Laurent-Marie Biffot

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Laurent-Marie Biffot est le premier directeur de l'IRSH créé en 1976 au Gabon, après le départ de l'ORSTOM. Ancien recteur de l'université du Gabon en 1977, ses proches le surnommaient "l'Efficace" parce qu'il était capable de parvenir à ses fins, à ses objectifs. La sociologie de Laurent-Marie Biffot repose sur deux paradigmes, fonctionnaliste et critique.
Publié le : vendredi 15 avril 2016
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EAN13 : 9782140007163
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Alain ELLOUÉ-ENGOUNE
LAURENT-MARIE BIFFOT
Le pionnier de la recherche en sciences sociales au Gabon
Laurent-Marie Biffot est le premier directeur de l’Institut de recherche
en sciences humaines (IRSH), créé en 1976 après le départ de l’Office de LAURENT-MARIE BIFFOT
la recherche scientifique et technique outre-mer (ORSTOM) du Gabon.
Ancien recteur de l’université du Gabon en 1977, ses proches le
surnommaient « L’Efficace » parce qu’il était capable de parvenir à ses fins, à ses
objectifs.
La sociologie de Laurent-Marie Biffot repose sur deux paradigmes,
fonctionnaliste et critique : Le pionnier
fonctionnaliste : parce que cette sociologie est plutôt portée sur le
maintien et la production de l’ordre social établi. Il est question pour lui
de défendre le pouvoir politique naissant : le Parti démocratique gabo- de la recherche
nais (PDG), parti d’État nouvellement créé en 1968.
critique : Laurent-Marie Biffot a décortiqué les structures de la société
et a mis en évidence les conflits qui la minent : les contradictions entre en sciences sociales
les pratiques sociales et l’idéologie au pouvoir.
au GabonNé le 16 mars 1954 à Ndjolé au Gabon, Alain ELLOUÉ-ENGOUNE est
docteur en philosophie, spécialiste de philosophie et d’ éthique africaine. Il
est actuellement directeur de l’Institut de recherche en sciences humaines
(IRSH) de Libreville au Gabon. Il est l’auteur de plusieurs articles sur
la pensée africaine ainsi que d’un essai intitulé Du Sphinx au Mvett et un autre
sur Albert Schweitzer et l’Histoire du Gabon, aux Éditions L’Harmattan. Il est Contributions, critiques et perspectives
également l’auteur de l’ouvrage La pratique de l’intervention philosophique en
Afrique (Edilivre). Il revient chez L’Harmattan avec Laurent-Marie Biffot, Le
pionnier de la recherche en sciences sociales au Gabon, Contributions, critiques
et perspectives.
En couverture : Portrait of Laurent-Marie Biffot, the new
permanent representative of Gabon to the United Nations,
8 January 1987, United Nations, New York.
ISBN : 978-2-343-07370-5
18,50 euros
HC_PF_ENGOUNE_LAURENT-MARIE-BIFFOT.indd 1 10/03/16 20:48tt
LAURENT-MARIE BIFFOT Alain ELLOUÉ-ENGOUNE








