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Le développement durable à l'épreuve des TIC

De
200 pages
Ce double numéro de Terminal traite du développement durable à l'épreuve des TIC, composé en trois parties : des Tic vertes ? ; Informations et consciences environnementales ; un outil pour le développement durable ?
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terminal n°106-107 S o m m a i r e
EDITO Changement climatique : d'atermoiements en piétinements, allons-nous vers les désastres annoncés ?
Dominique Desbois
DOSSIER : LE DEVELOPPEMENT DURABLE A L"EPREUVE DES TIC IntroductionDominique Desbois, Cédric Gossart, Nicolas Jullien, Jean-Benoît Zimmermann
re 1 partie : LESTIC VERTESNicolas Jullien Evaluation des impacts environnementaux deFrançoise Berthoud, l"informatique. Quels outils ? Quelles limites ?Marianne Parry Technologies numériques vertes : représentationsFrançois Deltour, et stratégies d"acteursMichelle Dobré, Fabrice Flipo, Cédric Gossart Enjeux environnementaux des technologies RFIDCédric Gossart Entretien avec Laura Draetta
Le changement climatique et le syndicalisme, quels engagements possibles ? Entretien avec Marcel Grignard, secrétaire général-adjoint de la CFDT Zoom sur les éco-TIC
Jean-Pierre Bompard, Dominique Desbois
Ludovic Coutant
e 2 partie : INFORMATIONS ET CONSCIENCES ENVIRONNEMENTALES IntroductionJean-Benoît Zimmermann Prêter attention à l"environnement. Les tracesEmmanuel Kessous énergétiques et la responsabilité morale
Les « compteurs intelligents » sont-ils conçus pourFrédéric Klopfert, économiser l"énergie ?Grégoire Wallerborn Les éco-TIC au service de la planète ? EntretienCédric Gossart avec Gilles Berhault Le développement durable dans une écoleNicolas Jullien d"ingénieurs TIC. Entretien avec André Chomette
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e 3 partie : UN OUTIL POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE? Introduction.Cédric Gossart Les TIC au service d"une agriculture durable ?Christèle Dondeyne Les sites Internet des collectivités territoriales,David Huron, une nouvelle communication dans les politiques deGrégory Spieth tri sélectif ? Observatoires numériques au service duPierre Champollion, développement durable. Vers une démarcheDr Jean-Marie Delvoye, participative citoyennne ?Anne Piponnier De l"usage des TIC dans les quartiersCédric Gossart défavorisés, de Paris à Rio. Entretien avec Hélène Pétry Revue d"ouvragesCédric Gossart Présentation des auteurs du dossier REPERES CECIL arrive sur Internet
BLOC-NOTES APPEL À COMMUNICATION:«Les pratiques du Web : modes de participation et approches » Bulletin d'abonnement
terminalest édité par l"association Creis-terminal © Copyright : termina l / L"Harmattan. Directeur de publicatio n: Jacques Vétois.Comité de rédaction: BURNIER Michel, DELAMOTTE Éric, DESBOIS Dominique, JULLIEN Nicolas, LACROIX Guy, LAMARCHE Thomas, NAULLEAU Daniel, PANICO Robert, PRADES Jacques, PRINCE Bernard, RICHARD Chantal, VÉTOIS Jacques, ZIMMERMANN Jean-Benoît
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Conseil scientifique: Michel Armatte (Maître de Conférences en économie à l'Université Paris 9), Danièle Bourcier (Professeur de Droit à l'Université Paris 2), Philippe Breton (Chercheur CNRS en sociologie et infocom à l'Université de Strasbourg et à l'Université Paris 1), Dominique Carré (Professeur en infocom à l"Université Paris 13), Michèle Descolonges (Sociologue à l'Université Paris X), Jean-Gabriel Ganascia (Professeur d'informatique à l'Université de Paris 6), Jean-Paul Haton (Professeur d'informatique à l'Université de Nancy 1), Blandine Laperche (Maître de Conférence en économie à l'Université du Littoral), Bernard Miège (Professeur émérite en infocom à l'Université de Grenoble 3), Pierre Musso (Professeur en sciences politiques et infocom à l'Université de Rennes 2), Alain Rallet (Professeur d'économie à l'Université de Paris-Sud), Gérard Valenduc (Maître de Conférences en Informatique et Société à l'Université FUNDP de Namur), Emmanuel Videcoq, André Vitalis (Professeur en infocom à l'Université de Bordeaux 3).
