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L l ans ls Poésies   San Mallam
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A œ s s Collection dirige par Claire S TOLZ (Universit Paris-Sorbonne) 1. Alia BACCAR-BOURNAZ, Essais sur la littrature tunisienne d’expression française , 2005. 2. Alya CHELLY-ZEMNI, Le sauveur dans Baaille  dan la monane de Jean Giono , 2005. 3. Noureddine LAMOUCHI, Jean-Paul Sartre, critique littraire , 2006. 4. Caherine VIOLLEt e Marie-Françoie LEMONNIER-DELpY (dir.), Mtamorphoses du journal personnel. De Rtif de la Bretonne à Sophie Calle, 2006. 5. Lia KURts-WöstE, Marie-Albane RIOUx-WAtINE e Mahilde VALLEspIR , éthique et significations , 2007. 6. Jean-Loui JEANNELLE e Caherine VIOLLEt (dir.), Genèse et autofiction , 2007. 7. Irène FENOgLIO (dir.), L’criture et le souci de la langue. écrivains, linguistes : tmoignages et traces manuscrites , 2007. 8. Irène FENOgLIO, Une auto-graphie du tragique. Les manuscrits de Le  Fai et de L’avenir dure lonem de Louis Althusser , 2007. 9. Delhine DENIs (dir.), L’obscurit. Langage et hermneutique sous l’Ancien Rgime , 2007. 10. Aurèle CRAssON (dir.), L’dition du manuscrit. De l’archive de cration au scriptorium lectronique , 2008. 11. Lucile gAUDIN e geneviève sALVAN (dir.), Les registres. Enjeux stylistiques et vises pragmatiques , 2008. 12. Françoie RULLIER-tHEUREt, Faut pas pisser sur les vieilles recettes. San-Antonio ou la fascination pour le genre romanesque , 2008. 13. Valenina CHEpIgA, émile et un romain , 2009. 14. Caherine VIOLLEt e Vronique MONtéMONt , Genèse et transtextualits , 2009. 15. Ridha BOURKHIs e Mohammed BENJELLOUN (dir.), La phrase littraire , 2008. 16. salah OUEsLAtI, Le lecteur dans les poie de Stphane Mallarm , 2009.
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Sala oueSLAti
L l s ls Pé  S Mllm
N° 16
A C A D E M I A A B B R U Y L A N T =
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© Bruylant-Academia s.a. Grand’Place, 29 B-1348 L OUVAIN -LA -N EUVE
ISBN 13 : 978-2-87209-917-7
ts s  n, ’aaan   an, a qlq  q  s, ss  s as sans l’asan  l’   ss aans . imm n Blgq.
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www.academia-bruylant.be
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IntroductIon
Mllm s-il s fil à ss is  jss s l’bsi iq ? M laselolsna  rcrmictri iqtauu erdse  sfneonepdsptu o dsleehvneet rnsmuuer  tlioas pmqaeuq euesetn i qopuno e dsepi lelu as d ètdsa rlsdia.t   jCeduue sntpe ospèsotee,u  ràqm suaeiossi   premières ides. Selon Paul Bnichou, Mallarm est rest fidèle, pendant sa maturit, à ce qu’il avait crit, pendant sa jeunesse, au sujet du rapport entre la posie et le lecteur. Il voit en lui un poète dsenchant tant all dans son dsenchantement plus loin que tous ses prdcesseurs, et considère qu’il n’y a pas de diffrence de fond entre la conception qu’avait le poète au dbut des annes soixante sur l’obscurit potique et ses mditations ultrieures sur le mystère dans les lettres. Hugo Friedrich pense, lui, que l’œuvre de la maturit du poète est diffrente de ses crits du dbut des annes soixante. Il n’est pas le seul à dfendre cette position. Bertrand Marchal, dont les travaux ont clair des aspects essentiels de l’œuvre mallarmenne, valide, sur ce point, le jugement de Friedrich. Pour lui, il serait illgitime de mettre les spculations religieuses tardives de Mallarm sur le compte d’une exaltation juvnile des arcanes de la posie. Ceux qui pensent que l’obscurit de Mallarm est la consquence de son exaltation prcoce du secret potique se rfèrent à un article crit en 1862 où il dveloppe des ides litistes sur la posie. À cette date, le langage du poète ne s’tait pas encore opacifi. Il n’est donc pas sûr que ces ides de jeunesse puissent clairer à elles seules