Le développement sanitaire en Afrique francophone

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La résolution prise par la communauté internationale de réaliser huit Objectifs du millénaire pour le développement, dont trois liés à la santé, n'a pas donné tous les résultats escomptés en Afrique. Pourtant les atouts n'y manquent pas. Comment transformer ces atouts en force pour l'avenir ? Ce livre montre les faiblesses actuelles, analyse les enjeux du renforcement des systèmes de santé et propose des perspectives pour la période post-2015.
Publié le : lundi 15 juin 2015
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EAN13 : 9782336384504
Nombre de pages : 316
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EtudesLe développement sanitaire
africainesen Afrique francophone Série Santé
Malgré des efforts évidents, la résolution prise par la communauté internationale
de réaliser huit Objectifs du millénaire pour le développement, dont trois liés à
la santé, n’a pas donné, en Afrique, tous les résultats escomptés en matière de
Sous la direction desanté. Le continent africain est confronté à la faiblesse des systèmes de santé,
marquée par une insuffi sance quantitative et qualitative des ressources humaines, Martine A
des barrières fi nancières et géographiques à l’accès aux soins, une gouvernance et Dominique K K
et un leadership en santé publique peu performants, et l’absence d’une approche
globale, intégrée et inclusive, dans les processus de résolution des problèmes
de santé. Pourtant, les atouts ne manquent pas, la croissance économique est Le développement sanitaire là, et le secteur privé et la société civile sont prêts à s’engager. Le processus de
démocratisation s’est accompagné de celui de la décentralisation, permettant de
jeter les bases de la prise de décision au niveau communautaire. en Afrique francophone
Comment transformer ces atouts en forces pour l’avenir, c’est ce que
propose ce livre, en montrant les faiblesses actuelles, en analysant les enjeux Enjeux et perspectives post-2015
du renforcement des systèmes de santé et en proposant des perspectives pour
la période post-2015, sous forme de feuille de route pour le mouvement de santé
publique. Si le rôle de l’État n’est pas à rejeter, les contributions des différents
auteurs montrent que l’État peut s’appuyer sur la société civile, à travers des
associations de santé publique capables d’infl uer sur les politiques de santé,
de contribuer au renforcement des systèmes nationaux de santé, conformément
à la Déclaration de Ouagadougou d’avril 2008.
Martine AUDIBERT, directrice de recherche au CNRS-CERDI, a consacré
la plupart de ses recherches aux questions de santé et de développement,
et notamment à l’impact économique des maladies, aux conséquences
du développement mal maîtrisé sur la santé, ainsi qu’à l’effi cience
des interventions en santé et à la performance des établissements de santé.
Elle est, par ailleurs, co-responsable d’un master en économie de la santé à
l’École d’économie de l’université d’Auvergne.
Dominique KONDJI KONDJI est un expert en santé publique, conseiller
temporaire de l’OMS en promotion de la santé et en ressources humaines
pour la santé, président de l’Association camerounaise de santé publique
et fondateur de l’ONG BCH Africa Cameroon. Il enseigne la santé Préface de James Chauvin
publique (politique et système de santé) à l’École nationale d’administration et de
la magistrature du Cameroun.
Image de couverture de hdptcar : mères et enfants patientant
au centre médical Bolemba.
ISBN : 978-2-343-05544-2
32 €
Sous la direction de
Le développement sanitaire
Martine A
en Afrique francophone
et Dominique K K






Le développement sanitaire
en Afrique francophone




















Collection Études africaines
dirigée par Denis Pryen et son équipe

Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études
africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui
ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries
thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.



Dernières parutions

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bannière de l’OHADA et à la lumière de la CMR européenne, 2015
SIMBAGOYE (Athanase), Compétences langagières et apprentissage à l’université du
Burundi, 2015
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universelle des droits de l’homme, valeur, contenu et importance vus d’Afrique, 2015.
N’GUETTIA KOUASSI (René), L’Afrique : un géant qui refuse de naître, 2015.
EKANI (Serge Christian), Liberté de saisir et exécution forcée dans l’espace
OHADA, 2015.
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d’Ivoire, 2015.
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République Démocratique du Congo, 2015.
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2015.



Ces dix derniers titres de la collection sont classés
par ordre chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr
Sous la direction de
Martine AUDIBERT et Dominique KONDJI KONDJI











Le développement sanitaire
en Afrique francophone


Enjeux et perspectives



Préface de James Chauvin

























































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05544-2
EAN : 9782343055442
Table des matières

