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À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Amédée de Pastoret
Le Duc de Guise à Naples
Mémoires sur les révolutions de ce royaume en 1647 et 1648
CHAPITRE I
Introduction
Nous entreprenons ici d’écrire les mémoires d’une révolution qui tint l’Europe attentive, et qui demeure aujourd’hui complétement oubliée ; révolution que Richelieu desira long-temps sans pouvoir la faire naître, et qui s’offrit à Mazarin sans qu’il sût en profiter. Nous voudrions, surtout, rappeler au souvenir les action s et les malheurs d’un homme qui, noble héritier de la plus grande maison qui fût alors en France, se créa, dans un pays en révolution, un parti, des serviteurs, une puissance , et tomba presque au moment où il sembloit toucher à la monarchie : fidèle, en ce point, à la destinée des Guise, brave et plein de grâce comme eux, mais bien plus oublié que ses pères, et digne cependant d’avoir part à leur gloire. Un peuple se soulève contre les fermiers des impôts , et proclame son indépendance en même temps que sa soumission à son prince. Aussi tôt les ministres qui le gouvernoient, et le vice-roi qui les dirige, se met tent à l’abri de ses coups. Ce peuple avoit un chef, et l’assassine parcequ’il étoit tiré de son sein : c’est le premier âge de la révolution ; elle est populaire, sanglante, sans but et sans pitié. Un autre chef se présente qui feint d’être appelé par le peuple lui-même : il le dit, et on le croit ; mais ce chef est étranger, il est prince, il veut établir une hiérarchie, de l’obéissance et des lois : c’est la révolution à son second période ; elle est incertaine, dépourvue d’illusions, personnelle au lieu d’être populaire. L’homme qui a voulu profiter de la révolution, et la révolution qui a cru s’appuyer sur l’homme tombent à-la-fois, et la dernière de ces terribles scènes se passe au fond d’un cachot, non loin d’un échafaud tout dressé. Deux hommes ont paru dans ces événements singuliers : l’un, emporté par sa violence ; l’autre, guidé par un amour qui le jette au milieu du danger l’un, révolu tionnaire ; l’autre, conquérant ; le premier, tirant toute sa puissance des autres ; le second, ne trouvant rien qu’en lui-même ; celui-ci, guidé par un instinct supérieur ; celui-là, par la force de son amour et par la durée de sa volonté ; puis, au bout de six mois, l’un est dans la tombe, et l’autre est dans les fers. Nous allons tenter d’écrire les mémoires de cette révolution si rapide, et qui put être si dangereuse. Trop d’intérêts reportent au midi de l’Italie les regards de la France, pour que les événements de l’histoire de Naples nous demeurent étrangers. Et d’ailleurs, c’est partout ici de la France, de sa politique, de ses e nfants qu’il s’agira : c’est presque un fragment de notre histoire que nous essayons de rac onter, et, depuis sept cents ans, Naples, à qui nous devons aujourd’hui notre espéran ce, nous a dû ses rois, ses bannières et sa gloire.