l’opacit de la posie mallarmenne. L’tude prsente se situe dans ce dbat. Nous nous interrogerons, plus prcisment, sur la place qu’occupe le lecteur dans les Posies avant et après l’obscurcissement du langage de Mallarm. Aborder la question du statut du lecteur dans la posie mallarmenne, c’est poser autrement le problème de la constance ou de l’volution des ides de Mallarm sur le mystère en posie. Au lieu de nous demander si Mallarm a maintenu ses positions de 1862 sur le rapport entre la posie et le public ou s’il les a abandonnes, nous nous demanderons si l’image du lecteur dans les
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poèmes rputs difficiles est la mme que celle des premiers poèmes (ceux du dbut des annes soixante). En posant ainsi le problème, nous serons tenu de dlimiter une sorte de frontière entre les textes relativement accessibles et les textes difficiles. La mthode que nous adopterons consistera à dgager des poèmes ce que nous appellerons une potique de la lecture. Nous tcherons de comprendre la façon dont l’criture et la lecture s’articulent dans la posie de Mallarm. Le lecteur dont nous voulons capter l’image n’est pas uniquement celui dont le poète parle ouvertement (dans L’art pour tous,  par exemple). Nous nous intresserons surtout aux diffrentes images qui reprsentent le lecteur dans les poèmes eux-mmes. Le lecteur ne sera pas pour nous un sujet impliqu rellement dans un processus interlocutoire. Vincent Kaufmann qui a tudi la problmatique de la rception chez Mallarm a vivement mis en garde contre le risque d’une telle lecture. Il s’agit pour lui de « reconsidrer le problème de la place du   lecteur dans la perspective de celui qui crit » et à « interroger la spcificit du lien propos par chaque texte » 1 . Rien n’indique, d’après Kaufmann, que le rapport mis en place par « la stratgie discursive singulière » de l’crivain renvoie à un processus interlocutoire. Le texte reprsente sa propre règle de destination. Kaufmann conteste que la relation dialogique que le texte tablit avec le lecteur soit rductible à un jeu de questions et de rponses. Le jeu littraire excède cette règle pragmatique. Le texte constitue « un dispositif symbolique autonome, institue une fiction contractuelle singulière ». Le rle du lecteur ou la place que le texte rserve au lecteur sera double. L’nonciataire du texte est perçu comme destinataire « auquel un certain sens est transmis », mais aussi, il est lecteur de « la règle de cette destination ». Le lecteur accèdera ainsi au statut de sujet d’un « ordre symbolique ». Bien qu’il fasse partie de cet ordre, il ne s’oubliera pas quand il sera en contact avec le texte, ne se livrera pas à une lecture pragmatique. Kaufmann semble s’intresser surtout aux textes que Mallarm a composs après 1866 et privilgie ceux où se manifeste la part « circonstancielle » de l’œuvre du poète. Cette dmarche ne permet pas, nous semble-t-il, de saisir la diffrence entre le dispositif symbolique des premiers poèmes de Mallarm et
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1 Vincent Kaufmann, Le livre et ses adresses , Paris, Klincksieck, 1986, p. 8.
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Introduction  
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celui des poèmes publis plus tard. La place du lecteur dans Le Guignon , par exemple, procède-t-elle de la mme « symbolicit » que celle que Mallarm lui assigne dans À la nue accablante , compos vers la fin de la vie du poète ? C’est en comparant la place symbolique que le lecteur occupe dans les premiers poèmes de Mallarm à celle qu’il occupera dans les poèmes de la maturit qu’il sera possible de savoir si le poète a gard ou non l’hostilit qu’il avait à l’ge de vingt ans à « l’art pour tous ».
