LA RÉVOLTE DES « VIEILLES »

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Les Panthères Grises sont l'avant-garde de plus de dix millions de Françaises de 50 ans ou plus, qui ont expérimenté la pilule, l'I.V.G., la « Révolution » de mai 68, l'informatique et Internet. Ces « ménagères de plus de 50 ans », qui se coltinent à la fois l'aide aux jeunes et le soutien aux aînés, sont sur le sentier de la guerre…En bonne santé, mais négligées par l'Audimat, la publicité, le marketing et la politique, elles ressentent un furieux désir de jouer un rôle actif dans notre société et de vivre pleinement jusqu'à leur dernier souffle. Ni parti ni syndicat, les Panthères Grises se veulent le laboratoire d'idées d'une nouvelle génération de femmes qui entend briser des tabous…
Publié le : mercredi 1 janvier 2003
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EAN13 : 9782296306134
Nombre de pages : 185
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Renate GOSSARD Jacques HUGUENIN

,

LA REVOLTE DES

"

VIEILLES

"

Les Panthères Grises toutes griffes dehors

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

@ L'Harmattan, 2002 ISBN: 2-7475-3466-9

" Le meilleur âge, c'est votre âge ".
Maggie Kuhn, fondatrice des Panthères Grises

Introduction LA RÉVOLTE DES ANTI-TATIE DANIELLE Ou comment on devient une Panthère Grise
Mireille, 81 ans Avec sa voix gouailleuse, son sourire malicieux, ses cheveux coupés courts, Mireille paraît bien dix ans de moins que son âge. Divorcée, sans enfant, elle vit avec moins de cinq cents euros par mois de pension de retraite. Une misère pour cette femme, la dernière d'une famille nombreuse, qui a travaillé toute sa vie comme" petite main" en maroquinerie, alors qu'elle rêvait d'être infirmière. La plupart de ses employeurs multiples et variés ont " oublié" de la déclarer, la laissant ainsi se débrouiller avec une retraite famélique lorsqu'elle a cessé son activité professionnelle. Mireille a adhéré aux Panthères Grises pour dénoncer haut et fort les pensions insignifiantes et le racket du paiement de la redevance T.V., une taxe qu'elle juge inadmissible.

Dotée d'un caractère bien trempé, Mireille se plaît chez les Panthères où elle s'occupe de l'animation du mouvement, qu'elle a d'ailleurs représenté au cours de plusieurs émissions de télévision. Les petites combines pour bien vieillir, le sens de l'entraide, Mireille connaît, foi de Panthère... Ginette, 74 ans Divorcée, mère d'une fille et grand mère d'une petite fille qui vivent à l'étranger, cette ancienne infirmière qui a fait l'Indochine et l'Afrique du Nord a mené grande vie jusqu'à la séparation avec son mari, disparu à la poursuite des jupons d'une jeune femme. Inutile de préciser que Ginette a très mal vécu ce divorce pénible et qu'elle se serait bien passé, également, des gros ennuis de santé qui lui gâchent la vie depuis quelques années, même si elle évite pudiquement d'en parler. Ginette a un cœur gros comme ça et participe à de nombreuses opérations caritatives, d'alphabétisation ou de soutien aux Restos du Cœur, par exemple. Elle s'occupe aussi de deux petits vieux de son immeuble, dont elle fait les courses. Ginette est une femme d'action, qui ne saurait vivre sans cultiver la solidarité au quotidien et s'impliquer dans des actions d'intergénération. Elle regrette d'ailleurs un peu que les Panthères Grises, dont elle fait partie avec enthousiasme, ne s'investissent pas davantage dans la croisade" jeunes et vieux, même combat! ". On peut donc compter sur elle pour que le mouvement devienne plus efficace, plus incisif, pour que les Panthères aiguisent leurs griffes et affûtent leurs crocs. N'oublions pas non plus que c'est elle qui tient les cordons de la bourse de l'association, mission ô combien délicate!

