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La sexualité infantile

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128 pages

Cet ouvrage présente les grands modèles de la sexualité infantile, des fondements de la théorie freudienne aux auteurs contemporains.

Publié par :
Ajouté le : 21 avril 2010
Lecture(s) : 86
EAN13 : 9782100553044
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I.
C 1 hapitre
Aux sourc e s du sexuel infantile : le princip e de plai sir déplai sir et le c ouple pul sion /objet
SEXUEL INFANTILE ET THÉORIE PULSIONNELLE
Le développement de la sexualité infantile ne peut être saisi qu’à l’articulation du principe de plaisirdéplaisir et de la dynamique du couple pulsion/objet, qui organisent l’en semble de la vie psychique.
1. Le principe du plaisirdéplaisir Le principe de plaisirdéplaisir, qui règle le rapport de la psyché aux pulsions, désigne la tendance de l’appareil psy chique à retenir ce qui est source de plaisir et à éviter, autant qu’il est possible, ce qui est source de déplaisir, ou encore à tenter d’évacuer les expériences de déplaisir. Deux modèles de ce principe fondamental vectorisent la vie psychique dans la théorisation freudienne : selon le premier modèle, l’abais sement de tension produit du plaisir, l’augmentation de ten sion du déplaisir, et l’énergie tend vers la décharge totale, selon le modèle implicite de l’orgasme masculin.
Tension
0
D
P L
PL : principe de plaisir D : déplaisir
Figure 1 – Premier modèle : réduction vers zéro (R. Roussillliotn, 2007, p. 31) © Dunod  La photocopie non autorisée est un dé .
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LA SEXUALITÉ INFANTILE
Dans le second modèle, Freud introduit l’idée que la varia tion de quantité d’excitation ne s’effectue plus en absolu, mais par rapport à un seuil ; du coup, la décharge ne sera que relative. Freud note que ces deux modèles correspondent à des systèmes psychiques différents, qui coexistent, entrent en conf lit ou se composent.
2
Constante
C
0
D
PL
D
PL : principe de plaisir D : déplaisir
PL
Figure 2  Second modèle : avec une constante (R. Roussillon, 2007, p. 32)
Dans le premier modèle, la décharge pulsionnelle s’effectue jusqu’au niveau zéro, selon le principe de Nirvana, et le plaisir visé correspond au « tout, tout de suite, tout le temps, tout seul, tout ensemble » de l’idéal narcissique premier. Il s’agit d’un fonctionnement « en tout ou rien », typique du pro cessus primaire. Dans le second modèle où la variation des quantités d’excitation s’effectue autour d’une constante, ce qui signifie que la psyché doit conserver une certaine quan tité d’investissement indispensable à sa cohésion psychique, le plaisir obéit à une nouvelle règle que René Roussillon (2007, p. 32) formule de la façon suivante : « Non tout, non tout de suite, non tout seul, non tout ensemble. » Ce second modèle, qui intègre l’existence d’une limite – la castration, en langage psychanalytique –, spécifie le processus secon daire, qui suppose la liaison de l’énergie, l’existence de la négation et la prise en compte de la temporalité.
AUX SOURCES DU SEXUEL INFANTILE
La troisième étape de la théorisation du principe plaisir déplaisir sera en 1920, dans « Audelà du principe de plaisir », l’introduction du concept de compulsion à la répétition, qui conduit certains sujets à répéter des expériences qui s’ac compagnent de déplaisir, par exemple dans la clinique du traumatisme. Freud avance que la situation traumatique n’est pas seulement répétée pour tenter d’évacuer les traces du traumatisme, mais aussi pour tenter de lier et d’intégrer ces expériences traumatiques. L’échec de la transformation, de la mise en sens et de l’intégration à la vie psychique des traces traumatiques correspond la plupart du temps à des fixations précoces, qui relèvent du sexuel infantile, plus pré cisément de l’organisation pulsionnelle infantile.
2. Le concept de pulsion La pulsion est le concept fondamental de la métapsycho logie, qui impulse la vie psychique. Freud la définit comme un « concept limite entre le psychique et le somatique », c’estàdire comme un lieu d’articulation du corps et de la psyché. Elle est « une exigence de travail qui est imposée au psychique, en conséquence de sa liaison au corporel » (Freud, 1915a1718). Autrement dit la pulsion a une, p. source somatique et doit être représentée dans la psyché. Unepulsionest un processus dynamique qui se définit par quatre éléments principaux : la source, l’objet, la poussée et le but (Freud, 1905). Elle consiste donc en une poussée (charge énergétique, facteur de motricité) qui fait tendre l’organisme vers un but. Elle a sa source dans une excitation corporelle (un état de tension) ; son but est de supprimer l’état de tension qui règne à la source pulsionnelle ; c’est dans l’objet ou grâce à lui que la pulsion peut atteindre son but. Reprenons chacun des composants de la pulsion. La poussée est un facteur quantitatif économique, en d’autres termes le mouvement, l’intensité, l’impulsion à l’origine de la dynamique pulsionnelle. Le mot « pulsion » est traduit de l’allemandTrieb, du verbetreiben, « pousser » : l’accent est ainsi mis d’emblée sur le caractère irrépressible de la pousséieen.onEalulteoripreeentdunsdaélist.ource dans une excitation cor © Dunod  La photocop s
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LA SEXUALITÉ INFANTILE
porelle, en particulier dans les zones érogènes. C’est à partir de leur source que Freud a désigné les motions pulsion nelles : pulsions orales, anales, phalliques. Actuellement, on s’accorde à enraciner la pulsion dans l’érogénéité du corps tout entier et non pas simplement dans telle ou telle zone érogène spécifique. Par exemple, le voir, l’entendre, le sentir, le toucher peuvent jouer un rôle essentiel à l’origine des pul sions. Ainsi, le corps dans son ensemble peut être source pul sionnelle mais la pulsion va trouver une expression variable selon l’organe qui l’exprime. Par exemple, la pulsion de voir ne saurait être une simple excitation de l’œil : l’organe n’est pas la source pulsionnelle mais il donne une certaine forme à la pulsion qui emprunte cette voie perceptive spécifique qu’est la vision. La source de la pulsion est globalement cor porelle et elle est formatée par tel ou tel organe qui sert à l’expression pulsionnelle. L’objet est ce par quoi une pulsion se satisfait, ce dans quoi elle s’accomplit, avec lequel elle se décharge ou se lie. Enfin, le but de la pulsion est la baisse de tension et la satisfaction pulsionnelle. La pulsion est donc organisée vers un but et elle contient une première organisation de l’objet vers laquelle elle tend. C’est l’écart entre l’objet et la source qui organise la pul sion. Si la pulsion avec sa préorganisation manque l’objet, elle devient excitation diffuse, soit un état de la pulsion peu organisé, une tension qui cherche la décharge : elle ne par vient pas à se lier en une forme pulsionnelle représentable. L’excitation précède et suscite la pulsion, qui est une excita tion vectorisée vers un but. Quant à lamotion pulsionnelle, elle désigne une composante de la pulsion, la manière dont la pulsion se manifeste. Dans la clinique apparaissent des motions pulsionnelles, et non pas les pulsions en tant que telles. De même, ce qui agit au niveau du psychisme n’est pas la pulsion proprement dite, mais ce que Freud (1915b) appelle lereprésentant psychiquede la pulsion, qui se compose. Ce représentant psychique est formé de deux composantes, l’une idéique, le représentantreprésentation, l’autre affec tive, lequantumd’affect ou le représentant affect de la pul sion.