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LE CONFLIT SOCIAL ÉLUDÉ

236 pages
Une tendance générale, insidieuse, s'installe dans les discours politiques, médiatiques et académiques : le conflit social serait devenu quelque chose d'incongru ou même d'inconvenant. Considérant au contraire que la bonne santé de la science, tout comme celle de la démocratie, passe par la vivacité de ses débats, les auteurs de cet ouvrage ont examiné des objets de l'analyse politique ou sociologique pour voir comment leurs «lissages» actuels escamotent l'expression du conflit sur le contenu de la société.
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LE
CONFLIT
SOCIAL
ÉLUDÉ
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COLLECTION «SCIENCE POLITIQUE » dirigée par l’Association Belge de Science Politique Communauté française de Belgique
Corinne G OBIN  et Benoît R IHOUX  (eds), La démocratie dans tous ses états. Systèmes politiques entre crise et renouveau,  2000. Christian D E  V ISSCHER  et Frédéric V ARONE  (eds), Évaluer les politiques publiques. Regards croisés sur la Belgique,  2001. Gisèle D E  M EUR  et Benoît R IHOUX , L’analyse quali-quantitative comparée. Approche, techniques et applications en sciences humaines,  2002. Olivier P AYE  (ed), Que reste-t-il de l’État? Érosion ou renaissance,  2004. Bérengère M ARQUES -P EREIRA  et Petra M EIER  (eds), Genre et politique en Belgique et en francophonie,  2005. Barbara D ELCOURT , Olivier  P AYE  et Pierre V ERCAUTEREN  (eds), La gouver -nance européenne. Un nouvel art de gouverner?,  2007. Nathalie P ERRIN  et Marc J ACQUEMAIN  (eds), Science politique en Belgique francophone,  2008. R oser C USSÓ ,A nne D UFRESNE ,C orinne G OBIN ,G eoffroy M ATAGNE  ET  Jean-Louis S IROUX  ( eds ), Le conflit social éludé , 2008.
ComitééditorialdelaCollection«Sciencepolitique» delAssociationBelgedeSciencePolitique-CommunautéfrançaisedeBelgique (ABSP-CF): Président: Pierre V ERCAUTEREN  (FacultésUniversitairesCatholiquesdeMons) Membres: Bruno C OLSON  (Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix), Vincent DE C OOREBYTER  (Centre de recherche et d’information socio-politiques), Philippe G ÉRARD  (Facultés Universitaires Saint-Louis), Bérengère M ARQUES -P EREIRA (Université Libre de Bruxelles), Benoît R IHOUX  (Université catholique de Lou -vain),Pierre V ERJANS  (UniversitédeLiège).

Collection «Science Politique » 8
LE CONFLIT SOCIAL ÉLUDÉ
Roser C USSÓ , Anne D UFRESNE , Corinne G OBIN , Geoffroy M ATAGNE  et Jean-Louis S IROUX  ( eds )
Avec le soutien de l’Association Belge de Science Politique-Communauté française de Belgique (soutenue par le Ministère de la Communauté française, Direction générale de l’enseignement non obligatoire et de la Recherche scientifique).
 
 
Œuvre collective issue des travaux du groupe « Questions sociales » de l’Association belge de Science politique de la Communauté française.
D/2008/4910/13 ISBN 978-2-87209-901-6 © BRUYLANT-ACADEMIA s.a.  Grand’Place, 29  B-1348 L OUVAIN -LA -N EUVE  www.academia-bruylant.be
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit. Imprimé en Belgique.
Sommaire
Sommaire  ............................................................... ...........
Introduction  ............................................................... ....... Groupe « Q uestions sociales »
Dépasser la dichotomie conflit/accord pour penser la démocratie  ............................................................... ..... Corinne G OBIN , Geoffroy M ATAGNE
La sociologie du conflit et le conflit dans la sociologie  ............................................................ Christophe M ATTART , Jean-Louis S IROUX , Philippe V IENNE
La disparition du conflit social dans la théorie économique ............................................................... ........ Aurelie D ECOENE , Sophie H EINE , Olivier H UBERT
La disqualification du conflit social dans les études sur l’intégration européenne:  l’argument de la «régulation de (dans) la diversité»  .......................... Vaïa D EMERTZIS , Sophie H EINE
Ombres et lumières sur l’emploi et les salaires:  le rôle des indicateurs statistiques européens  ............ Bernard C ONTER , Roser C USSÓ , Anne D UFRESNE
La «gouvernance» comme processus de dépolitisation par le déplacement du conflit  ........................................ Francine M ESTRUM

