//img.uscri.be/pth/120922acc1f3fa58fd2efcdf78a3ecb7521a37c6
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 24,00 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Le collectivisme et l'évolution industrielle

286 pages

Adhérent de la première heure et grande figure du P.O.B. (Parti ouvrier belge), Emile Vandervelde (1866-1938) présida aussi la IIe internationale. Homme politique et économiste, il argumente avec force dans le présent ouvrage, devenu un classique, en faveur de la doctrine collectiviste.

Publié par :
Ajouté le : 01 novembre 2008
Lecture(s) : 76
EAN13 : 9782296281257
Signaler un abus

LE COLLECTIVISME
ET

L'ÉVOLUTION

INDUSTRIELLE

DU

MJflME

AUTEUR

DANS LA MJ!:ME OOLLECTION

La Belgique ouvrière

..

"

..

2

Ir.

IJros~ th tratlu.ètion fit r4ptoductl()n ré$~Js JWU"iB"$ JUlj1$ (;0PlfigAt ~jI It. 'fUtiler dt o~, 1:9(H

BIBLIOTHÈQUE

SOCIALISTE

LE

CO LLEC TIVISME
ET

L'EVOLUTION

INDUSTRIELLE
PAR

ÉMILE VANDERVELDE
NOUVELLE ÉDITION

PARIS Publications de la Société Nouvellede Librairieet dtÉdition
F. RIEDER ET Cie, ÉDITEURS 7t Place Saint-Snlpice (VI")

i92i

AVIS DES ÉDITEURS

Le succès de la première édition du Collectivisme et l'Evolution industrielle, de E. VANDERVELDE, été a tel qu'il convient dès maintenant de réimpriJmer celt ouvrage désormais classique, où les hommes qui ignorent le socialisme apprennent à le connaître, où ceux qui le connaissent apprennent à l'étudier. Il était dans l'intention du leader belge de réviser com~ plètement son édition de 1904. L'immensité des évé-

nements qui se sont produits depuis Iç)I4, -

et qui,

s'ils n'ont pas modifié le sens de l'évolution économique, ont accumulé une masse énorme de nwtériaux, - l'étendue de la littérature socialiste internationale, les occupa.tions multiples de celui qui, au cours de la grande guerre, a su défendre â la fois la cause de son pays et celle du socialisme, ont ajourné la réa~ lisation de ce désir. Plus tard, il sera sans doute donné à E. Vandervelde de reprendre son livre en utilisant les enseignements de la guerre et de l'après-guerre. Dès malintenant, il a pu mettre à .iour une partie de ses notes bibliogmphiques. En tout cas, la réédition de son livre est la preuve que, sur les points essentiels, le sociq,lisme d'E. Vandervelde n'a pas varié: argument singulièrement fort en faveur de l'unité de sa vie politique et de la solidité de la doctrine qn'il démontre et défend. Janvie'r 1921.

A MON AMI

ERNEST SOLVAY

INTRODUCTION

« Je crois que ce qui est contient le résumé de ce qui (ut, dont il est le tombeau, et le germe de ce qui sera, dont il est le berceau. »
(E NF A.NTIN).

. ViVre.

Le hasard prodigieux qui a rendu la civilisation possible, dit quelque part Rodbert~s, consiste en ce que 19 travail e~ commun est plus productif que le travail isolé. Seul, l'homme produirait à peine de quoi

Se trouve-t-il, au contraire, incorporé dans une organisation sociale, la productivité de son travail va toujours croi~sant, à mesure que la division des tâches, la convergence des efforts, le perfectionnement des outillages, augmentent son pouvoir sur les choses. Dans toute société donc, quelle que soit sa structure, libre ou servile, capitaliste ou communautaire, le travail social produit un excédent, une plus-value, c'est-à-dire une valeur plus grande que la valeur des forces de travail et des moyens de travail, consommés pendant le procès de la production. Mais, tandis qu'en régime communautaire cet

