Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

La sexualité à l'épreuve du couple

De
120 pages
Dans la majorité des divorces, les difficultés d'ordre sexuel sont souvent pointées du doigt comme une cause majeure de la rupture. S'appuyant sur les confidences recueillies lors de ses entretiens avec les couples qui divorcent, l'avocate Agnès Dalbin tente d'apporter son éclairage personnel sur cette problématique. Ce livre évolue comme une véritable histoire humaine, du mariage au divorce, en passant par la parentalité et l'après-divorce.
Voir plus Voir moins

La sexualité à l’épreuve du couple
Les révélations d’une avocate
Dans la majorité des divorces, les difficultés d’ordre sexuel sont
souvent pointées du doigt comme une cause majeure de la rupture.
S’appuyant sur les confidences recueillies lors de ses entretiens avec
les couples qui divorcent ainsi que sur des anecdotes parfois drôles, Agnès DALBINparfois dramatiques, empruntées à leur vie, l’avocate Agnès Dalbin tente
d’apporter son éclairage personnel sur cette problématique. Pour mener
sa réflexion, elle aborde successivement l’évolution de l’approche de la
sexualité dans la société, afin de cerner l’héritage social et culturel des
couples, les conséquences des héritages familiaux, des traumatismes et
des influences audiovisuelles qui sous-tendent les critères de choix du
conjoint, et enfin l’impact de la vie quotidienne et des contraintes qui en
résultent sur la relation sexuelle des couples, avant d’ouvrir sa réflexion La sexualité à l’épreuve
sur les moyens à mettre en œuvre pour tenter de retrouver une sexualité
plus épanouie. Ce livre évolue comme une véritable histoire humaine, du du couplemariage au divorce, en passant par la parentalité et l’après-divorce, et se
veut constituer, outre un moment de partage d’expériences, une clé et un
soutien permettant à la sexualité de reprendre pleinement sa place dans
la vie des couples, mariés ou non. Les révélations d’une avocate
Agnès Dalbin est avocate spécialisée en droit de la famille et en droit pénal
des victimes d’agressions sexuelles depuis plus de trente années. Avocate
d’enfants et titulaire du diplôme de médiatrice familiale, elle exerce aujourd’hui
ces fonctions parallèlement à sa profession d’avocate. En juillet 2008, elle
obtient le DIU de sexologie à l’université de Paris 13. En 2009, elle publie son
premier livre Les secrets d’un divorce réussi, devenu depuis l’ouvrage de
référence tant pour les professionnels du droit et les médiateurs familiaux que
pour les couples qui divorcent. En 2014, elle participe activement au groupe de
travail « Médiation familiale et contrats de co-parentalité » initié par le ministère
chargé de la famille et s’investit plus particulièrement dans la rédaction des trois
propositions du rapport sur la résidence alternée.
La Justice au Quotidien La Justice au Quotidien50
Collection dirigée par Jean-Paul Céré
ISBN : 978-2-343-04938-0
13,50
Agnès DALBIN
La sexualité à l’épreuve du couple
re
1 édition








La sexualité
à l’épreuve du couple
Les révélations d’une avocate





Agnès DALBIN










La sexualité
à l’épreuve du couple
Les révélations d’une avocate





















































































































































































































































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04938-0
EAN : 9782343049380








Remerciements :
En hommage à tous les hommes et toutes les
femmes qui ont partagé leur vécu intime avec moi et
m’ont ainsi permis de garder espoir en la capacité de
l’être humain à bâtir son bonheur


« Le plus grand bonheur après que d’aimer, c’est de
confesser son amour »
André Gide







Introduction


Après plus de trente années passées à exercer en qualité
d’avocate spécialisée en droit de la famille, j’ai tellement reçu de
confidences intimes de la part des couples qui se séparent qu’il
m’est apparu capital de faire partager ces expériences si riches de
connaissance. Par la suite, un diplôme de sexologie en poche, je
me suis intéressée au mariage et au divorce, non plus sous l’angle
juridique comme dans mon premier livre Les secrets d’un divorce
1réussi , mais sous l’angle de la vie sexuelle des couples. J’ai en effet
observé que, si la majorité des divorces résultent d’une absence de
communication, ce cruel déficit coïncide souvent avec une
absence de relations sexuelles. Comme dans le paradoxe de l'œuf et
de la poule, il demeure cependant difficile de déterminer si le
conflit conjugal naît d’une difficulté d’ordre sexuel ou si la difficulté
d’ordre sexuel naît du conflit conjugal. De même, il n’est pas
toujours aisé de savoir si cette difficulté existait au moment du
mariage ou si elle en est une résultante.
Pour mener ma réflexion, j’ai été amenée tout naturellement à
m’interroger sur l’évolution de l’approche de la sexualité dans
notre société, afin de cerner l’héritage social et culturel des
couples. Avec ce que l’on a appelé la révolution sexuelle des
années post soixante-huit, l’accès à la contraception et à
l’interruption volontaire de grossesse, on aurait légitimement pu
penser que la sexualité dans le couple ne constituait plus un tabou.
Il n’en est rien ! C’est ce que m’ont enseigné plus de trente années
consacrées à l’écoute des couples qui se séparent : la sexualité
représente encore aujourd’hui un tabou majeur pour la plupart
d’entre eux.

