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Le défaitisme des jeunes camerounais

De
270 pages
Le défaitisme et l'inertie qui caractérisent depuis peu la jeunesse camerounaise sont les principaux défauts que l'auteur reproche à ses jeunes compatriotes. Mais eux qui ne trouvent plus de gêne à tout mettre sur la tête du gouvernement et à se définir comme les victimes sont aussi les principaux acteurs du changement qui fera de leur pays une nation comme ils en rêvent. Pour l'auteur, les jeunes doivent être auteurs d'une révolution qui leur permettra de prendre en main la gestion de la cité.
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Le d sme ds j s C Gaël Ngayou Tchoupe
Le défaitisme et l’inertie qui caractérisent depuis peu la Le d me
jeunesse camerounaise, qui ne trouve plus de gêne à tout
mettre sur la tête du gouvernement et à se définir comme es j es C er
étant la victime par excellence, sont les principaux défauts
que l’auteur reproche à ses jeunes compatriotes. Principaux
acteurs du changement et du progrès qui feront de leur pays
une nation comme ils en rêvent, les jeunes doivent être auteurs
d’une révolution qui leur permettra de prendre en main la
gestion de la cité.
L’ouvrage, à travers 19 chapitres qui traitent des habitudes
qui ont empêché l’éclosion des capacités et de l’énorme
potentiel des jeunes, propose des solutions afin que chacun
regagne sa liberté et retrouve son indépendance intellectuelle.
Cette dernière grande qualité vient s’ajouter à celles proposées
dans le vingtième chapitre, qui se veut une proposition de
solutions afin d’aider l’État à développer le Cameroun, et de
permettre à chaque jeune de s’impliquer dans le processus de
développement.
Né le 16 janvier 1986 à Yaoundé, Gaël Ngayou
Tchoupe obtient son baccalauréat A4 en 2006. Il
ne partage pas l’idée, développée par un écrivain
camerounais, selon laquelle le sous-développement
et les problèmes du Cameroun doivent leurs causes
à l’existence de certains mouvements ésotériques
qui auraient « mystiquement » enchaîné sa jeunesse
– c’est ce qui l’a poussé à la rédaction du présent essai.
Photographie de couverture de l’auteur,
Yaoundé, octobre 2014.
27 €
ISBN : 978-2-343-04848-2 Problématiques africaines
H-CAMEROUN_S_PROBLEMATIQUES-AFRICAINES_NGAYOU_DEFAITISME-DES-JEUNES-CAMEROUNAIS.indd 1 23/12/14 18:46
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Gaël Ngayou Tchoupe
Le d e ds j s C






Le défaitisme
des jeunes Camerounais

Problématiques africaines
Collection dirigée par Lucien AYISSI

Il s’agit de promouvoir la pensée relative au devenir éthique et
politique de l’Afrique dans un monde dont on proclame de plus en
plus la fin de l’histoire et de la géographie. L’enjeu principal de cette
pensée à promouvoir est la réappropriation conceptuelle, par les
intellectuels africains (philosophes, politistes, et les autres hommes et
femmes de culture), d’un débat qui est souvent initié et mené ailleurs
par d’autres, mais dont les conclusions trouvent dans le continent
africain, le champ d’application ou d’expérimentation. La pensée à
promouvoir doit notamment s’articuler, dans la perspective de la
justice et de la paix, autour des questions liées au vivre-ensemble et
aux modalités éthiques et politiques de la gestion de la différence
dans un espace politique où la précarité fait souvent le lit de la
conflictualité.
La collection « Problématiques africaines » a également
l’ambition d’être un important espace scientifique susceptible de
rendre de plus en plus présente l’Afrique dans les débats mondiaux
relatifs à l’éthique et à la politique.


Déjà parus

Gianna PALLANTE, Essai d’interprétation du vivre ensemble. Du
dialogue interculturel, volume 2, 2014.
Gianna PALLANTE, Essai d’interprétation des phénomènes
culturels. Du dialogue interculturel, volume1, 2014.
Henri Brice AFANE, Agents publics, pouvoirs et terroirs en
Afrique, 2014.
Pascal MANI, Le vade-mecum du chef de terre. How to succeed in
the prefectural career, 2013.
Joseph NDZOMO-MOLÉ, Autopsie de la « ploutomanie » et
critique de l’esprit de jouissance. Critique de la mentalité
« digesto-festive », 2013.
Roger Bernard ONOMO ETABA, Rivalités et conflits religieux au
Cameroun, 2013.
Jean NZIEH ENGONO, Discours sur l’afro-modernité, 2013.

Gaël Ngayou Tchoupe



Le défaitisme
des jeunes Camerounais





















































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04848-2
EAN : 9782343048482





Aux feus Elie Tchoupé Wouala, David Dutchou,
Line Leumaleu Tchoupé et Lionel Ngnépi
Tchoupé.






