Le corps et ses discours

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Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782296310483
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LE CORPS ET SES DISCOURS

cc CONVERSCIENCES

»

Collection dirigée par Philippe BRENOT

A l'aube du troisième millénaire, le champ scientifique éclate. les disciplines en mutation s'interpénètrent, convergence d'attitude

pour le décloisonnement des connaissances. «

CONVERSOENŒS

.,

se veut le carrefour de réflexion dans, sur et au-delà de la science.

lieu d'élaboration pluri- et transdi&ciplinaire. «CONVERSCt9iCES »
accueille ainsi des ouvrages de synthèse multi-auteurs (la Mémoire. tomes I et Il). des actes de réunions à thème (les Origines, Lill/gage.

Sociétés), ainsi que des essais transdisciplinaires. Au-delà du clivage des disciplines et de la dichotomie sciences exactessciences humaines. « CONVERSCIENCES crée un espace d'interac»

tion pour que conversent les sciences en conversion.

Les Origines Langage La Mémoire (Tome I) La Mémoire (Tome II) La Lecture (Tome I) La Lecture (Tome II) La Lecture (Tome III) L'analyse critique des sciences Le statut du malade Les rythmes Les figures de la forme

@L'Harmattan,

1995

Isbn: 2-7384-3740-0

Sous la direction de Anne-Marie DROUIN-HANS

Gilles BOETSCH, Bruno CURATOLO, Marie-France DORA Y, Anne-Marie DROUIN-HANS, Pascal DURAND, Yves JEANNEREf, Isabelle KESSLER, Danièle MEAUX, René MONNIER, Christian PUECH, Yves WINKIN

LE CORPS ET SES DISCOURS

Editions l'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris

Les textes rassemblés dans cet ouvrage ont, pour la plupart. été présentés lors d'une journée d'études (avrill994) qui s'est tenue à Dijon grâce au Centre Gaston Bachelard de Recherches sur l'imaginaire et la Rationalité (Université de Bourgogne).

Introduction

Anne-Marie Drouin-Hans Sans cesse le corps se donne à voir et à interpréter. Le corps semble parler. Mais, si l'on veut conserver au mot langage le sens un peu étroit mais rigoureux de langage articulé, l'idée de langage du corps ne peut être autre chose qu'une métaphore. Il reste que le corps en lui même est capable de signifier quelque chose, par des moyens particuliers. Des discours du corps seront alors légitimement invoqués si, loin d'être conçus comme des répliques du langage articulé, ils sont vus à travers leur propre logique, leur propre objet, leur propre modalité expressive. Que le corps soit signifiant est une idée ancienne, qui a donné lieu à des tentatives de théorisation et d'explication multiples. Le corps génère donc, en un autre sens, des discours, qui sont ceux que l'on tient sur lui. Le discours médical s'est constitué explicitement comme une sémiologie susceptible d'interpréter les symptômes d'une maladie. Mais d'autres types de discours ont pu se développer, non pour deviner l'état de santé du corps, mais pour faire du corps le révélateur de l'âme. Parmi les tentatives de théorisation du corps comme signe de l'âme, certaines ont pu être motivées par un souci pratique: conseils aux orateurs, aux acteurs, aux peintres, aux chanteurs et danseurs... D'autres ont pu être mues par le désir de deviner, derrière les apparences, la vérité cachée des êtres. D'autres enfin, sont guidées par une curiosité théorique: élaboration de savoirs - imaginaires ou positifs sur la physionomie, les postures et les gestes, observés d'après nature, ou reconstitués à travers des oeuvres picturales ou

