LE CODE SECRET DU COUPLE

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« L’autre n’est pas moi. Il n’est même pas l’image que je me fais de lui ». Voilà qui est facile à accepter intellectuellement et pourtant si difficile à vivre concrètement. Chaque vie de couple est-elle une nouvelle version du mythe d’Eros et Psyché ? Le désir amoureux peut-il se transformer en véritable rencontre ? Une évolution structurante du couple pourrait-elle s’expérimenter si une parole, une écoute, un espace tiers prends en compte les blessures narcissiques, les malices du désir et ses répétitions.
Publié le : mardi 1 janvier 2002
Lecture(s) : 242
EAN13 : 9782296295940
Nombre de pages : 273
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Yvonne BR UEL Marie-Hélène FLYE SAINTE MARIE

Le Code Secret du Couple
Passer du «On» au «Nous», du «ou» au «et», du «tu» au «je»

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

@L'Hannatlan,2002 ISBN: 2-7475-2878-2

Sommaire

Préambule. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 PaulinIPaulaine Un Couple Mythique

-

Le mythe cam-melieu d'initiation universel Le Mythe Familial, mythe d'Eros et de Psyché

Introduction.
Chapitre I

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

La rencontre amoureuse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1 Le Couple Parental

-

Les Couples intériorisés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Pascale, m'aimes-tu? tu me donnes.
2 - Les Modèles de couple.
3

. . . . . . . . . 29 . . . . . . . . 39

- Vivre en Célibataire, vivre en Couple.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

4 - Solitude et Isolement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Chapitre II Les crises de couple, les crises en couple. . . . . . . . . . 47

1 - La traversée des illusions. . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Jacques, ses enfants et leurs mères. . . . . . . . . . . 51 2 - L'illusion de la Complétude. . . . . . . . . . . . . . . . 57 Jean-Louis, la confrontation Q.vec le manque 58
3

- Séparation et Respect.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63

Respect de son chagrin, de sa souffrance Respect du chagrin et de la souffrance de l'autre

Chapitre III La triangulation- symboU-que1

- Être

69

Deux -

Être Trois. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
et culpabilité.
de. la- Jalousie.

Lucile - La petite fille qui jouait avec les clefs. . 76 Marc et Sylvie - Peur de la dépendance. . . . . . 82
Simone
2. - Place-et

- Révolte
fonction.

. . . . . . . . . . . . ..87
...' It .- It It'It r .. r r .- r or.92

Roland - La Jalousie traversée.

. . . . . . . . . . ... . 95

3 - La Fidélité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
Hervé et Laure Idéalisation du couple Accorder sa confiance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 Chapitre IV

-

Les-familles. re.composées.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1 Évolution au sein des nouvelles

-

107 109

constellations familiales. Daniel et Marjolaine
Trouver et prendre sa place.

..................

. . . . . . . . . . . . . . . . 111

Henry et Amélie 2

- Les

nouvelles parentalités

-Appartenances

et leurs limites structurantes. . . . . . . . . . . . . . . . 115
familiales Les différentes générations. . . . . . . . . . . . . . . . 119 Place des grands-parents face aux reconstitutions familiales

Chapitre V Le «NOIIS>).-Espaee: et-lieu--d~uD'enjeu~ - Le «Nous» - L'évolution des personnes. Conclusion.
Bibliographie.

123 . . . . . . . . 125

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135

6

«Nul ne peut s'écouter, ni écouter, s'il n'a été lui-même écouté. L'écoute est une hospitalité intérieure.»
Maurice Bellet

Merci à tous ceux qui ont soutenu et encouragé de leurs observations critiques ce projet d'écriture. Ces proches, collègues, amis, qui nous ont si patiemment accompagnées, Brigitte, Eliane, Jacques, Jean, Jean-Michel, Laurence, Mai, Marguerite-Marie, Nicole, Odile et Philippe. Ce travail a été coloré de leur présence.

