La Syrie d’aujourd’hui

De

En dépit des relations multi-séculaires qui existent entre la France et le Levant, et bien que, durant la période du Mandat, les destinées de la France et de la Syrie aient été liées, l'histoire récente de la Syrie a été longtemps quelque peu négligée par la recherche française. Cependant ce pays occupe, dans le monde arabe, une place plus importante que ne pourraient le laisser supposer le chiffre de sa population ou ses ressources économiques. Sa position géographique, son long passé historique, la qualité et la permanence de sa tradition culturelle en ont fait un des pôles du nationalisme arabe, et il a pesé d'un poids parfois très lourd dans les événements dont le Proche-Orient est aujourd'hui le théâtre. Grâce, en particulier, à l'aide de l'Institut Français d'Études Arabes de Damas et du Centre National de la Recherche Scientifique, de nombreux chercheurs travaillent maintenant sur la Syrie contemporaine, et ils ont contribué à la faire mieux connaître par des travaux qui intéressent les principaux secteurs de la recherche, géographie, histoire, sociologie, économie, politologie. Le Centre d'Études et de Recherches sur l'Orient Arabe Contemporain d'Aix-en-Provence, dont l'activité couvre l'ensemble du Proche-Orient arabe, a pris l'initiative de préparer cet ouvrage collectif en faisant appel à quelques-uns de ces chercheurs. Spécialistes de la Syrie, ils se sont efforcés de mettre en lumière les facteurs fondamentaux qui expliquant l'évolution présente de la Syrie, les caractères de ses options politiques, économiques et sociales (socialisme ba'thiste, développement planifié) et le rôle qu'elle joue dans le monde arabe et dans la politique contemporaine.


Publié le : lundi 22 avril 2013
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EAN13 : 9782271081261
Nombre de pages : 447
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Couverture

La Syrie d’aujourd’hui

André Raymond (dir.)
  • Éditeur : Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman, Éditions du CNRS
  • Année d'édition : 1980
  • Date de mise en ligne : 22 avril 2013
  • Collection : Connaissance du monde arabe
  • ISBN électronique : 9782271081261

OpenEdition Books

http://books.openedition.org

Référence électronique :

RAYMOND, André (dir.). La Syrie d’aujourd’hui. Nouvelle édition [en ligne]. Aix-en-Provence : Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman, 1980 (généré le 17 décembre 2013). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/iremam/710>. ISBN : 9782271081261.

Édition imprimée :
  • ISBN : 9782222026242
  • Nombre de pages : 447

© Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman, 1980

Conditions d’utilisation :
http://www.openedition.org/6540

En dépit des relations multi-séculaires qui existent entre la France et le Levant, et bien que, durant la période du Mandat, les destinées de la France et de la Syrie aient été liées, l'histoire récente de la Syrie a été longtemps quelque peu négligée par la recherche française. Cependant ce pays occupe, dans le monde arabe, une place plus importante que ne pourraient le laisser supposer le chiffre de sa population ou ses ressources économiques. Sa position géographique, son long passé historique, la qualité et la permanence de sa tradition culturelle en ont fait un des pôles du nationalisme arabe, et il a pesé d'un poids parfois très lourd dans les événements dont le Proche-Orient est aujourd'hui le théâtre. Grâce, en particulier, à l'aide de l'Institut Français d'Études Arabes de Damas et du Centre National de la Recherche Scientifique, de nombreux chercheurs travaillent maintenant sur la Syrie contemporaine, et ils ont contribué à la faire mieux connaître par des travaux qui intéressent les principaux secteurs de la recherche, géographie, histoire, sociologie, économie, politologie. Le Centre d'Études et de Recherches sur l'Orient Arabe Contemporain d'Aix-en-Provence, dont l'activité couvre l'ensemble du Proche-Orient arabe, a pris l'initiative de préparer cet ouvrage collectif en faisant appel à quelques-uns de ces chercheurs. Spécialistes de la Syrie, ils se sont efforcés de mettre en lumière les facteurs fondamentaux qui expliquant l'évolution présente de la Syrie, les caractères de ses options politiques, économiques et sociales (socialisme ba'thiste, développement planifié) et le rôle qu'elle joue dans le monde arabe et dans la politique contemporaine.