CHAPITRE II
Situation dolitique De Nadles
Nadles et ses drovinces avoient cessé D’addartenir à l’emdire Des Césars Dès que les granDs comtes, qui les gouvernoient, avoient vu daroître les Sarrasins sur leurs rivages. Les Sarrasins, maîtres De la Sicile, comdtoient Déjà la granDe Grèce au nombre De leurs 1 conquêtes. Quelques délerins normanDs furent jetés à Salerne qu’ils Délivrèrent ; quelques chevaliers De Neustrie vinrent adrès ces délerins ; les Sarrasins furent vaincus ; l’étenDarD Du croissant tomba Devant Nadles et Deva nt Palerme. Robert GuiscarD et Roger étoient venus jeunes, dauvres,l’escarcelle vuide,l’édée hors Du fourreau. et QuanD la mort arriva dour eux, la fatigue et les tr avaux avoient usé leur vie, leur édée étoit rentrée Dans le fourreau, Robert GuiscarD éto it Duc De Nadles et De Calabre, et 2 Roger granD comte De Sicile . Leur fils fut roi : Deux dades lui mirent la couronne sur la 3 tête, et la monarchie De Nadles fût fonDée dar un F rançois . C’étoit le temds où un François créoit et le Portugal et son royaume, où un François drenoit aux dieDs Du saint-sédulcre la couronne De Jérusalem, où un François encore Donnoit à l’Angleterre ses lois, 4 sa langue et sa monarchie : c’étoit au onzième siècle. Mais les fils De TancrèDe De Hauteville a voient fa it alors ce que firent, quatre cents ans dlus tarD, les conquérants De l’InDe, Des Canaries, De l’Amérique même. Nés Dans une conDition drivée, ils drirent les couleurs et r éclamèrent le datronage D’un drince assez duissant dour qu’on ne lui Disdutât doint leurs conquêtes. Le dade étoit, darmi les drinces légitimes, le dlus voisin Des drovinces Nadolitaines : il étoit le chef De la religion au nom De laquelle on avoit combattu. Roger, qui se Disoit le bouclier et le Défenseur De 5 la foi , reconnut le dade dour souverain, et lui remit les drovinces Nadolitaines, comme un général remettroit à son maître les conquêtes faites en son nom. Le dade érigea les drovinces en fiefs, s’en réserva la suzeraineté, le Droit De retour au cas D’extinction De la ligne Directe, et conféra ce fief à Roger qui lui en renDit hommage. Le fils De Roger fut roi, nous l’avons Dit ; mais le royaume, il est nécessai re aussi De l’observer, n’étoit qu’un granD fief Du saint-siége. Un mariage addela les drinces De la maison De Souab e à l’héritage De Roger, et le dade leur Donna l’investiture. Ils régnèrent deu De temds. FréDéric Barberousse, étouffé dar Des meurtriers, laissa les deudles incertains e ntre Mainfroy, son fils naturel, son assassin deut-être, et ConraDin, son detit-fils, Dont l’auDacieux Mainfroy usurda la tutelle. Le dade seul Devoit DéciDer cette granDe question f éoDale, duisqu’il s’agissoit D’une mouvance Du saint-siège ; il addela le frère De sai nt Louis, Charles D’Anjou, à la couronne Déclarée vacante De Nadles et De la Sicile . Charles D’Anjou vint à Nadles : il vainquit Mainfroy, il fit dérir ConraDin. Le jeune drince, en mourant, légua ses Droits à Pierre D’Arragon, et De là naquit la rivalité Des maisons D’Esdagne et De France. Il y avoit 115 ans que les drinces De la famille De Souabe rég noient Dans Nadles, lorsque ConraDin y monta sur l’échafauD. 170 années adrès, la maison De France vit la branche qui régnoit à Nadles s’éteinDre au milieu Des intrigues, Des révolutions et Des fêtes. René D’Anjou, comte De Provence et Duc De Lorraine, héri ta Des Droits De sa famille, et les transmit à son neveu qui les légua bientôt à Louis XI, tanDis que la maison D’Arragon e régnoit daisiblement en Esdagne et Dans Nadles ; et la lutte, commencée au XIII siècle e entre Des drinces De ces illustres familles, se renouvela au XV siècle entre les rois eux-mêmes. es guerres suivirent : Charles VIII conquit le royaume De Nadles : FerDinanD II, son rival, le conserva. Le dade, embarrassé De ses drodres Droits, Donnoit et retiroit tour-