Laurent-Marie Biffot
Le pionnier de la recherche
en sciences sociales au Gabon





Alain ELLOUÉ ENGOUNE
Laurent-Marie Biffot
Le pionnier de la recherche
en sciences sociales au Gabon
Contributions, critiques et perspectives © L’Harmattan, 2016
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-07370-5
EAN : 9782343073705 La nature est intelligente, elle est source de vie
et d’inspiration intarissables
A.E.E Je dédie ce livre à mon épouse :Caléopie
à mon père Nzoghe Pierre ;
à ma mère Nyndong Georgette ;
à mes enfants : Elodie, Emery, Parfait, Pierre,
Cédric, Rostand-Erick, Vanessa, Nestor, Luwdvine,
Juliette, Olivia, Lolo, Izia, Anaëlle.
à toute ma famille ;
aux chercheurs du CENAREST ;
aux étudiants gabonais ;
à la jeunesse africaine.
Qu’ils trouvent ici, l’expression de ma profonde
reconnaissance.
7
REMERCIEMENTS
Mes remerciements les plus sincères à tous ceux qui, de
la conception à la réalisation, m’ont aidé à des degrés
divers :
Etoughe-Efe Jean-Eméry; Maître de recherche (CAMES)
à l’Institut de recherche en Sciences Humaines (IRSH) ;
Toung-Nzue Jérôme, Chargé de recherche (CAMES),
Mboumba Moulambou, Chargé de recherche (CAMES :
Ella Edgard Maillard, Chargé de recherche (CAMES).
Tous les Elloue : grands-parents, tantes, épouses, enfants
et petits-enfants pour toute leur affection.
Mes enseignants du primaire et du secondaire qui m’ont
laissé des souvenirs impérissables.
Mes Maîtres François Meyer et Robert Lamblain, pour
avoir pris le courage de diriger ma thèse de 3° cycle de
philosophie à Aix-en-Provence (France).
Mes collègues et amis Dominique Essone Atome,
Philippe Moundounga, pour m’avoir contraint à l’excellence
dans les travaux de recherche en sciences humaines et
sociales.


A. E. E

9
INTRODUCTION
Qui est est L.M. Biffot
L. M. Biffot a exercé comme enseignant-chercheur. Il a
été le Premier Directeur de l’Institut de Recherches en
Sciences Humaines du Centre National de la Recherche
Scientifique et Technologique du Gabon (CENAREST). Il
a enseigné, entre autres, la méthodologie, au Centre
Universitaire des Sciences Politiques et du Développement
(C.U.S.P.O. D)et à l’École Nationale Supérieure de
Police. (E.N.S.P) de Franceville, la sociologie rurale au
C.U.S.PO.D. et la sociologie du travail à l’École Nationale
d’Administration. C’est un ancien délégué ministériel au
Ministère de la Culture, des Arts et de l’Éducation
Populaire. Il est, après André Walker Raponda, le deuxième
Gabonais qui consacra sa vie active à la connaissance et à
la découverte scientifiques du Gabon.
L.M. Biffot est mort à Paris en janvier 2015 à l’âge de
90 ans. Comme le pense mon ami G. Biyogo, « le mot
Adieu invite à découvrir sans cesse l’œuvre de celui qui
est parti. L’adieu invite à la rencontre de l’œuvre de
l’absent et à son examen serein, lorsque sa silhouette s’est
effacée pour faire place à son œuvre. L’adieu est un appel
à revenir à l’œuvre, à son examen, à ses lectures et à ses
1relectures.»
L’Adieu que nous adressons à L.M.Biffot est que son
œuvre ne mourra pas et ne tombera pas dans l’oubli.


