Le coaching clinique psychanalytique

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Les termes "clinique" et "psychanalyse" effraient. Dans le monde de l'entreprise ou le monde sportif, on leur préfère celui de "coaching" ? Or que saurait faciliter un coach s'il n'entend rien à la nature humaine, sa psychologie, son fonctionnement, son métabolisme, son "temps" psychique ? Comment pourrait-il aider son client à accoucher de lui-même, sans connaissance des structures psychiques, par exemple ? S'il n'a aucune idée de la question de désir, s'il le confond avec le besoin... Comment alors concilier ces tensions au service des objectifs à atteindre ? Il y a autant de coachings que de coachs et de coachés.
Publié le : lundi 1 juin 2015
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EAN13 : 9782336382159
Nombre de pages : 152
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Roland BRUNNER Le coaching clinique
et Luce JANIN-DEVILLARS
psychanalytique
Le terme de « clinique » effraie et, certainement plus encore, celui de
psychanalyse. Comment oserait-on alors l’associer à celui de l’entreprise
ou du monde sportif dans lequel tout un chacun reconnaît celui de
coaching ? Parce que l’accompagnement, la relation d’aide, ne sont
pas des expressions anodines. Il ne s’agit pas d’une pratique banale,
connue de tous, qui renverrait seulement à d’autres pratiques reconnues Le coaching clinique
dans l’entreprise : le management, la gestion des hommes et des idées,
l’accompagnement au changement… psychanalytiqueNon, le coaching est une méthode spécifi que qui engage au moins
deux personnes (le coach et son coaché) sans compter le prescripteur
et, parfois, plusieurs individus dans le coaching d’équipe dont nous ne
Enjeux psychologiques et perspectivestraiterons pas ici. Il implique donc qu’il se « passe » quelque chose entre
les deux protagonistes. Et, pour le coup, ce ne sera pas du savoir comme
dans la formation ou le consulting. Le coach ne sait rien, c’est son client
qui en sait quelque chose de son travail, de son entreprise et, surtout,
de lui. Le coach n’est qu’un facilitateur, mais comment pourrait-il faciliter
quoi que ce soit s’il ne connaît pas la nature humaine, sa psychologie,
son fonctionnement, son métabolisme, son « temps » psychique qui
n’est pas celui de l’organisation ? Comment pourrait-il aider ce client à
accoucher de lui-même, s’il le traite comme n’importe qui ? C’est-à-dire
s’il ne possède aucune connaissance en termes de structures psychiques,
par exemple. Comment nous font-elles fonctionner ? S’il n’a aucune
idée de la question du désir, s’il le confond avec le besoin ; nous avons
généralement besoin de travailler, mais notre désir est parfois ailleurs.
Comment alors concilier ces deux tensions au service d’un ou de plusieurs
objectifs à faire atteindre ? Comment ne jamais mettre son client en
danger ? Comment reconnaître et accepter que le coaching ne convient
pas à tout le monde ? Autant de questions auxquelles nous nous sommes
efforcés de répondre… modestement, car il y a autant de coachings que
de coachs et de coachés.
ISBN : 978-2-343-05354-7
15,50 €
Roland BRUNNER
Le coaching clinique psychanalytique
et Luce JANIN-DEVILLARS








LE COACHING CLINIQUE
PSYCHANALYTIQUE Psycho - logiques
Collection fondée par Philippe Brenot
et dirigée par Alain Brun

Sans exclusives ni frontières, les logiques président au fonctionnement
psychique comme à la vie relationnelle. Toutes les pratiques, toutes
les écoles ont leur place dans Psycho - logiques.

