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La vie de Passages...

De
296 pages
Simon a la cinquantaine, une épouse, deux enfants et un job d'éducateur auprès d'adolescents fragiles... Charles, quinze ans, est né en Ethiopie et sa famille adoptive vit en banlieue parisienne. Il n'existe que deux endroits au monde où ces deux destins pouvaient véritablement se rencontrer : un foyer éducatif et un roman. La vie de Passages… est l'histoire de cette rencontre qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Elle raconte les virages, les carrefours et les accidents qui transforment une route singulière en une odyssée rimbaldienne.
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R o m a n
ETHNOGRAPHIQUES
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(WKQRJUDSKLTXHV Collection dirigée par Pascal LE REST
EthnographiquesHQWUDvQHU O¶°LO GX OHFWHXU DX[ FRXOHXUV GH OD YHXW YLH FHOOH GHV TXDUWLHUV HW GHV YLOOHV GHV FRQWLQHQWV HW GHV vOHV GHV KRPPHV HW GHV IHPPHV GHV MHXQHV HW GHV YLHX[ GHV EODQFV HW GHV QRLUV 6DLVLU OH PRQGH HW OH UHVWLWXHU HQ SKRWRJUDSKLHV LQVWDQWDQpHV GH IDoRQ VHQVLEOH HW FKDXGH SURFKH HW KXPDLQH WRXW HQ SUpVHUYDQW OD TXDOLWp GHV UpIpUHQFHV GHV PpWKRGHV GH WUDLWHPHQW GH O¶LQIRUPDWLRQ HW GHV WHFKQLTXHV G¶DSSURFKH HVW QRWUH VLJQH HW QRWUH DPELWLRQ
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5REHUWD 58%,12Outils de recherche. Étude du projet Coton bio-équitable du Mali  $KPHG $70$1,La relation mère-enfant en milieu traditionnel algérien, Tome 2 : Psychopathologie  $KPHG $70$1,La relation mère-enfant en milieu traditionnel algérien, Tome 1 : Ethnopsychologie  3KLOLSSH /,3&+,7=1914, la mémoire de mes 20 ans, /RXLV )$/$9,*1$Tout le soleil du monde  3KLOLSSH /,3&+,7=Quand pourtant le bonheur était là… 7RPH   3KLOLSSH /,3&+,7=Quand pourtant le bonheur était là… 7RPH   0XULHO 6$17252Mon voisin de maíz. Voyage au Guatemala au cœur de la culture maya  %HUWUDQG $5%2*$67Voyage initiatique d’un adolescent… Lancelot et le vieux  0RKDPHG '$5'285Corps et espace chez les jeunes français musulman. Socioanthropologie des rapports de genre  -DFTXHV +8*8(1,1vieilles » : Les Panthères GrisesLa révolte des « toutes griffes dehors  3DVFDO /( 5(67Des Rives du sexe,
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À Dan, Kev, Zen et Ethan …pour qui
À ma mère et à ma sœur …sans qui
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CHARES:
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...d’une angue à ’autre
Je me suîs toujours sentî étranger à Narcy-sur-Seîne. Pas teement à cause de a coueur de ma peau… Vu mon nom, Chares Dechavîe, ee a putôt un petît aîr de « dîversîté cuturee ». C’est juste que, es ies et eurs jupes pîssées beu marîne, es mecs et eurs cravates à rayures, qu’est-ce que j’avaîs à aîre avec ça, moî ? Ce quî sépare Narcy-sur-Seîne de Courbe-sous-Boîs, ce n’est pas trente kîomètres, maîs a chute îrrémédîabe – j’aîme bîen ce mot-à, sa sonorîté tragîque et déinîtîve – a chute îrrémédîabe, du monde d’en haut jusqu’au monde d’en bas. Deux unîvers paraèes, par déinîtîon condamnés à ne jamaîs se rejoîndre. Comme quoî, je suîs pus attentî qu’î n’y parat pendant es cours de maths.
Courbe-sous-Boîs… Je me souvîens de ’époque, pas sî oîntaîne, où je récamaîs tous es jours une séance de journa téévîsé pour ne pas rater un épîsode des « émeutes de a banîeue », autre chose que es sérîes bîdon produîtes par Hoywood. Après tout, moî aussî j’étaîs banîeusard. à-bas, de jeunes « terrorîstes » – î parat que c’est comme ça qu’on appee d’abord es résîstants – brûaîent eurs écoes, eurs gymnases, es bagnoes de eurs voîsîns et es rares usînes pas encore déocaîsées.ïcî, mon père rentraît vert de rage, pestant contre e voîturîer du Crîon et a mînuscue éralure sur a robe métaîsée de sa Mercedes :
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– ï s’est conondu en excuses ’abrutî, î m’auraît éché es pîeds pour que ’afaîre en reste à. Des âches et des încapabes, c’est ça eur ameuse casse ouvrîère ! Ça devaît être ça, a « racture socîae » dont es journaîstes nous rebattaîent es oreîes… Peu de temps après, î s’en aaît avec a Mercedes – ofrant à ma mère une Renaut amîîae, peut-être pour bîen marquer que notre amîe n’étaît pus a sîenne. Son absence m’a pesé pus que je n’auraîs pu e présager. es yeux gonlés de ma mère et es armes hystérîques de ma sœur m’ont aît lîpper. Pourtant, j’aî cru avoîr assumé, en vraî mec, a racture amîîae, du moîns, tant que je suîs resté en terraîn hostîe maîs connu.
