Le Jeune Sophrologue à l’épreuve du Transfert

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Jeune sophrologue, dès sa première consultation, l’auteur a été confronté au transfert de sa cliente mais surtout, et de manière bien plus forte, au contre-transfert. La raison principale du vécu de cette épreuve a été le non-respect du cadre thérapeutique.

Georges Delbeke a voulu, au travers de cet essai, et à partir de la genèse du transfert, mieux connaître ce phénomène et par là même partager ce qu’il a pu apprendre.

Aujourd’hui, dans sa pratique, il est toujours à l’épreuve du transfert et du contre-transfert, mais cette fois en conscience et pour le bien des sophronisés.


Publié le : vendredi 20 mai 2016
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EAN13 : 9782334132756
Nombre de pages : 106
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ISBN numérique : 978-2-334-13273-2

 

© Edilivre, 2016

Préface

La rencontre avec mon premier client en sophrologie est à l’origine de ce livre.

Bien qu’âgé de 58 ans, avec un passé professionnel riche de consultant en entreprises de distribution, je suis un jeune sophrologue.

J’ai décidé de réorienter mon activité, le jour, où j’ai pris conscience que j’avais passé toutes ces années, « plus de 36 ans », à négocier, compter, valider et décider avec d’autres mais sans être réellement par et pour moi-même.

J’éprouvais de plus en plus d’insatisfaction à jouer ce rôle. J’avais la sensation d’avoir fait le tour de ce monde froid et égoïste qu’est celui du Retail1, où la seule vérité est celle de l’argent, et où l’on se doit de toujours être en pleine forme, sans faiblesses ni états d’âme.

Cette prise de conscience a été facilitée par mon épouse qui, à l’époque, suivait un cursus de Gestalt-Thérapeute. En échangeant avec elle à ce propos, je découvris le monde de l’aide psychologique par l’accompagnement sans jugement et en bienveillance.

Cela résonna en moi, et me fit m’y intéresser. Mais à l’époque j’étais encore très convaincu de l’importance de mon action professionnelle, aussi je regardais les formations qui pouvaient être centrées sur la personne mais avec un cursus relativement court et c’est la sophrologie qui s’imposa. Nous étions en août et j’ai commencé ma formation en octobre.

A la fin du cursus, diplômé, je commençais à chercher des clients, quand vous vous installez dans une ville, vous êtes rarement le premier thérapeute, et il vous faut vous faire connaître, j’en parlais à tout le monde, de mon boucher à mon club de sport… et c’est là qu’un de mes partenaires m’indiqua que la femme de son collègue de travail voulait me rencontrer pour « faire » de la sophrologie…

Je remerciais vivement mon partenaire et j’appelais directement ma future cliente pour fixer un rendez-vous (1ère erreur).

Rendez-vous fut pris, pour plus de commodités pour elle, directement à son domicile (2ème erreur).

J’avais imaginé qu’elle serait seule et ne m’étais pas renseigné auparavant (3ème erreur), car en arrivant chez elle son mari et ses deux enfants étaient présents…

Je dus déployer des trésors de diplomatie pour faire comprendre au mari et aux enfants qu’il fallait qu’ils quittent le domicile pour une heure et demie parce que je devais rester seule avec leur épouse et maman.

Une fois que je fus seul avec la cliente et après avoir refusé une tasse de café (4ème erreur évitée de peu), je commençais, en repensant à mes cours, à faire une anamnèse et c’est là que je me fis surprendre par le transfert, dans la forme qui est réservée, comme nous allons le voir plus loin, aux thérapeutes : le contre-transfert !

Elle me raconta, en pleurant quasi immédiatement, qu’elle venait de perdre son père et qu’elle n’arrivait pas à s’y résoudre, qu’il lui manquait terriblement et qu’elle souffrait chaque jour de son absence. Jusque là rien de vraiment anormal, on peut aisément imaginer qu’une personne ayant des sentiments aussi forts que cela et qui se retrouve devant une autre personne, sans lien direct et qui est disponible dans l’écoute, puisse se laisser envahir par ces émotions.