- 10éxcddent profiterait à tous, daus la société capi"
taliste
'

moins oomplet, de la propriété et du travailla plus..value,prodüîte parle travail, ne retourne pas au travail. Elle est accaparée, sous forme de profit, par les seuls detenteuts des IUoy~ns de production et d'échange. C'est oe que A.Menger, profe$seur de droit it l'Université de Vienne,constate dans les termes suivants: « Notr"6droit patrimonial actuel, dont la pro.. priété ÎOl'ttlele point central, ne garantit pas à l'ouvrier le produit intégral de son travail. En abandonnant it la libre jouissance de certaines personnes, pal' le droit de propriété privée qu'elle leur reconnatt, les biens existants, et, notannnent, les moyens de production, notre droit privé accorde à ces personnes une pui$~ sance, grâce à L.\quel1e elles peuvent, sans tra. vail personnéI, s'assurer un révanu et l'employer à la satisfaotion de leurs besoins. Ce revenu, que les personnes avantagées par l'organisation juridique reçoivent de la société, sans cODtre~ ptestatiQn personnelle, est désignée par les saint-simoniens, les disciples de Buchez et de Rodbertus, sous le nom de rente, par Thomp.. son et par Marx, sous celui de plus-value (Mohr.. wert); je l'appellerai le revenu sans travail
(ol'ôeitZos(J$ Ei1l,kemmert) t. »

--

caractérisé a par le divorce, plus <nI

t ~ Le drOit au produit intlgral du travail. 'X'J;'ad. françâi$e. p. 9 (Paris~ Giard eU3dère, 1900). - Lire égalem~t, au .
$ujet de la théol'ie ));1&niste de la' plu$~value, l'Introduction de M. Ch. Andlerau même Ou.VIlageipp. XUnl tt .uiv"

-11Ainsi, grâce à l'appropriation individuelle du capital, les "détenteurs des moyens de production et d:échange jouissent héréditairement du droit de se partager la plus-value créée par le travail d'autrui. Ils peuvent, à leur guise, la consommer productivement ou improductivement, la dépenser en orgies ou l'accumuler pour accroître d'autant l'exploitation du tI'avail. Ils dirigent en maîtres les ateliers et les fabriques, à moins qu'ils ne préfèrent désigner à leur place des directeurs salariés. Et, soit directement, soit par personnes interposées, ils jettent sur le marché national ou international, des marchandises, des valeurs d'échange, avec la seule préoccupation, non pas des besoins à satisfaire, mais des bénéfices à réaliser. Bref, ce qui caractérise, au point de vue de la production et de la répartition, le régime actuel, malgré les survivances du passé, ou les germes d'avenir qu'il contient, c'est l'omnipotence du capital privé, sans autre but que le profit, sans autre règle sociale que la concurrence, sans autre tempérament que l'organisation des travailleurs et l'intervention trop souvent illusoire de la loi. Ce qui constitue, au contraire, le but final poursuivi par le socialisme, c'est l'appropriation collective des moyens de production et d'é. change, l'organisation sociale du travail, la ré.. partition de la plus-value entre les travailleurs défalcation faite du quantum nécessaire à la satisfaction des besoins généraux de la société.

-

-1!p~ c()nséquent~ en régbne de collecthisme intégral à s'upposer,oo qne. nous ne préjugeonapas, qne ce régime doive $6 rê:a1iser un JonI' la. terra, leswinea, lea établissements industriels, les moyens de circulation

-

-

et de transport appartiendraient fA.la colle{}tivité; seuls, lesohjets,de consommation resta.. raient propriété personnelle. La direction des aiÏaires,au lieu d'~tre): comme aujourd'hui, monarchique ou o1iga.rchi...

que, prendrait la forme républicaine; au lieu d'ètreJivrée, par droit de naissance on par droit de conqttéte,à des capitalistes, concurrents ou coalisés, elle appartiendrait- non pas à l'État,

comme op le dit at le répète abush~etnent-mais à descorporationa puhliquesautonoUles, sous,le contrôle de l'mat.. « Le capital collectif, ditScbaeffle, devrait être affecté et approprié, tHle fois pour toutes, aux différents groupes locaux et professionnels, et à leurs subdivision!), par des organes. spéciau~ de la communauté: autorités administra.. tives établies en vertu de la loi, ou chefs popu.. laires, exerçant une autorité purement morale. Ces mémes organes auraient à pourvoir aU renouvell~ment et à l'augmentation des moy~ns de production. Cette direction et cette adminia.. tration économique seraient donc affaire publique et centralisée, et non pas l'œuvre des ~api...
ta ltXconcurrents» 1,
1. $CU,ABFFJ:.JI. quintes8ence La du, 86clali8me1 tX'ad. Malon (Paris.. 1904), et Le CQllèctivisme, dana la llevU~ 8Qciale et politique" Seannée (Bruxelles. 189S),p, 294.

