Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Achetez pour : 39,99 €

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB - PDF

sans DRM

Vous aimerez aussi

La Critique d’art au Mercure de France (1890-1914)

de editions-rue-d-ulm-via-openedition

Esthétique

de editions-rue-d-ulm-via-openedition

L’Art et la tragédie du Beau

de editions-rue-d-ulm-via-openedition

suivant
Couverture

Le Centenaire de l’École normale (1795-1895)

Édition du Bicentenaire

  • Éditeur : Éditions Rue d’Ulm
  • Année d'édition : 1994
  • Date de mise en ligne : 12 décembre 2013
  • Collection : Histoire de l’ENS
  • ISBN électronique : 9782821829688

OpenEdition Books

http://books.openedition.org

Édition imprimée
  • ISBN : 9782728801923
  • Nombre de pages : 73*-XLV-699
 
Référence électronique

. Le Centenaire de l’École normale (1795-1895) : Édition du Bicentenaire. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Éditions Rue d’Ulm, 1994 (généré le 11 décembre 2014). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionsulm/1538>. ISBN : 9782821829688.

Ce document a été généré automatiquement le 11 décembre 2014. Il est issu d'une numérisation par reconnaissance optique de caractères.

© Éditions Rue d’Ulm, 1994

Conditions d’utilisation :
http://www.openedition.org/6540

Désireuse de marquer son premier siècle d’existence et d’édifier un monument qui survive à une éphémère célébration, l’École normale supérieure avait publié en 1895 un Livre du Centenaire qui retraçait l’histoire des cent années écoulées depuis le décret de la Convention. Ce livre dont la Bibliothèque de l’École conserve précieusement un exemplaire dans sa réserve est aujourd’hui introuvable. À l’approche du bicentenaire, il a paru souhaitable de le réimprimer pour le rendre au public. [….]

À lui seul, le style un peu suranné plein de grâces désuètes, avec de temps à autre un soupçon d’emphase ou de grandiloquence, est un document sur un temps et un témoignage sur un âge de l’École qui garde un charme discret. [….]

Les auteurs du Livre du Centenaire reconnaîtraient-ils aujourd’hui leur École ? Que de changements depuis ! Quelle différence entre les maigres promotions d’alors, exclusivement masculines, et les effectifs d’aujourd’hui ! Le statut de l’École a subi plusieurs réformes profondes. Les relations avec l’Université sont passées, elles aussi, par des états bien différents. Et pourtant la continuité n’est pas un vain mot. Le vibrant éloge de l’École par son directeur en 1895, le plaidoyer pour la formation et la culture générale, l’argumentation en faveur de la rencontre des disciplines, sont-ce des thèmes tellement inactuels ? Quelle invitation à méditer sur le destin des institutions et leur aptitude à durer ! Au moment où la communauté normalienne est invitée par la célébration du bicentenaire à s’interroger sur l’avenir de l’École et les raisons d’être d’une institution d’excellence par rapport à un enseignement supérieur qui s’est totalement transformé, la réimpression de ce beau livre vient décidément à son heure. René Rémond.

Sommaire
  1. Préface

    René Rémond
  2. Introduction

    Texte et contexte Le Livre du Centenaire et l’École normale supérieure en 1895

    Jacques Verger
    1. Le Livre du Centenaire : l’École vue par elle-même
    2. L’École en 1895 : des pierres et des hommes
    3. Normaliens et universitaires de la Belle Époque
    4. Du Capitole de 1895 à la roche Tarpéienne de 1903 ?
  3. L’École normale et son centenaire

    Georges Perrot
    1. I
    2. II
    3. III
    4. IV
  4. Première partie. Les boursiers de Louis-Le-Grand. L'école normale de l'an III

