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La Tunisie en transition

De
112 pages
Cet ouvrage montre comment les islamistes tunisiens ont su profiter des potentialités d'Internet pour s'affirmer dans la société. Il met en lumière les tactiques multiples utilisées par Ennahdha pour parvenir au pouvoir. Mais l'auteur analyse aussi les échecs de cette formation politique qui ont suivi son accession au pouvoir. Il revient notamment sur ses multiples violations des libertés, violations qui ont été sanctionnées par la nouvelle Constitution adoptée en janvier 2014.
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La Tunisie en transition
Les usages numériques d’Ennahdha
Cet ouvrage montre comment après la Révolution
du Jasmin les islamistes tunisiens ont su profter des
potentialités offertes par Internet pour s’affrmer dans
la société tunisienne. Il met ensuite en lumière les
tactiques multiples mises en œuvre par Ennahdha pour
parvenir au pouvoir. En effet, malgré des décennies de
marginalisation sous le régime Ben Ali, cette organisation
a su rapidement apparaître dans le pays comme un
acteur incontournable de la scène politique. Moustafa Benberrah
Mais l’auteur analyse aussi les échecs de cette
formation politique qui ont suivi son accession au
pouvoir. Il revient notamment sur ses multiples violations La Tunisie en transitiondes libertés, violations qui ont été sanctionnées par la
nouvelle constitution adoptée en janvier 2014. Les usages numériques d’Ennahdha
Moustafa Benberrah est doctorant en
science politique à l’Université Paris I
Panthéon-Sorbonne. Sa thèse porte sur
la diplomatie économique de la Chine en
Algérie et sa politique d’investissement
dans le secteur du BTP. Il est par ailleurs responsable
du pôle de traduction en arabe pour le site de Chaos
International.
ISBN : 978-2-343-05391-2
12,50 €
Moustafa Benberrah La Tunisie en transition








La Tunisie en transition
Les usages numériques d’Ennahdha




Collection Chaos International
chaos.internationl@dbmail.com
Dirigée par Josepha Laroche

Comité de lecture
Thomas Lindemann, Frédéric Ramel,
Jean-Jacques Roche, Catherine Wihtol de Wenden


Responsables éditoriaux
Bruno Van Dooren et Valérie Le Brenne

Désordre, violences, chaos... ainsi est-on tenté de qualifier ce qui se joue
aujourd'hui sur la scène mondiale.
Ce chaos international laisse l'observateur souvent démuni, sinon
désemparé, devant ce qui semble se dérober à l'entendement.
La collection Chaos International offre à ses lecteurs des grilles de lecture
qui permettent de dépasser une simple approche événementielle et
descriptive des relations internationales. Dans un style clair et accessible, ses
ouvrages analysent les nouveaux enjeux transnationaux et restituent le
processus de mondialisation dans sa complexité.
Avec Chaos International, les éditions L’Harmattan s'engagent à publier
sur les grands enjeux internationaux, des recherches claires et accessibles aux
non-spécialistes, sans pour autant céder sur l'essentiel, à savoir la qualité
épistémologique des ouvrages.

Turmoil, violence, chaos – these are the words we are inclined to use when
characterizing the current state of world affairs.
Faced with today’s International Chaos, we often react with bewilderment
– indeed with hopelessness – before a perplexing reality seemingly
impossible to grasp.
In response, the International Chaos Series offers readers an
indispensable framework of analysis that goes beyond the simple descriptive
approach to international events. Clearly written and accessible to the
nonspecialist, this series critically investigates the opportunities and risks of the
new transnational order and reappraises the complex process of
globalization.
With the focal point of International Chaos on today’s most pressing
international dangers, the publishers at L’Harmattan promise a series that is
both accessible to general readers and grounded in the most recent and
empirical research.

http://www.chaos-international.org/
Moustafa Benberrah









La Tunisie en transition
Les usages numériques d’Ennahdha




























































































Déjà parus

Josepha Laroche, La Grande Guerre au cinéma. Un pacifisme sans illusions, 2014
Josepha Laroche (Éd.), Passage au crible de la scène mondiale. L’actualité
internationale 2013, 2014.
Florent Bédécarrats, La microfinance. Entre utilité sociale et rentabilité financière,
2013.
Josepha Laroche et Yves Poirmeur (Éd.), Gouverner les violences. Le processus
civilisationnel en question, 2013.
Michel-Olivier Lacharité, Les Compromis médiatiques de MSF au Yémen. Retour
d’expériences, 2013.
Josepha Laroche (Éd.), Passage au crible de la scène mondiale. L’actualité
internationale 2012, 2013. he (Éd.), Passe
internationale 2011, 2012.
Josepha Laroche (Éd.), La loyauté dans les relations internationales, 2011.
Josepha Laroche (Éd.), Passage au crible de la scène mondiale. L’actualité
internationale 2009-2010, 2011.
Dorota Dakowska et Elsa Tulmets (Éds.), Le Partenariat franco-allemand. Entre
européanisation et transnationalisation, 2010.
Thomas Lindemann, Sauver la face, sauver la paix. Sociologie constructiviste des crises
internationales, 2010. Série Synthèses.
Josepha Laroche (Éd.), Un Monde en sursis. Dérives financières, régulations
politiques et exigences éthiques, 2010.
Alexandre Bohas, Disney. Un capitalisme mondial du rêve, 2010.
Jean-Loup Samaan, La RAND Corporation (1989-2009). La reconfiguration des
savoirs stratégiques aux États-Unis, 2010.
Annelise Garzuel, L’Allemagne aux Nations Unies. Une diplomatie modeste, 2009.
Hervé Pierre, Le Hezbollah, un acteur sur la scène internationale, 2008.
Auriane Guilbaud, Le Paludisme. La lutte mondiale contre un parasite résistant,
2008.
eJosepha Laroche, Alexandre Bohas, Canal+ et les majors américaines, 2 éd.,
2008.
Cyril Blet, Une Voix mondiale pour un État. France 24, 2008.
Guillaume Devin (Éd.), Faire la paix, 2005.
Léa Durupt, Notation et environnement, 2005.

© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05391-2
EAN : 9782343053912
Sommaire
Introduction .................................................................................... 9
Première partie
Les réseaux sociaux comme levier de mobilisation .......... 19
Chapitre I
L’entrisme limité d’Ennahdha dans le cyberespace ......... 21
1. Une implication informelle au sein des réseaux sociaux ... 21
2. Le déploiement d’une communauté hétérogène ................ 29
Chapitre II
Le décloisonnement relatif de l’espace contestataire ...... 39
1. L’alternative d’un espace virtuel ........................................... 39
2. L’évolution normative d’une démocratie en ligne ............. 46
Deuxième partie
Une convergence entre webactivisme et militantisme ..... 55
Chapitre III
L’apprentissage du débat démocratique .............................. 57
1. Une nouvelle constitution garante des libertés .................. 57
2. Une utilisation postrévolutionnaire des médias sociaux ... 67
Chapitre IV
La normalisation sociopolitique de la contestation .......... 77
1. Un renouveau de la mobilisation contre Ennahdha .......... 77
2. Facebook comme plate-forme de désinformation ............ 82
Conclusion ..................................................................................... 89
Bibliographie ................................................................................ 93
Glossaire ......................................................................................... 97
Index des noms de personnes ............................................... 101
Index analytique ........................................................................ 103










Introduction

Le printemps arabe désigne l’ensemble des contestations
populaires qui se produisent dans plusieurs pays du monde
1arabe depuis décembre 2010 . Il renvoie à un mouvement de
sociétés longtemps perçues comme immobiles. Dans ce cadre,
les différents régimes ont joué un rôle important en
verrouillant les diverses sphères de liberté, tout en se présentant
comme un rempart contre la montée de l’islam politique. Cette
situation leur a valu le soutien de l’Occident – particulièrement
après le 11 septembre – qui a ignoré les violations des droits de
l’Homme et les persécutions dont les partis islamistes ont été
les principales cibles. Ainsi, le gouvernement Ben Ali, qualifié
de régime républicain conservateur, a-t-il pu compter sur la police
pour instaurer un ordre militaire à l’instar de l’Égypte qui s'est,
2quant à elle, appuyée sur l’armée .
Dès l'arrivée au pouvoir de Ben Ali, les islamistes ont été
les cibles de cette autocratie modernisatrice, victimes de violentes
répressions, d’un boycott électoral, d'emprisonnements de
3masse et d'exils forcés . Paradoxalement, l’islam était utilisé
pour légitimer l’autoritarisme, mais aussi la contestation en
comptant sur la culture comme réservoir de symboles.
Néanmoins, à la lumière des récents événements, nous réfutons
l’idée d’une relation causale entre islam et autoritarisme.
Pour Hannah Arendt, le régime autoritaire brise le lien
social, notamment à travers le contrôle des médias, un discours
de propagande et l’instauration de la terreur grâce aux forces
4de l’ordre . Profitant de l’affaiblissement de ce rapport, les
islamistes d’Ennahdha ont consolidé leur position au sein de la
5société tunisienne, tout en évitant les représailles du régime . La
tentative de reconstruction sociale a donc constitué le moteur
de la protestation.
Ceci nous permet de mieux comprendre la fonction
d'Internet dans la formation de ces mouvements de
contestation car cet outil a offert l'opportunité de contourner la
censure et le verrouillage de l'espace public. De plus, il se
substitue en un seul clic aux organisations traditionnelles et
6facilite la mobilisation d’individus non-organisés . La politique
apparaît alors comme une dimension secondaire des
reven7dications . Le renforcement du rapport social au cours de cette
révolution exprime un fort désir de participation. Au cours de
ce processus, la religion, omniprésente dans l’espace social et
8politique, a joué un rôle primordial qu’il nous faudra analyser .
La révolution du 14 janvier 2011 a représenté la réaction
sociale à des causes classiques telles que la précarité
économique, le chômage, etc. Cette contestation s’est présentée
comme une révolte pour la dignité, la fierté, l’honneur et contre
l’humiliation dont Mohammad Bouazizi a été victime après
avoir été giflé par une policière. Par la suite, son immolation a
symbolisé la souffrance de toute une société.
Le concept d’identification et le sentiment de commune
capacité forment des clefs pour comprendre l’effet boule de neige
qui a conduit des milliers de jeunes Tunisiens à se mobiliser
9contre un régime en place depuis plus de deux décennies . Une
partie de cette jeunesse s’est en effet identifiée au jeune
Mohammed Bouazizi.
La dimension corporelle des événements semble tout aussi
importante car la révolution tunisienne n’a pas été
désin10carnée . Au contraire, le corps témoignait de la colère et de
11l’indignation face à la violence policière . Nous citons à titre
d’exemple l’immolation du jeune Mohammed Bouazizi ou les
10