- 13Enfin, au point de vue de la répartition, l'échange de marchandises, en vue de réaliser des profits~ ferait place à la distribution d'utilîtés, de valeurs d'usage, en vue de satisfaire des besoins, sociaux ou individuels. La rémunération des travailleurs, au lieu d'être déterminée par le coût de production de leur force de travail -la plus-value restant aux capitalistes serait proportionnée soit à leurs besoins, soit à la valeur des produits de leur travail. Nous aurons à nous expliquer sur ce. point dans un chapitre ultérieur. Bornons-nous à constater, pour le moment, que la réalisation intégrale du cGllec-

-

tivisme
pourraient
trop

n'implique

pas seulement

-

('omme

le faire croire certaines définitions l'appropriation collective des moyens de travail, mais une révolution complète dans le régime de la production et de la répartition. A raison même de son amplitude, cette révolution ne peut être le résultat que d'une longue
brèves

-

et complexe série de variations partielles: raient être profondes. »

« les

transformations profonqes ne sauraie!lt être brusques; les transformati~ns brusques ne sauMais, dès à présent car le socialisme n'ést pas autr~ chose que le prolongement idéal, en même temps que l'aboutissement organique des tendances actuelles -la révolution sociale est en marche: tout le mouvement de la production capitaliste, dans le sens de la socialisation du travail, prépare et nécessite la socialisation de la propriété.

-

t4C'est principalement à ce point de vue pro", ductiviste que nous enteJ;tdons nOllS placer; d~1'tace:texposé de doctrine f. Il importerait assez peu, en eWet, que nos principes de répartition soient plus équitables que les principes actuellement admis, si leur application devait ~tnener un recul, ouméme un arrêt, dans l'e,cpansion des formes productives. La constatation fondamentale qui se. dégage detoute l'his,toire économique du monde, c'est qu'un régime de production quelles que soient les injustices qu'il entratne~ les protesta.. tions qu'il suscite, les révoltes qu'iI provoque

-

-

--

ne disparatt jamais que devant un régime

stlpérieur, non S~U'lement au point de vue de la justice abstraite, mais encore et surtout au point de VI.tede la productivité $odale. L'esclavage et le servage, condamnés depuis des siècles par lea moralistes, n'ont été suppri.. més, dans les pays de civilisation chrétieune, qu'à pattir du moment où les nécessités de la production ont e:dgé l'émancipation formelle du travail. De même, toutes les ~onsidé:rations sentimen. tales que l'on peut invoquer en faveur dusocialisnte, ne suffiraient pas il déterminer son éman..
t,. Il ~st bien entendu q\U~ce point de vUe produetiviste ~'" insép~rable de J'influence considérable que lé. progrès réalisés dans la répartition exetoent sur la productivité du travail social. Cf. W. SOM~"ItT.Ideale dei' 8à;;talpolitik. (Al'chiv fû.,. $oJ:iale Geset;lft4bung u. Statistik. x., p. 45 Berlin, 1897). V. aussi SOI.V'À:r. e pfoductiYisme social. L (Am~ale$ de l'Institut des sciences socialfS. Dêceœhte 1898, pp, U5 et s. Bruxelles, 11,tueRavenstein).

u~

-

cipation réelle, si le collectivisme n'était pas destiné à l'emporter sur le régime capitaliste à ~ause de sa productivité supérieure. C'est ce que nous nous proposons de montrer, en exposant les conséquences de la concentration des capitaux, les résultats de l'extension croissante du domaine collectif, et les problèmes que soulève l'organisation démocratique du travail social, ainsi que la répartition de ses produits.

-,_.'-

PREMIÈRE

PARTIE

LA CONCENTHArpfON CAPITALIWrE

PREMIÈRE PARTIE
LA CONCENTRATION CAPITALISTE

1/

de production, supérieures aux anCIennes, ne prennent pas leur place avant que leurs raisons d'être matérielles ne se SOlentdéveloppées au sein de la vieille société. » (K. Ibn).

De nouvelles conditions

A mesure que les sociétés progressent, que les relations entre les hommes se multiplient, que les communications deviennent plus faciles et plus fréquentes, la division du travail va toujours croissant. Tandis que, dans une commune rurale, on trouve à peine une demi-douzaine de métiers différenciés, le recensement industriel de l'empire d'Allemagne, pour 1895, constate l'existence de 10,397 dénominations professionnelles, dont 5,506 se rapportant à l'industrie proprement dite. Et, naturellement, le plus grand nombre de res métiers se décomposent, à leur tour, en Dpérations parcellaires, effectuées pal" des ouvriers distincts. C'est ainsi que Levasseur, comparant la fa-

-0brication moderne des $ouü~r$ il la
cordonne...

ri.a pri;mitive, ra,porte queas,ns las ateIièrs d€t Lynna (Massachu.$.etts) cinquante--deux oU\I'I'Îel's

et ouvrières partiaip~nt il lacontettie11 d'une bottine /defemmeChaC\U16 de-ces {aconl d1lrant à.p~ine quelq'ues secondes, ~t sErreproduisant des mil1iers de fois dans laméme jour...
'"

atSé t..

