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À propos de BnF collection ebooks

 

BnF collection ebooks est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection fine réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF par un comité éditorial composé de ses plus grands experts et d’éditeurs, BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés.

Morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse, tous les genres y sont représentés.

Éditée dans la meilleure qualité possible eu égard au caractère patrimonial de ces fonds, conservés depuis de nombreuses années par la BnF, les ebooks de BnF collection sont proposés dans le format ePub, un format ouvert standardisé, pour rendre les livres accessibles au plus grand nombre sur tous les supports de lecture.

MAISONS OUVRIÈRES.
Henri de Louw Photo : Delft.
Avant-propos
 

L’appétit vient en mangeant, – et en mettant la plume sur le papier, la passion d’émettre vos idées vous prend de plus en plus et on en vient à faire un livre. C’est ce qui m’est arrivé, si toutefois l’on veut bien accorder le nom présomptueux de livre aux pages qui vont suivre.

M’étant associé de grand cœur à la « Société formée pour faciliter l’étude des diverses méthodes de participation du personnel dans les bénéfices de l’entreprise1 », j’assistais à l’assemblée générale annuelle du 17 mars dernier. J’y fus invité à exposer les systèmes de primes, de participation, etc., que j’ai introduits dans la Société anonyme « Fabrique néerlandaise de levure et d’alcool », dont j’ai l’honneur d’être le directeur. C’est l’accueil que rencontrèrent mes communications dans cette réunion, qui me détermina à publier ces pages. Dans ma première idée, ce travail ne visait qu’à la traduction d’un rapport sur la participation aux bénéfices, que j’ai rédigé en faveur de ce principe et présenté au Conseil d’administration de notre société anonyme au mois d’août 1880. Cette traduction une fois terminée, je ne pus résister au désir de compléter ce travail par la description de toutes les institutions que j’ai fondées dans l’intérêt du personnel et qui forment ensemble ce que j’ai eu l’audace d’intituler « Essai de solution pratique de la question ouvrière ». J’ai l’espoir de ne pas avoir fait une œuvre stérile, à une époque où tout le monde s’occupe de cette question, et doit s’intéresser à sa solution.

Quand j’invoque enfin l’indulgence des lecteurs français j’espère qu’ils chercheront dans cette prière autre chose qu’une phrase banale. Le style, je le sais, trahira l’étranger, qui n’a cherché que trop souvent, sans les trouver, le mot juste, la tournure française. Je suis du reste convaincu qu’auprès de tous ceux qui s’intéressent au but que je me suis proposé, le fonds moral et social de mon travail leur fera accepter la forme littéraire.

 

J.-C. van MARKEN Jr.

Delft, Septembre 1881.

1« La Société qui entreprend cette œuvre ne veut ni provoquer ni soutenir des polémiques trop souvent stériles. Elle se propose uniquement de faire connaître à tous ce qui a été réalisé par quelques-uns, en signalant aux intéressés les documents qu’elle rassemble dans sa Bibliothèque ou qu’elle analyse dans son Bulletin. » Extrait de l’article 1er du programme de la Société.
Peuvent devenir membres de la Société les patrons, chefs d’établissement, directeurs ou administrateurs de Sociétés anonymes.
La souscription annuelle est de 20 francs. Elle peut être remplacée par un versement de 100 francs par an pendant trois ans, au moyen duquel s’acquiert le titre de membre fondateur.
Les lettres, communications et souscriptions doivent être adressées à M. le Secrétaire de la Société, 20, rue Bergère, à Paris.
Introduction
La société anonyme
Nederlandsche gist-en spiritusfabriek

(Fabrique néerlandaise de levure et d’alcool)

 