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Simone, 67 ans Cette veuve élégante et volubile, secrétaire en retraite, a élevé ses trois fils tout en travaillant. Elle est aujourd'hui la mamie-gâteaux de ses cinq petits-enfants. Simone est un pilier des Panthères Grises, qu'elle a rejoint il y a déjà dix ans. Ayant toujours été une femme active, c'est elle qui se charge du secrétariat et classe les monceaux de paperasse de l'association. Allergique à une retraite frileuse, Simone milite pour une meilleure représentativité des cheveux gris dans notre société et pour une participation digne de ce nom des aînés à la vie citoyenne. Elle est de toutes les manifestations organisées par les Panthères ou les mouvements de retraités, dès qu'il s'agit de se battre pour obtenir de meilleures conditions de vie en faveur des personnes âgées. Simone s'intéresse également de près à la question parfois épineuse des rapports belles-filles / belles-mères et a constitué un réseau anti-solitude au service des anciens de son quartier. Simone a mis son dynamisme à la disposition des Panthères Grises, ravie de pouvoir cultiver une activité associative qui la fait sortir de son cercle familial. Chez les dames Panthères, Simone a trouvé une ambiance conviviale et de quoi mettre à profit son efficacité pendant longtemps encore. Marguerite, 97 ans Ancienne comptable, hébergée en foyer-logement, Marguerite est incontestablement la doyenne des Panthères Grises. Elle a participé aux réunions du mouvement jusqu'en l'an 2000. Comme elle ne peut plus guère se déplacer, c'est désormais un représentant du bureau des Panthères qui vient lui rendre visite chaque semaine.

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Marguerite est le sage de l'association. Aucune action n'est entreprise sans son approbation. La doyenne se tient au courant de tout ce qui concerne les retraites, lit Le Monde tous les soirs et commente ses lectures aux jeunes Panthères. . . Marguerite fréquente peu les autres pensionnaires de son établissement, tenant à garder ses distances avec certains vieux pas toujours aimables ou peu ouverts d'esprit. La. presque centenaire a adhéré de manière inconditionnelle aux Panthères Grises, considérant le rôle joué par Maggie Kuhn aux États-Unis comme le modèle à suivre pour les félines françaises. " L'avenir des vieux, plaidet-elle, est un challenge que nous devons tous relever avec
ardeur"

.

Non vraiment, Marguerite, extraordinaire de dynamisme, ne paraît pas ses 97 printemps! Pauline, 67 ans Célibataire, retraitée d'une grande entreprise, Pauline a vécu toute sa vie avec sa mère, qu'elle a dû placer en institution à la fin de ses jours. Traumatisée par les mauvais soins prodigués à sa maman, elle est devenue une militante acharnée du combat pour une vieillesse dans la dignité. Politiquement engagée dans la défense de cette cause, elle veut que cela change et fulmine contre tous ceux que les problèmes des anciens laissent indifférents, notamment les acteurs sociaux, élus et autres décideurs, qui ne décident pas grand chose en faveur des aînés, mais dont elle fait inlassablement le siège. Au milieu des années 90, Pauline a adhéré toute seule aux Panthères Grises, dont elle est la personne ressource, chargée notamment d'élaborer la revue de presse quotidienne de l'association. Pauline rêve d'une Révolution des vieux et compte sur les Panthères pour allumer la mèche de la révolte des personnes