HOMMAGES .............................................................................................................. 11
REMERCIEMENTS .................................................................................................. 13
PRÉFACE .................................................................................................................... 15
AVANT-PROPOS ...................................................................................................... 19
PLAIDOYER EN FAVEUR DES COMMUNAUTES AFRICAINES EN
BONNE SANTE ........................................................................................................ 27
BIOGRAPHIE DES CONTRIBUTEURS ............................................................ 33
CHAPITRE 1 : CONCEPT DE SANTE PUBLIQUE ET MOUVEMENT
DE SANTE PUBLIQUE .......................................................................................... 43
1. GÉNÉRALITÉS SUR LE CONCEPT DE SANTÉ PUBLIQUE .......... 43
2. LE MOUVEMENT MONDIAL DE SANTÉ PUBLIQUE .................... 48
3. L’AFRIQUE ET LE MOUVEMENT MONDIAL DE SANTÉ
PUBLIQUE ............................................................................................................. 51
4. ÉMERGENCE DES ASSOCIATIONS FRANCOPHONES DE
SANTÉ PUBLIQUE EN AFRIQUE DE 1984 À 1994 ................................. 61
5. DES RÉSEAUX D’ASSOCIATIONS DE SANTÉ PUBLIQUE
FRANCOPHONE ET ANGLOPHONE VERS UNE FÉDÉRATION
CONTINENTALE EN AFRIQUE DE 1995 À 2014 ................................... 70
CHAPITRE 2 : GRANDS DEFIS EN MATIERE DE SANTE DANS LA
REGION AFRICAINE ............................................................................................. 75
1. DÉTERMINANTS DE LA SANTÉ ............................................................. 75
2. MORTALITÉ MATERNELLE ET NÉONATALE : UNE ÉPIDÉMIE
SILENCIEUSE ....................................................................................................... 87
3 - MALADIES INFECTIEUSES EN AFRIQUE : PRINCIPAL
OBSTACLE AU DÉVELOPPEMENT ............................................................ 98
CHAPITRE 3 : REPONSES POLITIQUES ET STRATEGIQUES
REGIONALES AUX GRANDS PROBLEMES DE SANTE PUBLIQUE 111
1. 2002 : L’AFRIQUE SE DONNE UNE POLITIQUE DE LA SANTE
EMEPOUR TOUS POUR LE 21 SIECLE A L’HORIZON 2020 :
AGENDA 2020 .................................................................................................... 111
7
2. RÉPONSES STRATÉGIQUES À LA PROBLÉMATIQUE DE LA
MORTALITÉ MATERNELLE, NÉONATALE ET INFANTILE EN
AFRIQUE. ............................................................................................................. 119
3. L’AFRIQUE S’ENGAGE À RENFORCER LES SOINS DE SANTÉ
PRIMAIRES ET LES SYSTÈMES DE SANTÉ À TRAVERS LA
DÉCLARATION DE OUAGADOUGOU (2008-2010)............................. 125
4. LES GRANDES INITIATIVES EN FAVEUR DU
DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE ET QUELQUES RÉALISATIONS
DE L’OMS EN APPUI AUX ETATS MEMBRES (2005-2015) ................ 144
5. 2012 : L’AFRIQUE ADOPTE UNE NOUVELLE STRATÉGIE
RÉGIONALE DE PROMOTION DE LA SANTÉ POUR L’HORIZON
2022. ........................................................................................................................ 149
CHAPITRE 4 : L’AFRIQUE FRANCOPHONE ET L’ECHEANCE DES
OMD DE SANTE .................................................................................................... 161
1. SUR LES DONNÉES DE RÉALISATION DES OMD ........................ 163
2. L’AFRIQUE FRANCOPHONE ACCUSE LES RÉSULTATS DE
RÉALISATION DES OMD LES MOINS BONS ........................................ 169
3. PRIORITÉS POUR L’AVENIR : QUE PENSENT LES AFRICAINS?
.................................................................................................................................. 175
CHAPITRE 5 : PROGRES REALISES PAR LES PAYS FRANCOPHONES
D'AFRIQUE EN MATIERE DE REVITALISATION DES SOINS DE
SANTE PRIMAIRES ............................................................................................... 183
1. BURKINA FASO : PROGRÈS EN MATIÈRE DE SOINS DE SANTÉ
PRIMAIRES, 2008-2014 ..................................................................................... 184
2. BURUNDI : PROGRÈS RÉALISÉS EN MATIÈRE DE SOINS DE
SANTÉ PRIMAIRES, 2008-2014...................................................................... 194
3. CAMEROUN : PROGRÈS RÉALISÉS EN MATIÈRE DE SOINS DE
SANTÉ PRIM199
4. TCHAD : PROGRÈS RÉALISÉS EN MATIÈRE DE SOINS DE
SANTÉ PRIMAIRES, 2008-2014...................................................................... 204
CHAPITRE 6 : ENJEUX DU RENFORCEMENT DU SYSTEME DE
SANTE EN AFRIQUE ........................................................................................... 211
1. RENFORCEMENT DU LEADERSHIP ET DE LA GOUVERNANCE
EN SANTE ........................................................................................................... 211
8
2. RENFORCEMENT DES RESSOURCES HUMAINES POUR LA
SANTÉ ................................................................................................................... 221
3. UTILISATION DES SERVICES DE SANTÉ EN AFRIQUE:
L’APPROCHE COMMUNAUTAIRE EN TERMES D’OFFRE DE
SOINS EST-ELLE UNE RÉPONSE ? ........................................................... 237
4. RENFORCEMENT DE L’EMPOWERMENT, PARTICIPATION ET
APPROPRIATION COMMUNAUTAIRE.................................................... 257
5. DÉVELOPPEMENT DE LA PROMOTION DE LA SANTÉ POUR
RÉDUIRE LES INÉGALITÉS SOCIALES DE SANTÉ ........................... 276
PERSPECTIVES POST 2015 : FEUILLE DE ROUTE DU MOUVEMENT
DES ASSOCIATIONS DE SANTE PUBLIQUE EN AFRIQUE ................ 301


9
HOMMAGES


Nos hommages à tous ces hauts cadres africains qui ont marqué d’une
pierre blanche l’histoire et l’évolution de la santé publique dans le
continent, berceau de l’humanité.