1 DALBIN Agnès, Les secrets d'un divorce réussi, Paris, L’Harmattan, 2009. 8 Introduction
En 1980, lorsque je débutais dans la profession d’avocat, les
problèmes liés à la sexualité des couples étaient principalement
« traités » sur les ondes par Madame Menie Grégoire qui, avec sa
capacité d’écoute et sa profonde empathie, recueillait les
confidences et tentait d’aider les personnes à résoudre leurs difficultés.
Avec le développement des radios locales, les adolescents ont
ensuite pu trouver sur Skyrock avec le « Doc » un interlocuteur à
même de les aider à exprimer leurs questionnements et à trouver
des débuts de réponses ou tout au moins une écoute bienveillante.
Aujourd’hui c’est Madame Brigitte Lahaie, ex-star du porno, qui
officie en la matière et, je dois bien le reconnaître, avec un certain
talent. Son absence de tabous, son expérience et son ouverture
d’esprit facilitent l’échange et encouragent la confidence. Elle sait
également sélectionner des sujets susceptibles d’intéresser le plus
grand nombre et s’entourer des meilleurs spécialistes. Ceci étant
dit, l’évocation de la sexualité des couples lors d’émissions sur les
ondes ou dans les forums de discussion via Internet, me semble
clairement traduire un manque d’éducation sexuelle dans notre
pays et le retour du « Doc » à la radio et l’intérêt qu’il continue à
susciter chez les adolescents m’apparaît tout à fait révélateur de
l’absence d’évolution de l’éducation sexuelle depuis les vingt
dernières années.
Dans la société française, en matière d’éducation sexuelle,
certains parents délèguent à l’école, l’école aux parents et finalement
cette éducation fondamentale finit par être renvoyée vers les
copains, Internet ou la pornographie. Rares sont les enfants et les
adolescents, qui ont eu la chance de pouvoir parler de sexualité
avec leurs parents. Que connaissent nos adolescents du
fonctionnement de leur propre corps ? Comment appréhendent-ils celui de
l’autre sexe ? L’épanouissement sexuel futur du couple ne
dépendil pas de la manière dont la sexualité est abordée dans l’enfance et
à l’adolescence ? Cette problématique, personne n’ose l’aborder.
La sexualité ne se parle pas, elle se vit... Dans le secret. La relation
sexuelle, qui est pourtant la relation la plus intime entre deux êtres,
est la plupart du temps abordée sous un aspect organique et
mécanique, quand ce n’est pas dans le spectre de la maladie. Dans le
même ordre d’idée, les agressions subies, et qui ont vocation à
resurgir un jour dans la vie sexuelle, sont trop souvent occultées Introduction 9
par le milieu familial sous prétexte « qu’avec le temps tout passe ».
À moins qu’elles ne soient abandonnées à un système judiciaire
dévastateur parce qu’incompétent en matière de réparation des
traumatismes.
Comment laisser de côté toutes ces victimes d’inceste qui ont
subi, outre l’agression sexuelle, le silence coupable de l’autre
parent, - quand ce n’est pas sa complicité tacite -, et qui revivent ce
douloureux traumatisme à l’occasion d’un événement de leur vie
sexuelle conjugale ? Je ne peux non plus occulter celles et ceux qui
ont subi une procédure judiciaire inappropriée, ajoutant le
traumatisme du procès à celui de l’agression. C’est ainsi qu’on arrive
souvent au mariage avec son héritage familial, social et culturel,
avec ses expériences bien ou mal vécues, traumatiques parfois,
voire avec sa totale inexpérience. Par ailleurs, il est important de
ne pas perdre de vue que notre image de la sexualité est souvent
influencée par les films que nous avons pu voir pendant notre
puberté et qui traitent de la relation sexuelle ou simplement
amoureuse et affective entre un homme et une femme. Ces films
façonnent nos critères de choix du partenaire, mais aussi nos
demandes, ou plutôt nos attentes, dans les registres affectif et sexuel.
Ainsi, dès notre plus jeune âge s’insinue en nous une image de la
sexualité qui reste une référence tenace.
En tant qu’avocate d’enfants et d’adolescents j’ai constaté à
quel point les influences visuelles pouvaient être dévastatrices. La
publicité utilise la dimension sexuelle pour « vendre » un café, une
boisson gazeuse ou un parfum. L’image du corps des jeunes filles
est directement liée au modèle esthétique véhiculé par les
magazines dits de mode dans lesquels la maigreur remplace l’attrait des
formes et la chirurgie esthétique le charme du naturel. Combien de
jeunes filles privent leur corps de nourriture et rêvent dès le début
de leur puberté d’une poitrine pour le moins avantageuse si ce
n’est disproportionnée ? L’approche de la sexualité par les
garçons, de même que leur vision du corps de la femme se
construisent principalement à travers le visionnage de films
pornographiques, et l’accès à des sites spécialisés sur Internet. L’image
de la femme y est dégradée et clairement de nature
pornographique, pubis rasé et seins siliconés. Combien de jeunes garçons