Sommaire
  1. Préface

    André Raymond
  2. Courte chronologie de la Syrie

  3. Collaborateurs de l’ouvrage

  4. I - La personnalité géographique de la Syrie

    Paul Sanlaville
    1. 1. Situation et ressources
    2. 2. Le climat et l’eau
    3. 3. L’espace géographique syrien
    4. 4. Population
  5. II - La Syrie à l’époque ottomane (le xixe Siècle)

    Jean-Paul Pascual
    1. Introduction
    2. 1. La Syrie en 1800
    3. 2. L’ouverture à l’Europe
    1. 3. Pénétration économique et changements
  1. III - La Syrie, du Royaume arabe à l’indépendance (1914-1946)

    André Raymond
    1. I. LA SYRIE ET LE PROCHE-ORIENT DANS LA GUERRE (1914-1918)
    2. II. LE ROYAUME ARABE A DAMAS (OCTOBRE 1918-JUILLET 1920)
    3. III. LE MANDAT FRANÇAIS D’UNE GUERRE A L’AUTRE (1920-1939)
    4. IV - LA GUERRE ET L’INDÉPENDANCE (1939-1946)
    5. CONCLUSIONS
  2. IV - Les populations, l’état et la société

    Michel Seurat
    1. 1. Les populations
    2. II. L’ÉTAT ET LA SOCIÉTÉ
  3. V - La Syrie de 1946 à 1979

    Élisabeth Picard
    1. I. LA RÉPUBLIQUE PARLEMENTAIRE (1946-1963)
    2. II. LE BA‘TH AU POUVOIR (1963-1970)
    3. III. LA RECTIFICATION (1970-1979)
    4. CONCLUSION
  4. VI - Le mouvement idéologique ba‘thiste

    Olivier Carré
    1. I. NAISSANCE ET ÉVOLUTION DU PARTI BA‘TH
    2. II. L’IDÉOLOGIE BA‘THISTE
  5. Annexe. Textes fondamentaux (Traduction Officielle)

  6. Orientation bibliographique (Chapitres V et VI)

    1. I. – Ouvrages
    2. II. – Articles
    3. III. - Thèses
  1. Chronologie des chapitres V et VI

  2. VII – La croissance économique : mutation des structures et dynamisme du déséquilibre

    Michel Chatelus
    1. I. DES CHANGEMENTS SPECTACULAIRES MAIS UN BILAN CONTRASTÉ
    2. II. LE SYSTÈME ÉCONOMIQUE ET L’ORGANISATION DE LA PRODUCTION ET DES ÉCHANGES
    3. III. DÉSÉQUILIBRES DYNAMIQUES ET DÉFIS PERMANENTS
    4. OBSERVATIONS TERMINALES : QUEL SENS CONFÉRER À UN BILAN AMBIGU ?
  3. VIII – Le monde rural avant les réformes

    Jean Hannoyer
    1. I – PRÉSENTATION
    2. II. – LA TERRE ET LES PAYSANS SOUS LE MANDAT
    3. III. – LES TRANSFORMATIONS DES ANNÉES CINQUANTE
  4. IX - Le monde rural syrien à l’ère des réformes (1958-1978)

    Françoise Métral
    1. I. LES RÉFORMES AGRAIRES
    2. II. EXTENSION DE L’IRRIGATION : MICROSYSTÈMES ET GRANDS PROJETS
    3. III. LE MONDE RURAL AUJOURD’HUI : DYNAMISME ET DIVERSITÉ
  5. Orientation bibliographique (Chapitres VIII et IX)

    1. Ouvrages
    2. Articles
    3. Rapports
  6. X - L’industrialisation et sa signification sociale

    Élisabeth Longuenesse
    1. I. APERÇU HISTORIQUE
    1. II. – L’INDUSTRIE SYRIENNE AUJOURD’HUI : STRUCTURE DE LA PRODUCTION
    2. III. SECTEUR PUBLIC ET SECTEUR PRIVÉ
    3. IV. PROBLÈME DE LA MAIN-D’ŒUVRE
    4. V. CLASSE OUVRIÈRE ET SYNDICALISME
    5. CONCLUSION
  1. XI - Damas et la Ghouta