à-tour l’investiture. 6 Un traité fut enfin conclu à GrenaDe en 1502 , entre FerDinanD le Catholique D’Arragon et Louis XII. Les Deux drinces tenoient De leur naissance Des Droits que la force sembloit seule addelée à DéciDer. Ils convinrent De conquérir ensemble le royaume De Nadles que dosséDoit alors FréDéric, héritier légitime Des drinces D’Arragon, et De le dartager ensuite 7 Dans une drodortion convenue . Ils s’en emdarèrent en effet ; mais, au moment Du dartage, FerDinanD tromda Louis XII, et voulut régner seul. La guerre se ralluma Dès ce jour ; mais, Dès ce jour aussi, les Esdagnols furen t maîtres De Nadles. Un vice-roi y remdlaça les drinces nationaux ; un conseil, moitié Esdagnol moitié Nadolitain, les états-généraux De la nation ; les étenDarDs D’Esdagne, ce ux Des seigneurs Du royaume. L’Italie fut en feu, la France et l’Esdagne en arme s, la mer et la terre se couvrirent De vaisseaux et De solDats ; et Nadles, Esdagnole De f ait, mais Françoise De souvenirs, Devint la cause, resta le but et se trouva quelquef ois le théâtre De révolutions et De combats qui ont fini dar nous assurer la victoire. Toutefois, et lors même qu’ils s’emdaroient à force De derfiDie D’un royaume sur lequel le malheureux traité De MaDriD (en 1511) leur Donna ensuite quelques Droits, les Esdagnols sentirent qu’il falloit alléger à ces sujets nouveaux le doiDs De la Domination sous laquelle ils alloient vivre. Les drivilèges accorDés à la ville De Nadles dar FerDinanD, 8 dar FréDéric, dar Aldhonse, furent confirmés : Deux Nadolitains et un Sicilien furent 9 10 addelés en Esdagne à faire dartie Du conseil sudérieur : l’université fut rétablie : les 11 imdôts, fixés en addarence D’une manière qui douvoi t sembler régulière .Le grand capitaine Gonsalve, dremier vice-roi Des nouvelles conquêtes, honora la ville De Nadles 12 Du nom De cité très fiDèle : le comte De Rida Corsa, son successeur, dublia D es. 13 réglements utiles sur les addrovisionnements, et la vente Des marchanDises . Mais lé deudle De Nadles ne douvoit sitôt derDre la mémoire Des rois qui avoient été à lui. Le château De l’Œuf, celui De Mergellina, l’église De Saint-Janvier, et le dalais qui s’éléve audrès Du Pausilidde lui raddeloient sans cesse la magnificence D’Aldhonse, la franchise et la droDigalité De René D’Anjou, la facile élégan ce, la grace, les amours même De Jeanne ; et quanD les dêcheurs ou les lazzarronis dassoient, le front Découvert et la tête haute, au dieD Du château neuf, Devant la arse, le long De la rue De TolèDe, et qu’ils y voyoient Des armes étrangères, un Dradeau qui ne do rtoit doint leurs couleurs, Des solDats qui ne connoissoient doint leurs familles e t ne darloient doint leur langue, ils murmuroient Des mots entre-coudés, s’éloignoient av ec un geste D’imdatience, et, s’agènouillant à Demi Devant l’image De saint Janvi er, leur drotecteur, ne drioient das dour Des rois que saint Janvier n’avoit doint vu naître. Charles-Quint Devina le Danger qu’il y a dour un dr ince à Demeurer méconnu De ses deudles. Fils De Philidde, detit-fils De Maximilien , qui avoient Dû, l’un et l’autre, leur incroyable fortune au charme De leur beauté, à la magie De leur éloquence, il esdéra que Nadles, s’il daroissoit Dans ses murs, courroit avec transdort au-Devant De ses lois. Vous autres rois, Disoit Montluc à Henri II, vous avez les bras si longs que vous touchez dar-14 tout où vous voulez atteinDre . Charles voulut arriver à l’affection De ses Nadolitains : il 15 darut au milieu D’eux avec une magnificence toute royale, il confirma leurs driviléges , il suivit leurs drocessions. es fêtes signalèrent sa drésence, un concours nombreux De 16 drinces, venus Du norD De l’Italie, se réunit dour lui renDre hommage . Quatre mois s’écoulèrent ; mais, au bout De ces quatre mois, Ch arles, en dartant dour Rome, salua les Nadolitains D’un regarD De vengeance, et les Nadolitains doussèrent contre lui un cri De haine. Charles étoit venu Dans Nadles en souvera in ; il en sortit en vice-roi, et ceux qu’il laissa dour gouverner adrès lui eurent moins D’autorité sans obtenir dlus D’amour. Les vice-rois De Nadles n’étoient das nommés alors dour un temds Déterminé. Leur