A ma mère (Claire Djomani).
REMERCIEMENTS
Je tiens à dire toute ma reconnaissance à : Arnaud Dutchou,
Alain Guy Chimi, Carlos Djeutchou, Kévin Dango, Aubin Djayep,
Frank Abel Fanmegni, pour leur important et inestimable soutien
quant à la réalisation de cet ouvrage ;
A ma petite sœur Dylane, et à mes neveux pour qui je rêve
d’être, un jour, le modèle dont ils s’inspireront afin d’être les
acteurs de leur vie ;
A toute ma famille, auprès de laquelle j’ai puisé les conseils, la
force, le courage et l’énergie nécessaires qui m’ont permis de ne
jamais m’arrêter, même quand j’avais toutes les bonnes raisons de
le faire ;
Mes plus sincères et mes plus profonds remerciements à :
Yvan Claudel Kamguia Nzeunkap, Youssoufou Oumaté,
Maxime Tiague Leuyou, Marcel Tchouleugheu, Alain Mbateng,
Chimène Laure Tiepma Nguetat, Aïssa Stella Kalla Tchakothé,
Bertrand Ngameni, Vanessa Baho, Gabin Salomon Efouba Bela,
Doriant Kekmeni, Derrick Bweckam, Stéphane Nkami, Christine
Toukam, Marcèle Flore Magne, Ulrich Kameni, Lénine Njomou,
Jean-Didier Mayi Mpouma, Fabrice Mongoué, Yann Régis Happy
Taffou, Ymad Hassan, Jean-François Ndjiki, Karim Nana, Arnaud
Eba’ah, Laurent Nguesseufa, Albain Ngaha, Antoine Mani, Michel
Nké Mebada, Rodrigue Tchata Deuta…
A toutes ces personnes que je n’ai pu citer et qui m’ont toujours
soutenu, qu’elles reçoivent mes plus sincères amitiés ;
A tous ceux qui ont une pensée positive pour le Cameroun et
l’Afrique ;
A chaque fils de Lumière qui travaille quotidiennement pour
que vienne le règne du surhomme, de la tolérance, de l’Amour et
de l’éveil ; A chaque lecteur, qui, je l’espère, trouvera dans ce travail
quelque chose d’enrichissant, ou alors, saura combler ses
manquements ;
A tout le personnel de Harmattan Cameroun, pour sa
convivialité, son sens de l’écoute et sa très chaleureuse
disponibilité ;
A tous, je redis: UN GRAND MERCI.

8








Toute ma gratitude au Professeur Lucien Ayissi
et à M. Eric Lambert Ndjeukwé, pour l’attention qu’ils ont
portée à ce travail.

PREFACE
Cet ouvrage se veut une tentative de réponse à un autre qui est
paru au mois de septembre 2012, sous le titre, Le Cameroun sous
la dictature des loges…. Mon intention n’est pas de jouer les
donneurs de leçons, mais de m’inscrire en faux sur la manière dont
certains voient notre involution et notre incapacité à avancer. On a
pris pour habitude, dans ce pays, de vouloir toujours innocenter la
paresse de la jeunesse. On lui a toujours démontré qu’elle était la
victime, que si rien n’allait pour elle, c’est qu’il y avait une force
surnaturelle, obscure, qui s’acharnait contre ses efforts. Il n’en est
rien. Celles des personnes qui écrivent pour dire à la jeunesse ce
qu’elle veut entendre, ne l’aident pas. Qu’il me soit donc permis de
dire à ces auteurs qu’on n’a nullement besoin de la flatter pour se
faire accepter. C’est dans ce registre que s’inscrit la présente
littérature. Ecrire contre la jeunesse est une entreprise à risques. Je
ne veux point prétendre être le premier à l’avoir fait, mais tous
ceux qui s’y sont engagés ont toujours eu comme véritable
obstacle, un fort rejet d’une jeunesse qui ne veut pas entendre la
vérité, mais qui veut qu’on épouse chacune de ses paresseuses
positions en lui servant de logographe. Il devient donc évident que
ce livre ne cherchera en aucun cas à se faire accepter par
quiconque. Il n’a pas été écrit pour remporter un prix, ou comme
c’est le cas de la fausse littérature, pour quêter la faveur du peuple.
Je n’ai pas eu la même inspiration que ces artistes qui croient avoir
produit une œuvre appréciable une fois qu’ils obtiennent une
récompense. De tels artistes ne doivent pas se croire ingénieux
parce que la majorité a voté pour eux. Et si cette majorité était
immorale et ne voulait qu’écouter ou voir tout ce qui entretient sa
paresse ? Aussi, être fortement apprécié n’est pas toujours la
résultante d’un travail de qualité. Il faudrait que ceux qui
s’emploient à apprécier soient une masse de personnes conscientes,
qui n’ont pas peur qu’on les reprenne quand ils font mal. Donc, en
plus de ne point quêter la faveur du peuple, « Je ne fais point ici
d’Épître dédicatoire, et je ne demande point de protection pour ce livre : on le lira, s’il est bon ; et, s’il est mauvais, je ne me soucie
1pas qu’on le lise ».
Les jeunes sont donc devenus de grands paresseux. Faire d’eux
des victimes n’est point les aider. Il faut leur dire ce qu’ils doivent
entendre et non ce qu’ils veulent entendre. Il faut être impavide
face à leurs mouvements d’humeur, face à leur : je n’achèterais
pas ce livre ; cet auteur est à la solde du pouvoir, il ne comprend
pas nos problèmes et ne vit pas nos réalités. Avoir peur de la
jeunesse, c’est lui laisser le soin de faire ce qu’elle a envie sans
tenir compte de ce qu’il y a à faire. Le devenir du Cameroun ne
dépend d’aucun mouvement mystique ou religieux, il ne dépend
que de l’engagement de chaque Camerounais à faire avancer le
2pays . Et il ne faut point avoir peur de dire aux jeunes qu’ils ont, au
milieu de tout ce travail, une responsabilité des plus importantes, et
qu’ils n’ont encore, à part quelques-uns, rien fait pour démontrer
qu’ils croient en ce pays.
Je ne vais pas nier une certaine inaction du pouvoir ou son
amateurisme. Je ne vais pas nier les fautes graves qu’on sait. Mais,
est-ce à cela qu’il faut réduire le Cameroun ? Est-ce parce que ces
vieux nous font ces misères que l’on doit baisser les bras et se
comporter en défaitistes, en espérant qu’ils soient nos pâtres ? Tout
proche de nous, n’y a-t-il pas certains jeunes qui ont su sortir la tête