Nous citerons, sans être exhaustifs :

- Alfred QUENUM, Bénin (in memoriam)
- Gottlieb LOBE MONEKOSSO, Cameroun
- Ebrahim MALICK SAMBA, Gambie
- Luis GOMES SAMBO, Angola
- Dan N. LANTUM, Cameroun
- Gladys EJOMI MARTIN, Cameroun
- Wen KILAMA, République Unie de Tanzanie
- Francis G. OMASWA
- Kalambay KALULA, République Démocratique du Congo
- Mathias SOME, Burkina Faso

L’Afrique a besoin de davantage d’acteurs et de promoteurs de la santé
publique pour son développement sanitaire et partant son émergence
socio-économique.


In Memoriam
Au moment de l’impression de cet ouvrage, nous avons appris le décès
de Bruno Dujardin, Professeur à l'École de Santé Publique de
l'Université libre de Bruxelles. Bruno Dujardin, présent au 13e Congrès
mondial de santé publique à Addis-Abeba en 2012, avait contribué et
soutenu l’idée de cet ouvrage. C’est également lui qui nous avait suggéré
de proposer le manuscrit aux éditions l’Harmattan. Nous souhaitions
honorer ici sa mémoire. REMERCIEMENTS

L’équipe éditoriale de cet ouvrage tient à remercier tous ceux qui ont, de
près ou de loin, contribué à sa conception, rédaction et production. Plus
particulièrement, elle adresse sa reconnaissance et sa gratitude à l’endroit
des administrations, institutions et organisations ci-après :

- Le Ministère de la santé publique du Cameroun
- L’Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional pour
l’Afrique (OMS/AFRO)
- La Fédération mondiale des associations de santé publique
(FMASP)
- La Fédération africaine des associations de santé publique
(FAASP)
- Le Réseau des associations de santé publique d’Afrique
francophone (RASPAF)
- L’Association camerounaise de santé publique (ACASAP)
- Les Association nationales de santé publique du Burkina Faso,
du Burundi et du Tchad
- L’ONG Building Capacities for Better Health in Africa (BCH
AFRICA Cameroon)

L’équipe tient également à remercier chaleureusement Johan GUIOT
(CERDI) pour la mise en forme de cet ouvrage, Catherine LEFORT our la relecture attentive du manuscrit et Jean KEUMOE
(ACASAP) pour son assistance technique dans le suivi des contributions.

PRÉFACE

Quand les représentants des associations de santé publique en Afrique
francophone ont proposé en avril 2012, lors du 13e Congrès mondial de
santé publique à Addis Abeba (Éthiopie), la rédaction d’un livre sur la
santé publique face aux défis du développement sanitaire en Afrique
francophone au 21ème siècle, je me demandais comment nous allions
réaliser un tel projet. J’ai participé, il y a quelques années, aux activités
préparatoires du centenaire de l’Association canadienne de santé
publique, dont l’une présentait un énorme défi, celle de la rédaction d’un
1livre sur l’histoire de la santé publique au Canada. L’histoire de la santé
publique en Afrique est beaucoup plus complexe et vaste que celle de
mon pays.

Il existe plusieurs définitions « classiques » de la santé publique. Telle que
décrite par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la santé publique
comprend toutes les mesures publiques et privées qui contribuent à la
prévention des maladies, la promotion de la santé et la prolongation de la
2vie pour toute la population. Depuis ces dix dernières années, on parle
de plus en plus des « fonctions essentielles » de santé publique. Il n’existe
cependant aucune liste de « fonctions essentielles », acceptée
mondialement. Malgré la variation dans le nombre et les définitions, il
existe par contre un corps universel de cinq fonctions essentielles : la
prévention des maladies et des blessures ; la protection de la santé ; la
promotion de la santé ; la surveillance de la santé ; l’évaluation de la santé
de la population. La Loi sur la santé publique promulguée par le
gouvernement du Québec en 2001 fournit une bonne définition : « Les
actions de santé publique doivent être faites dans le but de protéger, de
maintenir ou d'améliorer l'état de santé et de bien-être de la population
en général et elles ne peuvent viser des individus que dans la mesure où
elles sont prises au bénéfice de la collectivité ou d'un groupe
3d'individus».

1Association canadienne de santé publique (2012). La santé publique : une histoire
canadienne. ASCP, Ottawa (Canada).
http://resources.cpha.ca/CPHA/ThisIsPublicHealth/landing.php?l=F.
2 Organisation mondiale de la Santé :
http://www.who.int/trade/glossary/story076/en/#
3 Gouvernement du Québec (2001). Loi sur la santé publique. L.R.Q. S-2.2, 2001 c. 60,
a. 5. À jour au 1er avril 2014.
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2
&file=/S_2_2/S2_2.htm
15 En 2008, la Commission de l’OMS sur les déterminants sociaux de la
santé a déclaré que la santé humaine dépend d'un grand nombre de
facteurs qui vont au-delà de l’accès et de la qualité des soins de santé et
4des interventions biomédicales. La santé est influencée par des facteurs
sociaux, politiques, légaux, économiques, écologiques, techniques et
institutionnels-organisationnels. Elle est également influencée par les
comportements personnels, la biologie humaine, le sexe, l’âge et la
génétique. Les frontières de la santé publique dépassent souvent les
champs de compétences et la responsabilité du ministère de la santé. La
réussite des stratégies et des interventions reliées à la santé publique
dépend de partenariats et d’actions intersectorielles. La santé de la
population demande la collaboration de plusieurs acteurs, y compris les
gouvernements, les professionnels de la santé, le secteur privé et le
secteur non gouvernemental à but non lucratif. Les associations
nationales de santé publique (ASP) ont un rôle très important à jouer
dans le mouvement de santé publique. Elles jouent le rôle de chef de file
pour amplifier « la voix de la communauté » sur les questions
importantes de santé publique et elles précisent, formulent et défendent,
les positions prises sur les enjeux importants qui influencent la santé de
la population. A ce titre, l’association de santé publique devient une
composante clé du système de santé d’un pays. La mobilisation sociale
pour la promotion de la qualité et de l’accès à l’eau potable et
l’assainissement, pour de meilleures conditions de travail et de logement,
pour des espaces verts ainsi que des politiques sociales et économiques, a
eu un impact plus important que les interventions médicales sur le
développement sanitaire en général et l’amélioration de la santé des
populations en particulier.

