Laura schizophrène

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Le développement théorique qui nous est proposé aujourd'hui ne renvoie pas seulement au parcours de Laura mais englobe également l'expérience qu'avait commencé à élaborer Marguerite Sechehaye. Alors que le lecteur pourrait de prime abord songer qu'il va être en mesure de s'approprier une forme de théorie du Big Bang de l'inconscient, l'expérience montre qu'il n'en est rien et que c'est vers bien d'autres champs conceptuels que le cas de Laura parvient à nous conduire. Cet ouvrage fait suite à un précédent : "Traitement psychothérapique d'une jeune schizophrène".
Publié le : jeudi 1 avril 2004
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EAN13 : 9782296357907
Nombre de pages : 170
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Laura Schizophrène
Contrepoint théorique

Études Psychanalytiques Collection dirigée par Alain Brun et Joël Bernat
La collection Etudes Psychanalytiques veut proposer un pas de côté et non de plus, en invitant tout ceux que la praxis (théorie et pratique) pousse à écrire, ce, «hors chapelle », «hors école », dans la psychanalyse. DAL-PALU Bruno, L'Enigme testamentaire de Lacan, 2003. RICHARD Jean-Tristan, Essais d'épistémologie psychanalytique,2003. ARON Raymond, Jouir entre ciel et terre, 2003. CHAPEROT Christophe, Structuralisme, clinique structurale, diagnostic différentiel, névro-psychose, 2003. PAUMELLE Henri, Chamanisme et psychanalyse, 2003. FUCHS Christian, De l'abject au sublime, 2003. WEINSTEIN Micheline, Traductions de Psy. Le temps des non, 2003. COCHET Alain, Nodologie Lacanienne, 2002. RAOULT Patrick-Ange, Le sujet post Moderne, 2002. FIERENS Christian, Lecture de l'étourdit, 2002. VAN LYSEBETH-LEDENT Michèle, Du réel au rêve, 2002. VARENNE Katia, Le fantasme de fin du monde, 2002. PERICCHI Colette, Le petit moulin argenté (L'enfant et la peur de la mort),2002. TOTAH Monique, Freud et la guérison,200l. RAOULT Patrick-Ange, Le sexuel et les sexualités, 2002. BOCHER Yves, Mémoire du symptôme, 2002. CLm Radu, Cadre totalitaire etfonctionnement narcissique, 2001. BOUISSON Jean, Le test de Bender, 2001. GODEV AIS Luc, Le petit Isaac, 2001. MEYER Françoise, Quand la voix prend corps, 2001. BOUKOBZA Gérard, Face au Traumatisme, 2000. LALOUE René,Psychose selon Freud, 2000. GUENICHE Karine, L'énigme de la greffe, 2000. HURION Roseline, Les crépuscules de l'angoisse, 2000. MA TISSON Maurice David, L'injonction spectaculaire, 2000. GASQUET Gérard NUNEZ Angel, Avenir d'une désillusion, 2000. DEHING Jef, Autour de W. R. Bion, 2000. RAOULT Patricl(-Ange, Le transfert en extension, 2000. ROMPRE David, Sexe stase et orgone, 2000.

ÉTUDES PSYCHANALYTIQUES

Jean BESSON

Laura

Schizophrène
Contrepoint théorique

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALlE

Du même auteur,

Traitement psychothérapique d'une jeune schizophrène Récit, Editions l'Harmattan, 1995.

cgL'Harmattan, 2004 ISBN: 2-7475-6312-X EAN : 9782747563123

Préambule

Contribution théorique à l'approche de la schizophrénie est l'un des intitulés classiques auxquels nous aurions pu avoir recours pour présenter les éléments d'élaboration théorique qui vont Sillvre. Avec pour avantage d'inscrire d'emblée nos travaux dans la lignée des diverses et nombreuses approches du champ de cette pathologie, ce procédé aurait cependant eu pour inconvénient majeur de faire implicitement songer que, par sa forme d'expression, la schizophrénie de Laura était représentative de toutes les autres. Outre le fait d'être ambitieuse, cette optique ne correspondait absolument pas à la réalité et laissait de surcroît supposer à tort que le fait d'avoir été en situation de conduire le déroulement thérapeutique nous hissait dans une sorte de suprématie pour en tirer les conclusions. Or, ce ne sera pas des constantes déjà mises à jours que notre développement tirera sa singularité, mais bien plutôt du fait de nous trouver avec notre lot d'observations sur un pied d'égalité