    1. Avant-Propos

    2. Livre I. Les boursiers de Louis-Le-Grand après l’expulsion des Jésuites

    1. Livre II. L’École normale de l’an III. Chapitre I. Les origines et le caractère de l’idée conventionnelle

    2. Chapitre II. Les projets du 1er prairial et du 1er messidor an II. Le projet du 6 vendémiaire an III

      1. PROJET DE DÉCRET TENDANT A RÉVOLUTIONNER L’INSTRUCTION.
    3. Chapitre III. Le décret du 9 brumaire an III

    4. Chapitre IV. Le choix des professeurs

    5. Chapitre V. Le choix du logis. Le conflit avec les Finances et les Travaux publics

    6. Chapitre VI. Le programme des cours

    7. Chapitre VII. Le choix des élèves dans les districts

    8. Chapitre VIII. L’aspect des cours

    9. Chapitre IX. L’exécution des programmes

    10. Chapitre X. La dissolution de l’École

    11. Chapitre XI. Dépenses et résultats

      Paul Dupuy.
  1. Deuxième partie. Études et souvenirs

    1. I. Résumé de l’histoire de l’École normale de 1810 a 1895

    1. Paul Dupuy
      1. I L’ÉCOLE DE L’EMPIRE
      2. II L’ÉCOLE DE LA RESTAURATION
      3. III L’ÉCOLE PRÉPARATOIRE
      4. IV L’ÉCOLE NORMALE SOUS LA MONARCHIE DE JUILLET
      5. V L’ÉCOLE NORMALE DE 1848 À 1856
      6. VI L’ÉCOLE NORMALE DE 1850 À 1880
      7. V L’ÉCOLE NORMALE DE 1 880 à 1895.
    2. II. Les directeurs

      1. Guigniaut

        Jules Simon
      2. Victor Cousin

        Etienne Vacherot
      3. Dubois

        Paul Janet
      4. Désiré Nisard (1806-1888)

        Th. Froment
        1. I
        2. II
      5. Bersot

        Georges Lyon
      6. Fustel de Coulanges

        Paul Guiraud
    1. III. L’enseignement

      1. Michelet à l'école normale (1827-1838)

        Gabriel Monod
      2. Caro — Son enseignement à l’École

        Léon Ollé-Laprune
      3. Charles Thurot

        Ferdinand Brunot
      4. E. Desjardins

        Camille Jullian
      5. O. Riemann

        Henri Goelzer
      6. L’enseignement des mathématiques à l’École

        Jules Tannery
      7. Verdet

        Jules Violle
      8. Bertin Mourot. Maître des conférences de physique (13 février 1818 — 20 aout 1884)

        Marcel Brillouin
      9. H. Debray

        A. Joly
        1. I
        2. II
        3. III
      10. Les débuts de la section des sciences naturelles (1880-1894)

        Frédéric Houssay
      11. La bibliothèque de l’École

        P. Vidal de la Blache
      12. L’institution des agrégés préparateurs

        G. Kœnigs
      13. Le laboratoire de M. Pasteur

        E. Duclaux
      14. Les annales scientifiques de l’École

        Désiré Gernez
        1. ANNALES SCIENTIFIQUES DE L’ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE
    1. IV. Variétés

      1. Souvenirs intimes

        L. Pasteur
      2. Influence de Galois sur le développement des mathématiques

        Sophus Lie
        1. I
        2. II
        3. III
      3. Musique et musiciens. Souvenirs de la vieille École

        Eugène Manuel
      4. L’école en 1848

        A. Mézières
        1. I
        2. II
      5. Émile Chevé

        Duclaux
      6. L’École en 1870-71

        Lud. Bourgine
        1. I
        2. II
        3. III
        4. IV
        5. V
        6. VI
        7. VII
        8. VIII
      7. La promotion de 1872

        George Duruy
      8. Thuillier

        Costantin
      9. L’instruction militaire à l’École (1885-1889)

        André Lalande
      10. L’École en 1893

        Francisque Vial
        1. I
        2. II
        3. III
      11. L’esprit normalien

        Jules Lemaître
      12. La charité à l’École

        Gustave Bloch
      13. L’association des anciens élèves

        Gaston Boissier
      14. L’École normale et l’Astronomie

        C. Wolf
      15. L’École normale et la Presse

        Édouard Hervé
      16. Les Normaliens au théâtre et dans le roman

        Émile Faguet
      17. Les Normaliens en voyage

        Gaston Deschamps
      18. Les Normaliens dans l’Église

        Alfred Baudrillart
        1. 1813
        2. 1835-1840
        3. 1845-1848
        4. 1851-1859
      19. Nos morts inconnus