Mais, à raison tttéme da cette. division et de cette subdivision à l'infini du travail sooial, la mutuelle dépendanoe des travailleurs angmEmte forcément. Cultivateurs, commerçants, indus,triels, compagnons d'un tn,.éme.atelier, >OU'\TriefS

passant toute leur vie â coudre lê$ mêmes boutons ou à percer les mèmes boutonnières! se rattachent, d'autant plus étroitement, it d'autres producteurs, que leur fonction sociale est plus spécialisée. Aux pro~è$da division du tr~vai1, répondent incessanu:nent des procès decoord!.. natiôn technique et de coordination sociale, qui reeon.titueut, su...,une hase élargie, l'unité des métiers et la solidarité des diverses branches de la production. Au point de vue technique, la fabrique ,tno~ derne substitue au travailleul~ individuel un travailleur collectif, un automate giga,utesque, e"ectuant~ lui auit$i, r ensemble des Qpérations productives: c'est la division même du trav{;til qui engendre et qui rend possible la socialis~ .

tion.

Au point de vue socîal~ les organisations"
d, la $(JcUtéde sta#$tiqluI de Pari,»;'Jannel'

t.Journal t900..

-

21 --

devenues trop étroites, et dont les progrès de la technique font éclater l'enveloppe, ne tardent pas à être remplacées par des organisations nouvelles, adaptées aux formes nouvelles de la production. L~économie familiale fermée, produisant des valeurs d'usage, consommées par les producteurs eux-mêmes, fait place à l'économie d'échange, sous ses trois aspects successifs: l'économie urbaine, nationale et internationale f.
1. ÉCONOMtE FAMILIALEFERMÉE

Quand la division du travail est encore rudimentaire., l'unité économique est la famille, au sens large du mot, c'est-à-dire la communauté de tous ceux qui vivent so.us le même toit, ou, suivant l'expression médiévale, « à la même cuiller et au même pot» 2. Telle, par exemple, la familia romaine primitive, la communauté paysanne du moyen-âge, la zadl'uga des Slaves rn,éridionaux. Ces économies domestiques quel que soit le nombre, souvent très considérable, des personnes qui les composent pré..

-

sentent ce caractère commun de se suffire à elles1. SOMBA.RT. Gewerbliche .A.rbeit und ihre OrGanisation. Die (Braun's Archil' tür .'fQzialeGesetzgebung und Statistik. Drit. tes und viertes Heft. Berlin, 1899). 2. On trouvera une bonne description de cet état de choses, pour l'AngleterM du moyen-âge, dans Economies and Industrial History. par H.-W. THURSTON. (Chicago, Scott, 1899).

-

'2!

mém es, sauf pour quelques

produits
.

(le fer, pat

exemple, età l'intérieur des terrest le sel); d'être juxtaposées, et non entrelacées, auxécouomies similaires, aveCqui elles niont que des liens très faibles: v~ritables cellules sociales, presque sans communications avec, le dehol's, elles produisent tout ce qu'elles consomment et consomment tout ce qu'elles produisent. A peine est..il besoin d'ajouter' que, dans de pareiUes conditions, la productivité du travail est réduite au minimum.
II. ÉCONOl't.t:Eo'ÉÔJÜ,NGJ

A. Éco1lomie urbaine.

A ce stade de transition entre l'éoonomie do... mestique et les formes supérieures de l'écono" mie sociale, la production et la consornmation commencent à se différencier; lea relations dtéchange deviennent. plus nombreuses; l'industrie se détachè de l'agriculture; tes corps ,de tnétierse constituent dans les villes; l'unité éconoUlique devient la cité, avec les campagnes d'alentour. « Une carte de l'ancien empire germanique, dit K. Bücher, nous montre environ 3,000 villes disséminées, au sud et à l'ouest, à 4:ou 5 lieues de distance, en moyenne jau nord et à l'est, à'1 ou 8. Toutes n'ont pas eu la même im.portance; mais elles étaient néanmoins le centre d'un territoire éoonomique qui ayaÎt