L’histoire de la santé publique en Afrique, telle que décrite dans ce livre,
est très riche et porte sur une approche holistique de prestation des soins
et services de santé qui intègre les aspects promotionnels et préventifs en
amont et, en aval, les aspects curatifs. Elle couvre la prévention et le
contrôle des maladies infectieuses autant que la prévention, le traitement
et le contrôle des maladies non transmissibles. Cette histoire documente
également les efforts innovateurs pour répondre aux déterminants de la
santé qui sont liés non seulement aux facteurs sociaux, mais qui
comprennent aussi des facteurs reliés à la pauvreté, la marginalisation, la

4 Organisation mondiale de la Santé (2008). Combler le fossé en une génération : Instaurer
l'équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux. Rapport final de la Commission des
déterminants sociaux de la santé. OMS, Genève, (Suisse). 32p.
http://whqlibdoc.who.int/publications/2009/9789242563702_fre.pdf?ua=1
16 violence contre les femmes et les enfants, la corruption, la mauvaise
gouvernance et l’impact du commerce international ainsi que les
politiques et les actions des « pays plus développés » et des compagnies
internationales. Il existe aujourd’hui en Afrique une nouvelle génération
de jeunes y compris de professionnels en santé publique qui manifeste
une passion, un grand désir et la capacité de « changer les choses ». Je les
ai vus et entendus, ces nouvelles voix de leadership émergeant, lors de
ièmema participation à la 9 conférence de l’Association sud-africaine de
santé publique qui a eu lieu en septembre 2013 dans la ville du Cap. Cet
ièmeouvrage est pertinent en ce début du 21 siècle en Afrique.

J’aimerais remercier Monsieur Dominique Kondji Kondji du Cameroun,
l’initiateur de cet ouvrage dont il a dirigé la rédaction avec Martine
Audibert de France, ainsi que le Dr Mathias Somé du Burkina Faso (le
premier Président de la Fédération africaine des associations de santé
publique) qui a soutenu et encadré ce projet. Je veux remercier tous ceux
qui ont contribué à la formulation du plan du travail de ce livre, à la
préparation et la révision des chapitres. Ensemble nous avons collaboré
et réussi à créer un ouvrage qui capte bien le développement et la mise
en œuvre d’un mouvement de santé publique en Afrique. J’invite les
lecteurs à s'inspirer de cette lecture pour contribuer à l'atteinte des
objectifs de développement panafricain.

James CHAUVIN

Président, Fédération mondiale des associations de santé publique
(20122014)
Mars 2014
17 AVANT-PROPOS

En 2000, la communauté internationale réunie à New York dans le cadre
du sommet du Millénaire, a pris l’engagement de réaliser huit Objectifs
du Millénaire pour le Développement (OMD). Parmi ces objectifs, trois
5sont directement liés à la santé (OMD 4, OMD 5 et OMD6) et trois
6autres le sont indirectement (OMD 1, OMD 7 et OMD 8) . Depuis lors,
les pays africains avec l’appui de leurs partenaires au développement ont
consacré des moyens importants pour financer la réalisation de plusieurs
actions d’envergure dans le cadre de l’amélioration de l’offre de soins et
des services de santé, à travers des programmes visant à réduire la
mortalité infantile, améliorer la santé maternelle et combattre le
VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies. Des progrès ont été certes
réalisés, mais ils restent insuffisants pour pouvoir atteindre les cibles.

L’espérance de vie à la naissance tous sexes confondus en Afrique est
passée de 50 ans en 1990 à 56 ans en 2011 ; elle est passée dans la même
période de 48 ans à 55 pour les hommes et de 51 ans à 58 ans chez les
7femmes (OMS 2013) . Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq
ans est de 107 décès pour 1000 naissances vivantes (OMS 2013). Sur les
46 pays d’Afrique subsaharienne, seuls huit pays : Algérie, Cap Vert,
Erythrée, Libéria, Madagascar, Malawi, Maurice et Seychelles sont sur la
8bonne voie pour atteindre l’OMD 4 . En ce qui concerne les deux autres
OMD liés à la santé, l’Afrique subsaharienne ne s’en porte pas mieux : le
taux de mortalité maternelle reste très élevé, soit 480 décès pour 100.000
naissances vivantes (OMS 2013). Les propagations du VIH, de la
tuberculose et du paludisme ne sont pas encore maîtrisées pour pouvoir
inverser les tendances.