Préambule

CELAse passait en 1886 ; Paulin Ségur avait 24 ans. Ce gaillard d'un mètre quatre-vingt-dix s'était déjà taillé une solide réputation sur tout le plateau du Lévezou et même au..delà. Il était le plus fort du village, le seul à pouvoir soulever sur ses épaules ces lourdes charrues de bois, dans cette position d'Hercule soutenant le monde sur son dos. Marie Gineste avait vingt ans, elle était ftaîche, elle avait l'esprit vif et pétillant. Lorsqu'elle avait rencontré Paulin, son cœur avait battu un peu trop fort, mais lorsqu'elle l'avait revu, il avait battu encore vraiment trop fort. Chaque dimanche, elle s'était faite belle pour aller à la messe et puis ils s'étaient parlés, elle l'avait fait rire. Ils se plaisaient. Il avait désiré cette fille aux yeux clairs, à la taille fine et aux formes arrondies. Il aurait posé bien volontiers ses mains sur ses hanches. Il lui avait demandé si elle voulait l'épouser. Sans hésiter Marie avait dit oui; alors il irait parler aux familles. La mère de Marie avait son air soucieux et attristé pour lui dire: «Marie, n'épouse pas Paulin, c'est un garçon violent, bagarreur et qui a le sang chaud. De tous les villages alentour, c'est le plus beau et le plus fort, mais la force et la beauté sont choses peu importantes pour fonder un ménage. Tu es jeune, tu te laisses étourdir par sa beauté mais tu seras malheureuse. Une vie dans le malheur c'est long.»

Yvonne

BRUEL

Marie-Hélène

FLYE SAINTE MARIE

Le Code Secret du Couple
Passer du «On» au «Nous», du «ou» au «et», du «tu» au «je»

L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 FRANCE Paris

L'Harmattan Hargita 1026 u.

Hongrie 3

L'Harmattan Via 10214 Bava, Torino

Italia 37

Budapest

HONGRIE

IT ALlE

@L'Hannattan,2002
ISBN: 2-7475-2878-2

Sommaire

Préambule.

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PaulinlPaulaine

-

Un Couple Mythique
lieu d'initiation d'Eros universel et de Psyché mythe

Le mythe Le Mythe

comme Familial,

Introduction.

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19

Chapitre
La rencontre

I
amoureuse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

1

-

Le Couple Parental
Les Couples intériorisés. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

25
35

Pascale,

m'aimes-tu?
Modèles de couple.

tu

me
. . .

donnes.
. . . . . . .

. . . . . . . . .29
. . . . . . . . .

2
3

-

Les

- Vivre
Solitude

en

Célibataire,
et Isolement.

vivre
. .

en
. . .

Couple.
. . . . . . .

. . . . . . . . 39
. . . . . . . .

4

43

Chapitre
Les crises

II
de couple,
traversée des

les

crises

en couple.
. . . . . . . .

. . . . . . . . . 47
. . . . . . . . . 49

1
2

-

La

illusions.

Jacques, eillusion

ses
de

enfants
la Complétude.

et

leurs

mères.
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Jean-Louis,
la 3 confrontation et avec Respect. le manque. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58 . 63 Séparation

Respect Respect

de son

chagrin,

de sa souffrance souffrance de l'autre

du chagrin

et de la

Chapitre III
La triangulation symbolique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69

1

-

Être Lucile
Marc
Simone

Deux
-

-

Être

Trois.

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La

petite
-

fille
Peur et
de

qui
de culpabilité.
la Jalousie.

jouait
la

avec

les

clefs.
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. 76
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et Sylvie
et

dépendance. .
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Révolte
fonction

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2

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Place

Roland

Fidélité.

La

Jalousie

traversée.

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3

-

La

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Hervé
Accorder

et

Laure
sa

- Idéalisation
confiance. . . . .

du
. . .

couple
. . . . . . . . . . . . . 103

Chapitre
Les familles

IV
re-composées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107

1

-

Évolution
constellations

au sein des nouvelles
familiales. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109

Daniel
Trouver

et Marjolaine
et prendre sa place. . . . . . . . . . . . . . . . .

111 115
119

Henry
et leurs

et Amélie
limites

-

Les nouvelles
.

parentalités
. . . . . . . . . . . . . .

structurantes.

2

-

Appartenances familiales
Les différentes générations. . . . . . . . . . . . . . . .

Place face

des aux

grands-parents reconstitutions familiales

Chapitre
Le «Nous»
- Le

V
Espace et lieu d'un enjeu. . . . . . . . . . . 123

«Nous»

- L'évolution

des

personnes.

. . . . . . . . 125

Conclusion.

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Bibliographie.