1 Montesquieu, Lettres persanes, Paris, Bordas, 1966, p.21.
2 Lorsqu’il préfaçait Le Procès de Franz Kafka, Bernard Groethuysen affirmait
que : « Ce qu’il y a de difficile, c’est d’être. Quand on n’est pas encore né, tout
est simple, de même quand on est mort. Personne alors ne vous demande :
qu’estce que vous faites là ? Mais vivre, c’est faire, c’est commettre quelque chose,
c’est se commettre », Paris, Gallimard, 1933, page 23. Se commettre implique
forcément s’engager à être le seul acteur de notre vie, et à définir les actions à
poser afin de suivre les aspirations de développement de notre pays. Il serait aussi
utile que notre engagement pour le développement soit porté par une idéologie de
développement qui nous soit propre. Tout comme les Etasuniens ont le rêve
américain qui définit les axes importants du développement des Etats-Unis que
celui-ci internationalise par le biais de son Département pour la guerre
psychologique, nous devons avoir notre politique et notre philosophie de
développement, et être capables de l’imposer aux autres peuples du monde, non
dans un but de colonisation pour la négation des valeurs des autres, mais dans le
sain but de mettre nos valeurs au même niveau que celles qui dominent le monde.
12 de l’eau, sortir une partie du Cameroun de l’eau par leurs efforts et
sacrifices, sans avoir besoin d’un appui du gouvernement ? Chaque
jeune n’est-il pas capable de telles actions ? Le gouvernement
détient-il exclusivement les clés du développement de notre pays ?
J’ai, dans cet ouvrage, répertorié une série de comportements et
d’habitudes qui sont le propre de notre jeunesse et de certaines
organisations, et qui concourent à ce que ce pays connaisse un
retard spectaculaire. En étudiant ces comportements, nous nous
rendrons compte que le plus souvent rien n’est fait par nous pour
ce pays, et que nous avons la facilité de nous accrocher sur la
moindre erreur du gouvernement pour masquer nos impérities et
nos paresses en imputant la faute à ce dernier. Les littératures qui
tendent à conforter les jeunes dans leur inaction et leur paresse ne
servent à rien (comme je le démontrerais), et ne sont pas de l’ordre
de celles que je conseillerais. C’est du pur commerce de
l’incapacité. Aucun pays au monde ne s’est développé par la seule
action du pouvoir. Et il y a chez notre jeunesse, plus de désespoir
que d’espoir. Le temps n’est plus à se demander pourquoi en est-on
arrivé à ce niveau, mais le temps est surtout à se demander
comment en sortir et quelle direction prendre ?
Les partis de l’opposition, la société civile, les journalistes, qui
croient que condamner à chaque seconde le gouvernement c’est
trouver les solutions aux problèmes de notre jeunesse et de notre
pays, n’y sont pas du tout. Ils font fausse route. Notre véritable
problème se trouve dans notre propre remise en question. Et
comme je l’expliquerais plus loin, opposants et autres se servent de
cette jeunesse paresseuse et défaitiste pour avoir des militants, des
sympathisants et pour gonfler leur audience.
Aujourd’hui, ayons le courage d’entreprendre une action en
regardant au-delà de nos vils intérêts. Entreprenons une action qui
dira à cette jeunesse : non à ta paresse, non à ton inaction, non à
ton manque de créativité et ayons le courage, peu importent leurs
réactions, de leur dire que si le Cameroun va mal, c’est parce qu’ils
ont volontairement décidé de jouer les abonnés absents pour son
progrès, comme je le démontrerais tout au long de cet ouvrage.

13 Les médias
Peu importe de quel côté on se place, les médias nous offriront
en majorité la face sombre de la vie. En s’accrochant à cet aspect,
la première impression qui nous viendra sera celle d’un monde où
le mal est plus dominant que le bien. Un monde où il faut plus se
méfier qu’il ne faut faire confiance. Un monde où il vaudrait mieux
se réfugier derrière la puissance du Seigneur, car ces signes
annoncent la fin de ce monde. Certains chercheurs affirment que
ces guerres à répétition sont l’ouvrage de ceux qui dirigent le
monde dans l’ombre, et qu’elles ont pour objectif de maintenir la
conscience des hommes dans la peur de mourir. Une fois cette idée
3maintenue, ils (ceux qui dirigent le monde) pourront facilement