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sculpturales, à travers la littérature, et plus récemment, à travers des photographies, la publicité, le cinéma... Ainsi les signes se redoublent. Les oeuvres esthétiques ont construit une image du corps et de ses signes à partir de savoirs et d'observations - parfois de suppositions - et ces images à leur tour se donnent à lire et à interpréter... Le silencieux langage du corps est bruissant des discours qu'il véhicule et qu'il génère. Ce volume rassemble des réflexions émanant des points de vue diversifiés qu'il est possible de tenir sur le corps comme signe, à partir de domaines tels que la littérature, la photographie, le cinéma, la publicité, la vie quotidienne, la peinture et la sculpture, le théâtre, la science ..e où se rencontrent des disciplines comme la linguistique, la sémiologie des images, l'épistémologie, l'histoire des sciences, l'histoire de la diffusion scientifique, l'éthologie... On trouvera des informations sur des théories du passé, mais aussi sur des recherches actuelles. Le rassemblement et le -dialogue de ces diverses analyses mettent en évidence la particularité de ce champ d'études qu'est le geste signifiant, à propos duquel peuvent se conjuguer, de façon complémentaire, ou conflictuelle, le discours scientifique et le discours esthétique. Intégré dans une démarche linguistiqû'e et sémiologique, le geste peut d'abord être envisagé dans l'ensemble d'une sémiologie générale. C'est le point de vue adopté par Christian Puech qui voit dans les différentes tentatives pour saisir quelque chose des lois qui gouvernent le corps expressif, le témoin d'une véritable histoire de la sémiosis sociale. Mais alors qu'à la fin du XIxe siècle, émergent d'un même mouvement une linguistique générale autonome, et une science générale des signes, se pose la question des frontières entre le corps comme signe, et l'acte de parole, non dénué de corporéité puisqu'il est geste lui aussi.. Le geste a ses rhétoriques, et pour en rendre compte se sont créés dans les années 1950, aux Etats-Unis, de nouveaux discours visant à formuler une théorie générale de la communication. En s'attachant à un exemple emblématique et historiquement déterminant pour les recherches sur la gestualité - "la scène de la cigarette" - Yves Winkin, rappelle les problèmes, les méthodes, les impasses de discours qui veulent rendre compte du geste signifiant. Sur un exemple plus récent, Pascal Durand évoque aussi les rhétoriques du corps, celles dont la publicité se joue. 2

Inspiré par une problématique sociologique et sémiologique, il nous entretient de ses effets chez Benetton, dans les campagnes publicitaires, depuis les premières, sinistrement joyeuses, jusqu'aux plus récentes, qui utilisent la détresse humaine d'une façon désespérément jubilatoire. Le geste peut être lu directement dans les images qui le consignent, avec des effets signifiants qu'il s'agit d'interpréter. C'est ce que proposent Isabelle Kessler.et Yves Jeanneret. Le point de vue du lecteur d'images, sémiologue et historien de la diffusion des sciences, intervient pour analyser quelques représentations du corps telles qu'elles apparaissent dans des ouvrages de vulgarisation scientifique du XIxe siècle. La sensibilité et l'expérience théâtrale complètent et corrigent l'analyse pour déchiffrer les postures comme révélatrices de certaines conceptions de la science et du rôle du savant. Dans d'autres images, les photographies, existe un corps absent, qui peut se révéler lui-même par son oeuvre, ou se laisser entrevoir. C'est ce que nous fait comprendre Danièle Méaux en nous parlant du corps du photographe, dont la posture ou le mouvement se devine derrière le cliché qu'il a rendu possible. Le corps est souvent ce par quoi peuvent se construire des fonnes artistiques, en peinture ou sculpture, en danse, au théâtre, au cinéma. Au cinéma, la direction d'acteurs elle aussi est révélatrice du rôle que l'on veut faire jouer au corps comme signe. Pour illustrer ce point de vue René Monnier se penche sur les rapports de Renoir et de l'Actor's Studio. Le corps malade a ses propres signes. On retrouve ici l'emploi premier du tenne sémiologie comme analyse des symptômes morbides. Lorsque les maladies sont représentées, commentées, illustrées, on voit se constituer une fonne de sémiologie au second degré. Le cas de la syphilis que nous propose Gilles Boetsch est exemplaire. Sans quitter la médecine nous pouvons entrer ensuite dans la littérature, avec des descriptions de symptômes morbides et d'autopsie dans l'oeuvre de Reverzy, romancier un peu oublié que Bruno Curatolo se propose de nous faire redécouvrir. Du point de vue de la rencontre entre littérature et analyse gestuelle, l'intérêt de cet auteur est précisément d'utiliser la décomposition du mouvement comme dynamique même de l'écriture narrative. La littérature intervient encore, avec la comtesse de Ségur, où les corps jouent un rôle important dans l'expression des sentiments. Les mots pour le dire sont précjs 3

