La rue et l'e-rue

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En quelques années, les mobilisations protestataires dans la rue comme sur les réseaux sociaux, se sont banalisées à travers le monde. Cette e-rue s'est affirmée comme lieu et moyen, pour le citoyen ordinaire, de diffusion d'opinions et d'appels protestataires, devenant ainsi une plateforme de mobilisations. Ce volume enrichit les analyses des protestations civiles et articule des analyses des exemples récents en Bulgarie, Roumanie, Turquie, Maroc, Chine et Italie.
Publié le : jeudi 1 octobre 2015
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EAN13 : 9782336391892
Nombre de pages : 250
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Sous la direction de PetiaGUEORGUIEVAet AnnaKRASTEVA
LA RUE ET L’E-RUE Nouvelles contestations citoyennes
Préface de Marcello Vitali Rosati
Local & Global
La rue et l’e-rue Nouvelles contestations citoyennes
e Cet ouvrage est le 35 de la
1. Serge Dufoulon & Maria Rostekova (dir.),Migrations, Mobilités, Frontières et Voisinages 2. Gilles Rouet (dir.),Citoyennetés et nationalités en Europe. Articulations et pratiques 3. Gilles Rouet (dir.),Nations, cultures et entreprises en Europe4. Helena Balintova & Janka Palkova (dir.),Productions et perceptions des créations culturelles5. Ivaylo Ditchev & Gilles Rouet (dir.),La photographie : mythe global et usage local6. Gilles Rouet (dir.),Usages de l’Internet. Éducations & culture7. Dominique Berthet,Pratiques artistiques contemporaines en Martinique. Esthétique de la rencontre 1 8. Gilles Rouet (dir.),Usages politiques des nouveaux médias9. Antoniy Galabov & Jamil Sayah (dir.),Participations & citoyennetés depuis le Printemps arabe10. Serge Dufoulon (dir.),Internet ou la boîte à usages11.François Soulages (dir.),Géoartistique & Géopolitique, Frontières12. Serge Dufoulon & Gilles Rouet (dir.),Europe partagée, Europe des partages 13. Isabelle Moindrot & Sangkyu Shin (dir.),Transhumanités14. Gilles Rouet & François Soulages (dir.),Frontières géoculturelles & géopolitiques15. Anna Krasteva (dir.),e-Citoyenneté 16. Martin Klus & Gilles Rouet (dir.),Médias et sociétés interculturelles 17. Gilles Rouet(dir.),Quelles frontières pour quels usages ? 18. Gilles Rouet(dir.),Mobilisations citoyennes dans l’espace public19. Marc Veyrat (dir.),Arts & espaces publics20. Radovan Gura & Natasza Styczynska (dir.),Identités & espaces publics européens21. Serge Dufoulon & Jacques Lolive (dir.),Esthétiques des espaces publics22. Thierry Côme & Gilles Rouet (dir.),Esthétiques de la ville. Équipements & usages 23. David Sudre & Matthieu Genty (dir.),Le sport. Diffusion globale et pratiques locales 24. François Soulages (dir.),Biennales d’art-contemporain & frontières 25. Anna Krasteva & Despina Vasilcu (dir.),Migrations en blanc. Médecins d’est en ouest26. Imad Saleh, Nasreddine Bouhaï & Hakim Hachour (dir.),Les frontières du numérique27. Éric Bonnet (dir.),Frontières & œuvres, corps & territoires28. Maria Rostekova & Peter Terem (dir.),Politiques et coopérations dans l’espace euro-méditerranéen29. Radovan Gura & Gilles Rouet (dir.),Intégration & voisinage européens 30. François Damon,L’art contemporain au Viêt-Nam31. François Soulages (dir.),Mondialisation & frontières. Arts, cultures & politiques32. Éric Bonnet & François Soulages (dir.),Lieux & Mondes. Arts, cultures et politiques 33. Éric Bonnet & François Soulages (dir.),Frontières & artistes 34. Antoniy Galabov & Gilles Rouet (dir.),Services publics, entreprises publiques, quelle place pour les citoyens ? 36 Michael Rinn & Nathalie Narváez Bruneau (dir.), L'afrique en discours. Lieux communs & stéréotypes de la crise
Sous la direction de Petia GUEORGUIEVA& Anna KRASTEVALa rue et l’e-rue Nouvelles contestations citoyennes Préface de Marcelo Vitali Rosati