Déjà parus

Florence LAFINE, Du sensoriel au sens social. Naissance de la
pertinence et de la normativité sociale chez le bébé, 2015.
Cécile CHARRIER, Réflexions pour une thérapeutique de la
violence. Violence et Créativité, 2015.
Riadh BEN REJEB (dir.), Le rituel. De l’anthropologie à la
clinique, 2015.
Radu CLIT, Le travail institutionnel en milieu psychiatrique et
de l’enfance inadaptée, 2015.
Jean Michel PÉCARD, Essai de psychologie analytique, 2015.
Sébastien PONNOU, Lacan et l’éducation. Manifeste pour une
clinique lacanienne de l’éducation, 2014.
Sophia DUCCESCHI-JUDES, Portrait de folies ordinaires.
Petit guide de psychopathologie pour tous, 2014.
Anna CURIR, Les processus psychologiques de la découverte
scientifique, L’harmonieuse complexité du monde, 2014.
Jean-Pierre LEGROS, Stratium, Une théorie de la personne,
2014.
Aurélie CAPOBIANCO (dir.), Peut-on parler au téléphone ?
Stratégies cliniques pour entendre au bout du fil, 2014.
Christel DEMEY, Stimuler le cerveau de l’enfant, 2013.
Audrey GAILLARD et Isabel URDAPILLETA,
Représentations mentales et catégorisation, 2013.
Jean-Luc ALLIER, La Fragilité en pratique clinique, 2013.
Stéphane VEDEL, Nos désirs font désordre, Lire L’Anti-Œdipe,
2013.
Sliman BOUFERDA, Le symptôme en tous sens, 2012.
René SOULAYROL, La spiritualité de l’enfant. Entre
l’illusion, le magique et le religieux (nouvelle édition), 2012. Roland BRUNNER & Luce JANIN-DEVILLARS








LE COACHING CLINIQUE
PSYCHANALYTIQUE












































© L'HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05354-7
EAN : 9782343053547 Introduction
Nous avons voulu écrire un livre sur le coaching
clinique psychanalytique, car c’est celui que nous
utilisons. Il existe d’autres approches, mais nous
pensons que celle-ci, associée à d’autres, dans certains
cas, donne de meilleurs résultats.


Les pratiques du coaching sont multiples, variées. La
cohorte des coachs est donc une véritable armée mexicaine :
ses combattants ne possèdent pas les mêmes fusils ni les
mêmes munitions. À chacun sa théorie et ses croyances.
Notre objectif est de présenter ici une pratique originale,
singulière et peu usitée : le coaching clinique psychanalytique.
Notre propos sera théorique, concret, polémique, souvent en
contradiction avec les modèles couramment employés en
coaching. Nous développerons surtout la pratique de ce type
de coaching dans la sphère professionnelle, bien qu’il puisse
aussi être proposé dans un cadre élargi avec le « life
coaching ».
En résumé, cet ouvrage s’adresse aux personnes
analysées, aux psychanalystes, mais aussi à tous ceux qui ont
suffisamment de sens clinique pour s’orienter vers la
pratique du coaching en s’appuyant sur la psychanalyse. Le
sens clinique étant la capacité à reconnaître la structure
psychique d’une personne et, partant, d’adapter son mode de
communication, mais aussi d’entendre « le dit comme le
non-dit ». Apprendre à se former dans cette direction est
1parfois le moyen d’entrer dans le devenir psychanalyste .