Les plus grandes faiblesses observées dans les politiques de santé de la
région d’Afrique au sud du Sahara sont la lenteur des mesures visant à
mettre en œuvre la stratégie des soins de santé primaires (SSP) et la
faiblesse des systèmes nationaux de santé (UNICEF 2007).

5 Réduire la mortalité infantile (4) ; Améliorer la santé maternelle (5) ; Combattre le
VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies (6).
6 Réduire l’extrême pauvreté et la faim (1) ; Assurer un environnement durable (7) ;
Mettre en place un partenariat mondial pour le développement (8).
7 WHO (2013). World Health Statistics. WHO Geneva.
8 OMS (2012). Promotion de la santé : une stratégie de la Région africaine. Bureau
régional de l’OMS pour l’Afrique.
19 Pourtant, la Déclaration de Ouagadougou (OMS 2008), après avoir
réitéré le recours aux soins de santé primaires comme stratégie
appropriée pour renforcer les systèmes nationaux de santé et atteindre
les OMD liés à la santé, a émis neuf recommandations aux Etats
Membres dont le cadre de mise en œuvre a été défini par le Bureau
régional de l’OMS pour l’Afrique en 2010. Depuis 2001, la cinquante et
unième session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, a entériné
le document intitulé « Promotion de la santé : stratégie de la Région
africaine » et recommandé aux Etats Membres d’élaborer et de mettre en
œuvre des politiques et plans stratégiques de promotion de la santé.

Ce rapport de situation de la mise en œuvre de cette stratégie a fait
ressortir entre autres défis : la capacité insuffisante des ministères de la
santé à donner l’impulsion pour la coordination intersectorielle des
activités, l’implication limitée des divers acteurs tels que les groupes
communautaires, la société civile, les universitaires et les partenaires au
développement dans les activités de plaidoyer et la promotion de la
régulation et de la législation pour une bonne gouvernance ; la pénurie de
ressources humaines pour réaliser des actions de promotion de la santé ;
l’absence de dispositif viable de financement de la promotion de la santé
(OMS 2012). En 2011, la soixante et unième session du Comité régional
de l’OMS pour l’Afrique a adopté le document intitulé « Promotion de la
santé : une stratégie pour la Région africaine », en guise de riposte à la
charge de morbidité croissante due à des affections de santé publique
évitables pour la décennie 2012-2022.

Le Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, qui réunit tous les Ministres
de la santé de la Région de l’OMS, adopte des déclarations d’orientation
politique de portée continentale en matière de santé et vote des
Résolutions qui sont peu ou pas connues dans les Etats Membres
(parfois même au sein des ministères de la santé publique) et dont, par
conséquent, l’application demeure faible. C’est se demander comment
l’Afrique pourra se développer sur le plan sanitaire si elle n’applique pas
elle-même ses propres décisions en la matière ? Si elle ne s’approprie et
n’applique, comme souhaité, ses propres engagements, pourrait-elle
mieux mobiliser ses forces vives et ses populations en faveur des
engagements de portée mondiale comme les Objectifs du Millénaire pour
le Développement (OMD) ?

20 N’est-il pas temps pour l’intelligentsia africaine en santé publique et
développement de soutenir les Etats africains dans un élan citoyen à
mieux s’approprier et faire approprier par leurs populations, leurs
engagements nationaux et internationaux et les aider à les
opérationnaliser ? Tout le monde est rivé sur les OMD dont beaucoup
de pays africains n’atteindront pas les cibles en 2015, mais sommes-nous
autant préoccupés par l’atteinte des cibles de la Politique de santé pour
ièmetous dans la Région africaine pour le 21 siècle, l’Agenda 2020 que nos
Etats, sous l’égide de l’OMS Afrique, se sont fixé en 2002 ?

Avant l’échéance des OMD en 2015, la communauté internationale a
déjà anticipé la réflexion sur la période post 2015 et on parle déjà des
Objectifs de développement durable. L’Afrique connaît des problèmes
qui affectent le monde entier certes, mais l’Afrique vit des problèmes
spécifiques, liés à son environnement (physique, social, économique,
politique) et à son histoire, qui ne doivent pas être occultés par la
mondialisation. L’Afrique doit se donner une Feuille de route en matière
de santé qui veille à l’application par tous les Etats de l’Union africaine
de leurs engagements régionaux et nationaux avec la pleine participation
de la société civile, du secteur privé et des communautés, tout en prenant
en compte les aspects transversaux des engagements internationaux. En
d’autres termes, l’Afrique doit veiller sur elle-même et se préoccuper de
la résolution de ses problèmes de santé et de développement avec son
potentiel humain qui se vend et s’achète hors du continent parce que peu
ou pas valorisé.

Un constat se dégage de ce qui précède : l’Afrique ne tire pas
suffisamment avantage des atouts dont elle dispose en son sein pour
relever les défis du développement sanitaire. On pourrait citer entre
autres :

- une société civile en pleine émergence qui n’est pas encore
suffisamment valorisée et responsabilisée dans le domaine de la
santé et du développement ; les capacités des organisations de la
société civile à mobiliser les communautés, à diffuser
l’information et les savoirs en matière de santé pour promouvoir
une participation communautaire durable ne sont pas exploitées
de manière optimale ;


21 - le potentiel économique du secteur privé n’est que timidement
exploité dans le cadre du développement sanitaire en général et
des soins de santé primaires, ainsi que le renforcement des
systèmes de santé ;

- le processus de décentralisation en cours dans la plupart des pays
de cette région, ne développe pas encore les capacités des
communautés afin d’induire une participation /appropriation
responsable, basée sur des structures communautaires de
gouvernance démocratique devant conduire à leur autonomisation
et au contrôle citoyen du secteur santé/développement ;

- l’Afrique connaît depuis plus de deux décennies le développement
du mouvement de santé publique qui, parti de deux réseaux
d’Associations de santé publique, le Réseau des associations de
9santé publique d’Afrique francophone (RASPAF) et le East,
Central and Southern Africa Public Health Association
10(ECSAPHA ), ont constitué avec l’appui du Bureau régional de
l’OMS pour l’Afrique, une Fédération africaine des associations
de santé publique (FAASP) d’Afrique en 2011 qui est un vivier
d’expertises et de compétences non encore mises à contribution.