Ce numéro thématique de « Local & Global » a été réalisé avec le concours de l’équipe de recherche « e-Citoyenneté » dirigée par Anna Krasteva, de la Nouvelle Université Bulgare, de l’Institut d’Études Européennes et Internationales de Reims et de l’Institut français de Bulgarie. Plusieurs textes ont été réalisés dans le cadre de programmes de recherche financés par l’Agence Universitaire de la Francophonie. Recension du volume : Serge Dufoulon & Radovan Gura Rédacteurs scientifiques : Anne-Coralie Bonnaire & Christophe Lips Partenaires de la collection RETINA International, Recherches Esthétiques & Théorétiques sur les Images Nouvelles & Anciennes, ECAC,Europe Contemporaine & Art Contemporain, Paris 8, Laboratoire de Recherche en Management, LAREQUOI, Institut Supérieur de Management, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, IEEI,Institut d’Études Européennes et Internationales, Reims & Faculté de Sciences Politiques et des Relations Internationales, Banská Bystrica.Comité scientifique international de lecture Argentine(Silvia Solas, Univ. de La Plata),Belgique(Claude Javeau, Univ. Libre de Bruxelles),Brésil(Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia, Salvador),Bulgarie(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St-Clément-d’Ohrid),Chili(Rodrigo Zuniga, Univ. du Chili, Santiago),Corée du Sud(Jin-Eun Seo, Daegu Arts University, Séoul),Espagne(Pilar Garcia, Univ. de Séville),France(Gilles Rouet, Univ. de Reims, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica & François Soulages, Univ. Paris 8), Géorgie(Marine Vekua, Univ. de Tbilissi),Grèce(Panayotis Papadimitropoulos, Univ. d’Ioannina),Japon(Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo),Hongrie(Anikó Ádam, Univ. Catholique Pázmány Péter, Budapest),Russie(Tamara Gella, Univ. d’Orel),Slovaquie(Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica),Taïwan(Stéphanie Tsai, Univ. Centrale de Taiwan, Taipei)© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISSN : 2257-3690 ISBN : 978-2-343-07090-2 EAN : 9782343070902
Préface Marcello Vitali-Rosati C’est l’espace qui fait le politique. L’organisation de nos sociétés, leurs valeurs, leurs dispositifs de gouvernance, d’autorité, de représentation sont une question architecturale. Si l’on veut comprendre de façon critique le politique, faut-il analyser la structure – ou mieux la structuration – de l’espace ? À partir du rapport entre élite et représentance qui se faisait dans et par l’agora grecque, en passant par l’équilibre entre les pouvoirs temporel et religieux qui se jouait dans la disposition des cathédrales et des palais municipaux dans les villes médiévales, jusqu’aux boulevards haussmanniens et à leur façon de rétablir des rapports hiérarchiques clairs entre les citoyens et le pouvoir, notre façon d’organiser et d’habiter l’espace est à la base de nos modèles politiques. Or, si c’est l’espace qui fait le politique, que se passe-t-il lorsque l’espace change son organisation ? Immanquablement, le politique est à son tour refaçonné. La première caractéristique du numérique est de modifier les structures architecturales dans lesquelles nous vivons, de reconfigurer les rapports entre visible et invisible, privé et public, de restructurer les rapports entre distance et proximité... En même temps, ce changement ne peut pas être considéré comme une révolution : en d’autres termes, il ne s’agit pas d’une rupture par rapport à notre tradition politique, il ne s’agit pas d’un changement discret, d’un modèle à un autre, complètement différent ou même opposé. Le numérique s’insère dans une continuité. L’espace que le numérique nous propose est une hybridation d’anciens et de nouveaux dispositifs qui se combinent et empiètent les uns sur les autres. Comme le montre très bien
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Marcello Vitali-Rosati
Saskia Sassen dansTerritory, authority, rights, le passage d’un modèle politique à un autre comporte toujours une hybridation : les structures fondamentales du premier modèle concourent à façonner et à informer le second. C’est exactement ce qui arrive dans l’espace numérique. Des formes de pouvoir typiques des systèmes politiques prénumériques coexistent avec des formes de pouvoir typiques des pratiques numériques. Voilà pourquoi il est aujourd’hui nécessaire de questionner les rapports entre la rue – comme espace du politique pré- ou non-numérique – et l’e-rue – comme espace du politique numérique. Ce rapport doit être questionné sans tomber dans un écueil très dangereux : celui de penser