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«Nul

ne peut écouté.

s'écouter, L'écoute

ni écouter,

s'il n'a été lui-même intérieure.»
Maurice Bellet

est une hospitalité

Merci vations amis, Eliane,

à tous

ceux

qui

ont

soutenu d'écriture.

et encouragé Ces

de leurs

obser-

critiques qui nous Jacques,

ce projet ont

proches,

collègues, Brigitte, Mai:

si patiemment Jean,

accompagnées, Laurence,

Jean-Michel,

Marguerite-Marie, Nicole, Odile et Philippe. Ce travail a été coloré de leur présence.

Préambule

CELA se passait
d'un tion mètre sur tout

en 1886 ; Paulin
s'était du Lévezou

Ségur
déjà

avait 24 ans. Ce gaillard
taillé une solide réputaau-delà.

quatre-vingt-dix le plateau

et même

Il était d'Hercule Marie

le plus

fort

du village, charrues le monde

le seul

à pouvoir dans

soulever cette

sur

ses épaules

ces lourdes soutenant

de bois, sur son dos.

position

Gineste

avait vingt

ans, elle était lorsqu'elle Chaque et puis

fraîche, l'avait

elle avait l'esPaulin, son cœur elle s'était parlés, elle revu, il avait

prit vif et pétillant. avait battu battu l'avait encore faite belle

Lorsqu'elle trop fort.

avait rencontré

un peu trop fort, mais vraiment pour aller à la messe

dimanche, ils s'étaient

fait rire. Ils se plaisaient. cette fille aux yeux posé clairs, bien à la taille fine et aux sur Sans

Il avait désiré formes hésiter La mère dire: bagarreur ses hanches. Marie

arrondies.

Il aurait

volontiers

ses mains l'épouser. aux familles.

Il lui avait demandé avait dit oui; avait

si elle voulait

alors il irait parler son air soucieux pas Paulin, c'est De tous

de Marie

et attristé un garçon les villages

pour

lui

«Marie,

n'épouse

violent, alentour,

et qui a le sang chaud.

c'est le plus beau et le plus fort, mais la force et la beauté sont choses peu importantes pour fonder un ménage. Tu es jeune,
tu te laisses étourdir par sa beauté mais tu seras malheureuse.

Une vie dans le malheur

c'est long.»

Marie

avait bien écouté du village, il boit. Envoie

et promis après «Gineste, d'autres

de réfléchir. étaient venus épouser chez plus sa Elle for-

Les hommes ce garçon, tante. plaît tunés yeux d'avis. lassera

avoir tenu conseil, ne laisse temps garçons

voir le père de Marie: Elle rencontrera aux Bastide

pas ta petite à Laguiole et elle l'oubliera. Ils sont bien

la quelque

et à leur fils Germain.

que les Ségur. Pour le moment elle ne veut pas lever les sur Germain, mais il lui fait bien sa cour, elle changera Paulin est sous le charme, mais avec son caractère, une autre.» avaient dans pas discuté. leurs choix commencer admirait Jamais d'un avec le côté il se vite de l'attendre la nuit et il en trouvera de Marie enfants

Tard dans époux cette tenace, C'était prise seuls.

les parents épouse,

ils ne s'étaient ou d'une fille. voire

opposés

à leurs

ils n'allaient parlé dernière fille. qu'aucune plus

La mère

lui avait

et le père

têtu de cette

l'automne; avant l'été. De tout l'hiver,

ils se dirent Les jouvenceaux il n'avait

décision peu

ne serait et jamais de mariage

se verraient été question

mais Marie avait bien observé Paulin. Elle ne lisait aucune méchanceté dans son regard et dans ses yeux il y avait comme
de la poussière d'étoiles.

Le printemps réfléchi, c'est

était Paulin

arrivé;

Marie

dit à ses parents:

«J'ai

bien

que je veux épouser.»

Les parents comprirent que Germain, qui avait patiemment fait
sa cour, jet. avait échoué et que rien ne ferait Ségur changer Marie de prosur Ils rencontrèrent les parents et se mirent d'accord

les modalités

du mariage.

Une

semaine

après partit Marie

la noce, rejoindre resterait

il y avait

la fête qui

dans

le village à pied dans

voijus-

sin et Paulin qu'à des Mauriac. choses.

les hommes à la maison;

iraient c'était

l'ordre

10

Au mait

milieu pas;

de la nuit, elle attendait

Paulin assise que

revint. dans

Il était la cuisine.

ivre.

Marie n'eut

ne dorpas le

Elle

temps Bien

de se retourner qu'étourdie

déjà par chez

Paulin la force

la frappait des coups,

violemment. elle parvint

et surprise et se réfugia

à s'échapper

les voisins.