    Anne-Marie Bianquis
    1. INTRODUCTION
    2. DAMAS JUSQUE VERS 1920
    3. EVOLUTION DE LA VILLE DEPUIS 1920
    4. UN PAYSAGE URBAIN CONTRASTÉ
    5. UNE OASIS MENACÉE
  2. XII – Alep

    Jean-Claude David
    1. I. – PORTRAIT DE LA VILLE A LA FIN DU xviiie SIÈCLE : L’APOGÉE DE LA VILLE TRADITIONNELLE
    2. II. EVOLUTION DE 1850 À 1955 : NAISSANCE DE LA VILLE MODERNE
    3. III. DE 1955 À NOS JOURS : DÉCLIN ET STAGNATION
    4. CONCLUSION
  3. XIII - La littérature contemporaine en Syrie

    Charles Vial
  4. Index

  5. Table des cartes

Préface

André Raymond

1Malgré un regain d’intérêt récent qui s’est manifesté par la publication, ces dernières années, de plusieurs livres sur la Syrie actuelle, ce pays occupe une place réduite dans la production scientifique française sur le Proche-Orient Arabe contemporain. A l’origine de cette faiblesse, il y a sans doute la tradition qui a fait que la recherche française s’est longtemps concentrée sur l’Afrique du Nord, cependant que le Proche-Orient était plus ou moins abandonné à la recherche anglo-saxonne. Mais ce fait – particulièrement surprenant pour le « Levant », avec lequel la France a des relations si anciennes – est tout à fait paradoxal s’agissant de la période du Mandat (1918-1946) pendant laquelle les destinées de la Syrie, du Liban et de la France ont été, pour un temps, unies, et pour laquelle les ouvrages de référence sont en langue anglaise.

2Ce manque d’attention pour la Syrie est naturellement regrettable, d’abord en raison des liens qui ont, depuis des siècles, existé entre ce pays et la France. Mais aussi, parce que ce pays a joué, et continue à jouer, dans le monde arabe, un rôle infiniment plus important que ne le laisseraient supposer son importance démographique (qui le situe naturellement très loin de l’Égypte, mais au niveau tout de même de pays comme l’Iraq et l’Arabie), ou ses ressources économiques, relativement limitées, si on les compare aux richesses pétrolières dont bénéficient ses voisins de l’est et du sud, et dont la Syrie n’a qu’une part modeste.

3Dotée d’un passé fabuleusement riche (que des Français précisément ont contribué à faire connaître) la Syrie a joué, dans l’histoire des Arabes, un rôle qui a souvent été déterminant : siège du khalifat sous les Omayyades (660-750), la Syrie, et plus précisément Damas et Alep, a été le lieu où s’est produit le premier contact entre l’Antiquité classique et l’Islam naissant. Quelques siècles plus tard, sous les Zenguides et les Ayyoubides (1146-1260), la Syrie a été le centre d’une des plus brillantes dynasties qu’ait connues l’histoire des Arabes, et c’est de Syrie qu’est parti le mouvement de reconquête des territoires occupés par les Croisés. A l’époque moderne, la Syrie, pays de haute tradition culturelle arabe, qui se targue, non sans raison, de la pureté de sa langue, a été le point de départ de la « Renaissance » arabe (Nahda), dans les dernières décennies du xixe siècle. Cet effort de rénovation intellectuelle des Arabes a ensuite tout naturellement trouvé une expression politique et la Syrie a été la première à exprimer clairement les aspirations arabes à l’indépendance et à l’unité.