Ce qui est moins courant c’est quand le thérapeute, celui qui est là pour écouter, accueillir, comprendre, se met à partager les kleenex avec sa cliente, c’est pourtant dans cet état que je me retrouvais devant elle, qui pour le coup pensa que je partageais sa tristesse alors que je devais faire face à la mienne, je venais d’être piégé ! En effet, j’avais perdu mon père peu de temps avant et chaque mot prononcé par ma cliente me renvoyait à mon propre chagrin. Je vivais intensément, à cet instant, un formidable contre-transfert !

Je ne peux pas qualifier la séance qui s’en suivi de réussie, cependant je repris peu à peu le contrôle.

A la suite de cette séance, j’ai appelé mon formateur pour une supervision, au cours de laquelle nous avons évoqué longuement ce phénomène de transfert / contre-transfert.

Je l’avais bien sûr étudié lors de cours mais quant à le vivre, c’était comme passer de l’arrière salle d’un bar de karaoké à la scène de l’Olympia, le ressenti et les émotions ne sont pas les mêmes !

Je décidais alors d’approfondir ma connaissance de ces phénomènes car je savais maintenant que j’y serais confronté toute ma vie de sophrologue.

Et c’est le livre de Saverio Tomasella : « Le Transfert, pour qui me prenez vous ? » qui fut mon compagnon de route.

J’ai découvert que le transfert et le contre-transfert nous accompagnent toute notre vie, que les motivations, transpositions, amalgames, projections, identifications nous constituent.

J’ai essayé d’en savoir plus en cheminant sur les rives de l’inconscient, chemin sur lequel je vous propose, aujourd’hui, de m’accompagner.

Image 11


1. Retail = Commerce (cet anglicisme est fréquemment employé par les décideurs et autres acteurs de la distribution)

Chapitre 1
Le Transfert : Quèsaco ?

1
Nous habitons tous la planète Transfert !

Avant d’aborder le transfert dans le cadre thérapeutique, et donc le contre-transfert, j’ai appris que ces actions existaient depuis l’origine de notre existence terrestre voire même avant celle-ci !

Comme le dit Saverio Tomasella : les égarements quant à l’identité d’autrui commencent très tôt, même avant la naissance. Ainsi le tout premier transfert est celui du parent sur l’enfant. Lorsque deux adultes souhaitent concevoir un enfant, ou dès qu’ils savent qu’ils en attendent un, ils se font des idées sur cet enfant en devenir : Ils l’imaginent avec telles ou telles qualités, espèrent que leur relation sera comme ci ou comme cela, attendent de lui qu’il soit conforme à leurs idéaux.2

C’est le tout premier transfert sur cet enfant à naître, mais ce transfert est généré lui-même par des transferts précédents, en effet, la relation d’un parent avec son enfant se complique de tout l’arriéré relationnel du parent, puisqu’avant de devenir parent, il a été lui-même enfant et a subi les mêmes projections.

Malgré lui, le nouveau parent transpose tout ce qu’il a vécu en bien ou en mal avec ses propres parents.

Ensuite interviennent également le sexe de l’enfant, sa place dans la fratrie, la circonstance ou le moment de sa naissance, tous ces éléments et circonstances de vie vont influencer la transposition que ses parents vont effectuer.

Puis vient le complexe d’Œdipe, où l’enfant va éprouver ses propres fantasmes, peurs, frustrations ou désirs inassouvis.

Directement ou indirectement, dans le vécu comme dans le non-dit, toutes ces projections, intentions, espérances, désillusions parentales seront décodées par l’enfant de même que ses propres expériences traumatisantes, ses manques et ses trop reçus.

Tous ces éléments constitutifs de la vie déclencheront chez l’enfant des névroses matérialisées, pour ce qui nous occupe aujourd’hui, au travers de transferts, bouclant ainsi la boucle d’une machine infernale.

2
On dénombre plusieurs formes de transfert

L’Idéalisation, que nous vivons dans nos relations amoureuses au sens large : parents, amis, amours…

L’Assignation, très souvent nous voyons ce que nous voulons voir, entendons ce que nous voulons entendre.

On en déduit deux formes : L’amalgame et le report

La Transposition, c’est appliquer un repérage préexistant à un élément nouveau pour en tirer des conclusions, souvent en décalage avec la réalité.

Toujours pour Saverio Tomasella : Dans ce que l’on peut appeler « la relation d’objet » ; toutes les situations de transfert impliquent un vis-à-vis, humain ou non humain, sur lequel le phénomène opère, il peut s’agir d’un lieu, d’un objet mais le plus souvent il s’agit d’une personne, cette dernière est à la fois : la cible, le déclencheur et l’enjeu.