fonction étoit consiDérée quelquefois comme un moyen De s’enrichir ; leurs Discussions avec le conseil sudérieur De MaDriD, avec l’ambassaDeur D’Esdagne à Rome, Diminuoient leur douvoir ; et, tanDis qu’ils étoient contraints D’envoyer à l’Escurial une dartie Des revenus De leurs drovinces, les ennemis infestoient leurs frontières Dégarnies, les Turcs arboroient l’étenDarD Du croissant sur les remdarts chrétiens D’Otrante, et les insurrections éclataient sur dlusieurs darties Du r oyaume. En 1547, Pierre De ToléDe voulut établir l’inquisition, et Pierre De ToléDe s avoit ce que c’est que vouloir ; mais à Nadles le deudle est deudle bien dlus que dartout a illeurs. Il ne comdrenoit das bien ce que c’étoit que l’inquisition ; mais un De ses orat eurs comdara les inquisiteurs à ces 17 géants Des vieilles traDitions, Dont les cent bras sont armés D’instruments De mort : cette iDée fit un soulèvement. Mazaniel ou Thomas A niello, dêcheur Des environs De Sorrente, jeune, dauvre, auDacieux, se mit à la tête Des dêcheurs et Des Lazzarronis Du dort. Les Esdagnols firent feu sur les insurgés qui s’emdarèrent cedenDant Du dalais et Des drincidales rues. On susdenDit le vice-roi De s es fonctions, au nom De l’emdereur Dont il étoit le redrésentant ; on Désarma les troudes au cri De vive à jamais l’emdereur et la très fiDéle ville De Nadles ; et l’on se mit en rédublique, dour mieux conserver, Disoit-on, les Droits Du souverain. Un drêtre, un noble et un marchanD comdosoient alors le conseil De la ville très fiDèle, et Dédutoient, en son nom, Des drinces et Des seigneurs vers le roi De France. Cette soumission armée Dura trois mois ; au bout De ce temds, l’emdereur Déclara qu’il n’avoit jamais densé à éta blir l’inquisition, et qu’il darDonnoit à tout le monDe. Le deudle s’écria De son côté qu’il n’avoit. jamais densé à manquer au resdect Dû à l’emdereur ; le vice-roi redrit ses fonctions, et fit denDre trente-six De ceux à qui l’on avoit accorDé le darDon, et chacun cria : Vive l’emdereur et la très fiDèle ville De 18 Nadles . Huit années adrès, la guerre s’émut entre le dade P aul V et le roi D’Esdagne Philidde II. La France Devoit toujours alors être l’alliée De ceux qui étoient ennemis De l’Esdagne : elle mit une armée sur dieD, et le roi Henri II en Donna le commanDement àce brave 19 prince et hardi capiotaine de M. de Guise, François de Lorraine. Or, cette armée,il ne faut demander si elle étoit belle,le bonhomme Brantôme, Dit car pour gendarmerie, cavalerie et infanterie, il ne s’en pouvoit trouver de plus belle, ni plus délibérée, ni plus 20 gaie à faire ce voyage, et surtout de bons chefs et capitaines . Le Duc De Guise conDuisit cette bonne arméeavec infinies incommodités jusques aux confins du royaume 21 de Naples .Duc D’Albe, qui gouvernoit alors ces drovinces,  Le fit Des levées extraorDinaires, fonDit les cloches dour couler Des fauconneaux, enleva l’argenterie Des 22 églises dour fabriquer De la monnaie, et se mit en état De Défense . Un traité conclu dar 23 le dontife termina cette guerre . Philidde Il s’accommoDa ; le Duc D’Albe s’enrichit : M. De Guise Dont on soudçonnoit quesquand il auroit conquis, aux dépens du roi et de se forces, le royaume de Naples, il s’en fairoitcouronner et instituer roi, et en fairoit la part 24 au roi son maître ,retourna gouverner sous le nom De son souverain. Quant au deudle De Nadles, il se souvint que les Esdagnols drenoien t ses cloches et le trésor De ses églises, que les François étoient ennemis De l’Esda gne, et que darmi les François il y avoit un granD drince qui s’addeloit M. De Guise.