4On comprend mieux la vigueur de cette espérance d’unité si on se souvient que, pendant plus de deux millénaires, le pays qui s’appelle aujourd’hui « Syrie » (en arabe, Sûriyâ) a, presque toujours, fait partie d’un ensemble qui comprenait également les états actuels du Liban, de la Jordanie et d’Israël, et a été souvent uni à l’Égypte. Si on se souvient également que le découpage présent du Proche-Orient en états séparés ne remonte guère qu’à un demi-siècle et a été imposé aux Arabes par les Grandes Puissances occidentales après 1918. L’existence d’une « Syrie historique » (en arabe, Bilâd al-Châm) est donc solidement fondée sur le passé. Sa réalité profonde apparaît aussi avec évidence sur le terrain à quiconque parcourt cette région, de Beyrouth à Jérusalem, de ‘Ammân à Damas et Alep, et peut en constater l’homogénéité géographique, économique, humaine et culturelle. Les vraies limites de cet ensemble se situent dans le désert au-delà duquel s’étendent, à l’est et au sud, l’Iraq et l’Arabie et sur l’isthme qui limite l’Égypte à l’est. Les frontières politiques modernes qui séparent des populations qui ont la même origine, parlent la même langue, se réclament d’une culture et d’une histoire communes, sont inévitablement ressenties comme absurdes, et transitoires, même si, au fil des années, elles ont pris une consistance croissante.

5Aujourd’hui encore, la Syrie continue à être comme la caisse de résonance de l’arabisme, même si les centres culturels, politiques et économiques du Monde arabe sont ailleurs. Elle continue à être un creuset où s’élaborent des expériences politiques et économiques qui n’ont pas toujours connu le succès, mais qui sont très significatives et qui ont exercé une profonde influence sur le monde arabe. Suivant une longue tradition d’émigration qui a constitué, au xixe siècle et au début du xxe siècle, des communautés arabes jusque dans les lointaines Amériques, la Syrie fournit aujourd’hui des techniciens, des enseignants, des hommes d’affaires, aux pays arabes moins avancés mais plus riches.

6Vivant dans un pays de grande diversité confessionnelle, les Syriens ont éprouvé, comme les Libanais, la difficulté de la coexistence mutuelle, tout autant que les risques de la séparation. Mais on peut penser précisément que les problèmes posés par la présence de nombreuses minorités, compactes ou non, (problèmes dont il serait exagéré d’attribuer la responsabilité exclusive à la domination coloniale), tout autant que des facteurs puissants d’unité (et d’abord la langue et la culture arabes) ont contribué à renforcer chez les Syriens la profondeur de leur attachement à un arabisme qui est aussi un recours contre le sectarisme. Pour la plupart des Syriens, la Nation Arabe reste le rêve à réaliser au-delà de provisoires constructions locales (qui sont considérées ici encore comme des séquelles de l’impérialisme), et, sans se laisser décourager par les échecs successifs d’unions inaugurées dans l’enthousiasme, ils mettent tous leurs espoirs dans l’Unité et pensent que la Syrie a dans ce domaine une mission à remplir, justifiée par sa place, au cœur du monde arabe, et par sa longue tradition historique et culturelle. On s’explique donc que, pour la Syrie, la Palestine perdue demeure, au flanc du monde arabe, la plaie que rien ne peut guérir ou soulager. Pays de contrastes, la Syrie n’est pas une terre de compromis lorsque les intérêts fondamentaux de la Nation Arabe sont jugés menacés. Ce sérieux redoutable, cette passion politique parfois excessive, expliquent bien des erreurs commises par l’Occident sur un pays qui, à défaut de pouvoir être toujours l’animateur du monde arabe, peut en être le détonateur quand les circonstances s’y prêtent. Peut-être n’est-il pas exagéré de chercher dans le sentiment confus et coupable de n’avoir pas su comprendre ce nationalisme arabe intransigeant et ombrageux, une des raisons de l’apparent manque d’intérêt de la France pour la Syrie, mentionné plus haut.

