La sociologie de la littérature

De
Publié par

A partir de la construction d'une problématique qui définit et organise le champ de la sociologie de la littérature, l'ouvrage explore un corpus d'écrits dans ce domaine qui s'étend des débuts du discours socio-littéraire jusqu'à son apogée dans les années 1960 70, et au début des années 80. Prenant successivement chaque catégorie de la problématique, il met en confrontation, et fait dialoguer, les thèses et hypothèses que l'on a formulées à son sujet, en les soumettant à un regard critique.
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
Lecture(s) : 38
EAN13 : 9782296468733
Nombre de pages : 250
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
LA SOCIOLOGIE DE LA LITTÉRATURE Histoire, problématique, synthèse critique
Collection Logiques Sociales
fondée par Dominique Desjeux et dirigée par Bruno Péquignot
SérieLittératures et Sociétédirigée par Florent Gaudez
Au-delà de la seule analyse interne du texte littéraire et de la stricte étude de ses conditions externes de production et de circulation, leparadigme des recherches en littérature gagneraità s'ouvrir davantage aux déterminants humains dans les processus littéraires, tandis que les dimensions sociales desproductions symboliques, ici la littérature, mériteraient une meilleure prise en compte par les protocoles sociologiques. Considérant la littérature comme unfait social totalsusceptible d'interroger le raisonnement sociologique, cette série se donne ainsi comme objectif de valoriser la complémentaritédes approches«littéraires » et sociologiques. Elle est donc destinéeàaccueillir tant les démarches socioanthropologiques ouvertes sur le questionnement de la littérature, que les approches "littéraires"àforte ouverture socioanthropologique, en se fondant sur le postulat selon lequel la littérature est un véritable processus de connaissancehumaine et sociale et qu'il existe entre l'activitéde raconter une histoire et le caractère temporel de l'expérience humaine une corrélation qui n'est pas purement accidentelle, mais présente une forme de nécessitétransculturelle.
Déjà parus dans cet esprit
Pierre BANNIER,Les microsociétés de la littérature pour la jeunesse. L'exemple de Fantômette. Mohamed DENDANI,Les pratiques de la lecture. Laurence ELLENA,Sociologie et Littérature. La référenceàl'oeuvre. Gérard FABRE,Pour une sociologie du procès littéraire. De GoldmannàBarthes en passant par Bakhtine. Florent GAUDEZ,Pour une socio-anthropologie du texte littéraire. Approche sociologique du Texte-acteur chez Julio Cortázar. Chantal HORRELOU-LAFARGE,Regard sur la lecture en France. Bilan des recherches sociologiques. Sabine JARROT,Le vampire dans la littérature du XIXe au XXe siècle. Jacques LEENHARDT, Pierre JOZSA,Lire la lecture. Essai de sociologie de la lecture. Aude MOUACI,Les poètes amateurs. Approche sociologique d'une conduite culturelle. Isabelle PAPIEAU,La Comtesse de Ségur et la maltraitance des enfants. Bruno PÉQUIGNOT,La relation amoureuse. Analyse sociologique du roman sentimental moderne. Marie-Caroline VANBREMEERSCH,Sociologie d'une représentation romanesque. Les paysans dans cinq romans balzaciens. Pierre VERDRAGER,Le sens critique. La réception de Nathalie Sarraute par la presse. Pierre V. ZIMA,Pour une sociologie du texte littéraire. Pierre V. ZIMA,Manuel de sociocritique. Pierre V. ZIMA,L'ambivalence romanesque. Proust Kafka, Musil. Pierre V. ZIMA,L'indifférence romanesque. Sartre, Camus, Moravia.
Dernières parutions
Pierre-Laurent COSSET et Lenka GRAFNETEROVA,L'engagement de l'axiologie nationale dans la lecture d'un roman, 2009. Alain GUILLEMIN (dir.),A la recherche du meilleur des mondes. Littérature et sciences sociales,2006. Panagiotis CHRISTIAS,Les chemins d 'Ulysse. Littérature et sociétéentre Anciens et Modernes, 2007. Nicole RAMOGNINO, Lectures actuelles d e l'œuvre de Balzac(2volumes), 2005. Pierre LASSAVE,Bible : La traduction des alliances. Enquête sur unévénement littéraire, 2005.