1 On lira en guise d'introduction complémentaire : R.Brunner,
Psychanalyse des passions dans l'entreprise, Eyrolles, 2009.
5 Chapitre I : définition du coaching
§. 1 Qu’est-ce que le coaching ?
Par coaching il faut entendre un accompagnement
spécifique. Celui d’une personne qui souhaite atteindre un
objectif professionnel et/ou personnel en menant une
réflexion pour choisir une nouvelle orientation. Il s’agit d’un
travail de facilitation à penser, à agir, à faire et à être.
La démarche est maïeutique. Elle exclut, en principe, la
relation de conseil, la relation de formation et la relation
thérapeutique. Cependant, il est parfois nécessaire d’apporter
un début de réponse au client pour booster sa démarche, le
soutenir s’il se sent en panne de réflexion et d’action. À ce
moment-là, il ne s’agira pas d’offrir une solution miracle,
mais de proposer une invitation à réfléchir. Le coaching peut
s’appliquer à toutes sortes d’activités : sportive,
professionnelle, managériale, scientifique ou technique,
politique et même artistique. Actuellement, il se pratique
essentiellement dans le domaine sportif et professionnel
pour des dirigeants et des cadres supérieurs ; même s’il
pourrait tout aussi bien être offert à des agents de maîtrise,
des employés ou des ouvriers. En réalité, la barrière est
financière. On ne dépense pas d’argent pour le petit peuple
qui travaille. On a tort. Dans les entreprises, les institutions,
les associations, les clés pour résoudre un problème se
trouvent souvent en « bas », du côté de l’encadrement de
proximité.
Quelques mots sur le life coaching, une pratique centrée sur
des objectifs de vie ou des orientations existentielles. Mais
tout coaching n’est-il pas, plus ou moins, du life coaching ?
On ne saurait en effet intervenir sur les pratiques
professionnelles — améliorer sa communication, apprendre
à déléguer, développer sa confiance en soi — sans passer par
7 la case histoire personnelle, récit de vie. L’individu ne voit
pas le jour dans une entreprise, mais dans une famille avec sa
biographie, sa culture, ses rites et ses croyances. Sans pour
autant s’engager dans une psychothérapie, il est nécessaire
que le coach comprenne ce qui fait le terreau initial,
« ancien », infantile, des attitudes actuelles. Sous prétexte de
coaching, un processus considéré comme plus rapide par la
plupart, le life coaching s’instaure en réalité comme une
psychothérapie masquée moins effrayante à envisager.
Notons aussi l’existence du self coaching. Une manière de
se regarder tous les matins dans la glace, comme si notre
reflet pouvait répondre à nos questions. Selon nous, il
n’existe qu’une seule personne ayant réalisé une auto-analyse
et c’est Freud. Il faut néanmoins rappeler que sa
volumineuse correspondance avec Fliess, un de ses amis
médecins, lui permit d’échanger ce qu’il comprenait de
luimême et de ses patients, tout en assurant la confrontation de
ses hypothèses à un tiers. La mise en avant de l’auto
investigation, comme réponse aux difficultés rencontrées,
n’est qu’un avatar du système de défense des êtres humains.
Enfin, s’il existe du coaching de groupe que nous
rangeons plutôt du côté de la cohésion d’équipe, du team
building, nous ne traiterons ici que du coaching individuel en
nous appuyant sur la psychanalyse.
§. 2 Un peu de vocabulaire
Coaching est un terme anglais. À la création de la Société
française de coaching (SF Coach), les fondateurs se sont
demandé s’il convenait de garder le vocable anglais. Fallait-il
le remplacer par celui d’accompagnement dans un réflexe
nationaliste ? En même temps, le mot de coaching était déjà
inscrit dans les usages et on ne modifie pas la pratique de la
langue par décret. Le mot fut donc conservé. Il s’agit
peutêtre d’une erreur stratégique devant une locution qui s’est
beaucoup galvaudée. Ne parle-t-on pas de coaching à propos
8 du relooking, d’un professeur de gym qui vient à domicile
pour faire travailler nos abdos, du décorateur qui aménage
un intérieur ? Le « mal » étant fait, nous avons décidé de faire
comme tout le monde en gardant le mot coaching dans cet
ouvrage. Chapitre II : Petite histoire du coaching
§. 1 Une affaire de mode ?
On connaît l’antienne des journalistes qui viennent nous
interviewer : « Le coaching est-il une mode ? ». La réponse
est dans le petit historique qui va suivre. Si le mot coaching
est un phénomène de mode de nature linguistique, la
pratique de l’accompagnement est vieille comme l’humanité.
Il n’est donc pas question de mode, mais d’un procédé en
expansion, face aux exigences de l’entreprise et aux besoins
des personnes : impératifs de performance, développement
de la culture d’entreprise, attention accrue pour les besoins
RH, accroissement des risques psychosociaux, outplacement,
nécessité de reconversion, gestion des personnalités dites
difficiles.
§. 2 L’Antiquité
Le coaching n’est qu’un avatar anecdotique et historique
de la vieille question de l’accompagnement des hommes.
Que ce soit dans un projet philosophique, politique,
professionnel ou existentiel… La plupart des coachs
ignorent souvent l’histoire de l’accompagnement et se