1G. Biyogo, Adieu à Tsira Ndong Ndoutoume, Paris, l’Harmattan,
2006, p.28.
11 Le rapport à l’œuvre de L.M. Biffot
Les travaux de L. M. Biffot m’ont influencé dès mon
recrutement à l’Institut de Recherche en Sciences
Humaines (IRSH). Etant de formation philosophique, je
m’implique sur tous les axes de recherche à L’Institut de
Recherche en Sciences Humaines (IRSH).
Certains me diront que les sciences sont devenues si
complexes qu’il est difficile de les aborder toutes. Je dirai
comme Popper que l’Université a sottement fragmenté la
connaissance en disciplines spécialisées, chacune sans
aucune nécessité est enfermée dans son rituel et son
vocabulaire.
G. Sorman en paraphrasant Popper écrit: « Refusez la
fragmentation de la connaissance, pensez à tout, ne vous
laissez pas noyer par la montée des informations. Ne soyez
2dupe de rien, ni des modes, ni du terrorisme intellectuel. »
C’est à l’individu de décider comment appliquer les
découvertes des Sciences Humaines et Sociales à la
conduite de son existence. Si les philosophes redoutent les
difficultés de cette tâche, quel espoir peuvent avoir les pays
sous-développés ? Pourtant, il y a des décisions à prendre
qui engagent toutes les disciplines. Il est absurde de
s’imaginer que la vie réelle puisse se cloisonner comme les
départements rivaux d’une même Université. Il faut bien
que quelqu’un s’attaque aux problèmes interdisciplinaires.
Évidemment, le sociologue ne peut plus les résoudre
tout seul. Le philosophe dans les pays africains se trouve
situé à la croisée des chemins de l’esprit.
L’homme moderne n’est plus aujourd’hui séparé du
monde comme un spectateur devant un tableau et, il a peu
à peu pris conscience d’un fait indéniable : la manière dont
2G. Sorman, les vrais penseurs de notre temps, Paris, livre de Poche,
p. 357.
12 il formule le monde qui l’entoure devient son
environnement même.
Depuis mes humanités, j’avais pris conscience du
rapport étroit qui relie la réflexion philosophique à
l’existence concrète chez l’homme. Comme le philosophe
Mead l’expose dans sa thèse : « tous les organismes
vivants sont liés dans un milieu social ou une situation
sociale générale, d’un réseau de relations et
d’interactions matérielles dont dépend la continuité de leur
existence. Il y a donc un lien entre la vie, le milieu social et la
3poursuite de l’existence. »
L’individu tire sa nature humaine des relations et
interactions qui le lient à la communauté sociale tout
entière. Ces relations et interactions poussent l’homme à
s’interroger sur son identité, sur sa société.
Ces questions demandent une réflexion au sein de
quelques diciplines : Histoire, Démographie,
Anthropologie, Economie et Sociologie. Nous pensons qu’il est du
devoir du philosophe de scruter les objets, les horizons de
manière pluridisciplinaire.

Les Sciences Sociales aujourd’hui
Les problèmes sociaux nous apparaissent comme les
problèmes de l’homme, envisagé en tant que personne.
Sous cet angle, ces faits sociaux recouvrent deux grands
groupes de problèmes liés au fait que les uns envisagent
l’homme en tant qu’individu pris en lui-même ou dans son
activité, tandis que les autres envisagent l’homme en tant
que membre de groupes, de collectivités diverses, une
entité appelée à connaître de nombreux changements dans
l’espace et dans le temps.

3 Mind, self ou Society, 1935, p.16.
13 L’accroissement de la capacité d’analyse,
l’approfondissement des conclusions théoriques et méthodologiques
et enfin, les échanges entre les différentes expériences
dans l’utilisation des sciences sociales, apporteront une
meilleure compréhension des problèmes sociaux.
L’ancien Directeur de l’Institut de Recherche en
Sciences Humaines (IRSH), Monsieur Jean Ekaghba-Assey,
sociologue, nous disait souvent dans les réunions : les
problèmes sociaux sont des problèmes à la fois attachants
et difficiles :
- Des problèmes attachants parce qu’ils nous
mettent en contact avec les réalités humaines, avec la vie
quotidienne, avec les problèmes concrets que chacun
d’entre nous rencontre tous les jours.
- Attachants aussi en raison de leur variété, parce
qu’ils mettent en œuvre à la fois des facteurs
sociologiques, ethnologiques, juridiques, économiques et
démographiques. Mais cela rend aussi ces problèmes difficiles
car ils n’entrent pas dans le cadre d’aucune discipline
universitaire traditionnelle considérée.
En effet, ils ne s’inscrivent, entièrement, uniquement et
directement ni dans la sociologie, ni dans le droit, ni dans
la géographie humaine, ni dans la philosophie, ni dans la
psychologie sociale, ni dans les sciences politiques, mais
exigent cependant des connaissances dans toutes ces
disciplines et impliquent par conséquent, un effort de synthèse
qui n’est pas toujours aisé à réaliser.
Le terrain idéal de rencontre pour ces différentes
disciplines des sciences sociales est la pluridisciplinarité.
14 TITRE I
LA RECHERCHE COLONIALE AU GABON

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