        Henry Michel
  1. Troisième partie

    1. I. Listes des fonctionnaires de l’école normale de 1795 à 1895

      1. I. — ÉCOLE NORMALE DE L’AN III
      2. II. — ÉCOLE NORMALE DE 1810 A 1895
    2. II. Liste des élèves de l’école normale par promotions depuis 1810

      1. A. — École normale de 1810 à 1822
      2. B. — École préparatoire de 1826 à 1829.
      3. C. — École normale de 1830 à 1895.
    3. IV. Liste des élèves de l’école normale entrés à l’institut

      1. Académie française.
      2. Inscriptions et Belles-Lettres.
      3. Sciences.
      4. Beaux-Arts.
      5. Sciences morales et politiques.
    4. IV. Liste des élèves de l’école normale entrés à l’institut

      1. Académie française.
      2. Inscriptions et Belles-Lettres.
      3. Sciences.
      4. Beaux-Arts.
      5. Sciences morales et politiques.
  2. Table des gravures

Préface

René Rémond

1Désireuse de marquer son premier siècle d’existence et d’édifier un monument qui survive à une éphémère célébration, l’École normale supérieure avait publié en 1895 un Livre du Centenaire qui retraçait l’histoire des cent années écoulées depuis le décret de la Convention. Ce livre dont la Bibliothèque de l’École conserve précieusement un exemplaire dans sa réserve est aujourd’hui introuvable. À l’approche du bicentenaire, il a paru souhaitable de le réimprimer pour le rendre au public. Cette initiative va de pair avec la refonte et l’actualisation, sous l’impulsion d’Alain Peyrefitte, du livre Rue d’Ulm. Les deux ouvrages se complètent. Si l’on y joint le recueil que prépare l’Association des anciens élèves et qui rassemblera une abondante documentation, on disposera d’un ensemble permettant de prendre une vue générale de l’histoire d’une institution qui a traversé deux siècles et reste une originalité de la France universitaire.

2On a présumé que plus d’un archicube aurait plaisir à feuilleter ce gros livre plein de souvenirs et à consulter ses informations. J’ai moi-même passé quelques heures délicieuses en compagnie de ces auteurs d’un autre temps. À lui seul le style un peu suranné, plein de grâces désuètes, avec de temps à autre un soupçon d’emphase ou de grandiloquence, est un document sur un temps et un témoignage sur un âge de l’École qui garde un charme discret.

3La lecture, un siècle plus tard, de ce livre conçu sur la fin du xixe siècle inspire toutes sortes de considérations sur l’écoulement du temps et ses effets sur la vie des institutions. Ce qui a peut-être le plus vieilli est le thème, qui tient une place fort étendue dans la longue introduction du Directeur de l’époque, de l’orientation politique de l’École : il s’attache à montrer qu’elle a toujours été solidaire de la tendance qu’il appelle libérale et que son sort a étroitement dépendu des vicissitudes politiques. Il est bien vrai que l’École eut à souffrir chaque fois que prévalut une tendance réactionnaire : supprimée quelques années par la Restauration, rétablie par la Monarchie de Juillet, suspecte à l’Empire autoritaire et menacée un temps de disparition, assujettie à un régime de surveillance tatillonne, elle trouva la paix avec la République qui mit fin à ses alarmes. Mais quel Directeur se croirait aujourd’hui tenu de chanter la munificence de l’État ? Surtout le lien entre le pouvoir et l’École, ou plus précisément entre elle et le parti au pouvoir, me semble s’être relâché ; sans doute parce qu’elle a cessé d’être un enjeu de querelles politiques, et qu’avec le temps son avenir a paru de moins en moins précaire. Mais aussi parce que le panorama politique de l’École s’est diversifié : si elle a bien été, dans les années 1880-1900, le symbole de l’alliance entre les intellectuels et la République, elle a depuis été davantage le miroir de la pluralité des familles d’esprit. La belle thèse que Jean-François Sirinelli a consacrée à la génération des normaliens et des khâgneux de l’après-première-guerre en illustre un exemple. De ce fait, l’École a été un des hauts lieux des grands débats idéologiques et des batailles politiques qui ont eu tant de place dans l’histoire de notre société.