La Société anonyme « Nederlandsche Gist-en Spiritusfabriek » (Fabrique Néerlandaise de levure et d’alcool) a été fondée à Delft1 en 1869, au capital de 200 000 florins2, sous la direction de l’auteur du présent volume. Dès le début, le directeur considéra le dévouement aux intérêts du personnel de l’entreprise comme devant former partie intégrante de sa tâche. Il exprima sa foi dans le principe de la solidarité des intérêts entre le capital, l’intelligence et le travail. Il se déclara convaincu que l’entreprise doit profiter à tous et à chacun des trois éléments qui président à sa prospérité ; qu’aucun d’eux ne doit, et ne peut même à la longue, prospérer aux dépens des deux autres, ni souffrir à leur avantage. Cette foi, cette conviction, cependant, avaient moins de chances d’être partagées, à mesure que la prospérité de l’entreprise se faisait attendre. Il est de mon devoir, toutefois, de constater avec gratitude, que le Conseil d’administration et les actionnaires de notre Société, malgré les déceptions du début, me laissaient parcourir sans opposition le chemin que je m’étais tracé. Ils continuaient à m’honorer de leur confiance, sachant qu’un système honnête et bien déterminé présidait à ma gestion.

La foule, moins indulgente, se moquait de mes idées et de mes innovations : « Belle philanthropie », s’écria-t-on, « mais pour les dividendes, point de nouvelles ! » J’ai toujours récusé ce nom de philanthrope, qui, même prononcé sans ironie, ne constitue pas, à mon avis, un titre d’honneur pour l’industriel pratique. J’ai la conviction intime que l’industriel de nos jours a une mission sérieuse à remplir, mais que, en la remplissant, il ne travaille point aux dépens de lui-même, mais au contraire dans son propre intérêt. Il faut être aveugle pour nier que la prospérité et la moralisation du travailleur, employé ou ouvrier, doivent augmenter et augmentent en effet, ses forces physiques et intellectuelles, encouragent son zèle et son assiduité, et par conséquent doivent contribuer et contribuent à la prospérité du patron.

Les résultats des derniers exercices ont donné raison à cette appréciation, que l’union des intérêts fait la force de l’entreprise. Le succès de notre Société est devenu un fait rare dans les annales de l’industrie de notre pays. Après quatre années stériles, les actionnaires, en 1874, commencent à jouir de dividendes de 5 à 6 %. À mesure que les institutions en faveur du personnel se développent les bénéfices s’accroissent. L’exercice de 1877 rapporte 13 % au capital. L’année suivante donne des espérances encore plus élevées ; mais voilà qu’un incendie éclate dans l’usine, suspend tout travail pendant cinq mois et nous laisse avec une clientèle à regagner. Néanmoins les bénéfices permettent encore le paiement d’un dividende de 6 1/2 %. La vente des produits a bientôt dépassé le chiffre d’avant le désastre, l’exercice de 1879 donne aux actionnaires 24 %. Les agrandissements successifs des locaux ne suffisent plus à la demande croissante des produits de la fabrique ; vers la fin de 1880 mûrit le projet de construire une seconde usine, à côté de l’ancienne ; cette proposition est votée à l’unanimité par l’assemblée générale des actionnaires et le capital nécessaire de 200 000 florins souscrit plusieurs fois. En attendant l’ouverture du deuxième établissement, le dividende pour l’exercice de 1880 peut être fixé à 36 % ; et cela malgré les 19 000 florins de primes que nous avons payés au personnel dans le courant de cette année, malgré les 7 000 florins que, à la fin de cet exercice, nous avons réservés sur les bénéfices pour assurer aux membres du personnel des pensions dans la vieillesse. Et encore, ces résultats ne sont nullement dus à des conjonctures heureuses pour notre industrie mais aléatoires, ni à des spéculations avantageuses mais précaires : nos concurrents, et il y en a nombre dans le pays, se plaignent amèrement que le temps et les circonstances leur sont contraires. Le secret de notre succès ne doit être cherché, à mon avis, que dans le dévouement de tout notre personnel, dévouement qui nous a fait atteindre un certain degré de perfection dans la fabrication, obtenir des matières premières un rendement exceptionnel, qui nous a acquis la confiance d’une clientèle de plus en plus nombreuse et fidèle, et qui enfin a élevé notre fabrique de levure et d’alcool au niveau des plus étendues, des plus prospères, et, j’ose le dire, des mieux réputées du monde.