contentent de croire que tout a commencé aux États-Unis
dans le domaine sportif.
En fait, dès l’Antiquité, le processus est déjà en place.
Les sophistes « coachent » de jeunes aristocrates fortunés
dans l’art de parler, de séduire et de mentir afin de réussir
dans la vie sociale et politique. Ces sophistes sont les
premiers philosophes qui se font rémunérer pour leurs
prestations. Certains coûtent d’ailleurs fort cher. Ainsi
Protagoras fut-il le coach de Périclès. Socrate va coacher
10 ceux qui refusent de se contenter des effets du langage. Il
les aide à trouver dans le dialogue la Vérité sur le monde et
sur la vie. Socrate sera lui-même l’inspirateur de Jacques
Lacan pour qui la relation analytique permet au sujet de
découvrir son désir et sa propre vérité. La méthode
socratique se constitue comme une maïeutique au même
titre que la psychanalyse. Ce dont le coaching clinique
psychanalytique est au plus près. La maïeutique est
exposée dans le Ménon de Platon. Socrate, par le biais du
dialogue, d’un jeu de questions-réponses, s’efforce de faire
retrouver des éléments de géométrie à un esclave sans
instruction. Un détail cependant, il ne se faisait pas payer.
Avec les sophistes et Socrate, l’ère du coach
commence : Platon devient le coach du tyran Denys,
Aristote celui d’Alexandre le Grand, Sénèque est le coach
de l’empereur Néron… Sans oublier Ovide, avec L’Art
d’aimer, où l’auteur s’instaure comme le coach des hommes
et des femmes qui ont décidé de développer l’art de
séduire.
§. 3 La direction de conscience
eAvec l’Empire romain et ceci jusqu’au 17 siècle, la
pratique de la « direction de conscience » peut être comparée
au coaching. Il s’agit d’augmenter les capacités morales et de
réguler ses passions.
En ce temps-là, on s’occupe aussi de l’éducation du
Prince sur le plan éthique et politique comme le firent
Platon, Aristote ou Sénèque et, plus tard, Érasme, Machiavel
et Gracian. Mais s’occuper du Prince n’est pas sans risques.
Platon sera empoisonné par le tyran Denys et Sénèque
poussé au suicide par Néron.
Le christianisme va également avoir son mot à dire en
matière d’accompagnement. Le coaching y prend une odeur
de sainteté avec l’invention de la confession au Concile de
Latran en 1215. En se rendant régulièrement à confesse le
11 chrétien progresse ; pureté, loyauté, charité et sincérité sont
ses objectifs. Parole, contrition et absolution constituent des
outils au service du développement de soi.
Un peu plus tard, Ignace de Loyola mettra au point ses
fameux « Exercices spirituels », une méthode de méditation
et de prière destinée à favoriser le discernement. Sans oublier
Pascal qui se préoccupera de l’accompagnement spirituel des
chrétiens avec ses Provinciales où il dénonce justement les
effets de la casuistique chez certains membres de la
Compagnie de Jésus.
§. 4 Les temps modernes
Avec les temps modernes, on devrait dire l’époque
postmoderne, adieu la théologie, les effets de vérité ou la
séduction, la passion se porte vers des directions plus
futiles : le sport par exemple. C’est à ce moment-là que le
mot de coaching fait son apparition. Il arrive dans les années
soixante, aux États-Unis, et concerne surtout le domaine
sportif. Par la suite avec l’idée, somme toute naïve, qu’il est
possible de traiter un manager comme un sportif, le
coaching va s’orienter vers le monde de l’entreprise. Il s’y
inscrit dans la vague du mind business qui fera florès dès les
années quatre-vingt.
L’Europe et la France seront touchées dans les années
quatre-vingt-dix. La section Française de l’International
coaching fédération (ICFF) naît en 2001 et l’Association
européenne de coaching (AEC) en 2005. Ce sont des
fédérations qui regroupent les professionnels du métier et ont
pour mission de réglementer la profession, de la moraliser, de
soutenir l’importance d’une supervision pour tout coach qui
se respecte et… si possible de se retrouver pour échanger du
business. Le coaching émerge donc en France en pleine crise
des techniques de management, du syndicalisme, en pleine
déliquescence du lien social avec son corollaire, la
psychologisation à outrance des rapports sociaux dans
12 l’entreprise. Son mérite : introduire « l’effet sujet » dans le
management. Il ne s’agit plus de considérer seulement
l’organisation comme un ensemble, un collectif de forces et
d’obligations, mais de s’attacher aussi à chaque personne dans
sa singularité. Arrive alors sur le marché français une foule de
coachs mal formés, faisant souvent preuve d’un
antiintellectualisme virulent, ignorant à peu près tout de l’histoire
de l’accompagnement et de la complexité des choses de
l’esprit. Ils se sont formés au mieux, plus ou moins
sommairement, à l’Analyse transactionnelle (AT) ou à la
Programmation neurolinguistique (PNL). Des outils qui
peuvent être utiles à la pratique du coaching, mais qui ne
répondent pas forcément, en totalité, à l’accompagnement
d’un être humain dans toutes ses intrications. Rares sont ceux
qui ont fait une psychanalyse, une psychothérapie, un autre
travail d’investigation personnelle qui leur permettrait de gérer
les projections et les résonnances que toute relation duelle
implique.