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équivalent à celui de n'importe quel clinicien qui en eût pris connaissance. Pour aller plus loin, il est aisé de démontrer combien l'efficience de nos interventions thérapeutiques a pu être détachée du mode de représentation auquel nous nous sommes référé. On peut en effet parier, qu'en aucun cas, les changements qui se sont opérés par les actes n'auraient pu avoir à souffrir d'inadéquations en provenance des différents modèles freudien, kleinien, winnicottien qui nous avaient servi de référence pour étayer notre cheminement de réflexion. Cela signifie que, dans des conditions sensiblement équivalentes, tout autre. psychothérapeute qui aurait été amené à devoir s'acquitter des mêmes actes thérapeutiques aurait abouti à des résultats similaires à partir d'un quelconque autre étayage théorique. À l'horizon du prolongement que nous comptons offrir aux développements que nous avons déjà engagés dans le récit, il va sans dire que, quels qu'ils soient, ils ne constitueront en aucun cas une fermeture à la perspective de toute autre exploration possible. Le don de l'eau, la lecture silencieuse, le don du chien en peluche sont les trois séquences de changements majeurs autour desquelles nous nous livrerons à l'exercice d'un contrepoint - d'où le sous-titre - tel qu'en composition musicale, une phrase mélodique peut donner lieu à la réalisation d'un grand nombre de variations. Cet exercice arrivera comme une déclinaison des thèmes que nous avons déjà abordés et cela dans la droite lignée des modèles de référence à caractère psychanalytique auxquels nous avons essentiellement fait appel. Autant de sensibilités différentes, autant de contrepoints différents. Puisse la transparence de ces actes thérapeutiques susciter en chacun l'envie de se livrer à la composition de son propre contrepoint et réveiller chez chacun la part ludique du jeu de construction.

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L'administration

de la preuve

Consacrer notre attention aux séquences d'administration de nos « actes» thérapeutiques, c'est avant tout souligner que celles qui correspondaient à un mode d'intervention plus orthodoxe dans le champ de la parole ne rentreront pas dans le cadre de cette réflexion 1. Il est donc d'ores et déjà établi que nous ne reviendrons pas sur cette tranche de développement déjà jalonnée par d'innombrables travaux de spécialistes. En revanche, la phase de transition de la thérapie par l'acte à la thérapie par la parole sera l'objet de toutes nos attentions. De nombreux facteurs en présence ont en effet constitué et constitueront encore longtemps un goulot d'étranglement dont on ne sera pas prêt
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la manière dont les différentes étapes postérieures à la reprise de la

problématique phallique ont pu donner lieu à des analyses détaillées et approfondies dans toute la dernière partie du récit du cas de Laura (analyse transférentielle conjointement basée sur un décryptage des rêves et de la trame du discours) chacun aura eu les moyens d'apprécier que, passé le cap de l'administration des actes, notre pratique psychothérapique se sera déroulée dans des conditions d'approche des phénomènes inconscients beaucoup plus traditionnelles. -9-