3 Au nombre de ces chercheurs, citons David Icke (journaliste anglais), Russ
Kick, Claude Le Moal et Marc San. Ces chercheurs attestent qu’on est manipulés,
que ceux qui dirigent le monde, et qui contrôlent par conséquent les médias,
mettent tout un mécanisme en place pour nous emprisonner en nous proposant des
vérités qui leur permettront de mieux nous contrôler. Ces vérités peuvent être
académiques, socioculturelles, scientifiques, et la plus grave de toutes : spirituelle.
Mais une fois, toujours selon nos chercheurs, que l’on essaie de s’opposer au Plan
de ces maîtres du monde, ils mettront tout en œuvre en vue de nous faire
disparaître ou de nous nuire. Nos chercheurs croient démontrer de telles
affirmations en s’appuyant sur deux personnages qui, aux Etats-Unis, furent
connus pour leur envie de s’opposer à l’esclavage pour l’un, et à la guerre du
Viêt-Nam pour l’autre. Les combats que ces illustres personnes menèrent, leur
coûtèrent la vie d’une manière identique à l’une comme à l’autre. En effet, nous
font remarquer une fois de plus nos chercheurs, il existe une similitude très
frappante entre les carrières politiques et les décès des présidents Abraham
Lincoln et John Fitzgerald Kennedy. Relayons ces quelques similitudes : Lincoln
a été élu au Congrès en 1846 et Kennedy en 1946 ; Lincoln est élu président en
1860 et Kennedy en 1960 ; Lincoln s’opposait à l’esclavage (même si on assure
qu’il possédait des esclaves) et Kennedy luttait pour l’émancipation des Noirs ;
l’assassin de Lincoln, qui se nommerait John Wilkes Booth serait né en 1839 et
l’assassin de Kennedy, le nommé Lee Harvey Oswald serait né en 1939 ; les
successeurs des deux présidents s’appelaient Johnson et sont nés un jeudi ;
Andrew Johnson qui succéda à Lincoln, est né en 1808, et Lyndon Johnson le
successeur de Kennedy est né en 1908 ; ces deux successeurs sont morts chacun
dix ans après leur prise de pouvoir ; Lincoln a été abattu dans un Théâtre qui se
nommait Le Théâtre Ford ; Kennedy a été abattu dans une voiture de marque
Ford ; la loge dans laquelle on tira sur Lincoln s’appelait La loge Kennedy, la
voiture dans laquelle on a assassiné Kennedy était baptisée Lincoln ; les deux
présidents reçoivent une balle dans la tête un vendredi, chacun aux côtés de son
épouse (Lincoln décèdera le lendemain). Durant leur séjour à La Maison Blanche,
chacun de ces présidents perdit un enfant. Les épouses des deux présidents sont
nées un dimanche. Ces deux présidents avaient un nombre identique de frères.
Nos chercheurs assurent que tout ceci ne peut être une simple coïncidence. Et ils
ne s’arrêtent pas à ce niveau. Ils attestent d’ailleurs que tous les attentats, toutes
les catastrophes et les guerres auxquelles nous assistons, sont minutieusement
programmés par ces dirigeants de l’ombre. Ils avancent cette fois-ci pour preuves,
les jours choisis par ces personnes pour commanditer leurs horreurs. Ils assurent
d’ailleurs que ces maîtres ont un faible pour le chiffre 11, qui jouerait pour eux un
rôle important dans leur cercle mystique concernant les catastrophes et les
événements importants pour l’avenir du monde. Voici quelques-uns des
arguments qu’ils avancent afin de nous convaincre de la véracité de leurs propos :
11/06/2010, en Afrique du Sud, trois étudiants britanniques trouvent la mort dans
un accident de bus, deux jeunes filles de 19 ans, dont la nièce du pacifiste
Mandela, décèdent ; 11/03/2004, attentats simultanés dans plusieurs trains de
Madrid ; 11/04/2002, attentat suicide dans une synagogue de Djerba ; 11/03/2007,
attentat suicide dans un café Internet à Casablanca ; 11/04/2007, attentat à la
bombe à Alger ; 11/07/2007, attentat suicide en Kabylie ; 11/12/2007, double
attentat à Alger ; 11/02 et 11/11/2004, attentat suicide contre le centre de
recrutement de l’armée irakienne et attentat à la voiture piégée à Bagdad ;
11/04/2006, attentat suicide à Karachi ; 11/07/2010, double attentat à Kampala ;
11/06/2009, déclaration officielle du H5N1 ; 11/03/2011, séisme au Japon de
magnitude 9,1. Le même jour, séisme de magnitude 5,1 en Espagne ; 11/04/2011,
séisme de magnitude 7,1 au Japon ; 11/02/2011, Hosni Moubarak quitte le
pouvoir en Egypte ; 11/04/2011, arrestation de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ;
11/09/1789, création des mouvements de droite et de gauche en France ;
11/09/2001, attentats du World Trade Center. L’avion s’étant écrasé sur la Tour
nord était le vol 11 et transportait 92 passagers (hors, selon le calcul théosophique,
9+2=11). L’avion s’étant écrasé sur la Tour sud transportait 65 passagers (ce qui
nous donne 6+5=11). Les attentats ont lieu dans la ville de New-York qui est
l’Etat n°11 des Etats-Unis. Nos chercheurs ajoutent d’ailleurs que dans les
calendriers, le 11/09 est dédié à… Adolphe (Hitler ?). Adelphe pouvant signifier
la même chose. Bien plus, le 11/09/1990, Bush le père, proclame solennellement
le Nouvel ordre mondial. 11 ans plus tard, jour pour jour, c’est le 11/09/2001,
esous le règne de Bush le fils. Cette déclaration, Bush le père l’a faite lors du 666
amendement de l’ONU. Des chrétiens attestent alors que le chiffre 666 est un
chiffre satanique. Certains chercheurs leur ont rapidement fait remarquer que la
Bible ne contient que trois Livres qui ont chacun 6 chapitres, soit trois 6, qui
donneraient 666 (il s’agit des Epîtres aux Galates, aux Ephésiens et la Première
Epître à Timothée), tous des Ecrits de l’Apôtre Paul.
Quoi qu’il en soit, s’il est avéré que les véritables régents des médias, des
religions, des systèmes politiques et scolaires sont tapis dans l’ombre et se battent
16 intégrer leur Nouvel Ordre Mondial, comme ils l’ont fait avec
l’ONU qui, selon ces chercheurs, n’est rien d’autre que le
précurseur du gouvernement mondial dont les détenteurs et
initiateurs créent des guerres pour proposer ensuite des solutions
qui seront au désavantage des populations.
Peu importe de quel œil on regarde guerres et misères, famines
et chômages, accentuer l’information sur ces éléments n’aide pas
les autres à croire qu’il y aurait un moment d’espoir, qu’il y aurait
un brin de bonté chez les hommes. Au sortir d’un journal télévisé,
la réaction de ceux qui y sont connectés est la même : les hommes
sont méchants. L’homme bon devient non seulement rare, mais il
quitte peu à peu nos esprits, car, au lieu de chercher à accompagner
les autres vers un meilleur être, on se refermera sur soi, craignant
ainsi la présumée méchanceté des autres. Les médias ne nous
offrent que très peu d’informations sur les gens qui créent, qui
changent les choses, et qui sont intègres. Ce n’est pas qu’ils ne sont
pas si nombreux que ça, ou moins nombreux que les méchants,
mais c’est qu’en disant que tout va bien, qu’il y a plus de bien que
de mal, le média perd son audience, et aussi sa notoriété. C’est
d’ailleurs la raison d’être du média. Aussi, il faut s’assurer que le
téléspectateur ou l’auditeur reçoive ce qu’il demande, et non ce
qu’il lui faudrait. C’est ce que rapporte, en effet, Robert L. Hilliard,
lorsqu’il parle des questions phares qui précèdent la création d’un
programme : « Qu’est-ce que le public souhaite entendre ? Quels
sont les besoins de l’industrie ? Le producteur tente de répondre à
4ces questions. C’est un homme d’affaires ». Un homme d’affaires,
et non un homme soucieux de participer à l’éveil des
téléspectateurs. Tout comme pour être un bon activiste il faut
incessamment éconduire le pouvoir et ne jamais le louer, pour être
un bon journaliste, un bon média, il faut fouiller ce qui ne va pas,