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eLcontisociallédué
Des combats idéologiques à la gestion technicienne des problèmes dans l’enseignement de Belgique francophone ............................................................... ......... Jean-Émile C HARLIER , Laurence D ENIS , Frédéric M OENS
Le droit de grève au 21 e  siècle:  d’un droit consacré à un droit décrié? ............................................................. Aurélie D ECOENE , Anne D UFRESNE , Jean F ANIEL , Corinne G OBIN

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Introduction
Groupe « Questions sociales »
Cetouvrageestissudelarencontred’unequinzainedecher - cheurs – politologues, sociologues, socio-économistes,… – qui durant plus d’un an ont débattu au sein du Groupe «Questions sociales»(Groupe«QS»)del’AssociationbelgedeSciencepoli -tique pour la Communauté française de Belgique (ABSP-CF) 1 . Ce fut de prime abord le fait que nos recherches scientifiques portaient principalement sur les questions sociales qui nous réunit:  étude de l’évolution d’une ou de plusieurs politiques sociales, de la place accordée à la politique sociale au sein de la construction européenne, analyse de rapports sociaux par -ticuliers (entre classes sociales, entre classes scolaires, entre genres,…), travail sur des acteurs dits «sociaux» (recherches sur le syndicalisme,…), etc. Mais nous étions tous aussi inté -ressés de débattre sur les formes que peut prendre aujourd’hui la  question sociale, c’est-à-dire la façon dont les êtres humains parviennent à concevoir ensemble un projet de transformation socialevisantl’émancipationcollectiveetsontdèslorscapables dagirpourlefaire:pardesluttessociales,parlarevendication d’institution de nouveaux droits sociaux,… Analystes du social  dans cette double dimension, nous nous sommes vite retrouvés en accord avec le fait que, alors que le conflit traverse l’ensemble des champs que nous étudions, nous ressentions certaines difficultés d’en faire état dans nos recherches, comme si le terme «conflit» était devenu incongru ou «politiquement incorrect» dès lors qu’il s’applique à l’étude de mouvements collectifs revendicatifs ou de rapports sociaux entregroupessociauxouentreclassessociales,etnonàlalutte
1  Le collectif remercie chaleureusement Geoffroy Matagne qui a assuré l’ensemble de la mise en page de ce recueil.
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électorale strictosensu ouàl’interventionmilitaire 2 .Nousavons dès lors décidé de voir comment dans les champs de recherche de chacun cette présence en creux  du conflit se manifestait. Ceci fitnaîtreunvraitravailcollectifcirconstancié,cequisemarque notammentpardesarticlesécritsàquatre,sixouhuitmainset descontributionstoutàfaitoriginales.Cequienressortestloin d’être achevé, nous invitons le lecteur à le voir plutôt comme un chantier d’idées  ou des idées en chantier  par lequel/lesquelles nous souhaitons élargir le débat. Le conflit est un concept polysémique ayant donné lieu à de nombreusesdénitionscanoniquesauseindessciencessociales. Cela se reflète dans la diversité des disciplines, des approches et des objets d’études qui sont au cœur de cet ouvrage. Pour autant,sileconitsociopolitiquereprésenteleldirecteurdes différentes contributions, ce n’est pas en qualité de concept à géométrie variable, susceptible de fédérer des objets d’étude hétéroclites autour d’une même unité nominale. En effet, en dépitdelhétérogénéitédeleursdisciplines,deleursthèmesde recherche et des courants dans lesquels ils s’inscrivent, c’est parce qu’ils partagent la volonté de souligner que le conflit est un phénomène