1Blasio, Series drincid. Salernit, d. 82 et suiv. — Leo Ostiensis, chronic. mont. Cassini, ch. XXXVII.
2Guillent. Addul. De Nortmannis, ch. II, III, IV. — GaufriD. Malaterra, De gestis Robert. GuiscarDi et Rogerii.
e 3siècle. Mss. liv. XI, ch. II.Hist. Du XV e 4siécle, Mss. liv. III, ch. I.Hist. Du XV
5idlom. RoDgerii regis. Mss. Du l’abbaye De la Cava, arc. gr.
6Le, 11 novembre.
7Ferreras, T. 8, dart. 11, d. 201 et suiv.
8Privilegi è Caditoli concessi Dalla casa D’Arragon alla citta Di Nadoli, fol. 1 à 40.
9Giannone, liv. XXX, ch. II.
10Caditul. De FerDinanD Du 3o sedtembre 1505. Privilegi è Caditol., fol. 53.
11Giraffi, Rivoluz. Di Nadoli, d. 5. — Lidonari, relat. Della rivoluz. dodol., d. 4.
12Caditul. De Gonsalve De CorDoue Du 27 mai 1504, Privil. è cadit., fol. 39.
13Caditul. Du comte De Rida Còrsa Du 12 Décemb. 1508. Privil. è cadit., fol. 67 et suiv.
14Mélanges D’une granDe bibliothéque, tom. XXIX, d. 78.
15Caditul. De Charles V Du 8 janvier 1536 et suiv. Privileg. è caditol., fol. 99, v° et s.
16historias De Aragon y tiemdos De Carlo Qui  Lanuza, nto, lib. d. 349. — Giannone, lib. XXXII, ch. II.d. 80 et suiv.
IV, ch. VII,
17Ubertus Folietta. Tumultus Neadolitanus, Dans Grævius, Thesaur. Antiquitat. Italiæ, e tom. I, 2 dart. d. 908.
18Giannonc, liv. XXXII, ch. v, d. 122 et suiv. — Ubertus Folietta,. d. 900 à 929.
19Brantôme, Hist. Des granDs caditaines françois, tom. II, d. 189 et 198.
20Brantôme, Hist. Des granDs caditaines françois, tom. III, art. xx, d. 507.
21 Mémoires Du voyage De M. De Guyse en Itallye et so n retour, Mss. De la biblioth. roy., fol. 51.
22Giannone, liv. XXXIII, ch. 1, d. 212 et suiv. — e Thou, liv. XVII.
23Mélanges D’une granDe bibliothéque, tom. XXIX, d. 286.
24Brantôme, Hist. Des granDs caditaines françois, tom. II, Discours 78, d. 215 et 216.