pour qu’on croupisse sous leur domination, la seule voie par laquelle il sera
possible à toute personne de ne point être enfermée dans cette caverne, est de
quêter l’éveil tout en commençant par contrôler et à choisir ses pensées. Mesures
par lesquelles chacun gagnera son autonomie, et, avec ou sans domination
invisible, pourra librement construire son destin.
4 Robert L. Hilliard, La radio : Une carrière, Paris, Nouveaux Horizons, 1970, p.
125.
17 ou ce qui ne pourrait pas aller, ce que le peuple aimerait vous
entendre dire. Est-ce donc une manière de vouloir changer les
choses ? Pourquoi dans ce cas, le journaliste qui crie pour dénoncer
le chômage, la famine et la misère, ne crie-t-il pas plutôt pour dire
à son téléspectateur comment il a fait pour être journaliste ?
Comment il a fait, malgré cette situation difficile, ce travail qui
devient rare, pour avoir un si prestigieux emploi ? Lui qui dénonce
la famine, comment il fait pour ne pas dormir affamé ? On a plus
besoin des exemples comme lui, de savoir comment s’est opéré son
succès, que d’aller viser des cailloux à l’hémicycle parce que nos
députés s’empiffrent à nos dépens.
Il est vrai que toutes les émissions télé ne tendent pas seulement
à valoriser le négatif. Il y en a qui ont pour option de ne pas
réveiller et entretenir nos colères, nos désespoirs et nos méfiances,
mais plutôt de nous motiver, nous booster et nous amener à
comprendre qu’en plus d’être capables de l’impossible, on détient
chacun les clés de notre destinée, et on a la responsabilité de
changer ce qui ne va pas, par nos comportements, nos engagements
et nos perceptions du monde. Mais, elles sont rares ces émissions,
ils sont rares ces journalistes qui traquent des jeunes qui créent, des
jeunes qui sortent du lot, elles sont rares ces éditions du journal qui
parlent en majorité des créateurs. Prenons comme simple exemple,
le cas de ce jeune chercheur camerounais qui fraîchement sorti de
l’Ecole polytechnique de Yaoundé, créait le Cardiopad, cet
appareil électronique qui permet de suivre à distance un patient
atteint de maladie cardiaque via l’Internet. Cette noble et immense
création a eu le mérite d’être appréciée par des Etasuniens, des
Allemands, et par la Jeune chambre internationale du Cameroun.
Cette créativité n’est passée que très peu dans nos médias. Elle n’a
pas fait la une des éditions du journal, elle n’a pas assiégé non plus
les manchettes de la presse écrite. Mais, lorsqu’on se souvient de
5l’effet causé par l’affaire Vanessa Tchatchou , on est tentés de se