Tels sont les résultats de notre entreprise au regard du capital. Abordons maintenant l’objet de cet ouvrage. Exposons les principes, considérons les institutions, les moyens, qui, dans mon opinion, ont contribué, en grande partie, à cette réussite brillante ; arrêtons-nous à chaque institution, afin de déterminer le résultat de l’entreprise quant à l’autre élément coopérateur : le travail.

Le rapport, qui forme la première partie de ce volume, défend d’abord la nécessité d’assurer l’avenir des ouvriers ; il expose ensuite les relations entre les facteurs coopérateurs et le rôle que joue chacun d’eux dans l’entreprise, pour en conclure à la participation du personnel aux bénéfices, comme une question de justice et d’équité. Ce rapport, développant les idées générales de l’auteur sur la question ouvrière, forme pour ainsi dire la base de l’ensemble des institutions, décrites dans la deuxième partie du présent ouvrage. Les règlements de ces institutions sont chaque fois suivis, pour autant qu’il m’a paru nécessaire, d’un court aperçu sur leur origine, sur leur motif et sur les résultats obtenus.

1Delft, ancienne résidence des Stadhouders Princes d’Orange, riche en souvenirs historiques, véritable type de petite ville hollandaise, est située à peu de distance de La Haye, et compte actuellement 26 000 habitants.
21 florin = 2 fr. 10 c.
Caisse des retraites pour la vieillesse et participation aux bénéfices
Rapport et propositions
 

À Messieurs les membres du Conseil d’administration de la Société anonyme : « Nederlandsche Gist-en Spiritusfabriek. »

 

Messieurs,

Lorsque je vous ai soumis notre bilan de fin décembre 1879, vous avez bien voulu accueillir favorablement ma proposition ayant pour but de prélever une somme de 3 000 florins sur les bénéfices de notre entreprise, pour l’appliquer à la fondation d’une caisse des retraites en faveur des membres de notre personnel.

La commission d’intéressés chargée de la vérification du bilan a donné son approbation à cette décision ; l’assemblée générale des actionnaires y adhérait par son silence.

En adoptant ma proposition, vous avez simplement résolu la question en principe, la discussion du mode d’exécution ayant été remise à plus tard. Dans notre dernière réunion, après un entretien préliminaire à ce sujet, vous avez manifesté le désir de me voir exprimer mes idées sur cette question par écrit et d’une manière plus étendue, pour faciliter ainsi la discussion verbale de la question, et permettre de la traiter ensuite avec toute la gravité qu’exige l’importance de la chose elle-même. Dans les pages qui suivent, je m’acquitte de cette mission. Si, d’une part, j’ai lieu de craindre d’avoir trop compté sur votre patience, j’ai l’espoir cependant, d’un autre côté, de rencontrer cette fois encore la même bienveillance, que jusqu’ici mes projets ont obtenue de vous. J’espère, d’ailleurs, que l’importance même de la grande question sociale que nous avons à traiter me fera pardonner l’épreuve à laquelle je crois devoir soumettre votre patience et votre attention.

 

On ne peut nier que la lutte pour l’existence n’occasionne à tous ceux qui sont condamnés à vivre d’un revenu restreint, et particulièrement à l’ouvrier, des soucis lourds et pesants. C’est déjà beaucoup quand l’existence de chaque jour est plus ou moins bien assurée ; mais rarement l’ouvrier peut trouver le moyen de se rendre la vie agréable, encore moins celui de garantir l’avenir.