- 23

..,....

aussi bien ses limite!: que l'ancienne ferme féodale 'et qui, limité à 2 ou 2 1/2 milles carrés, au sud-ouest, à 3 ou 4 au nord, à 5 ou 8 à l'est, permettaient toujours au paysan d'atteindre le marché de la ville et de rentrer chez soi en un

jour » 1.
Ainsi donc, par une lente transformation qui a duré des siècles et se.poursuil encore de nos jours, la communauté de famille perd, en partie, son indépendance. Néanmoins, pendant toute la période corporative, les anciennes formes communautaires persistent; la plupart des choses nécessaires à la vie sont encore produites par l'économie qui les consomme; la division du travail reste pea développée; le commerce, national et international, ne porte que sur un petit nombre de marchandises: les épices et les fruits du Midi, par exemple, les poissons secs ou salés, pour l'~limentation du peuple, les pelisses, les draps fins et, dans les pays du Nord, le vin. Mais, avec les grandes découvertes d'outre~ mer, les marchés s'étendent, la manufacture apparaît: la division du travail, pprement pro~ fessionnelle chez les artisans du moyen âge, décompose maintenant les diverses opérations qui aboutissent à l'achèvement des produi,ts. Inférieur en productivité, le régime corpor'tif touche à sa fin; l'ère capitaliste commen!:e.
1. Voir FAVRR. L'évolution économique (Revue d'h\::onomie politique, 1894). p. 16 dans l' histoi,r'[

.

-2'B. Économie nationale et internaûonale. Au début, il est vrai" l'économie nationaleprotectionniste et mercantiliste ne fait que reprDduire, sur une hase plus large et en con. servant une grande partie des formes antérieures, la réglementation corporative. Les classes industrielles et commerciales, d'ailleurs, ne représentent encore, même dans les pays les plus avancés, qu'une trèB faible fraction de la population totale. En Angleterre't par exemple, d'après les évaluations de Grego~y King pour iSBS, il Y av1fÎt 4,265,'OOOagricwteurs t eontre 240,OOOpersonnessenlement se liVfttnt à l'industrie' et 246,000 au co;,W.m;~roe. Mais,'31\ 1769~tnains d'un siècle plus tard, ~ce$

-

proportions~, ont dj.fh subi de$ modiBcations radical es ~d'aprè$ YOttng, les. el~es !~,~riçoleR
De représentent plus que' 3,600;000 l1abitan:ta; la .m;t1;1faeture e~oçcu~e 3100010œ; léS autres
. .

ptofe$glQns~

,t,OOO,OOO" *'.

C't$t à oe :mom.e'(\t que lt r~volution indtUi"

trieUe .'aéCQJnJ1Ut uU1}J:apidiWloudroyaDtfh avec
Le marché du monde se eonstituG; le résean <lea communiaations $& dévèloppê; t()ua les m;Î11éraux sortent di) tœ-:re; la maeAiMfaoture se substitneâla manufacture; l'industrie de fahrique conqulert l'hégémonÎe S1Wtous les autres modè$ de pr<odut.::ti011; véritable lutteu;1Ie
I.J~,"A.~. T~fe"oùt#f)n 9:/mftùM 68pitllllfm,p. 22.
Sc50u$. ti~4)* (NfM- YOI'Jc.Scrinne:r

- 25pour l'existence, un combat sans merci, sur un champ de bataille sans limites, s'enga/Se entre les diverses formes d'entreprise. Les conséquences sociales de cette transformation se trouvent décrites par K. Marx dans les chapitres célèbres qui terminent le premier volume du Capital: - Le grand capital d'aujourd'hui, dit-il en substance 1, tire son origine de la destruction des petites propriétés (des petits artisans et des paysans) dans lesqueJles le travail et la propriété privée étaient réellement associées et dans lesquelles le travailleur était aussi le véritable propriétaire de ses moyens de production et du produit de son travail. Cette forme, équitable en soi, de la propriété privée, dans laquelle le travailleur était le libre propriétaire des moyens de travail par lui maniés - le paysan, du champ qu'il labourait ; l'ouvrier, de l'outil dont il se servait ingénieusement - cette forme, disons-nous, heureuse pour son temps, conforme à la justice et s'identifiant avec le travail, avait le grand défaut d'éparpiller les moyens de production, et ce fractionnement avait pour conséquence de nuire à sa productivité et à ses moyens d'action. La petite propriété devait périr par ce défaut, et ce qui reste d'elle (petits artisans et petits propriétaires paysans) dépérit de jour en jour, forcée qu'elle est de céder à la puissance du grand capital agricole et industriel.
t. Das Kapital, I. Kap. XXXII.