Les associations de santé publique sont des organisations de la société
civile d’un type particulier en ce sens que, de par leur caractère
multidisciplinaire et multisectoriel, elles ont vocation à devenir la vitrine
de la santé publique dans les pays, à travers leurs actions de plaidoyer, de
lobbying et de Networking en faveur de la santé tout en gardant leur
libre arbitre auprès des Etats. Il s’agit là d’un potentiel technique
disponible dans les pays de la région africaine dont l’implication aux
plans stratégique et opérationnel peut contribuer de manière significative
à l’accélération de la réalisation des objectifs du développement sanitaire.


9 Burkina Faso, Niger, Congo (Brazzaville), Cameroun, Côte d’Ivoire, Tchad et Mali.
10 Botswana, Ethiopia, Kenya, Lesotho, Malawi, Mauritius, Mozambique, Namibia,
Seychelles, Somalia, South Africa, Swaziland, Tanzania, Uganda, Zambia and
Zimbabwe.
22 Conscients du rôle que le mouvement de santé publique est appelé à
jouer auprès des Etats africains en matière de développement sanitaire et
soucieux des progrès insuffisants dans le domaine de la santé publique en
général et plus spécifiquement, des soins de santé primaires et de la
promotion de la santé, enregistrés par les pays d’expression française
11d’Afrique , les représentants des associations de santé publique de
l’espace francophone du monde, réunis à l’initiative de l’association
ièmecamerounaise de santé publique, en marge du 13 Congrès Mondial de
santé publique, tenu en avril 2012 à Addis-Abeba en Ethiopie, ont
convenu de la nécessité de produire un ouvrage de promotion et de
réflexion en santé publique dans leur espace qui pourrait servir
d’orientation aux associations nationales de santé publique, ainsi qu’aux
Etats.

« Le développement sanitaire en Afrique francophone : enjeux et
perspectives post-2015 » est le titre de cet ouvrage qui interpelle les pays
de l’espace francophone d’Afrique pour s’arrimer à la mondialisation et
ses avancées en santé publique tout en prenant en compte ses
spécificités. L’objet principal de l’ouvrage est de capitaliser sur les
associations nationales de santé publique et leurs réseaux pour accélérer
l’atteinte des objectifs de développement sanitaire dans l’espace
francophone en Afrique et contribuer à l’émergence des pays.

Plus spécifiquement, il est attendu de cet ouvrage, qu’il puisse :

- éveiller les consciences nationales et régionales sur la situation
sanitaire en Afrique ainsi que les enjeux d’un développement
sanitaire orienté vers l’émergence ;

- susciter un regain d’intérêt pour le recours à la vision holistique de
la santé publique dans l’espace francophone d’Afrique en vue
d’accélérer la réalisation des Objectifs de développement sanitaire
à travers le renforcement des systèmes de santé et la revitalisation
des soins de santé primaires ;


11 Une vingtaine de pays se sont engagés à réaliser l’objectif de couverture sanitaire
universelle. Trois pays présentent des exemples de bonnes pratiques : le Ghana, le
Botswana et le Rwanda (OMS. Universal Health Coverage in Africa. 2010).
23 - servir d’outil de plaidoyer pour les associations nationales de santé
publique auprès des Etats en faveur des politiques publiques
favorables à l’équité et la justice sociale en santé ;

- faire naître un sursaut d’orgueil au sein de la communauté
francophone d’Afrique, y compris sa diaspora, en vue d’une
mobilisation générale pour la réalisation des Objectifs de
développement en capitalisant sur les acquis actuels et en
profitant des opportunités diverses ;

- constituer un outil pouvant éventuellement servir de cadre de
référence pour la collaboration technique entre les associations de
santé publique, voire l’ensemble de la société civile avec les Etats ;

- contribuer à la formation des étudiants et des professionnels de la
santé publique ;

- contribuer à la vulgarisation de l’usage de la langue française en
santé publique dans l’espace francophone en général ;

- fédérer les intelligences en santé publique dans l’espace
francophone d’Afrique pour constituer un véritable Think-Tank
capable de mener de manière concertée et coordonnée une
réflexion endogène sur les problèmes de santé et les réponses les
plus pertinentes et adaptées au contexte, tout en tenant compte
des apports positifs, mais aussi des influences négatives de la
mondialisation.

12L’ouvrage est introduit par le Plaidoyer du Professeur G.L. Monekosso
en faveur des communautés africaines en bonne santé. Il se structure en
six chapitres et se termine par une conclusion en guise de feuille de route
post 2015 du mouvement de santé publique en Afrique francophone.