Le matin,
dans rentré tra pas une ivre

avant que Paulin ne parte aux champs,
et dès qu'il tu m'as se réveilla, violemment elle de la tète, frappée son corps), une seconde

Marie était
tu es (elle cela ne monest arrivé Paulin eut

la cuisine

lui dit : «Paulin,

les hématomes cela

qui bleuissaient pas

fois,

ne se reproduira

fois».

un sourire soupe

narquois,

légèrement qui lui servait

cynique. de petit

Il ne mangea déjeuner

pas la

et le fromage

et il sortit

sans un mot.
En cette période d'été, les tètes de village se succédaient. Le

samedi suivant, Paulin sifflotant laça ses chaussures et partit avec les hommes. Dans le village, les commentaires allaient bon train. La mère de Marie avait doucement pleuré, mais elle pensait qu'il n'était pas opportun devait-elle de donner lui faire des conseils à sa fille. ! Simplement, peut-être, confiance

Paulin dent. femme. manteau quelques

rentra Marie

encore cette

plus tard et plus ivre que le samedi debout et lui faisait dans à huile face. menaçant la direction posée front

précéfit de sa sur le qui le Elle et

fois était saisit

Paulin

pas et leva un bras Celle-ci de la cheminée de se pencher tituber

la lampe

en cuivre

et frappa

en plein

ce géant

était en train vit Paulin instants n'alla mar. sang ouvrir s'endormit. Elle qu'elle endormi sang recouvrir

vers elle. Elle entendit sur le plancher. visage;

un cri et elle Elle regarda quelques l'alcôve Paulin rougis du pour

et s'effondrer

peu à peu ce grand les voisins. s'éveilla prestement fait couler. Elle

elle écouta dans

les gémissements pas chercher Elle s 'habilla avait

et la respiration à l'aube les mains, Paulin

de cet homme.

se coucha et crût avoir assise

fait un cauchedevant étaient des efforts

et resta

et dont la figure, les yeux, tellement

la blouse dut faire collés.

ses cils étaient
11

Pourquoi son crâne était-il si douloureux? Que faisait-il là étendu sur le plancher? Il cherchait dans sa mémoire. Il porta
les doigts à son front et sentit la large blessure sous le sang coa-

gulé. assassin. faisait

Il regarda

ses mains; péniblement méchanceté. est bon, yeux la table sa main

elles

ressemblaient en se tenant

aux à la table; droit voulu

mains Marie

d'un lui

Il se leva face, sans «Dieu Les sur avec

Elle Paulin.

le regarda Il n'a allèrent Il prit toucha pas

dans que

les yeux tu meures

et lui dit: cette huile), gauche nuit». posé et

de Paulin à Marie. droite

du calelh le calelh le pied

(la lampe dans de la sa main lampe.

à

e échancrure
taper sur fort, son très front

dans le cuivre était bien marquée.
fort; elle aurait pu le tuer. pour Il passa aller douloureux à genoux, et sortit il nettoya jusqu'à

Elle avait dû
encore la main la fontaine le sol de la

de la cour.

Puis,

soigneusement

cuisine. son front devait

Il mangea et partit,

la soupe sa cognée

que Marie

avait posée pour

bien

chaude il

sur la table. abattre

Il enfonça plusieurs

un peu plus arbres.

son béret

dissimuler

sur l'épaule,

car aujourd'hui

Marie ne parla de rien; famille et voisins comprirent qu'il ne fallait pas poser de questions. Ce samedi, il n'y avait pas de fête. Marie observait Paulin; il ne disait rien, elle non plus; mais elle voyait qu'il réfléchissait.
Le jour Laissac important levait, moment, commençait
tit rejoindre

de la saint Félix faisait s'asseyait, Marie figure de la saison.

arriva. Paulin

Il est le saint patron et cette n'avait

de Laissac. il se d'un il

de capitale

fête était l'événement rentrait. Au bout

pas mis ses souliers;

sortait les hommes

de la pièce,

lui dit : « Paulin, cette femme;
de

si tu ne te chausses Il regarda

pas, tu vas Marie, et par-

être en retard;
ses

sont déjà prêts».
fête.

à aimer

il laça ses chaussures

compagnons

Il était bien tard quand était debout, Paulin dit d'une

Paulin

ouvrit à portée

doucement de main ma chérie,

la porte. brillait j'ai

Marie trop bu,

près de la table; voix pâteuse: très gentil;

le calelh.

