettres et Sciences humainesVictor-Segalen 20, rue Duquesne – CS 93837 29238 Brest Cedex 03
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06020-0 EAN : 9782343060200
Introduction
Il existe des types de discours, comme des recettes, ou des rapports d’expé-rience scientifique, qu’il est difficile de concevoir sans une certaine mesure de quantification. D’autres l’utilisent moins, mais en ce qui concerne le texte de spécialité, la quantification semble être un trait incontournable à des degrés dif-férents selon le domaine concerné. Les nouvelles Journées de l’ERLA No. 14, qui se sont tenues à Brest, les 15-16 novembre 2013, étaient consacrées juste-ment à « La quantification dans le texte de spécialité », et les études réunies dans ce volume sont issues de ce colloque. Ces analyses concernent le français et/où l’anglais, et recouvrent de nombreux domaines : scientifique, culinaire, poli-tique, médical, publicitaire. Dans ma propre contribution, je considère la quantification dans les deux premiers périodiques savants, le Journal de Sçavans et les Philosophical Tran-sactions, dans leur première année de publication, 1665. On voit qu’il y a relati-vement peu d’expressions de quantification dans les sciences humaines, mais bien plus dans les sciences exactes. Les savants de cette époque avaient un souci de précision, malgré les variantes de mesure en usage à ce moment-là. On note aussi une orientation empirique dans le journal anglais, qui contraste avec le Cartésianisme du journal français. C. Delmas et G. Girard-Gillet étudient tous les deux les recettes en langue anglaise. C. Delmas note l’importance de la quantification dans la cohésion du texte. G. Girard-Gillet considère la durée et la nature des processus, et le rôle important que jouent les prépositions. C. et D. Labbé nous amènent sur le terrain politique, et considèrent en par-ticulier les discours de V. Giscard d’Estaing. Ils démontrent que chez V. Giscard d’Estaing, la quantification a le rôle rhétorique de le mettre en valeur lui-même en tant que président. A. Pascu étudie la place de la quantification dans la grammaire générative de N. Chomsky, dans la grammaire de Montague, et surtout dans la Logique de la Détermination des Objets. H. Pichard étudie les élections présidentielles américaines de 2008 et de 2012, et en particulier, les discours des candidats, McCain, Romney et Obama. On voit que la quantification s’avère un outil très puissant dans leurs discours.
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G. Lozachmeur-Rolland analyse l’utilisation de la quantification dans les récits des patients atteints d’un cancer. Pour ces personnes la quantification joue un rôle important dans leur lutte contre la maladie. G. Sosin étudie la quantification dans les annonces pour l’emploi parues dans le périodique de vulgarisation scientifique, New Scientist. La quantifica-tion ici a un double rôle : d’abord d’informer le candidat éventuel, mais aussi un rôle de publicité pour l’institution concernée. F. Yaiche note que les ’expressions de quantification sont pléthores dans la publicité, et que les chiffres sont utilisés d’une façon à la fois ludique et infor-mative. La quantification est omniprésente dans le discours qui nous entoure. Il appartient donc au linguiste de rendre compte de ce phénomène et de préciser les fonctions de la quantification dans la langue. Les neuf études réunies dans ce volume constituent une contribution significative à ce projet.
Compter et mesurer dans le texte scientifique de la fin du dix-septième siècle
Introduction
David BANKS Université de Bretagne Occidentale HCTI EA4249 (ERLA)
Le 5 janvier 1665 est paru à Paris le premier numéro du premier pério-dique du type savant dans le monde occidental (et probablement dans le monde tout court). Il s’agit duJournal des Sçavans, périodique qui existe toujours de nos jours. Deux mois plus tard, le 6 mars 1665 est paru à Londres le premier numéro desPhilosophical Transactions, périodique qui égale-ment existe toujours. LeJournal des Sçavansfondé par Denis de Sallo fut à l’instigation de Colbert, dont l’objectif était de contrôler la connaissance nouvelle, dangereuse à ses yeux (Camusat 2011/1734, Cocheris 1860, Morgan 1928). LeJournal des Sçavans se composait, à 80%, de comptes rendus de livres, et tentait de couvrir la gamme totale de la connaissance nouvelle, les nouvelles sciences bien sûr, mais aussi le droit, la théologie, l’histoire, etc. (Banks 2012). LesPhilosophical Transactionsfondées par Henry furent Oldenberg, l’un des secrétaires de laRoyal Society. N’étant pas unvirtuoso, ou savant aisé, comme la majorité des membres de laRoyal Society, il devait gagner sa vie, et il a conçu lesPhilosophical Transactionscomme moyen de se créer une source supplémentaire de revenus. Etant devenu le centre d’un réseau de correspondance scientifique, il souhaitait utiliser sa correspondance abondante afin de produire un bulletin d’information scientifique qu’il pourrait vendre (Gotti 2006). Par conséquent, le contenu de son périodique était basé sur la correspondance qu’il recevait, et comme son lectorat était composé de membres et d’amis de laRoyal Society, le contenu était restreint aux sciences et techniques, ou "philosophie naturelle" dans les termes de l’époque (Bluhm 1960, Hall 2002, Lyons 1944).