Relecture, mise en page: Édith FORET Maquette originale: Michel RABY La revueTerminalest publiée avec le concours du Centre national du Livre Adresse de la rédactio n: 24, rue de la Chine – 75020 Paris Courriel: redaction@revue-terminal.org
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Site Web: www.revue-terminal.org
ISSN : 0997-5551 Imprimé en CEE © L"Harmattan, hiver 2010 ISBN : 978-2-296-13968-8
Édito
Changement climatique : d’atermoiements en piétinements, allons-nous vers les désastres annoncés?
e a XVI conférence des Nations Unies sur les changements climati-L ques, tenue à Cancùn, s’est achevée le 10 décembre 2010 par un accord quasi-unanime des pays participants, soit 192 pays, portant entre autres sur la création d’un « fonds vert » de 30 milliards de dollars d’ici à 2012 et de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, au bénéfice des pays en développement. Il s’agit de financer leur combat contre le change-ment climatique. Seule, la Bolivie a refusé de signer et annonce la saisie du tribunal international de La Haye pour dénoncer l’accord, jugeant ces som-mes insuffisantes. Concernés au premier chef, les petits états insulaires et l’Afrique (délaissant l’objectif « 1,5 degré de plus » pour se rallier à « 2 degrés de plus ») seront les principaux bénéficiaires du « fonds vert » et devront jouer un rôle significatif dans sa gestion, temporairement confiée à la Banque mondiale...
Un consensus de façade au prix d’avancées ambiguës
Pour autant, faut-il célébrer dans la liesse la conclusion du seul proces-sus multilatéral susceptible actuellement de produire du droit international sur cet enjeu climatique ? Certes, l’approche sectorielle aboutit à des décisions dans les négocia-1 tions les plus matures : on notera l’extension du programme REDD de réduction des émissions résultant de la dégradation et du déboisement des forêts, responsable d’environ 12 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). Les objectifs de l’accord sont la division par deux de la déforestation d’ici à 2020, et la stabilisation du couvert forestier de la planète d’ici à 2030. L’élaboration d’actions de réduction à partir des processus nationaux ren-force le pouvoir de négociation des populations autochtones dans la mise en œuvre des stratégies REDD. Soulignons cependant que les extensions du
1.« Reducing emissions from deforestation and forest degradation », initiative internationale lancée en 2008 par les Nations Unies, dotée d’un programme spécifique UN-REDD. Pour plus de détails, voir « Perspectives on REDD+ » surwww.un-red.org
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programme REDD+ exacerbent les divergences entre les partisans d’une intégration de REDD+ au marché du carbone, et ceux militant en faveur du maintien de la biodiversité ou défendant les intérêts des populations autoch-tones. Deux logiques s’affrontent : lobbies du carbone, partisans d’une ges-tion par le marché, contre tenants d’une fiscalité internationale, parmi les-quels on compte le financier Georges Soros. Les compromis sectoriels sont dénoncés comme insuffisants au regard des enjeux et impuissants à enrayer les dérives : les accords bilatéraux dépla-cent la déforestation pour engranger des crédits REDD sans trop se soucier de la réalité des compensations en carbone et renforcent ainsi le risque d’une bulle spéculative sur les crédits carbone profitables aux seuls courtiers.