5Vanessa Tchatchou, dont tout le monde connaît l’affaire par laquelle elle fut
rendue célèbre, peut, après avoir retrouvé son bambin, ce que nous lui souhaitons
fortement, comparaître devant les Justes tribunaux de la raison et des mœurs. En
parlant de Vanessa, en plus d’évoquer une jeune fille qui s’est vu enlever son
eenfant, on parle aussi d’une enfant de 16 ans, en classe de 4 , vivant sous le toit
18
familial, et qui est tombée enceinte en pleine année scolaire. Quel parent se
satisferait d’un tel exploit ? En ces temps où l’une des vulgarités est la lutte contre
les IST, contre les grossesses précoces et pour l’égalité des sexes, c'est-à-dire une
plus grande indépendance intellectuelle de la femme afin d’obtenir sa
souveraineté, la presse, elle, rend célèbre une jeune fille irresponsable qui devrait
rendre compte à un pays qui attendait plutôt que ses études soient pour elle un
moyen de trouver les clés qui lui permettront d’aider sa patrie et sa famille à
devenir davantage puissants et nobles. Vanessa semble être une jeune personne
qui n’écoute point les conseils des aînés, des parents, des enseignants, qui accorde
le plus vil intérêt à ses études, et qui subit sans aucune honte, l’influence de cette
éducation étrangère qui nous rafle nos valeurs. Sinon, comment comprendre
qu’elle n’ait pas assez de courage et de force interne pour refuser les avances de
ces hommes qui ne se soucient que de l’activité de leur membre viril, et comment
ne peut-elle pas craindre de tomber sous la gouverne d’une IST qui aurait de
fortes chances de lui ôter la vie ? Si Vanessa n’a pas les attributs que nous lui
offrons, et que nous a inspirés sa situation, tournons-nous vers sa mère. Cette
dernière ne discuterait pas avec ses enfants, ne prendrait pas la peine de les suivre
dans leurs études, ne les mettrait pas en garde contre ces âmes perfides dont le
seul objectif est de détruire l’élégante pureté de notre jeunesse, ne discuterait pas
avec ces enfants sur les questions de la sexualité et de l’importance de s’engager
dans les études, mais aussi, de l’intérêt de choisir sa voie et de s’y engager afin
d’être celle qui contribuera à l’amélioration des conditions de la femme. Non, la
mère de la très jeune Vanessa ne fait point état de ces choses, et doit plutôt être
regardée comme responsable de cette éducation qui a servi à entraîner son enfant
dans les bras du premier venu (s’il est avéré que c’est un accident qui offrit cette
grossesse à Vanessa). Les médias ont bien fait de gueuler afin que l’enfant soit
retrouvé. Mais ils auraient aussi dû dire à notre jeune Vanessa que dans un pays
comme le nôtre, où l’on a d’énormes problèmes à résoudre nous-mêmes (les
jeunes), et dont on requiert la massive participation des autres (entre autres de ces
problèmes : le chômage, la condition de la femme, la promotion de la créativité,
l’accroissement de la visibilité de nos écoles et universités, la vraie
alphabétisation de nos peuples, la prise en charge des vieillards, la reconquête de
nos valeurs, l’éveil, etc.), pour résoudre donc ces problèmes, notre Vanessa
devrait savoir qu’on a plus besoin des filles et femmes qui procréeront des valeurs
et des idées, plutôt que des filles qui s’empresseront d’être mères, alors
qu’ellesmêmes n’ont pas encore commencé à grandir. On a besoin des jeunes filles qui
seront les gardiennes de nos valeurs, les exemples de conduite, plutôt que ces
jeunes qui s’empresseront au relâchement et au dérèglement des mœurs. En un
mot, on a plus besoin de nous inspirer des efforts créatifs d’une Stéphanie Mbida,
plutôt que d’aider quelques impatientes à faire leurs fouilles. On nous dira qu’on
use d’un ton dur, alors que tout le monde peut être victime de ces choses. Il est
vrai, mais, à ce qu’on sache, ce n’est point le bon Dieu qui décide de qui sera
victime de quelque mal. On ne risque pas de s’enivrer si on ne consomme pas
d’alcool, on ne regrettera pas nos erreurs de jeunesse, si on n’a pas eu le temps
d’en commettre, on ne dormira pas affamé si on a su mettre notre intelligence à
19 demander ce qui compte le plus pour nos leaders d’opinion, et
comment comptent-ils s’y prendre pour amener les jeunes à
comprendre qu’ils peuvent et doivent compter sur eux-mêmes ? La
seule Vanessa, dont nous avons salué le courage, a fait la une de
tous les journaux, s’est fait interviewer par nos meilleurs
journalistes, alors que monsieur Arthur Zang, le créateur du
Cardiopad, c’est à peine si son nom attire l’attention des foules. La
presse n’en a pas fait un héros, un modèle. Les journalistes n’en
parlent que très peu, pour certains, ils n’en parlent même pas, si ce
ne sont dans les pages peu susceptibles d’être lues par le public.
D’un autre côté, nous avons pu constater que les médias avaient
des héros bien définis qui pouvaient bénéficier de leur promotion
massive. Le 22 mars 2013, journée mondiale de l’eau, était la veille
d’une rencontre de football opposant l’équipe nationale du
Cameroun à celle du Togo. La une des journaux en ce jour
concerne la préparation du match, les séances d’entraînement,
l’état d’esprit dans lequel sont les joueurs, les attentes du public.
Ce n’est qu’en seconde zone qu’intervient le thème majeur de la
journée, qui tombe à point nommé, car on est dans une période où
même dans la capitale politique, on ne peut pas se vanter de
disposer d’une eau de qualité.
Mais les médias ne s’arrêtent pas à ce niveau. Il est bon de
remarquer que le loisir gagne une place des plus importantes au
sein de notre société. Même les éditions du journal télévisé sont
plus à caractère d’évasion : un tel qui vient d’être brûlé, un autre
qui vient de violenter sa femme pour cause d’infidélité, ces
femmes qu’on rencontre dans les bars se plaisant à quelque
débauche. Tout ceci a plus de place que les inventions opérées par
des jeunes camerounais ayant décidé de défier les dieux de la
monotonie. Mais nos plaintes sont trop petites devant l’ampleur des