d'épuiser toutes les ramifications: l'absence d'indice pour pronostiquer la survenue de cette séquence, le caractère souterrain des processus mis en jeu lors de son surgissement et la multiplicité de ceux engendrés a posteriori. De problématique en problématique, la mise en chantier des actes a consisté dans l'administration d'une preuve. Dans chacun des cas, nous avions à nous hisser à la place inverse de celle que, dans son fantasme, Laura nous faisait occuper2. Dans le cadre de la problématique orale, Laura nous avait investi comme mauvais objet par identification projective: on lui donna la preuve que l'on était réellement bon. Dans la reprise de la problématique anale, elle nous avait hissé au statut de mère possessive: on lui donna la preuve que l'on était l'inverse - non possessive. Quant à la problématique phallique où Laura nous hissa en position de mère phallique, on lui donna la preuve que nous n'étions pas cette mère phallique mais un représentant paternel puisque, à ce stade, la logique des contraires avait à s'opérer dans le jeu des différences à caractère sexué. Lors de la première application de la technique de l'administration de la preuve pour la problématique orale, nous être inspiré des travaux de Marguerite Sechehaye nous conduisit d'abord à retenir les éléments qu'elle avait elle-même théorisés autour de sa pratique. Selon 1es termes de l'auteur, il était nécessaire de répondre à une demande pulsionnelle pour que celle-ci se trouve « réalisée symboliquement », c'est-à-dire que par régression puisse s'opérer une reprise des expériences infantiles frustrantes30
2 Notons en passant qu'avant de songer à administrer des actes, nous étions exposé à un double verrouillage, car non seulement nous avions à les trouver, mais à trouver que nous avions à les trouver. 3 Tandis qu'en Suisse, :rvfarguerite Sechehaye expérimentait sa méthode de « réalisation symbolique» dans les années 1940/1947, le Dr John N. Rosen entreprenait aux Etats-Unis une démarche un peu voisine « d'analyse directe» (L'AnalYse directe,trad. d'une série d'articles, PUF, 1960). Hormis les

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Eu égard aux quantités impressionnantes d'informations dont disposait Marguerite Sechehaye sur les périodes très précoces vécues par Renée enfant, et notamment sur les mauvaises conditions de son nourrissage, le rapprochement explicatif qu'elle avait réalisé était plausible4. Pour notre part, la situation était différente. Aucun élément anamnestique n'avait été à notre disposition dans l'histoire de Laura pour autoriser des liens entre son état et son passé. Du reste, lorsque nous nous sommes reporté aux regards des auteurs sur la causalité de la pathologie de Renée et sur ce qui, dans le traitement effectué par Marguerite Sechehaye, avait pu être thérapeutique, nous nous sommes aperçu que les points de vue étaient très partagés. Tandis que dans son article de 19625, Donald W. Winnicott se situait par rapport à cette expérience en considérant que (( ce qui importait ce n'était pas que la patiente ait mangé la pomme ou qu'elle l'ait seulement regardée, qu'elle l'ait prise ou gardée, mais qu'elle ait été capable de créer un objet )), Gisela Pankow mit l'accent de manière plus corrosive quelques années plus

réserves qui, déjà à cette époque, étaient énoncées sur les résultats obtenus - « Les notes et souvenirs» racontés par Gisela Pankow, qui est allée rencontrer le Dr John N. Rosen au cours de l'année 1957, restent encore aujourd'hui extrêmement savoureuses (L'Être-là du schizophrène, AubierMontaigne, 1981) -, on peut retenir que, comme Marguerite Sechehaye, le Dr John N. Rosen en était également venu, lui aussi, à considérer que c'est la réponse maternelle inadéquate aux dispositions de colère, de rage ou d'angoisse du nourrisson qui constitue l'étiologie des schizophrènes et l'origine du traumatisme, analyse d'ailleurs nettement nuancée par les travaux actuels. 4 Se référer à l'ouvrage de l'auteur intitulé La Réalisationsymbolique(Hans Huber, Berne, 1947) ainsi qu'à l'article « Les divers aspects du moi schizophrénique» (Symposium International de Psychothérapie de la Schizophrénie, Lausanne, Ed. S~Karger, Lausanne, 1965). 5 « Intégration du moi au cours du développement de l'enfant» dans Processusde maturation chez l'enfant, Donald W. Winnicott, Pbp, 1980, p. 14. -11-