«Marie,

mais je suis gentil,

je vais dormir». 12

Il eut du mal à

sortir

ses chaussures Paulin

et sa veste. que pour

Marie s'assurer

ne l'aida que après,

pas;

ses yeux était bien pro-

ne quittaient là, près

le calelh Paulin

de sa main.

Quelques

instants

dormait

fondément
c'était Paulin le verre dus Une

et Marie
de cet

s'étendait
homme il trouva

près de lui, sûre maintenant
qu'elle sur la table passerait son assiette sa vie. de soupe

que
Quand et

auprès

se réveilla, de tisane

qui

dissipe sa mère posée

merveilleusement avait transmis

les maux la recette de la chaise.

de tête à Marie. Près de

à l'alcool blouse

et dont propre était

sur le dossier

la cheminée,
la souleva lit. Il était en dentelle.

Marie épluchait
ses bras, de bonheur

des légumes.
tendrement riait et Marie

Paulin alla vers elle,
et la déposa en enlevant sur le ses jupons

dans inondé

l'enlaça

Les voisins ne demandèrent rien. Ils comprirent en voyant Paulin
sortir en chantonnant, pimpante sa mère; la cognée et gaie, qu'un elle l'embrassa sur l'épaule, couple s'était joyeusement suivie peu après Marie de Marie alla chez trouvé.

et lui dit : «Tu

n'as plus besoin d'être inquiète, tout va bien avec Paulin».
La mère pensa qu'ils avaient eu raison afin de faire confiance à reconnaître puisse, comme à leur elle,

fille. Maintenant à les distiller, quand un enfant

elle allait lui apprendre à les préparer, naîtrait;

les plantes,

qu'elle

soulager la souffrance.
tent la naissance.

Marie pourrait aussi l'accompagner
elle lui montrerait les gestes qui facili-

À partir de ce temps-là, Marie perdit son prénom; «la Paulaine» et Paulin devint «le Paulin».
Le Paulin beauté d'essayer ses coups continua à être présent

on la nomma

aux fetes du village. Celles-ci, vite qu'il

Il ne cherpar sa était inutile de

chait pas les aventures et son caractère de conquérir de poings

avec les femmes. rieur, comprenaient le Paulin réglait

séduites

de la Paulaine.

On aimait le savoir et la qualité

dans une fête car sa gaieté

était communicative vite discordes

et pugilats.

13

Parfois, pute été qui mêlé.

une avait

commère eu lieu ne

voulait dans

faire

part

à la Paulaine

d'une

disavait

un village pas

et à laquelle parler. C'était

le Paulin des

Marie

la laissait

histoires

d'hommes;
faire et cela

son mari avait sûrement
ne la regardait pas.

fait ce qu'il était bon de

Paulin

aurait

donné Il avait

sa vie ces

pour gestes

Marie.

Il travailla des

dur forts

et avec quand qu'il il

enthousiasme. lui offrait disposait

de tendresse des bois

ces jolis

bouquets

de fleurs

ou ces

cèpes

sur de la mousse.

Marie trouvait

l'insoumise

et l'indépendante

fondait

dans ses bras. Elle le ni de sa présence ni

de plus en plus beau et ne se lassait

de son rire.
Paulin ne buvait excessivement que les jours de fête et jamais

Marie rentrant mettre leurs

ne le lui reprocha. il se dirigeait ce coin bas. Quand initiales

Parfois réservé draps

il mangeait aux pâtres

et buvait lorsqu'une

tant qu'en dans va de ils vache broder

vers l'étable

et préférait

se coucher

le «récantou»,

il sentait

son estomac blancs Il aimait

trop alourdi, aimait

il ne vou-

lait pas salir les beaux

que Marie ce lit dans

entrelacées.

l'alcôve,

y

vivaient des ivresses religieuses.
Il y retrouvait
de la volupté. maîtresse pour

les parfums que créait Marie et qui avaient l'odeur
Il respectait risquer trop ce lieu et la femme qui en était la de le souiller.