Le fantôme du Protocole de Kyoto
Seul accord contraignant les pays industrialisés à réduire leurs émis-sions de GES, le Protocole de Kyoto a hanté les négociations de Cancùn : la première période d’engagement sur la réduction des émissions de GES a commencé en 2008 et doit s’achever en 2012. Le compromis prévoyait deux options de renouvellement du Protocole : la première engageait les pays développés à ramener leurs émissions de GES pour la période 2008-2012 à 5,2 % en dessous des niveaux de 1990, la seconde laissait ouverte la négo-ciation. En l’absence d’une volonté politique des deux principaux émetteurs de GES, USA et Chine, une seconde période d’engagement notifiée sans contraintes ni date de référence vide la négociation de sa substance jusqu’à la prochaine conférence annuelle qui se tiendra à Durban. En effet, la prolon-gation de cet accord n’est garantie d’aucune façon : la défaite démocrate du 2 novembre aux élections de mi-mandat a mis fin aux espoirs de voter une loi climat-énergie durant la présidence Obama permettant aux États-Unis de dépasser leur refus d’adhérer au Protocole depuis sa création. De son côté, la Chine a annoncé un plan de 1 500 milliards de dollars d’investissement sur les cinq prochaines années, soit 5 % par an de son PIB, dans des industries stratégiques allant des énergies alternatives aux biotechnologies pour convertir une économie fondée sur la production de biens manufacturés à partir de processus très gourmands en énergie fos-sile. John Pershing, représentant des États-Unis pour le climat, a campé sur un engagement unilatéral de réduction de 17 % des émissions sur 15 ans jusqu’à 2020, critiquant le compromis proposé par les Nations Unies à Cancùn comme« incomplet pour certains des points clés ». Sont visées les dispositions contraignant les pays émergents à limiter la croissance de leurs émissions de GES, la Chine dépassant désormais les États-Unis en termes d’émission de GES... Ayant dérivé par rapport aux objectifs fixés, le Japon, un des principaux promoteurs du Protocole, a annoncé dès le début du sommet de Cancùn sa décision de ne pas s’engager pour une seconde période. Les autres soutiens
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comme le Mexique ou le Canada ont affirmé ne pas renouveler leur adhésion en l’absence de contraintes pour les pays émergents comme la Chine ou l’Inde. La Commissaire européenne au climat a mis en garde contre une absence de résultats concrets à Cancùn mais, dans un tel contexte internatio-nal, comment convaincre les pays émergents de souscrire à des engagements contraignant leurs objectifs de développement économique ? Connie Hedegaard suivra-t-elle la commission Développement du Parlement euro-péen, qui a recommandé le 5 octobre 2010 la mise en place d’une taxe car-bone avec ajustement aux frontières ? À l’opposé, les pays en développement, en particulier l’Alliance des petits états insulaires appuyée par le Venezuela et la Bolivie, affirment que les dispositions du compromis proposé par les Nations Unies sont insuffisan-tes pour assurer une protection des zones menacées par les inondations, les sécheresses et la désertification. Les militants de Via Campesina ont scandé « La terre et les forêts ne sont pas à vendre, elles appartiennent au peuple » assimilant les programmes REDD à des tentatives de spoliation. Les déléga-tions bolivienne et mexicaine ont revendiqué davantage de justice, à la fois sociale et environnementale, pour les peuples indigènes en particulier, se référant à l’Accord des peuples contre le changement climatique scellé en avril 2010 par le sommet alternatif de Cochabamba. Cependant, les ONG ont défilé à Cancùn en ordre dispersé, illustrant les faiblesses de leur coordina-tion. L’Afrique, très présente lors des réunions officielles, était absente à cette manifestation : on mesure le chemin à parcourir sur le continent pour une démocratie participative sur les questions d’environnement. En France, malgré le travail de l’association 4D2, les positions alternatives en faveur du développement durable demeurent marginalisées dans l’espace public, même si elles diffusent progressivement via Internet.
L’emprise tutélaire des technologies de l’information sur le développement durable
Ainsi, les usages associatifs des technologies de l’information tissent un « réseau social » échappant à l’empreinte médiatique officielle, porteur de pratiques innovantes ou revisitées susceptibles de remettre en question les modèles économiques dominants. En témoigne, pour ne prendre qu’un 3 exemple, une livraison récente de la revuePourconsacrée à l’agri-du Grep culture de proximité en Ile-de-France, reconsidérant le modèle des métropo-les dévoreuses d’espaces et de productions agricoles. Le système technicien tendu vers la production industrialisée de connaissances fait des technologies
2.Créée en 1993,suite au sommetde Rio, Dossiersetdébatspourle développementdurable est une réseaucitoyen pourla promotion duveloppementdurable(cf.www.association4d.org). 3. Groupe de Recherche pourlEducation etla Prospective. Cette association de loi 1901 édite depuis1967 larevuePour qui,sousforme de nuros thématiques, faitle pointdesconnaissancesetperspectives relativesauxquestionsdesociétésuscitéesparlesévolutionséconomiques,socialesetculturelles(cf. www.grep.fr/pour).