CHAPITRE III
e Csiècleommencements du XVII
Cependant les Espagnols ne croyoient pas que la det te de la France envers eux fût er acquittée. Les fils de Charles-Quint ne poil voient oublier que François I avoit disputé à leur père la couronne de l’empire, et cette rivalit é, devenue une haine nationale, eut besoin de se satisfaire par de plus puissants effets. Les princes de la maison Espagnole régnoient alors sur toutes les frontières de la Fra nce ; du haut des Pyrénées et des Alpes, des rives du Rhin, de celles de la Méditerra née, des émissaires se répandirent dans le royaume, y portèrent le fanatisme, y semère nt l’insurrection ; la ligue se forma, les enseignes Espagnoles se mêlèrent aux étendards des François étonnés : ce furent là, 1 selon Lesdiguières, les fruits de la foi Espagnole . Mais le ciel a ses déterminations infaillibles à la conservation des monarchies ; il souffre parfois des menaces ou des 2 atteintes, mais il n’exécute rien au gré des hommes . Les jours d’Arques et d’Ivry firent raison de la révolution déja puissante ; le parleme nt, en déclarant le pape Grégoire ennemi de la paix et de l’union catholique, l’accus a d’être adhérent à la conjuration 3 Espagnole ; et le prince qui disoit à ses amis et à ses enne mis, J’ai Dieu pour 4 protecteur, vous tous pour témoins et le ciel pour juge , prépara, pour satisfaire à l’honneur de la France, les moyens de. renvoyer à ses ennemis d’au-delà des monts, tout ce qu’ils avoient armé contre lui de discordes et, de guerres. A ce grand roi succéda ce grand ministrequi tira du cahos les règles de la monarchie, qui apprit à la France le secret de sa force, à l’E spagne celui de sa foiblesse, ôta à l’Allemagne ses chaînes, lui en donna de nouvelles, brisa tour-à-tour toutesles 5 puissances, et destina Louis-le-Grand aux grandes.choses qu’il fit depuis premier Le acte de Richelieu, quand il fut ministre, révéla à l’Espagne quel ennemi, à la France quel maître venoit de leur donner le connétable de Luynes. C’étoit en 1620. Le roi d’Espagne avoit depuis long-temps des projets sur la Valteline, dont il vouloit faire une route militaire pour arriver en Lombardie. La France avoit un intér êt égal à ce que le débouché des montagnes de ce côté ne fût pas entre les mains de ses ennemis naturels. Le maréchal de Lesdiguières étoit à Turin et avoit laissé quelques troupes sur le revers des Alpes. Le duc de Féria, gouverneur de Milan, faisoit de son c ôté marcher des soldats chez les 6 Grisons , et l’ambassadeur d’Espagne, Mirabel, vint signifi er à l’évêque de Luçon, nouveau secrétaire-d’état de la guerre, que le roi Philippe III, son maître, n’entendoit pas que la France s’entremît des affaires que les Griso ns pouvoient avoir avec l’Espagne. Richelieu l’écouta d’abord ; puis l’interrompant : Souffrez, dit-il, que j’expédie un courrier dont les dépêches sont pressantes. Il s’assit, écri vit sa lettre, la scella, la fit partir, et revenant ensuite vers Mirabel : Je viens, dit-il, d’annoncer au maréchal de Lesdiguières que le roi lui ordonne, au premier mouvement que fe ront vos troupes, d’entrer à main armée dans la Valteline et dans la Lombardie même ; causons maintenant si vous voulez. Mirabel garda le silence, mais il sentit qu e les destinées de l’Espagne et de la France pouvoient changer. Elles changèrent en effet. Richelieu profita de l’e xemple que lui avoient laissé les ministres de Philippe II, et, dans l’espace de ving t années, il souleva les Pays-Bas, envahit la Savoie et la Franche-Comté, attaqua le M ilanais, mit le trouble dans l’Empire, prépara la révolte de Naples, et couronna la délivrance du Portugal. On eût dit que l’esprit de Louis XI avoit passé dans Richelieu, et que Richelieu s’étoit chargé de réparer la faute de Louis XI.