- 26......
La propriété privéeJ aoquise par te t.-avail personnel et basée, pour ainsi dire, SU~l'union de rindividu, indépendant et ~solé, aveo les conditions de son travail particulier, a été supplantée par la propriété privée capitaliste; basée sur l'exploitation du travail d'autrui. Aussitôt que ce procédé de transformation, détruisant les pet)tes propriétés; artisanes et paysannes, eut suffisamment décomposé la vieille société; aussitôt que les Qnciens travaillenrs individuels furent convertis ~n prolé:tairas, c'est-à..dire en trQVaiI1eursséparés d, leurs moyens de production; que leurs moyens de tr!ivail (ançienne petite propriété) furent con.. yertis en grand capital m.oderne, la lutte dq ca.. pital âl1aencore plus loin: le grand capital -a

sa deuxième phase de développement -,
battit le petit capitaliste lui...même.

C0111""

Grâce à la cpncentration continue des moyens tieproduction. dans les grandes industries, un capital en tue beaucoup d'autres; mais en 11lême temps, dans le domaine du grand ca.pital privét se développent, également et simultanément, la forme coopérative du tra'tail SUf une échelle toujours cl'oissante; rapplication de la science à la technique, r exploitation de la terre avec mé.. thode et ensemble, latransformation des moyens privés de travail en .moyens de travail qui ne peuvent plus être employés que socialement, rentrelacement de tous les peuples dans le ré': seau du marché universel. Mais, à m.esure;)que diminue le noml?re des potentats du capital, qui usurpent et Inonop~

- 27lisent tous tes avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroit la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière, sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée, par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capilative a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés. - Nous avons tenu à reproduire presque inté. gralement cette admirable page, pour p10ntrer à quel point il est injuste de prétendre, comme on le fait parfois, que le socialisme, se préoccupant avant t01;1tdes injustices de la répartition, néglige de tenir compte des exigences de la production. Toute la conception marxiste, au contraire, s'appuie sur c'ette idée fondamentale que la transformation de la propriété personnelle en propriété capitaliste, et ,de la propriété capitaliste en propriété sociale, a pour facteur détérminant la supériorité productiviste du capitalisme sur la petite production, du socialisme sur la production capitaliste. Si les producteurs autonomes, les maîtres artisans, les paysans-propriétaires, en un mot

-

-

-0foUI ceux qui tra.vaftlent pour eux...ntéme$i sanl' partâger ave~ personne lét'tuit da ,leur labeut;, tendent il du~paraitre. c'est. avant tout,parotf qu~ leuJr énergie au ftavailne. sufB~p.ü$ â cow,.. pens,er les a:vanta}Jesdu travl!111s~ClaHsé.

SiIe nombre des entreprises décro!t ftUmoins dans certaines hrancbes d~indu&trie tandis que le nombre d'es ouvriers qu'elles emploient 'fa t6ujOUr'Sangmentant, c;:astparce que les gran~e$ entreprises ~ont, gétléralement, plus productïves qua lea petites. Enti1}~ 'la propriété sociale doitsuccédet* si un jour it la prQpriété cap,itaUste, c'est encore parce que la suppression dbs monopoles ptivês, des privilèges hé:téditaires, des revenus sans travail, des entraves de toute nature que l'ap"" pr oPdation capitaliste oppose à,l~e"pan.aion des £Oreesproductives, augmenterait dans des proportions inouY~s la produotivité du travail social., Certes. nous ne prétendons pas que ce scAéma, qui essaie d'am.bra.sser toute l'évolution de la propriété moderne dans une formule néoessai.. rement trop sintpliste propriité pel'sonnelle,

-

-

, ,

,

Pl'OJ?I"iété apitaliste, pt>ofl1"Uté c

8ociale-,s'adapte rigoureŒi~emeut ,et absolument à l"etfraya.ute complexité des phénomènes. N()u$ so:uun.es las premiers à reconnattre que les .affirmations de Marx, sur la dégradation croissante du pyotétariat, exp:dment seulement u.ue tendiU1ce qui peut être et qui est mâÎ1'1tas fois contrebalancée par d'aufres tendances agis...

-