Cela génèrera toute la palette possible des transferts, avec l’intériorisation ou l’extériorisation, l’identification ou l’imitation de l’autre, la projection et enfin l’alliance avec l’autre, nous y reviendrons plus loin.

Le transfert au quotidien, comme l’indique la psychanalyste Claude Halmos, c’est d’une manière très générale, le déplacement d’une habitude, ou d’un sentiment d’un objet sur un autre.

D’un strict point de vue psychologique, le transfert se définit par le processus lié aux automatismes de répétition qui tend à reporter sur des personnes ou des objets apparemment neutres des émotions et des attitudes qui existaient dans l’enfance (un enfant qui s’est fait mordre par un chien, pourra, adulte, avoir « transféré » sa crainte à tous les animaux).

Le sujet n’a pas conscience du processus ni des enjeux, juste des conséquences d’une série d’impasses expérientielles, qui peuvent engendrer, en autres, des phénomènes connus par exemple sous le nom de « conduite d’échec ».

Claude Halmos aborde également le processus d’identification, ce que Winnicott appelle la psychologie du lien, qui pour l’enfant, est la première forme d’attachement.

C’est aussi le moyen de s’approprier les attributs enviés de l’adulte (sa puissance, par exemple). Cela constitue donc un aspect très important de la formation de sa personnalité.

Alors que pour l’adulte, l’identification est, par exemple, un des mécanismes de défense qu’il utilisera pour protéger son Moi de l’angoisse.

On peut donc considérer que le transfert est inhérent à l’expérience de la vie. Comme on l’a vu plus haut il commence même avant notre naissance, cette expérience, ces confrontations, ces échanges nous bâtissent, avec nos forces et nos faiblesses, nos interrogations et nos doutes.

Le moyen utilisé par notre inconscient pour soulager, justifier ou supprimer les manques que nous avons vécu est le transfert, sous la forme la plus adaptée à la problématique rencontrée. Nous l’éprouvons à chaque étape de notre vie !

Le transfert est à la fois une distorsion de la pensée et une reproduction des schèmes du passé.

La prise de conscience de ce phénomène permet parfois la libération, et souvent un meilleur bien-être par la connaissance, il n’est pas question de ne plus faire ou subir de transfert mais bien de les identifier pour les accepter en conscience.

« C’est parce que je sais que ton agressivité injustifiée à mon égard appartient à ton histoire et qu’elle n’est que la répétition d’un schéma traumatique, que je ne prendrai pas la charge émotionnelle, et en cela je suis libéré ! »

« C’est parce que je sais, en tant que thérapeute, que dans ce que mon client me dit, rien ne m’appartient, c’est parce que ce qui m’active est différent, et pour le coup m’appartient, que je ne mélange pas les genres »

L’existence du transfert est mise à jour grâce aux premiers psychanalystes, le chapitre suivant nous les fera mieux connaître


2. Saverio TOMASELLA – Le Transfert, pour qui me prenez vous ? – 2012

Chapitre 2
La Genèse du Transfert

1
De l’importance de la Psychanalyse dans la connaissance du Transfert !

Sigmund Freud :

« C’est une chose bien étrange que le patient réincarne, dans son psychanalyste, un personnage du passé. »3

C’est en 1895 que Freud, qui pratique la psychanalyse depuis une dizaine d’années, découvre le transfert, et dans le même temps la puissance du lien thérapeutique, lorsqu’à la fin d’une séance, l’une de ses patientes lui demande de l’embrasser !

Ce rapport entre le patient et le thérapeute devient alors pour lui un axe de recherche.

A la question : A quoi correspondent ces transferts ? Il répond : A des fantasmes, des émotions, des sentiments et des désirs refoulés et qui sont rendus conscients et reportés sur le thérapeute.

Le thérapeute doit les repérer, et ce n’est pas toujours facile, en effet, certains transferts sont explicites, d’autres sont latents, lorsque le patient éprouve des sentiments vifs inconscients.

Freud utilise le transfert pour permettre au patient de se souvenir au lieu d’agir sans conscience « le transfert permet de remplacer la répétition par la remémoration ». On peut entendre par là que la remémoration, le souvenir du traumatisme subi, remplace l’action inconsciente...

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