tard6 sur le fait qu'il s'agissait de considérer que la disparition des hallucinations était non pas liée à la (( satisfaction d'un besoin dont elle avait étéprivée autrefois )) mais bien plutôt (( à la reconnaissance de laforme despommes commeforme du sein noumssier )), c'est-àdire, si nous avons bien compris la thèse de l'auteur, comme partie du corps de la mère en vue d'une reconnaissance du corps total7 . Pour tenter d'avancer dans la compréhension de ce que Marguerite Sechehaye et nous-même avions entrepris à l'égard de chacune de nos malades, l'on en vint non plus à examiner comment cet acte avait été reçu mais à réfléchir sur ce qui nous avait poussés, nous psychothérapeutes, à ressentir que nous avions à nous acquitter de cet acte. Quelles avaient été nos raisons? N'était-ce que par défaut de ne pas avoir réussi à obtenir de résultats par un biais interprétatif? Y-en avait-il d'autres? Et quelles étaient nos dispositions? Lorsque nous avons cherché à nous reporter à ce qu'avait livré Marguerite Sechehaye de sa pratique avec l'honnêteté intellectuelle qui caractérisait son récit - qualité que le Dr Charles Odier8 avait même soulignée dans sa préface en termes de probité intellectuelle - on s'aperçoit qu'au gré des améliorations et des rechutes de Renée, c'est à son intuition que sa psychothérapeute s'en était le plus souvent remise pour décider de ce qu'il était ou non opportun d'entreprendre. En défmitive, Marguerite Sechehaye avait fait ce qui lui semblait bon pour Renée. Et si, en matière d'honnêteté intellectuelle, nous avions à notre tour à faire nos preuves, il nous
6 Interview de 1978 publiée dans une réédition de L'Être-là du schizophrène,Gisela Pankow, Aubier-Montaigne, 1981, p. 210. 7 L'auteur, pour qui l'accès à la dialectique de la partie et de la totalité est, à ce palier d'organisation, essentiel, fait d'ailleurs mention de cette expérience en termes de ((greffe de transfert )).Ibid., p. 218. 8 Dans L 'Histoire de la Prychana/yseen France, dirigé par Roland Jaccard, mention est faite sous la plume d'Alain de :Mijolla de la place tenue par Charles Odier dans la naissance du mouvement psychanalytique français. -12-

fallait admettre qu'au moins en ce qui avait concerné le lancement du traitement, nous n'avions pour notre part nullement répondu à d'autres prétentions pour Laura. Dans cette hypothèse, Marguerite Sechehaye et nousmême avions été dépositaires par identifications projectives d'éléments mauvais de nos malades et nous nous étions en réaction laissé saisir par cet éprouvé qui nous avait conduits à prodiguer malgré tout du bon. Face à une telle constellation relationnelle qui correspondait en bien des points au prototype d'une configuration interactionnelle mère-enfant, l'auteur Bion n'aurait sans doute pas manqué de reconnaître une tolérance maternelle à être dépositaire d'éléments fJ 9; des éléments fJ en provenance du nourrisson, et qui, une fois reçus dans le champ de la rêverie maternellelo, ont à subir par cette entremise une transformation en éléments a ré-introjectables par le sujet. Une fois englobé dans le contexte plus général de la reprise du passage de la position schizo-paranoïde à la position dépressive, nous nous sommes aperçu que notre rapprochement était d'autant plus éclairant que, dans le mouvement d'intériorisation de la position dépressive, les processus de réintrojection de Laura ne se sont pas seulement opérés sur les parties exclusivement bonnes mais également sur les fragments d'éléments mauvais dont le destin a été d'être ultérieurement

9 Réflexionfaile, Wilfred. R. Bion, 1967, trade Fran. 1983, Puf, p. 130. Par éléments fJ, l'auteur entend par exemple une peur de mourir du petit enfant: (( si lepetit enfant a le sentiment qu'il est en train de mourir, une mère bien équilibrée peut acceptercettepeur ety répondrede manière thérapeutique,c'est-à-direde manière à donnerau petit enfant le sentiment que sa personnalitéeffrqyéelui revient,mais sous une forme désormaistolérable: lespeurs peuvent êtreprises en charge par la personnalité du petit enfant. Si la mère ne peut tolérer (;esprqjet'fions,le petit enfant en est réduit à continuer l'identificationprojective avec une force et une fréquence de plus en plus
grandes. )) 10 En l'occurrence, sans doute est-ce notre espace interne d'élaboration de ce qui s'est produit qui a pu faire fonction d'équivalent à la rêverie maternelle dont parle l'auteur.