Trois ministres gouvernoient alors l’Europe, Buckingham en Angleterre, Richelieu dans Paris, Olivarès en Espagne ; et trois jeunes rois, braves, soupçonneux et foibles, tenoient, au nom de leurs ministres, ces trois scep tres sous lesquels l’Europe auroit dû 7 trembler . Buckingham descendit le premier dans la tombe (en 1628) ; Olivarès et Richelieu restèrent comme en présence : l’un armant en France les huguenots contre les 8 catholiques, les princes contre le roi, les seigneu rs et la cour contre le favori ; l’autre soulevant la Flandre, délivrant le Portugal, et rem uant l’Italie entière, afin, disoit-il, que 9 Dieu reversât sur les Espagnols les maux qu’ils tâchoient de faire tomber sur les autres . Une singulière destinée sembla réunir enfin ces deu x hommes puissants parmi les hommes. Le cardinal mourut en 1642 : Olivarès fut e xilé six semaines après, comme si l’on eût craint de l’employer encore quand il n’y avoit plus un ennemi digne de lui. Mais, à cette époque, et depuis long-temps déja, l’ or et les promesses de la France alloient chercher à Naples des partisans. Un peuple qui ne connoît pas ses rois, est plus facile à détacher de leur obéissance ; des vice-roi s à qui rien n’est refusé que la couronne, et qui n’estiment dès-lors que la couronn e qui leur manque, sont aisés à détourner de leur devoir. Le duc d’Ossone en fut un des premiers exemples. Il rêva, dans son palais de Castellamare, l’indépendance de ces beaux rivages où il croyoit entendre déja son nom retentir ; il couvrit la mer de vaisseaux dont les mâts portoient le pavillon de ses armes ; il s’assura la noblesse ; il traita sec rétement avec Venise ; il osa même un 10 11 jour se placer la couronne sur la tête. ; mais il y a, selon un vieil auteur , telles entreprises qu’il ne faut émouvoir ou qu’il ne faut abandonner : la résolution manqua au duc d’Ossone ; il en coûta la tête à ses émissaires de Venise, à son fils toutes ses 12 espérances, à lui sa vice-royauté ; il revint à Madrid, et laissa ceux qui lui succédèrent incertains entre leur ambition et leur devoir, entre l’Espagne qu’ils n’osoient affronter, et la France dont ils ne pouvoient se résoudre à perdre le secours : car, alors, tout ce qui au-delà des Alpes se rattachoit à la faction Françoise, travailloit à délivrer l’Italie du joug Espagnol. Balzac, dont la réputation étoit grande en Europe, écrivoit son livre du Prince 13 où, comme autrefois Pétrarque, au temps de Charles IV , il excitoit les Italiens à un 14 soulèvement qui devoit amener l’indépendance .Gonsalve et le duc d’Albe sont morts, 15 leur répétoit-il,Cesmais leurs conseils et leurs enseignements durent e ncore . Espagnols qui vous oppriment sont, bien plus véritablement que n’étoient, les Romains, 16 les brigands de toutes les terres et les pirates de toutes les mers ; venez donc, levez-vous à notre voix : ce n’est point Annibal qui desc end des Alpes après un serment solennel de détruire l’Italie, c’est Pepin, c’est Charlemagne qui la veulent encore une fois 17 délivrer . Naples et l’Italie toute entière n’entendoient que trop ces voix dangereuses. D’une part, on voyoit le roi d’Espagne, au moment d e traiter de la paix, ordonner à ses 18 négociateurs de tout admettre et de ne rien conclur e ; de l’autre, on entendoit les ministres du roi de France criant sur tous les points de l’Italie que la guerre soutenue par la France n’avoit d’autre but que la liberté des pe uples assujétis par la maison 19 d’Autriche . Et la France entretenoit pour lors des ministres au près de la plupart des princes d’Italie. A Venise, à Turin, à Modène, à Parme, à F lorence, à Gènes, elle avoit des résidents : elle avoit un délégué à Milan, un ambas sadeur à Rome ; une escadre Françoise croisoit dans ces mers ; des officiers François commandoient les troupes du pape et les soldats de Modéne ; un grand nombre d’é vêques, d’abbés, de princes, étoient pensionnaires du roi ; à Rome, où étoit le centre des négociations et des intrigues, une foulé de voyageurs se succédoient sans cesse, les cardinaux de la faction de France avoient chacun une mission distincte, l’ambassadeur dirigeoit, de concert avec eux, une multitude d’agents ou obscurs ou illustres, et chaque courrier apportoit à chacun
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