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âgées qui ne veulent plus être humiliées, offensées et rejetées. Les Panthères Grises incarnent l'association la plus représentative de l'idée que Pauline se fait du militantisme, le lieu idéal où cette jeune retraitée peut sortir ses griffes, ce dont elle ne se prive pas. Pierre, 70 ans Mais si, il y en a quelques uns! Pierre, septuagénaire élégant et soigné, fait partie de l'espèce rare des Panthères mâles. .. Son adhésion au mouvement dominé par le beau sexe date de 1997. Depuis dix ans qu'il est en retraite, ce célibataire endurci parcourt le monde en tous sens, compose des chansons et joue de la guitare. Pierre n'est pas peu fier d'être le seul homme membre du bureau des Panthères, au milieu de huit gentes dames. Aux côtés de ses sœurs Panthères, Pierre lutte contre " l'âgisme ", cette forme de racisme, ulcéré par la façon dont on traite, dans ce pays et ailleurs, les plus de 60 ans. Il dénonce le "jeunisme" outrancier de notre société et lutte pour le mieux vieillir en grattant sa guitare dans les clubs et maisons de retraite. En qualité de musicien, Pierre se bat farouchement, également, pour qu'un quota de chansons françaises soit imposé sur les ondes et à la télévision, où les chanteurs de plus de 60 ans brillent par leur absence. Quelle honte! Les aînés doivent tenir toute leur place, y compris dans les médias et sur les scènes du "show-biz ", estime Pierre le Félin. Personne ne doit" zapper" la vieillesse. Notre homme sait gré aux femmes Panthères d'exister et d'agir avec efficacité. Sans elles, pense-t-il, on parlerait beaucoup moins du sort des personnes âgées. Pierre confesse, par ailleurs, que ses airs de guitares servent souvent à adoucir les débats passionnés de ses sœurs toutes griffes dehors. . .

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Mireille, Ginette, Simone, Marguerite, Pauline et Pierre, ce sont eux les Panthères Grises: des femmes, en majorité, et quelques rares hommes, qui se veulent les porte-parole, l'avant-garde d'une France féminine et féministe vieillissante, très en colère. .. Les Panthères Grises? Ce sont les mouches du coche des quelque dix millions et demi de Françaises âgées de 50 ans ou plus!, qui, pour la plupart, ont connu ou expérimenté la pilule, l'IVG, le divorce à l'amiable, la pseudo-révolution de Mai 68, le four à micro-ondes et le micro-ordinateur, le Web et la photo numérique, la cohabitation Gauche-Droite ou Droite-Gauche, l'écologie militante et la parité en politique. . . Bien qu'elles aient atteint l'âge d'être grands-mères et retraitées ou le soient déjà depuis belle lurette, ces nanas-là, dans leur grande majorité, même si elles n'osent pas toujours se l'avouer franchement, n'ont ni l'envie d'être traitées de " mémés" -gâteaux-porte-monnaie, ni l'ambition de devenir des" Taties Danielle"2 aigries et emmerdeuses. Cajoler et garder ses petits-enfants ou ses vieux parents, elles sont d'accord, mais point trop n'en faut... Elles ont déjà donné, merci... Pas question d'embrasser sur le tard une seconde carrière d'assistante maternelle bénévole, encore plus dévorante que la précédente. .. Ces" seniorettes " hyperactives au bord de la révolte sont les pivots de la fameuse Génération Sandwich, celle qui se coltine souvent à la fois l'aide aux plus jeunes, adeptes du " cocooning" prolongé, et le soutien aux parents et grandsparents, dépendants et exigeants, en dépit d'une furieuse et
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Et seront de plus en plus nombreuses: à l'horizon 2050, les femmes

représenteront 58 % des plus de 60 ans et 65 % des plus de 85 ans (Cf. "Projections de population à l'horizon 2050 ", I.NS.E.E. Première, n° 762, mars 2001). 2 Titre du film d'Étienne Chatiliez, avec Tsilla CheIton dans le rôle d'une mémère infecte qui pourrit la vie des plus jeunes...