et sans détour. Marie-France Doray nous montre des colères, des étonnements et des peurs qui s'expriment sans pudeur. Enfin, le corps signifiant lorsqu'il fait l'objet de discours scientifiques peut donner lieu à des ouvrages théoriques illustrés d'images. Ces illustrations ont des statuts différents, et en elles-mêmes elles peuvent être révélatrice~ des styles scientifiques de leurs auteurs. Sur un corpus de textes de la seconde moitié du XIxe siècle, Anne-Marie Drouin confronte des auteurs appartenant à un "réseau" scientifique, et des auteurs plus marginaux, et tente d'y déceler des épistémologies implicites.
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Ainsi, au terme de ce parcours, les divers signes du corps trouvent leur place dans des discours adéquats. Signessymptômes du médecin, réinvestis dans le discours moral, magnifiés dans le discours romanesque, ou sources d'une dynamique de l'écriture. Signes expressifs de l'émotion, joués à l'écran à travers le geste de l'acteur guidé par le metteur en scène, décrits avec minutie par les mots de la littérature, projetés par les textes et les images, dans des systèmes interprétatifs en quête de scientificité, ou analysés, décomposés avec minutie grâce à des dispositifs audiovisuels. Codes gestuels des représentations sociales de la science, consignés dans des gravures, offerts au discours interprétatif de la sémiologie de l'image. Signes de la sensibilité humanitaire concentrés, détournés au profit du commerce, mis à jour dans leur fonctionnement par le discours sociologique ou éthologique. Signe-trace d'un geste absent-présent dans l'oeuvre photographique dont il est issu. Signe enfin, interrogé dans sa nature même de signe, dans le discours linguistique et sémiologique. Le corps et ses discours - ceux qu'il produit comme ceux qu'il suscite - fait écho à cette rencontre tourmentée entre les mots et les choses, où le silence est frémissant de sens, mais où le langage articulé n'offre jamais qu'une traduction. Anne-Marie DROUIN-HANS Un~versité de Bourgogne

Chapitre 1

Langages du corps
Christian Puech
"Les bruits parallèles qui peuplent les conversations ordinaires représentent un tatouage interlocUloire et vocal sur le discours: ils indiquent des fonctionnements du langage quand il est parlé" . Michel de CERTEAU. "Utopies vocales, glossolalies". Traverse n° 20"La voix et l'écoute" (Nous soulignons).

C'est bien sûr, à titre de quasi emblème, la notion de"tatouage interlocutoire" proposée par Michel de Certeau qui retiendra ici notre attention. Parce qu'elle jette une obscure clarté sur la confusion des ordres du corps et de la parole, l'image du tatouage suggérant celles d 'u ne parole/épiderme expressif, surface d'inscription sensible accompagnant comme en chiasme l'image plus traditionnellement admise du corps porteur de signes, du corps parlant. Or, cette représentation en chiasme, au-delà de l'effet métaphorique, n'est pas si souvent - nous semble-t-iI prise en compte, ni prise en compte dans sa complexité même. On peut voir une exception chez Didier Anzieu (1994)qui assume explicitement la complexité de ce chiasme lorsqu'il s'agit pour lui de penser ce qu'il nomme le "cadre