inhérent à la vie en société et, partant, un objet central dans l’étude de celle-ci que les auteurs de cet ouvrage se sont lancés dans ce travail collectif. Ce point de rencontre se  présente sous deux formes essentielles:  d’une part, le souci demontrerl’importanceduconflitcommeoutildedescriptionet de  compréhension du monde social et, d’autre part, la volonté déclairerlessourcesetlesmodalitésdesadélégitimationactuelle dans le discours académique, politique ou médiatique, lorsqu’il aborde directement la question de la transformation sociale . Concernant le premier point, on peut partir du postulat que toute société voit éclore en son sein une myriade de conflits portantsurdesobjetsdistincts(desbiensmatériels,desstatuts, desidées,etc.).Sicertainespériodessontdavantagequedautres traversées par des conflits, aucune société n’en est exempte, gouvernée par la seule coopération entre des individus vivant dans l’harmonie la plus complète. En outre, dans une société
2  Un ouvrage récent, au titre évocateur, met lui aussi en avant la chute de l’intérêt scientifique contemporain pour l’analyse du conflit social:  Denis, J.-M. (dir.) (2005), Le conflit en grève? , Paris, La Dispute.
Introduction  9
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qui n’est pas totalement atomisée, un degré croissant d’inéga lité sociale entre différents groupes sociaux est à la source de nombreux conflits. Ces conflits sociaux et politiques peuvent prendreuneformeparticulièredansnossociétésdémocratiques, pour au moins deux raisons fondamentales. Lapremièreestd’ordrehistorique.Elledécouledel’antinomie structurellequicaractérisedunepartladémocratie,construite substantiellementsurlidéedelégalitéentrechaqueêtrehumain, et de l’autre le capitalisme, qui s’appuie sur une situation fon damentalement inégalitaire entre les salariés qui tirent leurs ressourcesdufruitdeleurtravailetlespropriétairesdesmoyens deproductionquibénéficient–parlacaptationdelarente d un droitprivédeponctionsurlarichesseproduitecollectivement.La réalisationdelidéaldémocratique,danslasphèresociopolitique, contredit le type de relations sociales qui est la règle dans la sphère socio-économique. Il en résulte une tension, caractéris tique des régimes démocratiques contemporains. La seconde est davantage d’ordre épistémologique. Le conceptde«conit»estinhérentàceluide«démocratie»,au-delà du contexte historique particulier du capitalisme. Si les valeurs politiques centrales qui accompagnent la démocratie – égalité, liberté, solidarité, fraternité et justice – sont reconnues comme fondements du contrat démocratique, ces valeurs sont aussitôt réinvesties de sens divers par les multiples lectures que fait chacun des êtres humains de ce que devrait être une société. Ces lectures conduisent généralement à des projets de société contradictoires.Lirrémédiableetparailleursexaltanteréa lité du pluralisme des projets de société en démocratie oblige à pratiquerdanscerégimepolitiqueunexercicedefunambulisme permanent pour gérer de façon pacifique le «conflit pluraliste»:  pourenfairelemoteurdeladynamiquepolitique,detellefaçon quilneséteignepasmaisquilnefassepasnonpluséclaterla société par une confrontation trop brutale ou par le développe mentmajoritairedepenséesantidémocratiques.Ainsi,leconit estdoublementnécessaire,nonseulementpourfaireprogresser la démocratie mais simplement pour la faire exister. Les contributions à cet ouvrage s’intéressent dès lors aux expressionscontemporainesduconflit( detransformationsociale ) soit sous cet angle épistémologique soit sous l’abord social-
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