Courbe-sous-Boîs… À présent, assîs à a pace du mort, je sens voer en écats ma vîe d’avant, se dîssoudre ceuî que j’étaîs hîer encore. Une sorte de métamorphose. Autoroute A3. Embouteîage. es rumeurs de ’émeute me revîennent aux oreîes et es vîsages dououreux entrevus à a téé occupent e premîer pan du paysage. Me voîà à mî-chemîn entre ma vîe passée et cee à venîr. Sî touteoîs c’est toujours moî quî suîs à… – C’est provîsoîre es enants, dît soudaîn ma mère. Juste e temps de trouver queque chose de pus conortabe. C’est provîsoîre… Ee nous a déjà servî ça quand mon père a mîs es voîes : « Votre père et moî avons besoîn de nous éoîgner ’un de ’autre pendant queque temps. Maîs c’est provîsoîre es enants… » Quand ee dît ça, ee me aît penser à Pasca, Baîse bîen sûr :Faîtes sembant de croîre et bîentôt vous croîrez. Je perçoîs à présent a même întonatîon dans sa voîx. Ce provîsoîre ae même goût de déinîtî. Ça me donne a nausée. J’ouvre ma enêtre dès qu’on s’arrête à un eu et je crache aussî oîn que je peux. – Non maîs qu’est-ce quî te prend Chares ? Qu’est-ce que ces manîères ? – Pardon maman, j’avaîs un truc quî me gênaît dans a bouche. – Aarghh, c’est dégoûtant ! à, c’est ma sœur Cémentîne quî aît sa mîjaurée. – Oh ça va, a erme, toî ! je uî réponds, parce qu’ee m’agace beaucoup ces dernîers temps. – Arrêtez de vous chamaîer et de vous comporter comme des maapprîs.
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Nous devons rester soudés et soîdaîres dans cette épreuve. – T’înquîète m’man, c’est provîsoîre…
Courbe-sous-Boîs… Au moment d’accoster dans notre nouveau monde j’aî du ma à quîtter e navîre. Je n’aî pas a carrure d’un Chrîstophe Coomb. – Aez Chares, vîens, dépêche-toî, sors de a voîture ! peste ma mère quî s’engage déjà dans ’entrée. ’absence de porte aîsse percevoîr des escaîers crasseux. Je ne a voîs déjà pus orsque Cémentîne reprend e lambeau : – Aez, grouîe-toî, aîde-nous à sortîr es sacs au moîns. Non, maîs que aînéant, ceuî-à ! Je ixe obstînément es is éectrîques, rescapés de ce quî devaît être un dîgîcode et aîs pîvoter ma tête en dîrectîon du parkîng. Vu ’état des queques voîtures statîonnées, on dîraît que certaînes ont servî de cobayes pour des expérîences de dîssectîon. Que sort vont-îs réserverà a nôtre, îmmoatîon ou sîmpe enèvement ? – Chares, descends de a voîture, îmmédîatement ! e ton monte et je sors de ma caverne pour entrer dans un ha bîen moîns accueîant, es bras chargés de paquets. Outre es dîférentes odeurs quî m’assaîent à mesure que j’avance vers mon utur chez moî, cee de ’însécurîté me prend au nez et envahît mon corps tout entîer. J’entre à recuons, comme dans une chambre d’hôpîta. D’aîeurs, je ne me sens pas très bîen. Je doîs couver un truc pas coo du genre phobîe ou aergîe à ’envîronnement type banîeue nord. Ma poîtrîne se serre, ’oxygène passe dîIcîement, mon corps se ige. C’est ma mère quî dans mon dos repère e symptôme : – Tu ne eraîs pas une crîse de spasmophîîe ? Ça aîsaît des moîs que je n’en avaîs pus aît, je pensaîs que c’étaît inî. – Tu devraîs peut-être te mettre à a enêtre, prendre une boufée d’aîr… Sa proposîtîon, sî peu adaptée, m’îrrîte un peu : ee n’a pas songé une seconde à me tendre e sac pastîque, quî ’encombre depuîs un moment, pour que j’înhae dedans. Ee doît être trop préoccupée par e chaosde ce nouveau départ. Tant pîs. Je suîs son conseî et me dîrîge vers a enêtre de ma chambre, e souLe court. Autant me amîîarîser tout de suîte avec ce quî sera dorénavant mon horîzon, a cîté des Peupîers. ’odeur de a peînture est encore présente et une méchante envîe de
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