4La discussion serrée sur l’événement dont on peut raisonnablement dater la naissance de l’École – décret de la Convention ou décret impérial de 1808 – peut paraître avoir perdu de son actualité avec l’éloignement dans le temps de ces commencements. Et pourtant la démonstration à laquelle procède Georges Perrot avec la rigueur de l’historien exercé à dater les documents et les monuments, n’est pas sans intérêt, même aujourd’hui. Le lien de filiation qu’il établit entre l’initiative éphémère de la Convention, qui ne dura que quatre mois, et la création napoléonienne atteste l’originalité première du projet et la capacité de l’institution à surmonter les épreuves. Il en irait de même à propos de chacune des ruptures qui scandèrent au xixe siècle l’histoire tourmentée de cette École. Ce sont bien les mêmes intuitions qui présidèrent à la création et à ses résurgences. Ce sont elles aussi qui constituent la spécificité de l’École. Un spirituel article de Jules Lemaître s’interroge sur les traits caractéristiques de l’esprit normalien. Mais l’essentiel n’est-il pas dans les quelques orientations qui dessinèrent la physionomie de l’École en un temps où les universités avaient disparu : la réunion dans un même établissement des sciences et des lettres partout dissociées ; la volonté de rapprocher les savants des élèves, d’associer recherche et formation des futurs enseignants ; celle enfin de compléter l’enseignement magistral par un travail de conférences ?

5Les auteurs du Livre du Centenaire reconnaîtraient-ils aujourd’hui leur École ? Que de changements depuis ! Quelle différence entre les maigres promotions d’alors, exclusivement masculines, et les effectifs d’aujourd’hui ! Le statut de l’École a subi plusieurs réformes profondes. Les relations avec l’Université sont passées, elles aussi, par des états bien différents. Et pourtant la continuité n’est pas un vain mot. Le vibrant éloge de l’École par son directeur en 1895, le plaidoyer pour la formation et la culture générale, l’argumentation en faveur de la rencontre des disciplines, sont-ce des thèmes tellement inactuels ? Quelle invitation à méditer sur le destin des institutions et leur aptitude à durer ! Au moment où la communauté normalienne est invitée par la célébration du bicentenaire à s’interroger sur l’avenir de l’École et les raisons d’être d’une institution d’excellence par rapport à un enseignement supérieur qui s’est totalement transformé, la réimpression de ce beau livre vient décidément à son heure.

Introduction

Texte et contexte Le Livre du Centenaire et l’École normale supérieure en 18951

Jacques Verger

1Le gros livre dont on va lire la réédition a été publié pour la première fois en 1895, à Paris, par les soins de la maison Hachette. Ce n’était pas le premier ouvrage consacré à l’École normale supérieure ; en 1884 déjà, à l’instigation de Fustel de Coulanges, alors Directeur de l’École, avait paru, également à Paris mais chez l’éditeur L. Cerf, un premier volume intitulé L’École Normale (1810-1883) ; cet ouvrage de 424 pages, qui reste fort utile, contenait, outre une notice historique, la liste des élèves et anciens élèves de l’École, ainsi qu’un répertoire méthodique des principaux travaux publiés par ces derniers dans les disciplines tant littéraires que scientifiques. Mais le volume de 1895 était, tant par sa taille (744 pages) que sa présentation matérielle et son contenu, d’une toute autre ambition.