Si vous même parlera
très pour frances. et leur fort

passez nom d'un

à Ségur,

dans

ce petit village

de l'Aveyron Ségur»
une

et si le et

vous demandez

qui était ce Paulin «Paulin couple mythique,
était les

et cette Paulaine et Paul aine l'homme
et énergique, et soignaient pour adorés.

qui portait

que le village,
la femme connaissait dira qu'ils

on vous
sorcière les souf-

dont
douce

était très beau

et dont qui

la vie,

plantes

On vous bonté

étaient

respectés

leur

courage

et que

toute

leur

vie ils s'étaient

14

Chaque liales, vraie,

histoire sur toute alors

de couple des membres semble

se constitue

sur des légendes Celle-ci comme

fami-

une mythologie une

fondatrice. de ce groupe, fiction

est reconune histoire pour ceux

nue par chacun

qu'elle

ou un conte

qui y sont étrangers. Ces mythes permettent
chés aujourd'hui

familiaux, l'accès
et qui

également
sont dans

liés à des mythes si confusément
temps parfois le même

culturels, rechertournés

aux mythes

fondateurs pensée

en dérision

par la logique

d'une

scientifique.

Connaître,

n'est-ce pas regarder ce qui est plutôt que ce que nous préférerions qui soit? Si toute forme de connaissance y est réductible, l'expérience d'autres humaine s'y confronte de façon paradoxale scientifique. à l'importance d'un à à et selon logiques que celle de l'expérience mythologique sur les origines, un présent nous renvoie d'un parfois

La connaissance questionnement revisiter.

questionnement inscrit

sur le sens est confronté

afin que s'y découvre ce qui constitue Une des fonctions part si mystérieuse dans à la connaître
de fois histoire Paulin

dans un passé

Tout sujet, s'il travaille son identité. du mythe

à cette relecture,

n'est-elle afin servir

pas de nous ouvrir psychiques de nous intérieurs, apprendre

à cette part à la

de nos espaces le jeu relationnel et à s'en
et Marie

essentielle côtoyer,
L'histoire chaque velle

avec intelligence
pas cette

et cœur.
version une nou-

n'est-elle d'Eros les

singulière mythique

du mythe qui

et de Psyché; parcours

indique

tumultueux

du désir

amoureux?

Ce fort

attrait

permet réciproque ensuite plus

dans les
des

un premier un désir premières si, aucun
événements

temps déceptions

l'élan

vers suivies rendu

une de pos-

appropriation Apparaissent désillusions
sible au fur

dans

de partage n'est
les ont

d'intimité.

graves,

dialogue
qui

et à mesure

provoquées.

15

Marie autant

montre nier n'est pas,
cette

à Paulin

qu'elle

sait se faire respecter lui porte. à ce qu'il que leur relation Certes en montre; entre

sans pour la réalité Marie dans un

les sentiments dès le départ,

qu'elle

de l'autre n'accepte
envers

pas réductible sado-masochique,

fonctionnement

sans respect

et sans estime

relation

à créer.

Des actes dans révéler pecte
Ceci

forts et douloureux, font entendre peut lui apporter espèrent l'autre.

des paroles à Paulin d'attention relation

cohérentes

de Marie et lui

sur ce qui arrive, sa réalité ce qu'ils en respectant
révélera des

combien

cette femme-là qui se res-

et d'estime d'amour

d'une

au couple conditions

sa capacité nécessaires même

à regarder pour que

et à reconnaître chacun s'ajuste, est rude.

le

bien-fondé s'apprécie

et se connaisse,

si le choc

de la réalité

Les

deux

désirs

qui

s'affronteront, à toute plus réelle. de Paulin, L'aptitude et parole),

sans

éviter

les éléments se renpour sans pour et des

paradoxaux contreront Marie qu'il délai, lui, Ceci esprits,
Devant désirs

inhérents de façon cette

confrontation

amoureuse,

Il y a eu du tourment inconscient de Marie sans quitter dans des dans
des les divers

dans projetait

attitude sur elle. (geste une

de la violence à répondre son désir corps

clairement favorisera permettra celle
les et des

inscription peut
de

de nouvelles le désir

attitudes. la durée.
besoins, sentiments des

la rencontre, qui, seule,

la rencontre inscrire

obstacles limites

la compréhension et de soi,

de l'autre

se découvrent.