profit ; les succès et les échecs du hasard n’existent pas ; on ne sait peut-être pas
ce que demain nous réserve, mais la vie ne fait pas de choix à notre place ; elle ne
nous ne donne que ce qu’on espère, ce qu’on désire ou alors, ce à quoi on aspire.
Mais c’est aussi vrai qu’il serait bien de dire à notre Vanessa qu’on peut se relever
de nos plus gros échecs, tout comme on peut apprendre de nos plus grandes
erreurs. A une condition : si on sait tourner la page, et si on est prêts à ne plus
commettre les mêmes fautes. C’est ce que nous lui souhaitons (c’est d’ailleurs son
unique thérapie : s’engager à avoir une meilleure vie).
20 dégâts, car on notera que l’une des priorités majeures des chaînes
de télé, ce sont les séries télévisées. On en importe en grand
nombre, et on les diffuse à ces moments où les jeunes sont
accrochés au petit écran. D’ailleurs, ces jeunes ont pris l’habitude
au point où il serait déconseillé qu’à cette heure, autre chose soit
diffusée que leur série du soir. Que disons-nous, leurs séries du
soir ! Mais si le média a préféré cette option, c’est aussi en partie à
cause de la jeunesse qui ne le violente pas, qui ne boude pas ces
programmes, qui s’y conforme comme n’ayant plus le choix de
s’imposer ce qu’elle veut. Elle prend ce qu’on lui donne, et se
transforme en téléspectatrice irréfléchie qui vivra conformément à
ce qui est présenté. Les programmes télés n’ont plus qu’un seul
objectif : attirer le plus grand nombre de téléspectateurs, c’est le
moyen le plus sûr de connaître les faveurs de la publicité. Le jeune,
dont l’éveil n’intéresse plus les programmes et leurs directeurs
comme on l’a vu, devient l’esclave de sa télécommande. Une fois
installé devant le petit écran, il connaît par cœur les différents
programmes dans les différentes chaînes de télé. Rien ne doit le
détacher de ces moments où il tente de s’évader, où il essaie
d’oublier cette dure réalité dans laquelle la vie est loin d’être à
l’image de ce tendre feuilleton. Il voyage dans son imagination,
s’oublie le temps de la série. Il n’est plus lui-même, il appartient au
petit écran qui gère désormais ses émotions et sa vie.
Les médias foisonnent de ces images bestiales qui ne tendent
plus à valoriser le jeune. Tout a trait au sexe. La série télévisée, le
feuilleton, la publicité, la musique. Tout incarne quelque peu cette
modernité qui n’est qu’emprisonnement de la volonté. Le silence et
l’approbation du jeune sont à accuser. Sans être obligé d’adhérer à
cette tendance, il y est entré comme un désespéré qui cherchait
depuis, le dieu qui viendrait porter ses misères. Et même si ce dieu
disparaîtra avec son émission, sa chanson préférée, le jeune espère
follement que le monde s’apparentera un jour à ce temps de
distraction, même si lui, accepte d’en être un triste spectateur.
Peut-on encore trouver un média soucieux de développer la
créativité plutôt que d’entretenir les paresses ?
Les émissions de débat ont la particularité de faire plus naître la
haine chez les jeunes, que de les amener à tirer les bienfaits d’un
21 échange d’idées. C’est tout à fait normal, quand sur un plateau de
débat, on a des protagonistes prêts à tout pour défendre leurs
causes, même s’ils savent qu’ils sont dans l’erreur. C’est ce
moment que les jeunes détestent. Ils n’aiment pas la duplicité, ils
détestent l’imposture, ils en veulent à toute personne qui ne parle
pas pour les plaindre, pour les encourager à continuer à zapper la
télé, afin de passer de débat en débat, en attendant que le pays
change, par un miracle qui sera opéré par les autres. Ces jeunes ne
peuvent pas sacquer les représentants du parti au pouvoir (et
l’expression n’est pas exagérée) qui sont toujours là à justifier les
fautes du président de la République, qui soutiennent sa longévité
au pouvoir, qui la justifient, qui usent de leurs grands diplômes
pour vouloir endormir la jeunesse. Les jeunes ont vite fait
d’applaudir en face, cet activiste disert qui, avec toute l’énergie du
monde, s’oppose à ces courtisans et commensaux du président. Ces
opposants, ces autres jeunes, qui disent leurs quatre vérités à ces
intellectuels qui ont vendu leur honneur pour se chercher une place
au soleil. Les jeunes veulent qu’on humilie de telles personnes. Ils
ne veulent surtout pas que leur représentant oublie de mentionner
que le pays est dirigé par ces gens qui mettent des barrières à
l’expression, à la haute expression du talent du jeune. Ils veulent
qu’on mentionne que les sectes sont aux aguets pour qui essaiera
de sortir sa tête de l’eau.
Sauf que, le jeune ne remarquera pas que dans ce débat, celui
qui défend sa cause n’est aucunement un chômeur. C’est un
diplômé, comme notre jeune, mais un diplômé qui a trouvé une
situation acceptable, voire enviable, dans la société. Une situation
qui permet qu’on le sollicite pour ces débats. Notre jeune ne s’est
jamais demandé pourquoi le choix n’a pas été porté vers un
chômeur, ou vers un autre dont les plaintes occupent la grande
partie de la journée, ou alors vers ce jeune qui peut manipuler les
yeux fermés sa télécommande. Le jeune ne se demandera pas
comment ces gens qui disent que tout est impossible pour la
jeunesse, s’en sortent, ont un gagne-pain régulier. Un gagne-pain
dont il est, malgré ses diplômes, éloigné. Il ne cherche pas à
connaître le parcours de ces personnes qu’il apprécie lors d’un
débat, il ne s’en tient qu’à leurs idées qui entretiennent cet espoir,
22 plus soutenu par la paresse que par l’envie de se faire violence afin
d’aller chercher lui-même les clés de sa libération. Non, il se
trouve bien à la place qu’il occupe. Une place de commentateur de
l’actualité, une place de pessimiste. Une place de défaitiste. Un
défaitiste qui couché dans le canapé, télécommande en main,
condamne le pays, alors que sa pauvre mère sort tous les jours et
malgré un pays qui est soi-disant dominé par les sectes, ramène à
notre jeune son pain quotidien. Qu’il gagnerait des fois, ce jeune, à
avoir le sens de la vie d’un Pangloss ! Il gagnerait à profiter des
moments difficiles qu’il traverse. Il gagnerait à les transformer en
moments de réflexion, de dépassement de soi. Il gagnerait à se
croire capable de l’impossible, car capable de trouver la solution là
où la société ne voit que l’obstacle. Il gagnerait à vivre de manière
utile et pour lui, et pour sa société et pour sa famille. Ne lui
proposerait-on pas cette noble pensée qui caractérise les Japonais :
« Une des forces des Japonais réside dans leur façon à considérer
les erreurs comme des bienfaits. La découverte d’une faute est
6pour eux un trésor, car c’est une clé d’amélioration » ?
Il serait donc profitable à la jeunesse de gagner par sa créativité,
de se connecter à l’émission qui lui permettra de se faire violence,
qui l’amènera à ne pas accepter de subir la difficulté, mais à
surmonter l’obstacle. Cette émission qui la portera vers l’avant,
cette émission qui éveillera en elle cette force des Japonais. Mais
tant que le jeune ne se verra pas comme le principal initiateur et
faiseur de son destin ; tant qu’il attendra des autres qu’ils plaident
en sa faveur ; tant qu’il s’affalera dans son fauteuil pour grogner
contre ceux qui ne pensent pas comme lui et pour s’émerveiller de
voir d’autres l’encourager à garder paresseusement espoir ; tant
qu’il se connectera à ces séries, musiques, films et documentaires
qui ne font qu’entretenir sa paresse maladive, et éveiller sa haine et
son ire, il ne vaudra pas plus que sa télécommande, et ne pourra
que se familiariser à son ignoble déception. Mais le bon côté des
choses, puisqu’en tout il y a du bon, c’est qu’il y aura toujours un

6 Dale Carnegie, Comment trouver le leader en vous, Paris, Le Livre de Poche,
2009, p. 137.
23 qui bénéficiera de cette inertie du jeune. Celui-ci n’est personne
d’autre que le média.

