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Le diable en ville

De
304 pages
Ce livre raconte une histoire oubliée. Celle d’une étonnante modernité qui s’est propagée à Montréal au début du xxe siècle. Des spectacles amalgamant revues d’actualité, épisodes de films d’aventures américains, sketchs, chansons, parodies et monologues faisaient le bonheur du public venu se distraire, même le dimanche ! Sur scène et à côté de l’écran, c’est la langue de la rue et des manufactures qui se faisait entendre.
Auteurs, comédiens, chanteurs et bonimenteurs contribuaient, soir après soir, à construire une culture canadienne-française moderne et audacieuse, voire irrévérencieuse, fortement éloignée du nationalisme catholique associé au terroir. Sous le couvert de la comédie, on se permettait d’aborder des sujets comme l’adultère, la vie amoureuse et la transformation des modes de vie, on critiquait la censure et la prohibition, on riait de l’incompétence et de la corruption des élus.
Un homme en particulier est associé au développement de cette culture populaire urbaine et moderne, réprouvée par le clergé et l’élite conservatrice : Alexandre Silvio. Cet énergique personnage, qui s’est d’abord fait connaître comme bonimenteur de vues animées, est devenu l’un des principaux directeurs de théâtre à Montréal dans les années 1920. De nombreux dialogues et paroles de chansons de l’époque illustrent chacune des parties de ce livre.
Ces textes savoureux et ces personnages extravagants, oubliés pendant près d’un siècle et ayant miraculeusement survécu au passage du temps, retrouvent ici une nouvelle vie. Pour notre plus grand plaisir !
Germain Lacasse est historien et professeur de cinéma québécois à l’Université de Montréal. Ses recherches et ses publications s’intéressent aux rapports entre le cinéma, la tradition orale et la culture populaire. Johanne Massé a fait ses études de maîtrise sur l’apport des immigrants dans la littérature et le cinéma québécois. Bethsabée Poirier a fait ses études de maîtrise sur la réception du cinéma des premiers temps au Québec. Elles enseignent aujourd’hui le cinéma au niveau collégial.
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L E DI A BL E E N V I L L E
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LE DIABLE EN VILLE
Alexandre Silvio et l’émergence de la modernité populaire au Québec
Les Presses de l’Université de Montréal
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Lacasse, Germain Le diable en ville : Alexandre Silvio et l’émergence de la modernité populaire au Québec Comprend des réf. bibliogr.  ---- e . Culture populaire – Québec (Province) – Histoire –  siècle. . Langage et culture – Québec (Province). . Modernité – Québec (Province). e . Spectacles et divertissements – Québec (Province) – Histoire –  siècle. e . Revues (Music-all) – Québec (Province) – Histoire –  siècle. . Silvio, Alexandre. I. Massé, Joanne. II. Poirier, Betsabée, - . III. Titre. .  . --
er Dépôt légal :  trimestre  Bibliotèque et Arcives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 
 (papier) ----  (epub) ----  (pdf ) ----
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
     
REMERCIEMENTS
Les auteurs tiennent à remercier le Conseil de recerces en sciences umaines du Canada (CRSH), qui a financé depuis  le projet de recerce « Cinéma et oralité », dont ce livre est un des aboutissements ; le Fonds québécois de recerce sur la société et la culture (FQRSC) qui a subventionné le projet « Cinéma québécois et oralité » (-) ; le Centre de recerce interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoise (CRILCQ ) qui nous a fourni beaucoup d’informa-tion et de soutien ; Bibliotèque et Arcives nationales du Québec (BAnQ ) dont les collections ont été précieuses ; le Groupe de recerce sur l’avènement et la formation des institutions cinématograpique et scénique (Grafics) ; les Presses de l’Université de Montréal, qui ont accepté de publier ce livre. Les auteurs remercient également Anne Beaulieu, Vincent Boucard, Élise Lecompte, Gwenn Sceppler, membres de l’équipe de recerce « Cinéma et oralité » ; Sébastien Matieu, réviseur d’une version anté-rieure du manuscrit ; Léonore Pion, réviseure ; et Antoine Del Busso, directeur des PUM. Une mention particulière à Lucie Robert, professeure à l’UQAM, qui nous a généreusement et patiemment permis de bénéficier de son expertise en istoire du téâtre québécois. Enfin, merci à toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à notre recerce et à sa publication.
PROLOGUE
Le sujet de ce livre est issu de découvertes venues à la fois de l’istoire et du asard (qui sont parfois la même cose). Pour préparer le cente-naire du cinéma, les istoriens de cet art, moi y compris, ont com-mencé il y a une vingtaine d’années à en réétudier les origines et ont remis à jour beaucoup de pratiques presque oubliées. Une de nos trouvailles a été le bonimenteur de vues animées, un acteur qui avait pour fonction de lire ou de traduire les intertitres et d’expliquer verba-lement l’intrigue des premiers films muets. Des recerces ont montré que sa présence avait été beaucoup plus fréquente et beaucoup plus durable dans certains pays, en particulier dans les communautés mino-ritaires, dont le Québec où on l’appelait « conférencier ». Mes propres recerces ont mis en évidence l’importance d’un bonimenteur nommé Alex Silvio, qui non seulement a exercé cet art pendant une trentaine d’années, mais qui a aussi misé sur sa popularité pour devenir un des principaux directeurs de téâtre pendant les années  à Montréal, où il a dirigé jusqu’à trois téâtres simultanément. J’ai écrit un premier résumé de sa carrière dans un livre publié en , croyant tout savoir ou presque à son sujet . Quelques années plus tard, en , je suis devenu professeur à l’Université de Montréal et j’ai lancé un projet de recerce, intitulé « Cinéma et oralité », destiné à mieux connaître et analyser l’activité des bonimenteurs de films et des rapports du cinéma avec la langue, au Québec et ailleurs. Deux étudiantes que j’acceptai de diriger dans leurs
. Germain Lacasse,Le bonimenteur de vues animées. Le cinéma muet entre tradition et modernité,Paris et Québec, Méridiens-Klincksieck et Nota Bene, .
    
études de maîtrise, Betsabée Poirier et Joanne Massé, se joignirent à moi comme adjointes de recerce et se mirent à l’affût de nouvelles informations sur Silvio, son activité et le monde du spectacle à Montréal e au début du  siècle. Nous avons d’abord projeté d’écrire ensemble un article pour une revue académique ; l’abondance du matériel nous poussa rapidement à vouloir faire deux articles, puis aussi rapidement nous avons constaté qu’en fait il y avait là matière pour un petit, puis un moyen, puis un gros, puis un bien plus gros livre… Les étudiantes devinrent professeures à leur tour, mais acceptèrent de poursuivre avec moi les fouilles. En cours de route apparurent des trouvailles qui nous passionnèrent, principalement les « revues d’actualité », c’est-à-dire des spectacles comiques composés de sketcs, saynètes, monologues et cansons parodiant la vie sociale et politique de l’époque. Betsabée et Joanne constatèrent que Silvio avait écrit plusieurs de ces revues pour les pré-senter dans ses téâtres, mais elles découvrirent aussi qu’il en avait commandées et produites continuellement pendant toute sa carrière et que ce genre était devenu la principale attraction téâtrale des scènes montréalaises à cette époque. Là n’était pas la plus importante découverte. Elle était plutôt dans le contenu et la forme de ces revues. Les revues d’actualité qu’on jouait sur les scènes des téâtres montréalais faisaient entendre une langue popu-laire et urbaine, la langue de la rue et des manufactures. Et ce, dans les années  et  ! Ainsi, à côté de l’exemple bien connu desBelles Sœursde Micel Tremblay (), il faut replacer les revues d’actualité comme lieu d’expression du langage populaire québécois. De plus, à travers ces textes en apparence anodins se dessine une prise de parole étonnante, souvent critique et audacieuse, en prise directe avec le quo-tidien et les préoccupations des citoyens ordinaires. Cette parole popu-laire est à la fois résistante, quand elle se eurte à la morale et au conservatisme, et moderne, exutoire, par la façon dont elle absorbe et s’approprie le progrès et le coc de la nouveauté. Les textes de revues d’actualité nous permettent de mieux connaître une facette du discours social de l’époque et de décrire davantage l’expérience de la modernité telle que vécue à Montréal par les milieux populaires dans le premier e tiers du  siècle. C’est peut-être là que réside l’intérêt principal des textes de revues : ils constituent un écantillon d’un discours collectif