Un cet de mise

dialogue apprentissage soi même, àjour

entre

eux du

deux vivre

se met ensemble,

doucement du respect

en place de l'autre dans

dans et cette d'Eros à tra-

ce dialogue au quotidien symbolise la rencontre.

responsabilisant de la vie toutes amoureuse.

chacun

Le mythe et les obstacles

et de Psyché verser pour

les étapes

16

Eros, mène

fils de Zeus, en son palais

fasciné

par la beauté Aphrodite.

de Psyché, Il enlève

ne suit pas l'emde

les conseils

de la jalouse

Psyché,

et lui offre

ses richesses

et les plaisirs

l'amour,
Psyché, gresse beauté, réveille. renoncer mencera l'oublier, Psyché contre
Dans

à la seule condition
détournée cet interdit. elle laisse

qu'elle

ne voie pas son visage.
de ses sœurs, d'Eros, à huile. d'huile s'être Eros, Surprise brûlante initiatique l'épousera. et se met à doude cette vision transpar sa

par l'envieuse Pendant d'une une tomber disparaît une

curiosité lampe goutte

le sommeil

elle découvre qui le compas à

ce visage

à la lumière Ce dernier pour Psyché.

après longue

nommé.

Ne pouvant

à cet amour, la délivrera entend

traversée de Zeus

De son côté, et avec l'accord jalousie qu'il
perd

qui ne parvient

l'envieuse

de ses sœurs Eros, s'empare se révèle
le contact

ter de son bonheur.

Elle dé-visage

son gré, sans attendre
cette emprise, elle

de lui-même.
entre elle et lui et

découvre que seul l'amour fait confiance. Elle apprend qu'il
n'est pas possible de s'approprier ce qui n'est pas donné, sans

risquer de perdre. C'est en passant par ce labyrinthe initiatique qui transforme son besoin de l'autre en demande et en désir que pourra se poursuivre la rencontre entre eux.

17

Introduction

DEVANT les changements le couple travail et la famille nous de thérapeutes

rapides aujourd'hui avons

et importants et sollicitées vivant

qui mobilisent dans reliant notre ces difficilement chaque

par des personnes souhaité

ces changements, questionnements histoire Lever travail l'autre, au couple dialogue, Le choix cet intérêt fonde nomie
Le choix issus savons des de

y réfléchir,

aux origines

de ce qui peut constituer

singulière. les malentendus de souffrance, de dialogue favorisent dans les moments comme la parole communication. de confusion tiers à chacun Cela causés ce devant permet de

par trop

permettre, en redonnant

écoutant,

une nouvelle

de retrouver, s'il le désire, un espace et parfois une nouvelle complicité. du métier pour de psychanalyste signale dans déjà, associé psychique les diverses

nouveau

à une formation concerne, ce qui de son écoet pour

de thérapeute

de couple du sujet

en ce qui nous phases

le fonctionnement

le devenir

et de son évolution.
et la pratique notre les expérience sentiments l'autre faite de ce métier personnelle négatifs sont d'écoute et sont directement Nous liés dans à la et

singulière. souvent failli

que attentes qui

le plus ayant

déçues, lui était d'amour.

partenaire de réparer

demande les douleurs

les blessures

de la vie

Combien pect critique Dans blier l'autre, cela

de temps excessive,

nous sombres mais

faut-il d'une

pour

savoir

regarder sans

avec resni

les aspects

relation,

jugement

avec réalisme? intenses, faite l'un à cause il est fréquent l'évolution, de l'autre. l'un d'ouavec

les moments de voir l'un grâce force
l'autre.

de conflits s'est à l'autre, refuser au respect

comment

Regarder ce qui est Ce en

lucidement, passe
chez

ce qui est condamnable, de soi-même du meilleur

inacceptable, respect
soi et

et de l'autre. et du pire

par la reconnaissance

La rencontre amoureuse nous oblige.
Elle nous oblige nous-mêmes.
Elle plicité nous interroge certaines

en rencontrant

l'autre,

à nous rencontrer

sur le désir, malices

désir

de partage,

désir

de com-

et sur

du désir.

Elle

s'inscrit

dans

le corporel. sur le manque. sur la durée. en perspective la relation
crée

Elle nous Elle nous

interroge interroge

Le fil d'Ariane et petites fonde
Il donne nouvelle loureuses. relation

de ce livre est la mise de la recherche et plus spécifiquement
où un tiers dans ouvre secret l'accès qui anime des

par étapes et amoureuse.
d'une trop doude la

unités

autour

de ce qui préside

la relation
à entrevoir

ce lieu,

les conditions de crises

communication Lieu qui

moments à cette part

inconsciente amoureuse.

à ce code

la relation

Ce

code

secret

reste

un

constituant

fondamental

de

la

rela-

tion, mais qui ne suffit pas, en temps
base réelle qui permette un échange moment et favorisant une évolution. 20

de crise à fonder
ajusté à la situation

une
du

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