Le chapitre 1 donne des éclairages sur le concept de santé publique et
rappelle l’historique du développement du mouvement de santé publique
en Afrique ; le chapitre 2 traite des grands défis en matière de santé
publique dans la Région africaine ; le chapitre 3 présente quelques
réponses d’ordre politique et stratégique régionales aux grands

12 Directeur Régional Emeritus de l’OMS pour l’Afrique et ancien Ministre de la Santé
du Cameroun.
24 problèmes de santé publique ; le chapitre 4 tente d’analyser la situation
des pays africains face à l’échéance des OMD ; le chapitre 5 présente les
progrès réalisés par quelques pays francophones d'Afrique en matière de
revitalisation des soins de santé primaires et le chapitre 6 fait une
esquisse des enjeux du renforcement du système de santé en Afrique.

L’ouvrage a bénéficié des contributions d’éminences en santé publique
parmi lesquelles des enseignants universitaires, des chercheurs, des
professionnels de divers secteurs d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du
Nord (Canada), avec le soutien de l’association camerounaise de santé
publique, la Fédération africaine des associations de santé publique et la
Fédération mondiale des associations de santé publique. Sa coordination
13éditoriale a été assurée par Dominique Kondji Kondji et Martine
14Audibert .

Nous tenons à remercier tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à
la réalisation de cet ouvrage, y compris tous ceux qui ont donné des
autorisations de reproduction de leurs publications, plus particulièrement
le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique et le Professeur G.L.
Monekosso. Nous remercions Mr James Chauvin et le Dr Mathias Somé,
respectivement Président de la Fédération mondiale des associations de
santé publique (2012-2014) et Président en exercice de la Fédération
africaine des associations de santé publique, qui ont parrainé ce travail.

Vivement que cet ouvrage contribue à renforcer le mouvement de santé
publique dans l’espace francophone d’Afrique et partant, à impulser le
développement sanitaire vers l’émergence socioéconomique du
continent.

Dominique KONDJI KONDJI


13 Président de l’Association camerounaise de santé publique.
14 Economiste, Directrice de recherches au CNRS, rattachée au Centre d’Etudes et de
Recherches sur le Développement International (CERDI) à Clermont-Ferrand, France.
25 PLAIDOYER EN FAVEUR DES COMMUNAUTES
AFRICAINES EN BONNE SANTE

La Santé et le Développement Communautaire

Généralement décrit comme le continent noir, l’Afrique traîne
actuellement derrière le reste du monde, sa partie de commerce mondial
étant insignifiante. Tandis que plusieurs nations émergent comme une
puissance à côtoyer, nos avions attendent toujours sur la piste, incapables
de remplir des conditions de décollage. Nous devons surmonter les
effets passés de l’esclavage et de la colonisation, le sous-développement
persistant après l’indépendance et un fardeau intolérable de la maladie.
Les normes de bonne santé sont associées au développement
socioéconomique tandis que la pauvreté est invariablement assortie à
l’ignorance et à la maladie. Les effets du développement sur la santé
peuvent être analysés à deux niveaux, macro et sectoriel.

Lorsqu’il y a globalement développement socio-économique dans un
pays, son impact sur le secteur de la santé pourrait inclure les aspects
suivants : la disponibilité des ressources (particulièrement financières)
pour entamer le développement sanitaire ; l’approvisionnement en
technologie médicale moderne ; un plus grand accès de la population aux
services de santé de base, aussi bien qu’au logement, à l’hygiène, à la
nutrition ; les améliorations de qualité de vie et de l’état de santé des
personnes ; les changements de production, la distribution des bénéfices
du développement socio-économique et des modes de consommation ;
la disponibilité des offres d’emploi pour les individus, qui pourraient
mener à une augmentation du bien-être économique et social et, par
conséquent, à la sustentation de l’état de bonne santé.

Certains moyens par lesquels la santé contribue au développement
socioéconomique et pourraient être considérés comme un préalable pour le
développement socio-économique, sont brièvement récapitulés comme
suit : une réduction de l’absentéisme et, par conséquent, une
augmentation du nombre d’heures de travail et d’études à l’école, une
augmentation de la qualité aussi bien que de la productivité de la
maind’œuvre existante ; l’élimination des vecteurs de la maladie rendant
faisable le développement des régions précédemment non exploitées ; les
changements des attitudes, des habitudes et de comportement des
individus et, par conséquent, la promotion de l’innovation et de l’esprit
d’entreprise ( « deux qualités » qui stimulent les activités génératrices de
27 croissance) ; l’amélioration du développement mental induisant
l’amélioration de la capacité d’apprentissage qui facilite le développement
du capital humain. En raison des liens entre la santé et le développement,
le développement sanitaire devrait être considéré comme une partie
intégrale du développement socio-économique global. En d’autres
termes, les politiques de développement socio-économique devraient
incorporer des politiques sanitaires et les stratégies pour la mise en œuvre
de ces politiques devraient stimuler l’exécution des politiques sanitaires.
En raison de la mauvaise santé qui retarde le décollage socio-économique
en Afrique, il y a un besoin pressant que tous les Africains s’engagent
dans le combat pour la survie.

Les processus de développement exigent, outre des personnes en bonne
santé, la présence de certains facteurs pour amener le développement
socio-économique : l’Afrique doit relever le défi du développement des
systèmes de santé résilients forts, bien gérés et soutenus par les instituts
appropriés de formation et de recherche.