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psychanalytique canonique" du dispositif de la cure. Celuici reconstituerait en somme la genèse de la structure topographique de l'appareil mental et en représenterait une sorte d'analogon: la peau enregistre les traces de l'interaction du corps et du monde et produit les prem;ers signaux élémentaires à destination d'autrui; le moi-peau enregistre sur la peau psychique et associe entres elles les représentations de choses et de mots et produit les premières fonnations symboliques, le penser procède sur la surface d'inscription à l'encodage des signes qui articulent des signifiants à des signifiés, et renvoie aux qualités distinctives des choses, des roots, des pensées 1. Enveloppe corporelle et systèmes symboliques assument ici des fonctions similaires dans une relation homothétique. Mais de façon générale, tout se passe un peu comme si la reconnaissance d'une expressivité "autonome" du corps épuisait - dans tous les sens du tenne - la problématique des rapports corpsllangage. n ne s'agit pas de nier l'importance des travaux passés ou présents concernant. les "langages de signes", les systèmes d'interprétation dont l'historien Carlo Guinzburg fait l'inventaire en les regroupant sous un paradigme général unique, celui de l'indice, les tentatives de constitution moderne d'une sémiologie du geste (Greimas) prenant le relais de la physiognomonie ou de la phrénologie...etc., mais plutôt de noter que la mise en perspective de ces travaux avec le développement des sciences du langage, de la langue, du discours et de la parole est plus rare 2. Comme si la revendication de positivité (nous
Voir Didiezr ANZIEU, 1994, p. 137. Sur le versant des rapports langue-pensée, P. L. Assoun (1992) a entrepris une genèse suggestive de la distinction métapsychologique entre représentation de mots et représentation de choses chez Freud, avatar, dans le transfert conceptuel de discipline à discipline, de la thématisation scientifique de "l'image verbale", et développement parallèle à l'émergence du concept saussurien de signe. Comment comprendre, par exemple, le théorème saussurien selon lequel "tout est psychique. dans la langue "? 2 Parmi les exceptions récentes citons tout particulièrement: Antonio Pennisi (1989) "Pathologie et philosophie du langage", in H. E. L., et surtout, J. J. Courtine "Les silences de la voix. Histoire et structures des glossolalies". in JJ. Courtine. ed. (1988). 6 1

y reviendrons) ne concernait que les entreprises se donnant pour objet le langage du corps et pouvait laisser de côté l'histoire, la genèse et les péripéties parallèles d'une science positive du langage et des langues. Or, il semble évident, pourtant, que le renouveau des recherches concernant le corps expressif prend appui sur la possibilité d'un savoir positif du corps parlant. Nous voulons dire par là que c'est l'idée d'une sémiologie entendue comme science positive des systèmes de signes qui, d'un même geste, renvoie les savoirs du XIxe siècle (physiognomonie, phrénologie...) dans une sorte de préhistoire scientifique, et légitime les savoirs nouveaux dans le domaine. Mais qu'en est-il au juste de la genèse de cet idéal scientifique? Quels rapports entretient-elle avec la genèse d'une certaine modernité (celle qui émerge avant et après Saussure) dans les sciences du langage proprement . dites? 1. S'intéresser aujourd'hui au corps, aux mimiques aux gestes... ce n'est pas retomber dans les errements physiognomoniques du XIxe siècle, dans ceux de la criminologie passionnelle soigneusement rationalisée d'un Lombroso, ni légitimer après coup cette sorte de police mondaine des affects et des émotions de l'Age Classique.entre devoir dire et art de se taire. Avec la re-légitimation des notions de communication, d'interaction, les sciences du langage elles-mêmes modulent par exemple le thème d'une expression linguistique multicanale (cf. J.Cosnier et A. Brossard, 1984) qui mobilise avec la langue toutes sortes de marques, d'indices de contextualisation, d'éléments mimogestuels et vocaux dont certains, loin d'apparaître comme l'accompagnement facultatif de l'expression/communication, participent directement de l'élaboration/réception du message. Cette approche globale de l'activité énonciative se
caractérise à la fois réactivement