2L’occasion de cette publication est indiquée par son titre même : Le Centenaire de l’École Normale. 1795-1895. Ainsi donc, en 1895, l’École célébrait son premier siècle d’existence. À la date du décret fondateur (9 brumaire an III, c’est-à-dire 30 octobre 1794), on avait préféré, semble-t-il, celle de l’ouverture effective de la première École normale (1er pluviôse an III, soit le 20 janvier 1795). En fait, c’est l’ensemble de l’année 1894-1895 qui fut occupée par cette célébration. Au milieu des diverses manifestations officielles, la décision de publier non pas une simple plaquette commémorative mais un gros livre, fortement construit et luxueusement présenté, fut certainement une décision heureuse. Elle nous a valu un ouvrage qui reste aujourd’hui encore un livre de référence, à la fois riche de matière et agréable à feuilleter, une étude solide sur l’histoire et les structures de l’École au xixe siècle en même temps qu’un monument au charme un peu désuet où le lecteur peut cultiver, en regardant les gravures anciennes et les photographies un peu passées, en parcourant les pages au ton parfois discrètement pompeux, sa nostalgie d’ » un monde que nous avons perdu ».

3Ce livre que l’École réédite aujourd’hui, à la fois comme un hommage à ceux qui la firent vivre jadis et comme un témoin de la longue tradition que, malgré tous les changements récents, elle ne saurait renier sans se condamner elle-même, ouvrons-le, lisons-le attentivement pour bien en saisir la valeur et la signification.

Le Livre du Centenaire : l’École vue par elle-même

4Aucun nom n’apparaît sur la couverture du livre mais il a eu, à l’évidence, un maître d’œuvre. Ce maître d’œuvre fut Paul Dupuy. Personnage aujourd’hui un peu oublié, Paul Dupuy joua, de l’avis de tous ceux qui le connurent, un rôle éminent dans l’histoire de l’École, où il fit pratiquement toute sa carrière, au point de s’identifier en quelque sorte avec elle2. Né en 1856 à Loudun (Vienne), il y était entré en 1876, dans la même promotion que Gustave Lanson, Lucien Lévy-Bruhl et Salomon Reinach, deux ans avant Jean Jaurès, trois ans avant Emile Durkheim. Historien, il connut comme maîtres de conférences Fustel de Coulanges, Vidal de la Blache, E. Desjardins et Lavisse. Ayant échoué à l’agrégation, il dut enseigner brièvement au lycée de Bayonne puis à Louis-le-Grand mais dès 1881, enfin reçu à l’agrégation, il revint à l’École comme « maître surveillant », recruté par Fustel de Coulanges qui était devenu Directeur en 1880. L’exigeant historien de la cité antique lui manifesta plus particulièrement sa confiance en faisant bientôt de lui, en quelque sorte, l’historiographe de l’École. Il lui confia le soin de rédiger la notice historique du volume de 1884 que nous avons mentionné plus haut. Il reprit cette notice dans le Livre du Centenaire (p. 211-252) mais en la faisant précéder d’un travail beaucoup plus ample et approfondi sur « Les boursiers de Louis-le-Grand » (p. 3-20) et surtout « L’École normale de l’An III » (p. 21-209), travail d’excellente qualité scientifique, fondé sur les sources originales.

5En 1885, Fustel quitta l’École, Dupuy, lui, devint, « surveillant général ». Ce titre fait aujourd’hui sourire mais il convenait bien au personnage chargé d’administrer la vie quotidienne d’un établissement où les élèves étaient encore soumis aux règles d’un strict internat. Paul Dupuy, nous le verrons, fut un surveillant général diligent mais libéral et, plus tard, les élèves se souviendront plutôt de lui comme d’un conseiller bienveillant, voire d’un directeur de conscience. Il sacrifia en tout cas à ses fonctions administratives et pédagogiques sa vocation d’historien ; les pages qui suivent – et qui sont pratiquement le seul travail historique important qu’il ait laissé (avec une Vie d’Évariste Galois publiée en 1896 dans les Annales scientifiques de l’E.N.S.) – montrent pourtant qu’il n’était pas, en la matière, dépourvu de talent ni de méthode.

6La carrière de Paul Dupuy après 1895 nous importe moins ici. Rappelons cependant qu’il occupa son poste jusqu’à sa retraite en 1925, soit un total de quarante-quatre ans passés au service de l’École et de ses élèves. En 1904, il reçut l’appellation plus moderne de « secrétaire général » de l’École. Il joua certainement un rôle important pour assurer la continuité entre l’École du xixe siècle – celle du centenaire de 1895 – et celle issue de la réforme de 1903 et, en un sens, pour limiter les effets de cette réforme.