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de l’information un instrument majeur des stratégies de nos sociétés humai-nes, pour mieux contrôler leur environnement sur la base d’une accumulation sans précédent de données factuelles. 4 Faut-il rappeler que le consensus scientifique produit par le Giec sur les origines anthropiques de la crise climatique s’alimente d’une masse considérable de travaux scientifiques et de données techniques ? L’emprise du système technicien ne se limite pas à la sphère environnementale : la conception et l’évaluation des politiques publiques au plan économique et social sont fondées sur des modélisations dérivées des performances acqui-ses par l’information et son traitement. L’intégration d’indicateurs du déve-loppement durable et d’une comptabilité environnementale au système statis-tique public, suivant les préconisations du rapport Stern, constitue une des mises en œuvre essentielle de la Stratégie nationale développement durable 2010-2013, issue du Grenelle de l’Environnement. Cependant, la sphère du quotidien est envahie d’artefacts communi-cants dont l’analyse du cycle de vie révèle qu’ils augmentent la pression s’exerçant sur l’environnement, par des impacts directs sur les ressources en eau et énergie fossile consommées pour produire ces biens high-tech, mais aussi indirects via des « effets rebonds » élevant le niveau de consommation de ressources limitées. Tel Janus, cette divinité romaine présidant aux com-mencements et aux passages, les technologies de l’information ont désormais le privilège d’accompagner l’ensemble des innovations et mutations du sys-tème technicien.Terminala voulu analyser ce qui devient une évidence et livre aujourd’hui un dossier s’interrogeant sur le rôle joué par les technolo-gies de l’information au service du développement durable.
Un autre monde est-il encore possible ?
In fine, les contributions de ce dossier nous renvoient, me semble-t-il, à une question transversale aux réflexions sur le développement durable, celle du mode de développement de nos sociétés. Les dérèglements, qui ont secoué le système financier international, sont loin d’être résorbés comme le mon-trent les crises grecque et irlandaise. Les tensions qui en résultent, au plan monétaire puis économique, ne facilitent guère le financement des investis-sements de long terme. La lutte contre le changement climatique en est sin-gulièrement affectée : force est de constater l’absence d’engagements finan-ciers contraignants de la part des pays développés, hormis le fonds vert. Les contraintes budgétaires issues de la crise financière suscitent des interroga-tions sur le déblocage des engagements prévus. Par exemple, comment notre pays abondera-t-il les 420 millions d’euros additionnels au titre de la lutte contre le changement climatique alors que le budget de l’aide publique au
4. Groupe d’experts intergouvernementa sur ’évoution du cimat (« IPCC - Intergovernmental Panel on Climate Change »), voir e discours d’ouverture de a conférence deCancùn par son président, Raendra Pachauri,surwww.ipcc.ch
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développement (0,5 % du revenu national brut en 2010) devrait stagner à par-tir de 2011 ? Devons-nous nous abandonner à des politiques d’ajustement structurel sans combattre la dérive d’un capitalisme financier aveuglé par ses instruments ? Plus que des infléchissements, des ruptures sont-elles encore possibles ? Des voix s’élèvent pour réclamer l’élargissement des missions de l’OMC à l’environnement et au social, voire la constitution d’une organisa-tion mondiale de l’environnement : il n’est certes pas interdit d’espérer... Entre deux séances de négociation, chaque délégué a pu constater la dégra-dation du Cancùn balnéaire provoquée par l’élévation du niveau des océans, la multiplication des cyclones et le bétonnage du littoral... Catastrophe annoncée voici près de quarante ans ! De Cancùn à Durban, saurons-nous nous garder des « folies vénitien-5 nes » dont le théâtre de la nature nous présente les conséquences planétai-res : paysages et reliefs aux aspects inhabituels, masques d’un carnaval des passions les plus délétères et des machinations les plus vaines ?"
Dominique Desbois
5. Le très contesté système des digues mobies(Mose) érigé à lentrée de la lagunevénitienne pourpro-tégerVenise desacqua alta, inondations régulièresprovoquéesparlélévation duniveaude la mer Adriatique. Linvestissementinitial estestimé à3,5 milliardsdeurosetle coûtde fonctionnementannuel à35 millionsdeuros.