Le commerçant ou l’industriel, grand ou petit, atteint assez souvent le but qu’il poursuit, de faire monter ses bénéfices au-dessus de ses besoins. Il lui est souvent possible de mettre de côté une partie de ses bénéfices, qui lui permettra un jour de voir se coucher le soleil de sa vie dans un repos exempt d’inquiétude pour son pain quotidien. Quand il pense à la possibilité d’une mort prématurée, ses épargnes minimes d’abord, mais s’accroissant d’année en année, lui donneront de plus en plus la tranquillité de ne pas laisser après lui une famille dans la misère.

Le fonctionnaire de l’État, lui, a du moins la perspective de jouir, de la part du gouvernement, d’une pension de retraite qui mettra ses vieux jours à l’abri du besoin. Il n’en est pas ainsi de l’ouvrier, de l’employé au service d’un particulier ou d’une compagnie. Ses revenus sont et restent minimes, et, en général, à peine suffisants pour ses besoins. Quelque désirable qu’il soit pour chacun d’assurer par l’épargne son avenir et celui de ses enfants, avec quelque nécessité même que ce devoir s’impose, on ne peut exiger de l’ouvrier et du petit employé, pères de famille, qu’ils fassent beaucoup à cet égard : le chiffre des revenus restant presque toujours inférieur au minimum des besoins.

Je ne me fais certainement aucune illusion sur nos ouvriers : moi, plus qu’un autre peut-être, je puis parler de tristes expériences et d’amères déceptions. Je veux bien reconnaître que beaucoup d’entre eux vivent insoucieusement ; que sur dix mères de famille il y en a neuf qui laissent fort à désirer quant à leur manière de diriger le ménage ; qu’il y a peu de pères qui emploient leur salaire tout entier, et exclusivement, dans l’intérêt de leur famille. Mais cela ne prouve nullement que l’argent qui aurait pu être économisé par un meilleur emploi, en s’abstenant soit de boire des liqueurs fortes, soit de faire toute autre dépense inutile, que l’argent, dis-je, qui aurait pu être ainsi économisé, aurait pu être épargné. Dans ces circonstances, la proportion des besoins satisfaits est encore plus minime.

Un ouvrier absolument rangé, qui a une nombreuse famille et à sa tête une excellente ménagère, peut jouir d’un salaire raisonnable, sans que pour cela on ait le droit de lui imposer l’épargne comme un devoir moral. On pourra exiger de lui une sage économie, qui lui permettra de mieux nourrir et de mieux vêtir ses enfants, de leur faire donner plus longtemps de l’instruction et de se passer plus longtemps de leur assistance, mais vouloir qu’il épargne pour assurer l’avenir, c’est prétendre à une chose qui ne peut être réalisée, qu’aux dépens du développement physique et moral de ses enfants.

Les salaires de la grande majorité de nos ouvriers varient entre dix et quinze florins1 par semaine ; il est certain qu’il ne leur sera pas facile de gagner le même salaire ailleurs. Cependant j’ai la conviction que la somme des besoins à satisfaire dans une famille, doit être considérée comme très minime, même dans une famille dont le chef gagnera quinze florins.

Mais ce n’est pas de la question des salaires que je veux vous entretenir. On pourrait discuter à l’infini sur l’équité des salaires et la légitimité des besoins. Étant donné le taux actuel des salaires dans notre ville et les qualités physiques et intellectuelles exigées pour le travail de notre usine, je ne doute pas que le taux de nos salaires ne puisse soutenir l’épreuve, si l’on discutait son équité. Par ce qui précède j’ai simplement voulu démontrer, combien il est difficile d’imposer aux membres de notre personnel le devoir d’assurer eux-mêmes leur avenir et celui de leurs familles.

D’un autre côté, personne ne contestera l’utilité de cette assurance, et, lorsque le capital et la direction de notre Société se trouvent l’un et l’autre en présence de bénéfices plus qu’ordinaires, il me semble qu’il est moralement du devoir de ces deux facteurs de notre entreprise de se charger de cette assurance, pour autant et aussi longtemps que les résultats favorables continueront et, le permettront.