ROBERT SAYRE
LA SOCIOLOGIE DE LA LITTÉRATURE
Histoire, problématique, synthèse critique
LâHARMATTAN
Ouvrages du même auteur
-: A Sociological Study inSolitude in Society Cambridge (USA), Harvard University Press, 1978
French
Literature,
- (avec Michael Löwy)Révolte et mélancolie : Le romantisme à contre-courant de la modernité, Paris, Payot, 1992
- (avec Michael Löwy)Lüinsurrection desMisérables: romantisme et révolution en Juin 1832Archives des Lettres, Paris, Minard, « Modernes », 1992
-La modernité et son autre : récits de la rencontre avec lüIndien en e Amérique du nord au XVIII siècle, Bécherel, Éditions Les Perséides, 2008
- (avec Michael Löwy): Figures du romantisme anti-Esprits de feu capitaliste, Paris, Éditions du Sandre, 2010
Illustration sur la couverture:
«Vols. I, II, and III »,The Illustrated London News, 12 janvier 1889
(Un texte qui accompagne lüillustration précise que les dames sont en train de lire chacune un volume düun de ces romans à trois tomes qui e étaient courants dans lüédition littéraire anglaise au XIX siècle.)
© L'HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56085-7 EAN : 9782296560857
AVANT-PROPOS
Deux publications récentes ont signalé une volonté - de la part de certains littéraires d’une part, et de certains sociologues de l’autre - de relancer la réflexion sur la problématique socio-littéraire. Dans l’avant-propos deLittérature et sociologie(2007), P. Baudorre et D. Rabaté rappellent que déjà en 2002, lors d’un colloque organisé par la Société d’étude de la littérature française du XXe siècle, on avait « souligné la trop grande fermeture actuelle des études littéraires sur la poétique du texte » et « le besoin urgent d’approfondir la réflexion sur les relations 1 que notre discipline entretient avec les sciences humaines ». Cette prise de conscience a abouti, deux ans plus tard, à un colloque sous les auspices de la même société sur le thème : « Littérature et sociologie ». Le livre préfacé par MM Baudorre et Rabaté en constitue les actes. Du côté des sociologues - plutôt en avance, par rapport aux littéraires, dans l’intérêt manifesté pour une approche interdisciplinaire - un colloque sur « Littérature et sciences sociales » en 1999, organisé par le Groupe de recherche sur l’art et la littérature du laboratoire méditerranéen de sociologie, a été suivi - mais seulement en 2006 - de la publication des 2 actes, paru dans la même collection que le présent ouvrage. Ces tentatives surviennent après une période d’éclipse relative de la problématique qui nous concerne ici. Depuis la fin des années 1980, en France et dans d’autres pays francophones, malgré la continuation de plusieurs tendances antérieures, et quelques développements nouveaux, le champ de la « sociologie de la littérature » a connu un déclin et une marginalisation indéniables. En même temps, sans doute en partie à cause de la distance prise par rapport aux perspectives marxistes ou marxisantes, on a assisté à une mise entre parenthèse d’un certain nombre de questions qui avaient été abordées auparavant. Dans les pays anglo-saxons, la situation se présente autrement. Les dernières décennies y ont vu foisonner de nombreux courants critiques qui ont trait au rapport entre le littéraire et le social mais qui adoptent le plus souvent un angle d’approche très ciblé et exclusif : études féministes et de « genre »,
1 Littérature et sociologie, éds. P. Baudorre, D. Rabaté, D. Viart, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2007, p. 7. 2 À la recherche du meilleur des mondes : littérature et sciences sociales, Paris, L’Harmattan, collection Logiques sociales, série Littératures et société, 2006.