7L’importance de la Syrie dans le monde arabe, la place qu’elle tient dans les affaires arabes, justifient un effort pour mieux la connaître. Lorsque le Groupe de Recherches et d’Etudes sur le Proche-Orient d’Aix-en-Provence, que dirige le professeur R. Mantran, eut mis en train, il y a quelques années, un ouvrage consacré à l’Égypte contemporaine (publié par le CNRS en 1977, sous le titre L’Égypte d’aujourd’hui), il fut convenu que, dans la série d’ouvrages que l’on envisageait de préparer sur le Proche-Orient, la Syrie serait le second pays abordé. La création, à Aix, du Centre d’Études et de Recherches sur l’Orient Arabe Contemporain a fait que ce groupe est tout naturellement devenu le maître d’œuvre du livre projeté sur la Syrie, et c’est lui qui a consacré au projet les moyens nécessaires pour sa réalisation. Aux chercheurs et collaborateurs du GREPO et du CEROAC se sont joints des chercheurs appartenant aux principaux centres français qui s’intéressent au Proche-Orient arabe : Centre d’Études et de Recherches Internationales de la Fondation Nationale des Sciences Politiques de Paris, Centre d’Études et de Recherches sur le Moyen-Orient Contemporain de Beyrouth, Centre du Monde Musulman de la Maison de l’Orient Méditerranéen (Université de Lyon II), Institut Français d’Études Arabes de Damas enfin, à l’activité précieuse duquel presque tous les collaborateurs de cet ouvrage doivent une partie importante de leur formation, qu’ils aient été pensionnaires, boursiers ou chargés de mission auprès de l’IFEA. Ces collaborateurs ont pour caractère commun d’être des spécialistes de la Syrie et d’avoir consacré aux problèmes qu’ils abordent dans ce livre des études approfondies, fruit de recherches qu’ils ont, pour la plupart, menées sur place et dont ils livrent ici les résulats.

8La formule retenue, un ouvrage collectif abordant la Syrie contemporaine à travers plusieurs études indépendantes, fait que l’exposé sera inévitablement discontinu, bien que l’on se soit efforcé de faire l’inventaire de l’essentiel des problèmes et de n’en laisser aucun dans l’ombre. D’autre part, la diversité des auteurs, dont chacun est seul responsable du point de vue qu’il expose, et la diversité de leurs approches ont pu avoir pour conséquence sinon des divergences, du moins des différences d’appréciation sur certains points : il nous a semblé que ces nuances éventuelles auront l’avantage de donner au lecteur une idée plus juste de la complexité des situations décrites. Le rôle de l’éditeur aura été simplement de proposer le cadre général du travail aux auteurs pressentis et de réaliser la nécessaire harmonisation technique des contributions.

9Ce livre s’adresse au large public que les problèmes du monde arabe et plus particulièrement de la Syrie intéressent. On a donc réduit au maximum l’annotation et on n’a proposé, dans les orientations bibliographiques, que les ouvrages les plus importants et les plus accessibles (ce qui exclut, en général, les ouvrages en langue arabe que les auteurs, presque tous arabisants, ont cependant utilisés) : mais les lecteurs attentifs seront certainement sensibles au fait que les exposés reposent sur une connaissance très profonde de la réalité syrienne. De la même manière, on n’a pas tenté de proposer une transcription scientifique des mots arabes (noms propres et noms géographiques) qui aurait risqué de dérouter les non-arabisants et qui aurait heurté beaucoup d’habitudes, sans pouvoir être totalement satisfaisante. On n’a donc pas fait usage de signes diacritiques, et on a souvent conservé des graphies consacrées par l’usage (en particulier dans le domaine des toponymes), en les normalisant lorsqu’elles étaient trop aberrantes, les transcriptions choisies étant unifiées pour l’ensemble de l’ouvrage.

10Ce travail n’a pu être mené à bien que grâce à l’appui donné par le CNRS, qui a accepté de le publier dans sa série sur les pays arabes. C’est d’ailleurs au CNRS que sont rattachés les deux groupes qui ont pris, à Aix-en-Provence, l’initiative de le réaliser, GREPO et CEROAC. L’assistance du CEROAC que dirige le professeur G. Delanoue a naturellement été tout particulièrement précieuse, sur le plan matériel et sur le plan technique. Mais il me paraît nécessaire de mentionner, en particulier, l’aide reçue de Ghislaine Alleaume, collaboratrice du GREPO, et de Jacqueline Quilès, collaboratrice du CEROAC. C’est en particulier à J. Quilès qu’est revenu, en bonne partie, le difficile et délicat travail de préparation des manuscrits pour l’édition et, ensuite, de correction des épreuves et de réalisation de l’index. Je suis heureux de pouvoir lui exprimer ma gratitude. M. Jean Prodhomme, graphiste à Aix-en-Provence, a réalisé les cartes de l’ouvrage.