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légitime envie de profiter enfin un peu de la vie, à l'heure de la " quille" professionnelle ou parentale. Souvent en bonne santé, en pleine possession de leurs moyens physique (y compris sexuels) et intellectuels, ces femmes-là abordent pourtant un âge où l'on commence à percevoir ou à ressentir des signaux négatifs qui ont le don de les exaspérer. Les allusions du chef de service ou d'une jeune collègue de bureau qui vous invitent à entrevoir la retraite... Le décalage flagrant avec des hommes du même âge qui continuent à tenir les manettes du pouvoir et à courir les jupons, alors qu'ils vous pensent tout juste bonne à faire la popote cachée dans votre cuisine... La société toute entière et ses médias qui font presque comme si vous n'existiez pas. . . Ces ménagères de plus de 50 ans, négligées, donc, par l'Audimat, la pub, le marketing et la politique, ressentent une furieuse envie de continuer à vivre, joyeusement et sereinement, jusqu'à leur dernier souffle, en dépit de peur bleue qui, à l'instar de chaque être humain censé, les étreint en pensant au vilain sort qui attend les vieux ou les vieilles lorsqu'ils ne servent plus à rien et n'intéressent plus personne. En ce début de 21ème siècle, le spectre du mouroir, de l'enfermement en maison de retraite, cette salle d'attente du Grand Départ que personne ne tient à fréquenter en dépit des maigres efforts faits ici ou là pour l'" humaniser ,,3, continue à faire froid dans le dos de tout individu vieillissant, dès le rivage de la cinquantaine. Depuis trente ans, une minorité agissante de femmes qui veulent vivre pleinement leur vie quel que soit leur âge, mène donc campagne, à travers le monde repu et anesthésié des pays industrialisés, pour que la vieillesse devienne enfin une

3 Selon l'expression inventée par les technocrates et politiques au moment où a été lancé le chantier de la rénovation des hospices et de la disparition des" salles communes".

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période de la vie comme les autres, une étape de l'existence pas plus redoutable que les précédentes. Nées en 1970 aux États-Unis, les Panthères Grises ont entrepris de perturber le ronron social, médiatique et politique, de ruer dans les brancards et de sortir leurs griffes pour dire stop au vilain sort qui attend l'homo sapiens grisonnant. En France, la chef de meute des Panthères Grises est une pimpante sexagénaire d'origine allemande, Renate Gossard. Orpheline arrivée à l'âge de six ans en France, elle a été recueillie par une personne âgée qui lui a prodigué de l'affection, offert une éducation et peut-être transmis cette prédisposition à s'intéresser au sort des aînés de notre société. Ex-soixante huitarde, féministe et passionnée de gérontologie, épouse d'un médecin gériatre de Reims, Renate Gossard a milité dix ans au Planning Familial et travaillé un quart de siècle en maison de retraite, en qualité de podologue, d'infirmière et de formatrice. Elle y a assisté au spectacle désolant, démoralisant du " terminus de la vie ", joué dans des conditions souvent scandaleuses et désespérantes. C'est par rébellion contre cette" mauvaise vieillesse" et pour suivre l'exemple de la charismatique fondatrice des Panthères Grises américaines, Maggie Kuhn, rencontrée en 1985 à Philadelphie, que Renate Gossard a lancé son propre " mouvement des plus de 50 ans qui refusent de considérer la vieillesse comme un naufrage ou unefatalité ". Le -baptême du feu des Panthères" made in France" a eu lieu au cours de Cité Bleue, un salon pour seniors organisé à Vincennes, en décembre 1988. Depuis cette époque, les Panthères tricolores s'opposent à la retraite-couperet, à la mise à l'écart de la société des personnes âgées et se battent, " toutes griffes dehors", pour promouvoir la qualité de vie des retraités, développer de vraies solidarités intergénérations et faire évoluer les mentalités face à la vieillesse et à la dépendance du grand âge.