24 Les diplômes et les diplômés
Les études ne font plus rêver au Cameroun. Pas besoin de
côtoyer un Socrate pour faire un tel constat. Nous connaissons tous
ces élèves qui, venant fraîchement d’obtenir leur baccalauréat,
nourrissent cette envie, cette noble envie de faire des études en
Lettres. Ils y vont afin de chercher les techniques pour se
transformer en littérateurs. Ces doctes dont les œuvres sont un
parfum pour la société. Remplis d’enthousiasme, ces jeunes élèves
ne voient dans les Lettres que le seul moyen pour eux d’apporter à
la société leur contribution pour son bien-être futur. A les voir
s’engager avec autant de foi, de volonté et de courage vers de telles
voies, on n’aurait pas tort de penser que : « Les joies [qu’ils
goûtent] en écrivant sont supérieures à celles [qu’ils pourraient]
7trouver à vivre ». Mais ce noble élan sera brisé. Ils (les jeunes)
seront brisés par plus outillé qu’eux, par plus informé qu’eux, sur
les questions de formation et d’emploi d’avenir. Ces connaisseurs,
ces obscurs penseurs, ces savants d’un soir reprendront la volonté
de nos jeunes. Ils leur diront de ne s’engager que dans les
formations pratiques, ces formations où l’emploi est plus certain
8que ces autres formations simplement théoriques .

7 André Gide, les caves du Vatican, Paris, Gallimard, 1922, p. 79.
8 Et c’est d’ailleurs à ceci qu’ont été réduites les formations dites professionnelles
au Cameroun : à trouver un emploi de qualité. Les jeunes, une fois qu’ils vont
dans ces formations, n’ont pas la curiosité intellectuelle de s’y rendre pour
acquérir une compétence qui leur permettra de transformer ou de révolutionner un
secteur quelconque. Ils y vont pour qu’un prestigieux emploi s’offre à eux, une
fois qu’ils auront obtenu le diplôme tant convoité. Les jeunes dans ces Instituts
supérieurs privés développent les mêmes vices qui ont valu à la formation
publique d’être traitée d’improductive : ils cherchent de bonnes notes. L’objectif
principal est de valider, d’obtenir son diplôme, même si des fois il faudra
soudoyer les enseignants ou les dirigeants de ces écoles. Et d’ailleurs, ces
dirigeants ouvrent-ils ces écoles pour offrir de nouveaux chômeurs à
l’environnement du travail, pour construire une élite qui pourra penser la
révolution dans le secteur où elle est formée ou pour former les fonctionnaires du
Privé ? Une observation bien faite nous fera comprendre que les promoteurs de
telles écoles n’en veulent que pour leur argent. L’accent n’est souvent pas mis sur
les conditions qui sont offertes aux apprenants, mais sur les frais de scolarité, ou
les diverses charges dont l’apprenant doit obligatoirement s’acquitter. On
remarque dans ces écoles, un manque alarmant de documents et d’ouvrages
concernant les spécialités de formation. On remarque un manque de laboratoires,
de salles de travail modernes et professionnelles. Ce constat nous fait inférer que
le plus important est d’ouvrir une école, de faire une vaste campagne de
propagande pour y attirer le plus grand nombre, et d’offrir moins d’importance à
la qualité éthique et professionnelle des enseignants enrégimentés. D’ailleurs, on
devient enseignant dans ces écoles avec un diplôme élevé dans le domaine où l’on
nous sollicite, même si on ne connaît pas la pédagogie de l’enseignement. Ces
écoles, qui pourront ici nous reprendre en nous disant qu’elles sont
internationalement reconnues, ont aussi abusé de leurs Partenaires
internationaux. Rien n’est plus embêtant de voir ces partenariats naître, mais qui
ne sont en fait que des moyens pour nos écoles de se servir de leurs collaborateurs
(dont la plupart viennent de France) afin de montrer leur crédibilité. Mais ces
partenariats ne sont en rien des moments d’échanges techniques, de transfert de
compétences, ou d’évaluation, par l’Ecole parraine, des activités de nos Ecoles de
formation. Ces Ecoles de formation n’ont d’ailleurs aucune politique de
formation, aucune philosophie de formation. Leurs enseignants ne sont pas des
chercheurs. Ils n’offrent pas plus que ce qu’ils ont reçu. Les diplômés qui sortent
de ces écoles ne sont pas des créateurs. Les emplois qu’ils créent ne sont pas
nouveaux sur le marché, et ne sont pas assez outillés pour faire une concurrence
farouche aux leaders d’un secteur. De plus, les diplômés de ces écoles ne sont pas
réputés pour faire des recherches desquelles un secteur se verra transformé. Les
élèves de ces écoles ne lisent que pour une évaluation, et rares sont ceux qui
scrutent les bibliothèques dans le sain objectif de créer un élément inexistant.
Dans ces écoles encore, le succès ne dépend aucunement des compétences
acquises, mais des taux de réussite. On n’a qu’à observer ce qui constitue le
message principal de ces Instituts privés de l’enseignement supérieur (IPES)
lorsqu’ils veulent vanter leurs formations en BTS (Brevet de Technicien
Supérieur). Ils ne parlent pas des créateurs d’emplois que leurs formations ont
offerts au monde du travail, mais ils ne parlent que des pourcentages de réussite
qu’ils ont réalisés. Et d’ailleurs, au Cameroun, une Ecole qui a un fort succès, est
une Ecole qui forme bien. Et pour le Second cycle de ces écoles, on s’appuie sur
les partenaires dont nous parlions, même s’ils ne sont que des figurines qui n’ont
aucune influence dans les stratégies de formation de nos écoles. D’ailleurs, dans
nos IPES, les formations ne sont jamais à l’image de celles de leurs prestigieux
partenaires. Nos IPES gagneraient donc à savoir que l’on ne reconnaît pas le
prestige d’une Ecole par rapport au taux de succès qu’il fait aux examens
nationaux, mais par rapport à ce que les élèves de cette Ecole deviennent dans
l’univers de la création d’emploi. Il semble d’ailleurs que les IPES ont pour
mission de former des créateurs d’emploi, et non de vils diplômés qui afficheront
tout le sourire du monde quand ils auront leur nom sur une liste d’admis (chose
qu’on reprochait violemment à l’enseignement public). Achevons cette glose en
rappelant ce qui détermine, selon le Club Changer la gauche, la prospérité d’un
pays : « Dans l’économie des connaissances, la prospérité d’un pays dépend à
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