11Ce livre se propose d’apporter des informations solides sur un pays qui, ainsi que je le disais plus haut, reste mal connu bien qu’il détienne une partie des « clés » du Moyen-Orient. Ces informations sont aussi « à jour » que le permet une situation politique qui est mouvante. La plupart des contributions ont été mises au point au début de 1979, avec, dans certains cas, une actualisation, pour tenir compte de l’évolution récente de la situation locale. Pour leurs auteurs, la Syrie est plus qu’un domaine de travail ; c’est un pays où ils ont vécu et où ils ont reçu l’hospitalité d’un peuple dont ils souhaitent faire mieux connaître la situation présente afin d’en faire mieux comprendre les difficultés et les aspirations. Je souhaite que la Syrie d’aujourd’hui réponde à cet objectif à la fois modeste et ambitieux.

Courte chronologie de la Syrie

18500-6900 av. J.-C. Établissement sédentaire à Mureybet, sur l’Euphrate

23500-1600 Royaume d’Ebla (tell Mardikh)

3xxixe-xviie siècle Royaume de Mari (Tell Harîrî)

4IIe millénaire-v. 1100 Royaume d’Ougarit (Ras Chamra)

5Fin du IIIe-fin du IIe millénaire Royaume de Emar (Meskéneh)

6547 av. J.-C. Conquête perse

7333 La victoire d’Alexandre à Issos lui ouvre les portes de la Syrie

8Août 332 Prise de Tyr par Alexandre

9312 Seleucos, lieutenant d’Alexandre, fonde un État dont Antioche est la capitale. La Syrie est gouvernée par les Séleucides jusqu’à la conquête romaine

1064 av. J.-C. A la suite des campagnes de Pompée, la Syrie devient Province romaine

11218-235 L’Empire romain est gouverné par la dynastie émésenienne, d’origine syrienne (Caracalla, Héliogabale)

12244-249 Philippe l’Arabe, originaire de Chahba, ville du Haurânest empereur de Rome

13257-273 Zénobie, veuve de Odeinat, fonde, autour de Palmyre, un empire syrien auquel met fin l’intervention d’Aurélien

14395 Partage du monde romain en un Empire d’Occident et un Empire d’Orient

15395-634 La Syrie est une province byzantine

16611 Les Sassanides occupent la Syrie et la transforment en satrapie persane

17629 Reconquête de la Syrie par Héraclius, Empereur de Byzance

18632 Mort du Prophète Muhammad

1920 août 636 Victoire des Arabes sur les Byzantins sur le Yarmouk.

20Conquête définitive de la Syrie par les Arabes

21660 Mu’âwiya fonde le califat omayyade et installe sa capitale à Damas

22660-750 Califat omayyade

23705 Construction de la Grande mosquée de Damas par le calife al-Walîd

24750-1258 Califat abbaside. La Syrie devient une province de l’Empire

25868-969 Les dynasties égyptiennes des Tûlûnides et des Ikhchidides contrôlent épisodiquement la Syrie

26944 Saïf al-dawla établit à Alep l’émirat hamdanide qui domine la Syrie du nord de 944 à 1003

27969 Les Fatimides, partis de Tunisie où ils avaient fondé un califat ismaïlien, conquièrent l’Égypte, puis la Syrie qu’ils disputent aux Hamdanides

28Août 1071 Victorieux des Byzantins à Manâzgird, les Turcs seldjouki- des s’installent en Syrie

291096 Première croisade

3014 juillet 1099 Prise de Jérusalem et fondation du Royaume latin

311146 Nûr al-Dîn, fils de Zengî, émir de Mossoul, lui succède à Alep

321154 Nûr al-Dîn s’empare de Damas et réunifie la Syrie

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