pensent que l’acte sexuel consiste à introduire leur sexe mécani-1 0 Introduction
quement dans le sexe de la femme pour provoquer le plaisir de
leur partenaire, quand ce n’est pas éjaculer sur leur visage en
accompagnant l’acte sexuel d’insultes ou de paroles pour le moins
humiliantes ? Des parents m’ont même confié avoir surpris leurs
très jeunes enfants, âgés de 8 à 10 ans, mimant l’acte sexuel avec
maints bruitages associés à des postures éloquentes. Ce qui laisse à
penser qu’ils avaient vu des images ou assisté à des scènes où un
couple s’adonnait à des ébats sexuels ardents. Questionnés sur ce
que représentait ce mime, les enfants auraient répondu clairement
« c’est faire l’amour », mais interrogés sur « comment on fait
l’amour ? » ils n’auraient pu apporter aucune réponse. Les parents
prenaient alors conscience qu’ils n’en savaient effectivement rien.
Face à une telle ignorance on peut légitimement s’interroger sur
l’origine d’un tel conditionnement...
Je reçois également de plus en plus souvent à mon cabinet de
jeunes garçons, de 10 à 13 ans, poursuivis devant le juge des
enfants pour avoir demandé à leur petit cousin un peu plus jeune de
« mettre son zizi dans sa bouche », ou pour avoir fait « un bisou
sur la zézette » de leur petite cousine. Ces jeunes garçons sont
entendus par la police, gardés à vue, fichés, expertisés par un
psychologue ou un psychiatre pour déterminer leur degré de
perversité. Mis en examen par un juge pour enfants, alors qu’ils ne
sont même pas pubères, ils finissent par être condamnés par le
Tribunal pour enfants à de la prison avec sursis, au seul motif
qu’ils étaient incapables à l’audience d’expliquer la raison de leur
geste. Comment auraient-ils pu le faire ? Les petites filles qualifiées
de victimes sont également entendues par les services de police ou
de gendarmerie, quand elles ne sont pas filmées, examinées par un
médecin légiste, expertisées par un psychiatre pour déterminer la
réalité de l’infraction et l’étendue de leur préjudice. Je suis
consternée de voir notre système de répression judiciaire anéantir à
tout jamais, par pure méconnaissance du fonctionnement de la
sexualité humaine, la naïveté de jeunes enfants, détruire leurs liens
familiaux et les marquer à vie en leur faisant subir le poids d’une
morale castratrice et de tabous personnels, au risque d’altérer
définitivement leur vie sexuelle.
Comment corrélativement ne pas être indignée par la véritable
« prostitution » de ces collégiennes acceptant, par amour pour leur Introduction 11
petit ami, de pratiquer des fellations monnayées sur les copains de
ce dernier dans les toilettes du collège.
Lorsque les parents divorcent, que l’un des parents devient le
parent chez qui les enfants résident à titre principal et l’autre le
parent des week-ends et des vacances, l’accès à l’information
sexuelle et à la communication sur leurs expériences ou leurs
interrogations est encore davantage réduit, chaque parent imaginant
avec la plus grande complaisance que l’autre se charge de ce
« problème ». Les enfants gardent également souvent à l’esprit,
pendant leur vie d’adulte, les traumatismes subis en cas de
séparation conflictuelle des parents. Notamment lorsqu’ils sont devenus
l’enjeu du conflit conjugal ou le confident sur tous les plans de
l’un des parents, voire des deux. L’enfant thérapeute ou
médicament pour le parent, cela existe !
Il apparaît difficile de parler de l’approche de la sexualité chez
les adolescents sans évoquer l’enthousiasme, pour ne pas dire
l’exaltation, suscité par la saga Twilight dont les trois premiers
épisodes passent de la « fascination », à la « tentation » pour finir par
« l’hésitation » suprême entre un être chaud et sexué, le
loupgarou, et un être beau et froid, le vampire, avec lequel toute
relation sexuelle signifie danger de mort. Cette passion dévorante et
sensuelle, dépourvue de passage à l’acte sur le plan charnel, ne
constitue-t-elle pas un retour au romantisme d’antan et à la
négation de toute relation physique au profit d’un désir exclusivement
fantasmatique ? Le quatrième épisode, met en scène le mariage des
protagonistes et la naissance d’un enfant mi-humain, mi-vampire.
En naissant, celui-ci met en danger la vie de sa mère et oblige son
père à transformer cette dernière en vampire. Il n’y a rien de plus
conventionnel et de plus puritain. Les scènes de sexe sont
suggérées mais la passion reste cérébrale, donc source de fantasmes
exclusivement féminins. Avec cette nouvelle approche nous
sommes loin des films qui ont accompagné la libération sexuelle
comme Les Valseuses, Emmanuelle, Neuf semaines et demie ou Le dernier
tango à Paris.
Que dire encore des milieux religieux intégristes, toutes
religions confondues, qui prônent la virginité comme vertu
essentielle, et mettent au pilori celles et ceux qui ont osé s’adonner
au péché de la chair en répondant à l’appel de Satan ? Évoquons

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin