//img.uscri.be/pth/2df5fa39c7403b1b7c7cd30d35deae7f0c7d4e10
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 10,50 €

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Le dialogue interculturel

127 pages
Cet essai s'appuie sur le partage, par les auteurs, d'une certaine philosophie de la vie qui considère les relations entre les êtres humains comme préalable à toute action interculturelle, en particulier en matière de coopération. Il propose des outils opérationnels pour renouveler réflexions et pratiques, indispensables à l'élaboration de nouveaux partenariats. Il est issu d'auteurs du "Nord" et du "Sud".
Voir plus Voir moins

Le dialogue interculturel

Les Cahiers de Confluences
Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud
Ils constituent Je prolongement de la revue Confluenœs Méditerranée

Déjà parus dans cette collection:

. .
.
.

Méditerranée, l'impossible mur, de Bernard Ravenel (1995) Algérie, les islamistes à l'assaut du pouvoir, d'Amine Touati

(1995)
Israéliens-Palestiniens, Roque (1996)
Le partenariat euro-méditerranéen après la Conference de

la longue marche vers la paix,!#de

.
. .

Doris Bensimon(1995) Les cultures du Maghreb, sous la direction de Maria..Angels
Barcelone, de Bichara Khader (1997) Regarde, voici Tanger., de Boubkeur EI-Kouche (1997) Jérusalem. 'Villeouverte, sous la direction de Régine DhoquoisCohen, Shlomo Eibaz et Georges Hintlian La République de Macédoine, nouvelle venue dans le concert européen, sous la direction de Christophe Chiclet et Bernard Lory (1998) L )Europe et la Méditerranée, stratégies politiques et culturelles (XIXe et .KX'e siècles), sous la direction de Gilbert Meynier (1999) Le guêpier kosovar, sous la direction de Christophe Chiclet et Bernard Ravenel (2000) Méditerranée, défis et enjeux, de Paul Balta (2000) Palestiniens el Israéliens, le moment de vérité., sous la direction de Jean-Paul Chagnolaud, Régine Dhoquois-Cohen et Bernard Ravenel (2000) La Tunisie de Ben Ali: la société contre le régime, sous la direction d'Oifa Lamloum et de Bernard Ravenel (2002) Chroniques d'un pacifiste israélien, d'Uri Avnery (2002) Les langues de la Méditerranée, sous la direction de Robert Bistolfi (2002)
La Méditerranée des Juifs, exodes et enracinements, sous la

.

. .
. .

.
. .

"

.

direction de Paul Balta, Catherine Dana, Régine DhoquoisCoben (2003)

sous la direction de Jacqueline Valantin et Marie-Geneviève

Euzen-Dague

avec la participation de Paul Balta, Mamadou Ba, Sarah Chaboud, Sadio Ngaidé, Albert Sasson

Le dialogue interculturel
Une action vita le

L'HARMATTAN

@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-05601-5 EAN : 9782296056015

À Lara, À Emma, À Tiphaine,

« Ne demande pas ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourras pas t'égarer... » Nahman de Braslav.

« La raison qui ignore les êtres, la subjectivité, l'affectivité, la vie, est irrationnelle. » Edgar Morin. « Lorsque nous acceptons l'idée qu'il n y a rien à changer au monde, nous mourons. » Proverbe indien.

Préface
Paul Dalta

Alors que 2008 est 1'« Année européenne du dialogue interculturel », l'ouvrage dirigé par Jacqueline Valantin et MarieGeneviève Euzen-Dague est le bienvenu à plus d'un titre. Anciennes enseignantes à l'Éducation nationale, elles avaient pris le temps de la réflexion et de la recherche avant de passer à l'action comme conseillères municipales chargées de la culture et de la coopération dans des villages voisins de Lyon, dans le Rhône. Elles donnent donc, avec les co-auteurs, un éclairage original et indispensable à ce qu'un tel dialogue peut apporter à tous ceux qui s'intéressent aux échanges et à la coopération: personnels de l'Éducation nationale, d'entreprises, d'association, élus, ainsi qu'à leurs familles et à leurs proches. Ce livre doit aussi permettre de valoriser une innovation pédagogique de la Mission Académique à la Formation des Personnels de l'Éducation Nationale de Lyon (MAFPEN), à laquelle elles ont consacré une partie de leur vie professionnelle, et qui était sans doute trop innovante dans les années 1990 pour être reconnue et intégrée par l'Institution. Pour y avoir été associé en tant que spécialiste du monde arabe, de l'Islam et de la Méditerranée et comme ancien correspondant du journal Le Monde, au Maghreb, de la Libye à la Mauritanie, basé à Alger (1973-1978), j'ai accepté avec plaisir de rédiger cette préface. Je souhaite aussi apporter mon témoignage sur ces expériences enrichissantes ainsi que sur les perspectives ouvertes par cet essai. En effet, dès qu'elles ont appris que 2008 serait 1'« Année européenne du dialogue interculturel », elles ont pensé que c'était le moment, comme elles me l'ont confié, de «transmettre notre réflexion pour faire bouger les choses. Pour une rupture avec les certitudes incongrues, rupture aussi avec des attitudes, des

comportements, des pratiques ethnocentriques, rupture enfin avec le leurre du contentement de soi, afin d'aller vers plus d'ouverture, plus de respect de l'Autre, plus de communication et franchir ainsi une nouvelle étape où le dialogue culturel ne serait plus un ornement de discours mais, au contraire, partie intégrante de l'action ». Les textes réunis veulent démontrer que, dans la construction d'un projet, l'absence d'une étape consacrée à l'instauration du dialogue interculturel fera que les difficultés pour aboutir seront infinies. Il faut donc mettre en action ce dialogue, préalable au développement et à la paix. Elles nous expliquent, ainsi que les différents auteurs, les moyens d'y parvenir. Un bref rappel des expériences amorcées il y a près d'un quart de siècle, permet de comprendre concrètement comment les acquis accumulés ont favorisé la réflexion et l'action en coopération, ainsi que la mise en œuvre de cet essai. Docteur en littérature comparée et chargée de mission à la MAFPEN de Lyon, Jacqueline Valantin, et sa collègue Marie-Geneviève Euzen-Dague, agrégée de grammaire et participante à des projets francophones, avaient lancé, dès août 1986, un « jumelage-coopération» de trois communes de la région lyonnaise avec six villages mauritaniens. Elles avaient alors obtenu les conseils des spécialistes les plus reconnus de l'UNESCO, de la Fédération mondiale des villes jumelées et du Comité français contre la faim; des responsables de ces deux associations accompagneront les premières délégations en Afrique. Dans le même temps, elles constatent que, depuis 1981 et plus particulièrement en 1987 et 1989, nombreuses ont été les circulaires du ministère de l'Éducation nationale incitant les MAFPEN, supprimées, hélas! en 1998 par Claude Allègre, les Missions Académiques d'Action Culturelle (MAAC), et les Centres Régionaux de Documentation Pédagogique (CRDP), à conduire des actions de formation et de documentation sur « l'éducation au développement », la «francophonie» et le «partenariat Nord-Sud ». En coopération avec Monique Guinamard, responsable de la formation des historiensgéographes, elles veulent alors sortir du discours académique, souvent abstrait, pour pennettre aux enseignants, à leurs élèves et à leurs proches, d'acquérir une connaissance concrète et dynamique, lors d'expériences quotidiennes sur le terrain, au Sud pour ceux du Nord et VIce-versa. En 1989, Jacqueline Valantin prend contact avec Albert Sasson, sous-directeur général de l'UNESCO, et Sylvain Lourié, Directeur 10

général adjoint, pour leur présenter ce projet d'échanges entre Maghrébins et Français. Très bien accueilli, il bénéficiera, sous différentes formes, du soutien de l'UNESCO. Six ans plus tard, Albert Sasson dresse ce constat: « Nous sommes enrichis par une aventure dont la vitalité a débordé le projet modestement envisagé à l'origine ». De 1990 à 1997, les échanges se développent entre Lyon, Rabat et Tunis alternativement en France et dans un pays du Maghreb. Dans ces années, les problèmes de sécurité ne permettaient pas d'envoyer des délégations en Algérie. Ces rencontres comprennent des temps de travail commun et le principe incontournable de l'hébergement chez les collègues et de la vie privée partagée. Les thèmes de travail sont variés. Citons-en quelques-uns: « L'identité culturelle (modes de vie des J'eunesfrançais et marocains en France, « Urbanisme et urbanisation », «La montagne », « Vivre au présent une relation avec le passé », « Actualité et histoire », « Les cinq sens », «Le cinéma, l'audiovisuel et la ville », « Régions et développement ». Signalons une étape importante: une « formation de formateurs à l'échange interculturel », qui répond à la -nécessité d'un réseau international organisé entre les Académies de Lyon, le Maroc, la Tunisie, l'Algérie afin que ses membres réfléchissent ensemble aux exigences du travail intellectuel et aux phénomènes de groupes sur le double plan de l'organisation inter-individus et inter-groupes. Rappelons aussi les multiples tables rondes et séminaires de réflexion organisés à Paris, au siège de l'UNESCO, avec la participation de l'Ambassadeur de France et écrivain Paul-Marc Henry.! Partenaires et participants se multiplient: services culturels des ambassades de France dans les pays concernés, Institut du monde arabe et, des deux côtés de la Méditerranée, banques, entreprises, municipalités, Régions. À titre d'exemple, une rencontre à Lyon, en 1991, se termine à Paris, à l'Institut du Monde Arabe. Edgar Pisani, alors président de l'IMA, avait invité les stagiaires et leurs partenaires à une séance de clôture en présence d'Albert Sasson, de Sylvain Lourié et de plusieurs personnalités intellectuelles et politiques sur le thème: «Formation, éducation, développement. Construisons ensemble un avenir. »
Paul-Marc Henry, La Force des Faibles, Entente, Paris, 1975. Paul-Marc Henry, Pauvreté, Progrès et Développement, L'Harmattan, Paris, 1990. Il
1

Rendent compte de ces expériences et de ces recherches, des fascicules rédigés par Jacqueline Valantin en collaboration avec ses partenaires du Sud, Boubker Ben Omar, Hassan Ben Omar, Leïla Rhiwi, Fouad Ammor, Mounira Hammami, Moncef Mahersi. Un exemple me paraît bien révélateur. Au retour des différentes rencontres, leurs concepteurs avaient demandé aux participants de raconter ce qu'ils avaient pensé et éprouvé. J'avais lu avec beaucoup d'intérêt plusieurs de ces fascicules. En effet, né à Alexandrie, mère du cosmopolitisme depuis sa création par Alexandre le Grand, j'ai vécu ma jeunesse au milieu du peuple égyptien et de la société cosmopolite qui ont été pour moi une école d'humanisme et de dialogue interculturel, comme en témoignent ma vie et mon parcours professionnel. Les Alexandrins avaient l'habitude de dire: « Moi c'est l'Autre et l'Autre c'est moi! » Nous avions appris à nous méfier des idées reçues, des clichés, des stéréotypes et j'ai retrouvé certains d'entre eux dans l'opuscule consacré à un échange entre Lyon et Rabat. Ainsi, plusieurs stagiaires français craignaient, avant de partir, de se retrouver dans une famille avec un père polygame. Or, à leur grand étonnement, ils découvrent que leurs hôtes étaient monogames. Les Marocains, eux, redoutaient d'être accueillis dans des familles dont le père et la mère vivaient en concubinage, ce que le Coran condamne fermement. Pourtant, à une exception près, tous étaient mariés. Dans son introduction, « Le dialogue interculturel, un préalable au développement, à la paix », Jacqueline Valantin explique ce que ce dialogue représente pour elle et les co-auteurs et souligne combien il est encore plus indispensable en ce début du XXIe siècle, alors que partout dans le monde, les sociétés, sur la défensive, ont tendance au repli, au rejet, au durcissement des valeurs nationales, « face à la montée des problèmes liés à la mondialisation, au terrorisme, à l'islamisme, aux changements climatiques, aux différentes guerres, aux nouveaux flux migratoires, aux menaces multiples et permanentes amplifiées par les résonances médiatiques... ». Elle termine en présentant les autres auteurs et leurs contributions. Je les évoquerai aussi rapidement. Son chapitre, « Une utile formation pour un dialogue durable », passe en revue les multiples composantes du dialogue interculturel sur le plan national et international. Habituellement, ces rencontres consistent à visiter, « le plus souvent au pas de charge », des villes, des musées, des sites naturels ou archéologiques, des salons 12