Le Cadre Africain de Développement Sanitaire (OMS 1985) :

- favorise des initiatives de la santé communautaire par des
individus, des ménages et des groupes, des villages ou des
quartiers ;

- identifie le district comme unité opérationnelle pour organiser des
soins de santé primaires au niveau des systèmes locaux de santé
avec un paquet de services essentiels pour toutes les
communautés ;

- incite les liens entre les soins de santé et les établissements
apparentés à tous les niveaux de la hiérarchie nationale dans un
réseau d’appui pour la santé et le développement.

L’exécution collective des activités de la santé et de développement,
mutuellement bénéfiques, accélérerait l’accomplissement de la santé pour
tous les objectifs du millenium aussi bien que le développement
socioéconomique. Ceci fonctionnerait mieux dans les collectivités
décentralisées (ou districts) où un partenariat peut être établi entre les
populations, leur gouvernement et les partenaires au développement.
Les problèmes de l’Afrique sont des cercles vicieux qui se renforcent
mutuellement et qui devraient être abordés de manière holistique. C’est
28 pourquoi nous avons besoin d’un mouvement en faveur de la santé
communautaire pour atteindre le « développement par la santé ». Le
mouvement aidera à s’assurer que les ressources pour la santé atteignent
les populations locales, que les communautés soient autorisées à
participer à l’exécution des projets et, par conséquent, aidera à renforcer
les capacités, à acquérir les comportements collectifs démocratiques, à
consolider les réalisations apparentées à la santé et à bénéficier des biens
communs fondamentaux de la communauté. En conformité avec notre
mission, le Global Health Dialogue ne cherchera pas à créer de nouveaux
programmes (un problème épineux est celui des projets inachevés), mais
contribuera aux activités publiques, privées, ou volontaires, en cours en
santé communautaire, renforçant la capacité locale à travers les
interventions inter-liées dans les domaines :

- de l’expertise (formation permanente du personnel local,
supervisions d’appui aboutissant à des améliorations de la
gestion, recherche opérationnelle, recherche des solutions
aux obstacles majeurs, etc.) ;

- des infrastructures/technologies (entretien/renouvellement
des bâtiments, maintenance/renouvellement des
équipements, provision des technologies disponibles) ;

- des activités de développement durable (suivi et
documentation des activités, évaluation de l’impact des
réalisations, rétroaction suivie par des mesures rectificatives).

L’Assemblée Générale des Nations Unies a proposé, en 2000, huit
objectifs du millenium pour le développement (OMD). Trois de ces huit
objectifs concernent le secteur de la santé. Deux autres sont étroitement
liés à la santé et les trois derniers sont essentiels dans l’accomplissement
des objectifs sanitaires. Les objectifs du millenium de développement
assureront les biens communs de la communauté à la survie de l’enfant
(OMD 4), la maternité sans risque (OMD 5), une main-d’œuvre en
bonne santé (OMD 6). Ceux-ci sont liés inséparablement au
développement humain (OMD 2 et 3), aux établissements humains
(OMD 7) et aux besoins humains (OMD 1 et 8).

Un mouvement Africain pour des communautés saines visant les
municipalités locales soutient le processus de décentralisation. Il
mobilisera les communautés africaines en associations de la santé et de
29 développement communautaire pour mobiliser des ressources
nécessaires, assurer des intendances pour la gestion transparente et
identifier les leaders efficaces pour le développement communautaire,
visant les objectifs du millenium de développement. Les communautés
relèveront les défis du développement autocentré avec l’aide des groupes
d’appui des associations de la santé et de développement
communautaire. Les jumelages entre les municipalités locales en Afrique
et d’autres continents, aussi bien que l’appui de la Diaspora africaine
seraient déterminants.

Le réseau des acteurs inclurait une tripartite de communautés locales
(municipalités), de structures d’appui (nationale/diaspora) et de comités
de gestion. Les acteurs entreprendront la mobilisation, l’allocation et le
suivi des ressources, avec l’aide des cadres, partageant le fardeau du
travail et visant l’excellence. L’initiative favorisera la création des
associations pour la mobilisation des ressources, la gestion transparente,
et le leadership. Les membres des équipes et des comités de la santé du
district seront orientés sur la façon dont ils collaboreront avec des
membres du comité de développement du district et vice versa. Ils
collaboreront avec les résidents locaux (vivant dans la communauté) :
tant les producteurs primaires de richesse, engagés dans l’éducation de
base (enseignants), dans l’agriculture (fermiers), dans l’industrie (artisans),
dans le commerce (commerçants) que les associations communautaires
telles que les clubs de jeunesse, les groupes de femmes et les associations
de travailleurs.

Voici donc la base de cette initiative qui est en conformité avec la
déclaration de 1987 des Chefs d’Etats et de Gouvernements de
l’Organisation de l’Union Africaine, intitulée « La Santé, base du
développement » ainsi que la Déclaration des Nations Unies sur les
objectifs du millenium pour le développement. Le développement de la
nouvelle initiative, « Le développement par la santé », est considéré
comme expédient et très urgent puisqu’il vise à surmonter l’obstacle
fondamental au renforcement des capacités pour le développement
socio-économique en Afrique.

Les principaux composants du réseau de ce mouvement incluent les
communautés bénéficiaires (les micro-entités de la communauté locale,
les structures de dialogue, les équipes multidisciplinaires les jeunes
experts en santé et développement), les structures d’appui (les groupes
d’appui aux communautés, les centres de développement sanitaire, les
30

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