7
études « post-coloniales », «queer theoryBien que ces approches», etc. soient innovantes, et aient enrichi considérablement nos perspectives sur le rapport entre la littérature et ses « contextes », elles ont en même temps contribué à une fragmentation des points de vue analytiques qui laisse souvent de côté de larges pans de la problématique socio-littéraire. Le présent ouvrage ne prend pas en compte cette période plus récente. Basé sur une thèse de doctorat soutenue en 1987, à un moment où s’achevait la grande époque du développement de la problématique, son corpus s’étend des débuts du discours socio-littéraire jusqu’à sa culmination dans la riche diversité des méthodes, théories, échanges et débats, créations de centres de recherches, etc., qui a caractérisé les années 1960, 70, et jusqu’au début des années 80. Nous proposons ce travail avec la conviction que l’ensemble des questions qu’il esquisse, et les diverses réponses qu’il confronte les unes aux autres, ne sont pas dépassées, et dans l’espoir qu’un retour sur elles peut être utile. L’ouvrage est une tentative de synthèse par la construction d’une problématique générale qui définit et organise l’ensemble du champ d’étude de la sociologie de la littérature. Notre but est d’ouvrir l’éventail des interrogations sur les liens possibles entre les littératures et les ordres sociaux, de poser à nouveau certaines questions par le biais d’une discussion générale de la problématique socio-littéraire et d’un balayage historique de ce type de discours à partir de ses origines jusqu’à son apogée, si l’on peut dire. Nous souhaitons en premier lieu faire œuvre d’histoire intellectuelle, en mettant en relief tout un volet de travaux -conceptuels, analytiques et empiriques - et d’activités, qui risqueraient autrement de tomber dans l’oubli. Plus particulièrement, nous aimerions faire revivre la tradition marxiste en sociologie de la littérature - dans toute sa diversité, dans sa fécondité mais aussi avec ses faiblesses et ses lacunes. Elle a joué un rôle riche et original dans le domaine, et ne saurait se réduire à une quelconque « théorie du reflet », comme certains n’ont 3 pas hésité à le prétendre récemment. Nous voudrions notamment mettre en lumière la contribution importante de Lucien Goldmann, ainsi que celle de quelques autres, moins connus du lecteur français, comme Raymond Williams, Erich Koehler et Stefan Morawski. Au-delà d’un souci de mise en valeur historique, nous espérons que la prise de
3 Voir, par exemple, Paul Aron et Alain Viala,Sociologie de la littérature, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 2006, p. 111.
8
connaissance de pistes explorées jadis, puis délaissées, pourra nourrir d’une manière ou d’une autre la réflexion et la recherche à l’avenir. Signalons les limites de cet ouvrage. D’abord, on n’y trouvera pas de nouvelle théorie, mais plutôt une tentative d’exposition, de clarification et de discussion critique de théories et d’analyses déjà élaborées. Ceci dans le dessein d’enrichir les débats actuels et à venir. D’autre part, les discussions que nous proposerons des différents éléments de la problématique socio-littéraire sont loin d’être exhaustives. Pour les traiter à fond, de nombreuses questions abordées auraient exigé que l’on consacre à chacune d’elle une monographie. L’exhaustivité dans ce sens aurait été de toute manière impossible. En revanche, nous avons voulu embrasser, aussi largement que possible, le champ global de problèmes qui se posent à la sociologie de la littérature, en évoquant les principales thèses que l’on a pu avancer pour chacun. Nous avons aussi puisé dans un corpus international - à la différence de plusieurs études générales parues récemment, qui se 4 concentrent sur la francophonie. Malgré, ou plutôt à cause de l’éparpillement des lignes de développement nationales et langagières, il semble important de les faire dialoguer, d’explorer leurs liens potentiels aussi bien que réels. Nous avons recherché l’exhaustivité également dans le registre temporel, en ce que nous tirons nos énoncés de toutes les époques de l’histoire du discours socio-littéraire, en remontant jusqu’aux origines - au risque, peut-être, de dérouter le lecteur, au moins dans un premier temps. Notre corpus n’inclut pas, pourtant, les vingt-cinq dernières années. On ne trouvera pas ici, donc, une prise en compte desRègles de l’artde Bourdieu, paru en 1992 (édition revue et corrigée, 1998), ni des travaux ultérieurs qui s’en inspirent. Mais, dans la mesure où les grandes lignes de la théorie de Bourdieu avaient déjà été élaborées au milieu des années 80, et que plusieurs études importantes avaient été publiées par des chercheurs travaillant dans le giron du maître, dans la mesure aussi où les concepts développés par Bourdieu constituent sans doute la dernière grande théorisation contemporaine de la problématique socio-littéraire, la présente étude peut donner, nous semble-t-il, une idée assez complète de l’ensemble.
4 En dehors du « Que sais-je ? » cité dans la note précédente : Paul Dirkx,Sociologie de la littérature, Paris, Armand Colin, « Collection Cursus Lettres », 2000.
9
Dans un « épilogue », néanmoins, nous donnerons des indications bibliographiques sur la production des dernières décennies (mais limitée au domaine francophone), en tâchant de dégager les auteurs et les tendances les plus marquants.
1
0
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.