Internet comme un tout, un espace uniforme et indifférencié qui aurait des caractéristiques essentielles, la connaissance des secondes permettant d’exprimer des jugements moraux sur le premier. En d’autres termes, il faut éviter deux positions opposées à propos du rapport entre numérique et politique, toutes les deux fausses ou du moins caricaturales et pourtant souvent suggérées par les médias et présentes dans un certain discours public. La première consiste à affirmer une prétendue « neutralité » de l’outil par rapport à l’emploi qu’on en fait. Le numérique serait un instrument qu’on pourrait utiliser pour promouvoir un type de politique ou un autre, il serait en ce sens a-politique, et sa politisation dépendrait tout simplement de ce que les usagers en font. C’est une vision naïve et, pour tout dire, assez manichéenne. Elle repose, en effet, sur l’idée qu’il y aurait un Bien et un Mal et que les outils serviraient tout simplement à réaliser plus facilement des actions qu’on aurait réalisées autrement en l’absence des outils numériques en question. Or, la technique détermine les catégories conceptuelles qui nous servent pour établir les valeurs. En d’autres termes : ce qui est bien et ce qui est mal se construisent culturellement, et la culture est produite et façonnée par la technique. Mais cette affirmation ne doit pas nous faire tomber dans les écueils d’une seconde position aussi caricaturale que la première, selon laquelle le numérique déterminerait une orientation politique plutôt qu’une autre ou encore une augmentation ou une diminution de la liberté. Pour simplifier, selon cette thèse, le numérique serait en lui-même de gauche ou de droite, libéral, libertaire ou liberticide.
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Préface
Le numérique détermine une situation culturelle. Il produit donc les conditions de possibilité du politique, mais non son orientation. Un essai de politique numérique doit se poser en premier lieu la question des enjeux du politique à l’époque du numérique, ce qui implique d’en comprendre les structures conceptuelles et de déduire les valeurs que celles-ci produisent. Cela signifie que le politique change dans sa totalité et non pas seulement en rapport avec des pratiques numériques : en fait, c’est l’espace public qui change entièrement. Il ne s’agit pas simplement de juxtaposer à l’espace public pré-numérique un espace public numérique ni de mettre ces deux espaces en opposition. Il s’agit au contraire de comprendre de quelle manière le numérique produit un nouvel espace hybride qui estnotreespace public. Le mérite de cet ouvrage – dans la continuité d’autres travaux d’Anna Krasteva, qui développe cette réflexion depuis plusieurs années – est de savoir analyser les espaces publics à l’ère du numérique sans parti pris idéologique et sans préjugés manichéens. Les différents chapitres prennent en compte des situations politiques concrètes et analysent avec précision les pratiques citoyennes, les réponses des pouvoirs et les issues de ce jeu politique. L’ensemble des chapitres du livre questionne le rapport complexe entre rue et e-rue, qui est caractérisé par des allers-retours non linéaires et souvent très problématiques. Par exemple, Thierry Kochuyt montre la valeur protopolitique de l’e-rue et sa difficulté à acquérir une influence plus proprement politique ; Gabriela Ionascu montre aussi la difficulté du passage des mouvements de résistance sur les réseaux sociaux à une résistance organisée dans la rue ; Ivanka Mavrodiéva montre au contraire des aspects de continuité et de résonance entre le discours qui se tient dans l’espace numérique et la rhétorique politique officielle... Ces analyses se basent sur l’observation très concrète de plusieurs situations de résistance politique : de la Bulgarie à la Roumanie, en passant par l’Italie, la Turquie, le Maroc et la Chine. Il en ressort un cadre complexe et hétérogène de pratiques, situations, tendances culturelles et enjeux politiques. Notre espace public est en train de changer, c’est pourquoi la réflexion politique s’avère de plus en plus urgente et fondamentale.
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