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gérés au sein de la métaphore digestive dans le cadre de la problématique anale. Gagné par l'idée que Laura a pu reconnaître les qualités bonnes de l'objet que nous lui avons présenté par cette opération de transformation des objets projetés de fJ en a, le développement de cette application théorique nous a semblé réussir à couvrir le champ d'efficience de nos actes théra. 11

peunques . Malheureusement, ce en quoi son impact s'est étayé sur l'existence, dans le fonctionnement défensif, d'identifications projectives, est venu couper court dès la deuxième séquence à la possibilité d'étendre son articulation aux problématiques ultérieures. De fait, si pour la problématique orale, la gestion des différentes parties du psychisme clivé en fragments bons et mauvais a reposé sur des idenfications projectives, il n'en a nullement été ainsi pour celles qui lui ont succédél2. Les éléments

11 Pendant qu'en 1983, nous nous débattions avec ces questions, le Dr Jacques Hochman de Lyon portait à la connaissance du public un ouvrage dont il a assuré la direction sur la psychiatrie de secteur (Techniquede soins en prychiatrie de secteur,PU L, Lyon, 1983), ouvrage dans lequel lui aussi avait recours à l'application du modèle de Bion dans des conditions sensiblement identiques aux nôtres avec ses malades. Ce ne fut que quelques mois plus tard que l'on en eut connaissance et que l'on eut le plaisir de découvrir que non seulement il se référait toujours aux travaux de Marguerite Sechehaye mais qu'il déplorait qu'elle eût été injustement oubliée. 12 Comme le souligne Donald Meltzer dans l'article « L'appareil protomental et les phénomènes somato-psychotiques » (extrait de Studies in Extended Metaprychologyet diffusé dans la Rfp, sept. oct., 1989, tome LIlI, Put) Wilfred R. Bion en était arrivé au point dans ses derniers travaux, et notamment sur les groupes (Rcchen'hessur lespetits groupes, Wilfred R. Bion, 1961, cinquième édition française, 1987) à considérer que la fonction de
transformation des éléments

p

en a ne renvoyait

pas à une

expérience

seulement vécue dans la traversée de la problématique orale, mais à faire l'hypothèse d'un appareil protomental coexistant dans la vie ultérieure du sujet à des stades de la vie inconsciente qui pouvaient être notamment mobilisés dans le rapport au groupe. Régine Prat dans le même numéro de la Revue française de psychanalyse (article intitulé « Le dialogue des -14-

de conf1rmation des actes qui sont arrivés par la suite ont en effet mis en échec tous les modèles auxquels nous avons eu recours jusque-là pour cerner ce qui s'est déroulé dans la traversée de ces séquences charnières. Pour parvenir à en extraire les caractéristiques communes, nous n'avons eu plus qu'à les aborder toutes de front.

émotions» p. 1345) relève le même point en référant l'existence de cet appareil protomental à la part psychotique de la personnalité toujours susceptible d'une reprise élaborative. Bien que dans le cadre de notre relation duelle, nous n'avons pas été amené à observer des mécanismes d'identifications projectives (l'élusion, la disparition effective) dans la reprise des séquences charnières postérieures à la problématique orale, et donc à conserver ce modèle comme ouverture à des possibilités d'élaboration de ce qui s'est produit dans l'administration des actes, nous restons convaincu que ces vues recèlent une intuition prémonitoire de ce en quoi, dans son expérience du (( non-mentalisé )) et du (( à mentaliser )), le sujet se trouve, à des niveaux fondamentaux, arrimé à l'expérience groupale. -15-

Transitionnalité

et Virtualité

Que l'on songe à l'hypothèse de Jean Laplanche d'une séduction originaire présente dans la confrontation de l'adulte et du petit enfant séduction constitutive par l'entremise d'un refoulement originaire d'un premier substrat de représentation inconsciente13-, ou bien que l'on songe, à un niveau qui n'en semble pas si éloigné, à la manière dont René Roussillon avait relevé une sorte de double-bind dans le dispositif de la curetype du type séduction/non-séduction - la mise en jeu du travail psychanalytique constituant par la règle fondamentale du « tout dire » une formidable séduction et en même temps une position de pare-excitation 14_, nous avons été conduit, ou reconduit pour nous les remémorer, à plusieurs moments: ces
inconscientes que l'auteur dit (( énigmatiques )) et qui vont laisser un reste, les oljets-sourtes, qui rentrerait dans le travail psychique ultérieur du sujet (auto-théorisation: travail de symbolisation et d'autosymbolisation). Nouveaux Fondements pour la psythanafyse, Jean Laplanche, PUF, 1990 (1 èreédition 1987). 14 Ibid., Juin 1980. 13 Représentations

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