À quoi ce phénomène répond-il ? La profession est
neuve, attrayante, on peut gagner sa vie « sans être passé par
les écoles », selon la formule de comptoir. En effet, si des
organismes professionnels tentent de l’encadrer, elle n’exige
pas — formellement — de posséder un diplôme reconnu
par l’État. Des formations, des écoles se montent très vite,
mais, elles non plus, ne délivrent pas de certification
officiellement reconnue. Pour beaucoup d’aspirants coachs, il
leur suffira de penser qu’une certaine connaissance de
l’entreprise (et encore pas toujours !), des facilités d’écoute et
de communication, de l’entregent peuvent suffire. En outre,
le métier, alors comme aujourd’hui d’ailleurs, se confond
souvent avec celui de conseiller. Du coup, de nombreux
consultants, d’autre part souvent excellents dans leur
pratique, s’y engouffrent. S’y ajoute le désir de tous ceux qui,
bien que non formés à l’accompagnement, rêvent de
« soigner » les autres, de « faire le bien ». Ce à quoi ni le
13 coaching, ni la psychanalyse, ni tout autre travail
d’investigation personnelle ne saurait se réduire.
Fait troublant, les psychanalystes se sont peu intéressés au
phénomène du coaching, laissant ainsi la place aux
bricoleurs, aux charlatans et aux gourous de tout poil. Il est
vrai que le psychanalyste est mal à l’aise avec la réalité du
travail, qu’il considère, à juste titre, comme un des éléments
de l’imaginaire. Il s’agissait donc de penser un autre cadre, de
réfléchir à un coaching d’inspiration psychanalytique. C’est
dans cette direction qu’a été créé, en 2005, le Groupe de
recherche appliquée de l’accompagnement des managers
(GRAAM), centré sur une réflexion concernant le « sujet au
travail ». Certaines entreprises se sont en effet lassées de
pratiques presque exclusivement axées sur la performance,
selon le modèle du coaching de sportifs. Elles ont alors
compris la nécessité d’un accompagnement fondamental
orienté sur la personne, comme entité globale et comme
sujet au travail. Le coaching clinique psychanalytique s’inscrit
dans cette démarche.
On l’a vu, le coaching est victime d’une idéologie
« aristocratique » puisqu’il s’adresse d’abord aux dirigeants et
au top management. Il cible plus ou moins le middle
management et, pour l’essentiel, ignore les agents de maîtrise
et l’encadrement de base. Or il est dommage de méconnaître
l’importance de cet encadrement pour la qualité des produits
et services, mais aussi pour l’amélioration des relations entre
ouvriers et employés. Ceux-ci sont victimes d’une idéologie
de classe, mais aussi victimes d’un calcul économique tant
mesquin qu’illusoire. Il existe toutes sortes de bonnes raisons
pour proposer un coaching à une personne qui ne fait pas
partie de l’encadrement : la diminution des fameux risques
psychosociaux, la réduction de l’absentéisme, des congés
maladie à répétition, l’amélioration des relations
interpersonnelles…
Parti du domaine sportif en passant par celui de
l’entreprise, le coaching va essaimer dans les champs
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