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Dossier
Le développement durable à l’épreuve des TIC
Dominique Desbois, Cédric Gossart, Nicolas Jullien, Jean-Benoît Zimmermann.
e nouveau dossier deTerminalest consacré aux relations entre technologies de l"information et de la communication TICCà s"insérer et, pourquoi pas, à accompagner la transformation de 1 (TIC) et développement durable. Il interroge la capacité des nos sociétés vers des modèles socialement plus justes et écologique-ment plus respectueux des écosystèmes naturels.
Le principal défi posé par un tel objectif réside dans le dépasse-ment des oppositions entre quatre dimensions structurantes du fonc-tionnement des sociétés humaines : économique, sociale, environne-mentale, et institutionnelle. Comment créer de la richesse sans détruire des emplois ? Comment améliorer notre qualité de vie sans accroître notre empreinte écologique ? Comment mieux contrôler notre environnement sans porter atteinte aux libertés fondamenta-les ? Les arbitrages et les choix politiques qui en résultent sont sou-vent présentés sous la bannière du « développement durable », com-promis sans cesse renégocié entre des impératifs démocratiques, de croissance économique, de justice sociale, de préservation écologi-que. Toutefois, les trajectoires de transition vers un développement durable sont multiples, la diversité des approches reposant parfois sur des différences de partis pris idéologiques ou la recherche de posi-tions de force dans ces arbitrages.
Pour les tenants consiste avant tout à
du tout marché, le développement durable laisser les agents économiques créer de la
1. Sur es nombreuses définitions desTIC etduveloppementdurable, on consultera lerapportgouver-nementalsurlesuet(p. 11) à ladresse : wwwwww.ttelecom.gouv.fr/fonds_documentaire/rapports/09/090311 rapport-ticdd.pdf
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richesse qui, comme dans un percolateur finira par retomber au goutte à goutte sur les plus démunis (le fameux «trickle down eco -nomics» cher à Ronald Reagan et Margaret Thatcher). Quant à la pollution et à l"épuisement des ressources naturelles, il convient de donner un prix aux externalités négatives comme le CO2par exemple pour en décourager l"émission (sur les limites de cette approche, lire dans ce numéro l"entretien avec Marcel Grignard, secrétaire général adjoint de la CFDT).
D"autres soutiennent au contraire la piste de la « décroissance », que l"objecteur de croissance Serge Latouche qualifie de« slogan politique permettant la mobilisation d"un certain nombre de penseurs 2 et de militants» . La solution serait de réduire drastiquement la consommation plutôt que de chercher refuge dans une quelconque voie technologique qui, à terme, risquerait d"engendrer davantage de problèmes que de solutions.
D"autres approches soutiennent l"avènement d"une «troisième révolution industrielle», fondée sur les énergies renouvelables et les 3 réseaux électriques intelligents(smart grids). La puissance d"Internet dans la diffusion d"informations pourrait tout autant être mise au ser-vice de la sensibilisation et de l"éducation aux objectifs du Millénaire que de la diffusion de savoirs alternatifs ou de la popularisation des énergies renouvelables... Cette manière de voir n"est au fond pas éloi-gnée de l"utopie alternative des années soixante-dix, mais cette fois avec des moyens de communication d"une ampleur incomparable. Au Nord comme au Sud, de nouvelles logiques économiques centrées sur les biens communs ou publics pourraient contribuer, par le par-tage d"outils de traitement de l"information (logiciels libres) ou de contenus (données en ligne), à un modèle économique plus juste et 4 plus efficace, et à réduire la « fracture numérique » entre États-nations, mais également entre classes sociales.
Que ce soit pour dématérialiser nos économies, pour réduire la fracture de la connaissance, pour éveiller les consciences citoyennes à l"ampleur de la crise écologique, pour mettre en réseau les acteurs et leur permettre d"organiser leurs activités, ou tout simplement pour collecter, structurer et échanger de l"information, les TIC semblent incontournables dans la construction et la réalisation de stratégies et politiques de développement durable.
2. Source :F.-D. Vivien (2010),Croissance durable ou décroissance soutenable, CahiersFrançais, n°355. 3. Voirparexemple linterviewde JeremyRifkin à ladresse :wwwwww.slate.fr/story/2793/eremy-rifkin-la-ttrroisième-révolution-industrielle, consultée le28/07/10. 4. Voirà cesuetle n°95-96deTerminal, Printemps 2006.
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