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David BANKS
Ces deux revues, étant les premières revues de type savant, l’une en français, l’autre en anglais, on peut les considérer comme étant à l’origine de l’article universitaire de nos jours. Elles ont par conséquent un intérêt tout particulier. Parmi les très nombreux traits linguistiques intéressants se distingue celui de la quantification. Cette contribution est une modeste étude pilote, basée sur un "mini corpus" (Banks 2005). J’ai pris au hasard l’année 1685, 20 ans après la création de ces deux périodiques, et donc un moment où on peut considérer qu’elles sont bien établies. Pour leJournal des Sçavans, j’ai pris, encore au hasard, le numéro du 4 juin, et pour lesPhilosophical Transactionsle numéro du 23 mars. Le numéro duJournal des Sçavansdu 4 juin 1685 comporte 8 items, dont 6 comptes rendus, un extrait d’article et une liste de nouvelles publications. Les domaines couverts sont les lettres classiques, la théologie (deux items), la médecine, la géologie, les mathématiques (deux items), et un item d’ordre général, la liste de nouvelles publications (voir Tableau 1). Je vais simplement présenter un recensement des éléments que j’ai trouvés dans ces deux numéros qui relèvent de la quantification. Il est évident que l’échantillon est bien trop petit pour permettre une extrapolation. Au mieux, on trouverait une certaine cohérence entre les résultats et le contexte, qui peut donner éventuellement des hypothèses de travail. Dans les citations de ces deux périodiques, j’ai conservé la typologie et l’orthographe des originaux, à l’exception de "s-long", remplacé par un "s" moderne.
Tableau 1. Contenu duJournal des Sçavans4 juin 1685.
FUSTENBERGIANA LIB. IV. TRES POEma-Lettres classiquesCompte rendu tumvariorum de Ferd. Furstenbergio Episc. Ac Princ. Monast & Paderb. Aut. Leonardo Frison S. J.Quartus espistolas ipsius Principis Auto-risque ad Principem complexus/ &c. in12. Bur-digalæ. Et se trouve à Paris chez G. DeLuynes. 1684. TRACTATUS DE PODAGRA ET HYDROpeMédecine Compte rendu per Thom. Sydenham M. D. in 8.Lond. Et se trouve à Paris chez la V. Biestkins. RESPONSE DE M. L’EVESQUE DE TOURnaiThéologie Compte rendu aux Reflexions de M. I. M. D. L. D. V. sur les Memoires de ce Prelat touchant la Religion. in12 à Paris chez Cl. Barbin. 1685. NOUVEAU CALENDRIER POUR PLUsieursMathématiques Compte rendu années, avec son explication.à Paris chez P. Sevin Ingenieur ordinaire du Roy pour les Instrumens de Mathematique. 1685.
Compter et mesurer dans le texte scientiIque de la In du dix-septième siècle
LUCII CÆLII LACTANTII FIRMIANI OPEra Compte rendu quæ extant ad fidem Mss. Recognita & commen-tariis illusrata à Th Spark A. M. exædaChristi. in8. Oxonii.Et se trouvent à Paris à la Biblio-thèque du Roy. 1684. TABLES DES SINUS TANGENTES ET Compte rendu SECANTES ETdes Logarithmes &c. avec un traité de Trigonometrie par de nouvelles demonstrations &c. par M. Ozanam P. de Math. in8. à Paris chez Estienne Michalet. 1685. EXTRAIT DU JOURNAL D’ANGLETERRE. Extrait d’ar-SUITE DEla relation des Volcans ou eruptionsticle des feux soûterrains, arrivez dans les Isles Canaries, l’an1677. NOUVEAUTEZ DE LA HUITAINE. Tant pour Liste les Arts que pour les Sciences.
Théologie
Mathématiques
Géologie
Générale
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Le numéro desPhilosophical Transactionspour le 23 mars 1685 com-porte 7 items, dont un imprimé en latin. Ces items sont deux lettres, et deux extraits de lettres (dont un en latin), deux articles, et deux comptes rendus. Les domaines couverts sont la physique (deux items), l’astronomie, la biologie, la géologie, et la médecine (deux items) (Voir tableau 2).
Tableau 2. Contenu desPhilosophical Transactions23 mars 1685.
A remarkable account of an Hydrophobia,inLettre Médecine a letter fromDrRoger Howman,Physician in Norwich, toWilliam BriggsM. D.Fellowof theColl.of Phys. Lond.and Physician ofSt. Tho. Hospitall. An extract of a Letter from Senior Ciampini, Extrait de lettre Astronomie to Dr. Croon,concerning a lateCometseen at (Latin) Rome. Some Observations onBoyling Fountains,and Article Géologie Subterraneous Streams:byDr.Tancred Robinson, Fellowof theR.S. Of the weight of a cubic foot of divers grains,Article Physique &c. try’d in a vessel of wel season’d Oak, whose concave was an exact cubic foot. By the direction of thePhilosophicall SocietyofOxford. A Letter from Dr.Robert PlotofOxford,toDr. Lettre Physique Martin Lister F.of theR.S.concerning the use which may be made of the followingHistoryof the Weather,made by him at Oxfordthrough out the year1684.
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