- il

s'agit aussi bien de

dénoncer la faillite des modèles strictement formels d'analyse linguistique que les approches préscientifiques du corps expressif - et positivement: il convient de réintégrer le corps (mimiques, postures, kinésique...) dans le champ de l'investigation sémio-scientifique. Cette double attitude suppose que se soit mise en place ùoe coupure dans l'analyse 7

des faits de communication. Comment s'est-elle produite, et quelle est sa nature, avec quels effets? 2. En posant ainsi la question, on infléchit sans doute sensiblement "l'évidence" qui impose que le corps signifie en lui-même, et qu'il existe, au-delà des frontières disciplinaires et des particularités d'éPOque, un champ relativement homogène constitué des différentes approches du corps parlant. Mais si l'on précise qu'il s'agit des approches qui visent à rendre compte du corps lui-même quand il tient des discours, signifie, exprime quelque chose, cela ne laisse-t-il pas entendre que l'exercice de la faculté de langage, que la parole au sens le plus courant, que la langue, elle, ne serait pas du corps? Se demander dans quelle mesure les savoirs du langage et des langues sont aussi du corps suppose alors de donner à la préposition ses deux valeurs sémantiques: provenance et nature. De quel type de corps procède donc la langue, quel corps est-elle? Comment se représente, s'est représentée la matérialisation incarnée de la langue dans la parole, la voix et le geste? Avec quelles conséquences? 3. Chacune des deux questions renvoie sans doute à l'autre: si l'inscription du langage dans le corps doit aujourd'hui revenir sur les garanties de scientificité des disciplines qui la prennent en charge, c'est que les sciences du langage se sont constituées de manière singulière. En schématisant cette genèse, on peut dire que la postérité saussurienne a dû assumer un héritage paradoxal. D'un côté, le projet d'édification d'une "science générale des signes" (la sémiologie saussurienne) témoigne du souci de ne pas séparer l'étude des faits de langue de celle de la sémiotisation à partir d'autres supports, d'autres substances. De ce point de vue, d'ailleurs, la "neutralisation de la substance" (au profit de la "forme") dans le structuralisme post-saussurien restera en fait, on le sait, un point de partage des théories plus qu'un motif consensuel (Jakobson, par exemple). Contrairement à l'idée propagée par Jacques Derrida dans les années soixante, la forme graphique de la langue sera par exemple l'objet de thématisations multiples dans la linguistique structurale post8

saussurienne, aussi bien à Prague, où la notion de code linguistique deviendra l'objet de recherches plurielles (J. Vachek), qu'à Copenhague, où la "substance de l'encre" (Hjelmslev, Vldall) et l'écriture seront prises en compte pour elles-mêmes 3. Mais dans le même temps, de l'autre côté, il est clair que le structuralisme cherchera à prolonger et radicaliser le geste saussurien par lequel il s'agissait de dégager la spécificité d'un objet absolument propre, pur, non-mélangé, idéalement non-substantiel: la langue. Dans ces conditions, l'ambivalence des modernes sciences du langage - spécifiquement vis à vis des signes du
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corps (parmi les signes non immédiatement linguistiques) trouve ses racines dans une "double contrainte". La spécificité des discours du corps fait éminemment partie du souci sémiologique, tandis que la prise en compte de "la vie

sémiologique" de la langue 4 (Saussure) implique une mise à
distance de la substance corporelle de l'expression. Le corps n'est pas pour la langue, encore moins pour la sémiologie intégrative issue de Saussure, on le voit, un champ d'objectivité paisible susceptible de régler d'emblée la bonne distance scientifique vis à vis du bon objet. A partir de quand un comportement signifiant peut-il être interprété comme spécifiquement langagier? C'est à peu près sous cette forme que le dernier tiers du XIXe siècle re-pose la question du signe, de la diversité des signes, en périmant progressivement la problématique de l'origine du langage (question interdite par la Société linguistique de Paris à sa création), celle des langues auxiliaires, et en portant l'attention vers la typologie sémiologique et le fonctionnement synchronique de la sémiotisation.

Pour une mise en perspective historique de ces approches dans le cadre de linguistiquè structurale. cf. J. Anis (avec la collaboration de J. L. Chiss et Chf. Puech), (1988). 4 Cf. J Fehr, 1988: "la vie sémiologique de la langue. esquisse d'une lecture des Notes manuscrites de F. de Saussure", in lAngages 107, Chr. Puech cd.

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