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La rue Arago

De
125 pages
Un récit de vie intimiste touchant Le quotidien d'une petite fille durant la seconde guerre mondiale Troisième d'une fratrie de cinq enfants, l'auteure nous parle des siens et des difficultés rencontrées pour continuer à vivre – voire survivre – lorsque tout manque, que les bombardements allemands distillent la terreur. Elle décrit aussi les astuces trouvées par les uns et les autres pour s'en sortir, les petites joies, les moments de tendresse… et la vie qui continue, malgré tout.
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Titre
La rue Arago
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Titre G inette Caron
La rue Arago
Roman
5 É ditions Le Manuscrit
E n couverture :Ginette et son père© Droits réservés
© É ditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 274818436X (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748184365 (livre imprimé) ISBN : 2748184378 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748184372 (livre numérique)
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La rue Arago
Je dédie ce livre à mes chères sœurs, Y vonne et Micheline, emportées par la maladie ainsi qu’à leurs enfants, mes neveux et nièces que j’adore.
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Préface
PRÉ F ACE
Ma sœur Yvonne nous a quittés il y a trois ans, Micheline il y a quelques mois. E lles me manquent beaucoup. J’ai écrit cette biographie pour les faire revenir un petit moment parmi nous. Je serais tentée de dire parmi moi. Nous étions une grande famille de cinq enfants. Nos parents, des gens simples et courageux, nous ont donné beaucoup d’amour. Mon père était vannier, il travaillait beaucoup pour un salaire modeste. Chaque matin il partait à 6 h 00 sur son vélo (parfois sous une pluie battante) pour se rendre à son atelier, à Pantin. Nous habitions à Romainville, à 4 km de là. Il travaillait six jours par semaine et le dimanche, à la maison, il réparait les bannetons des boulangers pour améliorer l’ordinaire.
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La rue Arago
Par souci d’économie, maman a allaité ses enfants très longtemps. À deux ans, après avoir mangé des nouilles ou de la purée, je tétais encore ma mère. E lle ne s’est, pour ainsi dire, pas arrêtée puisque mon frère, né deux ans et demi après moi, a pris la relève. Il paraît que je supportais très mal de voir cet intrus prendre ma place. Lorsque je suis venue au monde (ma mère a accouché à la maison), ma tante Paulette, qui était présente, s’est écriée : « Ce qu’elle est laide ! ». J’étais la seule à avoir des yeux noirs. J’ai cent fois demandé à maman : « Pourquoi ? ». Lorsque Jeannine est née, j’ai été ravie de constater qu’elle avait des yeux marron. Micheline, l’aînée, était notre seconde mère. E lle a largement participé à notre éducation et à notre entretien. Tous les samedis, elle faisait chauffer une grande bassine d’eau sur le poêle. Puis elle nous alignait devant l’évier de la cuisine, le seul point d’eau. E lle lavait d’abord les visages, puis les torses, les fesses, les jambes et enfin les pieds. Dans le même ordre, elle nous rinçait et nous essuyait. C’est aussi Micheline qui allait voir nos institutrices lorsqu’un problème surgissait.
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