Nous avons d’excellentes raisons de supposer que, d’ici à quelques années, notre capital sera entièrement couvert des risques de l’entreprise, en même temps que le directeur sera à même d’assurer peu à peu son avenir. C’est pourquoi il me semble équitable qu’un sacrifice soit fait par l’un et par l’autre pour préparer ainsi au travail un avenir exempt d’inquiétude.

Quelque favorable cependant que puisse être la situation actuelle, quelque solides que soient les bases sur lesquelles s’appuient les espérances pour les années à venir, on ne saurait prédire avec certitude le sort d’une entreprise industrielle ; on ne saurait s’engager envers qui que ce soit sans commettre une grande imprudence. Dans le « Règlement de la caisse des retraites de la distillerie : Nederlandsche Gist-en Spiritusfabriek », que je soumets plus loin à votre approbation, j’ai cherché – et c’est là-dessus que je désire dès à présent attirer toute votre attention – j’ai cherché à établir en règlement qui, à aucun égard, ne porte préjudice à l’avenir de notre entreprise. La Société a mis à notre disposition, sur les bénéfices de 1879, une somme de 3 000 florins ; c’est là un fait accompli. Cette somme pourra être partagée, au prorata des salaires reçus, entre les membres du personnel, qui ont travaillé chez nous pendant l’année 1879. Avec cet argent nous pourrons assurer à chacun d’eux, selon sa quote-part, une rente viagère ou pension de retraite commençant à sa soixantième année. Cela peut se faire, soit en déposant la somme chez une compagnie d’assurances, soit en l’administrant nous-mêmes : nous en parlerons plus loin. Cette rente se montera, pour les plus âgés de notre personnel, à quelques florins seulement, et, pour les plus jeunes, à quelque vingt florins ; mais en tout cas, avec ces 3 000 florins et de quelque manière que ce soit, nous aurons assuré à chacun de nos employés et ouvriers une pension de retraite, si petite soit-elle, en récompense des services qu’il nous a rendus dans le cours de l’année 1879. Ainsi se trouve réglé l’exercice de 1879 pour le fonds de retraite, règlement qui repose exclusivement sur ce fait accompli qu’une somme de 3 000 florins a été mise dans ce but à notre disposition.

Si les bénéfices du capital et de la direction sont déterminés chaque année, il en sera de même pour la caisse des retraites du personnel. Supposons maintenant que l’année 1880 soit aussi avantageuse pour notre entreprise que l’année 1879, et qu’on puisse disposer d’une nouvelle somme pour le même objet, on pourra donc procéder de la même manière que l’année précédente et assurer de nouveau une petite rente viagère à chacun des membres de notre personnel. Supposons encore que l’année 1881 soit moins favorable et qu’il soit impossible de disposer d’une somme quelconque pour le but que nous avons en vue. Alors aucune rente ne serait attribuée ; ce qui n’empêcherait en aucune façon les rentes assurées en 1879 et 1880 de subsister, et ce qui n’empêcherait pas davantage d’assurer de nouvelles rentes viagères pour 1882 et les années suivantes. Chaque employé, chaque ouvrier qui reste à l’usine un certain nombre d’années acquiert ainsi un droit sur une série de rentes viagères différées, qui, réunies, formeront à sa soixantième année une pension de retraite plus ou moins suffisante ; mais, dans cette série, il pourra se rencontrer quelques lacunes correspondant aux années pendant lesquelles les résultats de l’entreprise n’auront pas permis aux actionnaires et à la direction de faire un sacrifice pour assurer l’avenir du personnel. Je reviendrai sur le rapport qui existe entre ces résultats et les revenus de la caisse des retraites, mais voilà pour l’instant le principe fondamental de ma proposition d’organisation ; organisation qui n’engage en rien pour l’avenir, qui se règle par année, et qui, au...

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