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Ni parti ni syndicat, l'association présidée par Renate Gossard se veut à la fois groupe de pression et cellule de réflexion. Elle fédère divers clubs et joue depuis plus de douze ans un rôle de "mouche du coche", de "poil à gratter" dans le dos des élus et des décideurs de toutes obédiences, pour qu'ils se décident enfin à prendre conscience des bouleversements que va engendrer le Papyboom (ou plutôt le Mamie-Boom) sur la société française et lui donnent les moyens d'assumer ce raz-de-marée des senIors. Les Panthères Grises veulent-elles constituer le laboratoire d'idées de cette nouvelle génération de femmes de plus de 50 ans qui brisera le tabou de la vieillesse? Les coups de griffes et les rugissements des Panthères Grises peuvent-ils être salutaires pour empêcher la Guerre des Âges? " Nous sommes tous les vieux de demain: la condition des personnes âgées est aujourd'hui l'affaire de tous ". "Jeunes et vieux, même combat". C'est pour vous convaincre du bien-fondé de ces slogans des Panthères et vous mobiliser contre l'indifférence qui risque de gâcher l'automne de votre propre vie, que nous avons écrit à quatre mains ce livretémoignage en forme de coup de gueule, de pamphlet contre la mauvaise vieillesse. Jacques HUGUENIN

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LES PANTHÈRES GRISES, D'OUEST EN EST Trente ans de luttes dans la jungle du monde industrialisé
Nous sommes à la fin des années soixante, aux États-Unis, en pleine ère du Rock'n Roll et du Peace and Love, au beau milieu de la sale et interminable guerre du Viêt-nam. Dans les grandes villes américaines les militants noirs du mouvement des Black Panthers manifestent contre les inégalités raciales et sociales, mais aussi contre l'impérialisme américain et pour l'arrêt de l'envoi de dizaines de milliers de GI's dans le Sud-Est Asiatique... La révolte des Black Panthers inspire un drôle de petit bout de femme d'un mètre cinquante de haut, débordant d'énergie. Margaret E. Kuhn, Maggie pour les intimes, est née en 1905. Cette bonne et dynamique chrétienne s'est dévouée durant quarante-trois ans en faveur de la solidarité, notamment pour la cause du programme socio-éducatif de la puissante Église presbytérienne américaine" l'un des principaux groupes de pression des États-Unis.

Le bourbier vietnamien trouble Maggie et lui inspire une comparaison un peu osée. Tout comme la plupart des jeunes Américains ne veulent plus aller mourir à des milliers de kilomètres de chez eux, la majorité des seniors américains ne souhaitent pas, eux non plus, achever lamentablement leur existence loin des yeux du monde, dans des mouroirs pudiquement appelés" maisons de retraite" ou "clubs de l'âge d'or".. . C'est sur le refus combiné de la guerre du Vietnam et de la retraite-ghetto que Maggie et cinq autres de ses amis, tous retraités, fondent, en août 1970, à Philadelphie, la Consultation of Older and Younger Adults for Social Change (le Conseil des adultes jeunes et vieux pour le changement social). Quelques mois plus tard, un producteur de "talk show" télévisé, séduit par le dynamisme et le franc-parler de ces vieux qui n'en sont pas mais se montrent toujours prêts à rugir, a l'idée de les surnommer les Gray Panthers... Le premier mouvement revendicatif de cheveux gris de la planète adopte ainsi, à partir de 1972, un vocable suffisamment parlant pour attirer l'attention des médias. Dès lors, les Gray Panthers vont saisir toutes les tribunes possibles pour dénoncer l'indifférence de l'Oncle Sam face à l'exclusion de la vie active et à la retraite forcée des anciens, pour refuser l'assignation des vieux au rôle de " nonpersons" oubliées dans des institutions" entrepôts" ou "jardins d'enfants". Leur vocation sera de libérer les personnes âgées " du paternalisme et de l'oppression" dans lesquels la bienpensante société américaine les enferme pour les réduire à l'impuissance. Maggie va incarner une nouvelle philosophie de l'automne de l'existence et se consacrer corps et âme à essayer de convaincre ses concitoyens que l'on peut donner un nouveau sens au mot" vieillir ", c'est-à-dire mettre à profit son âge au service de la justice sociale, de la sagesse, de l'ouverture aux

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