d l si à l lii,  l  fil v La question de savoir si les spculations de Mallarm de 1896 sur le mystère dans les lettres rejoignent ses dclarations de 1862 en appelle une autre. L’obscurit de Mallarm figure-t-elle un mal ou encore l’aggravation du mal auquel elle rpond, constitue-t-elle une suite de l’amère logique du dsenchantement, comme le soutient Bnichou, ou bien est-elle un dpassement de ce dsenchantement, une aventure qui ouvre de nouveaux horizons, qui fonde une religion moderne ? Plusieurs textes de Mallarm, crits après la grave crise du poète, peuvent tre dfinis comme une contribution à ce grand projet. Parmi les travaux qui ont abord l’œuvre mallarmenne dans cette perspective, La religion de Mallarm  de Bertrand Marchal constitue un ouvrage de rfrence. L’auteur de cette tude commence par reconstituer l’ambiance spirituelle au sein de laquelle a volu le poète : « Dans la deuxième moiti d’un siècle de critique religieuse, crit-il, où les avances de la science… entament les unes après les autres les certitudes thologiques, historiques, biologiques, dduites de l’écriture, le catholicisme, aux yeux d’un monde intellectuel acquis à l’idal positiviste, fait figure de dinosaure. Ce catholicisme… choque la conscience intellectuelle qui ne voit en lui, au nom de ses valeurs de libert, de critique et de progrès, qu’un gigantesque anachronisme, un vestige des temps fodaux attards dans la modernit » 2 . En cette fin de siècle, le catholicisme vacillait, mais il ne fut pas totalement abandonn. Renan, que Marchal cite longuement, explique qu’un christianisme libre et individuel serait susceptible de rsister indfiniment aux avances des multiples formes de progrès et de gnrer d’innombrables varits intrieures.
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2 Bertrand Marchal, La religion de Mallarm , Paris, Corti, 1988, pp. 28-29.
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Dans cette optique, le protestantisme a tent d’apporter de nouvelles rponses et d’acclimater la religion aux nouvelles valeurs de libert et de progrès. Les laïcs dnonceront cependant le leurre sur lequel repose ce protestantisme et montreront qu’il n’admet le principe de la libert d’examen que dans les limites tolres par la Bible. Ainsi, comme le prcise Marchal, loin de pouvoir tre une religion de l’avenir, le protestantisme n’aura t qu’une tentative dsespre de contenir une rvolution dvastatrice. À cette poque où le christianisme mourait et où les conditions n’taient pas encore mûres pour que naisse une religion de rechange, rgnait « le sentiment de vivre une priode critique de l’histoire, priode de transition sinon de confusion des valeurs que Mallarm baptise l’interrègne, et où se cherchent, en dehors et au-delà du christianisme cette fois, des religions nouvelles » 3 . Cette priode transitoire a vu fleurir des formes de culture diversifies. Certaines d’entre elles ont gard un caractère vaguement religieux alors que d’autres ont t franchement irrligieuses, mais visiblement aucune n’a russi à s’accrditer. Pendant cette ère de trouble et d’incertitude, Mallarm a pens aux nouvelles formes de civilisation qui doivent remplacer les anciennes formes moribondes. Ses spculations, ses rponses aux questions poses par cette priode d’interrègne ont quelque chose de particulier. Elles s’inscrivent dans un horizon large qui dpasse l’attente non pas du seul public français mais mme du public occidental. Et s’il a toujours paru difficile de comprendre Mallarm, c’est prcisment parce que, plus qu’un poète français, il est un poète universel. Comprendre ses Posies  et dlimiter la place qu’il y rserve au lecteur, c’est affronter toutes ces difficults et trouver une sorte de fil d’Ariane allant des toute premières figures jusqu’aux ultimes reprsentations du destinataire dans le recueil. Un fil d’Ariane parce que l’image du lecteur dans les Posies n’est ni simple, ni unique, ni constante. On a beaucoup de mal à suivre les multiples substituts de cette image dans un recueil où des figures apparaissent, se brouillent et disparaissent ensuite pour rapparaître plus loin totalement mtamorphoses et mconnaissables. Cette criture est de nature à approfondir les ruptures naturellement profondes qui ont marqu le parcours de Mallarm. À tout cela s’ajoute le fait que le destinataire dans les Posies  n’est pas un simple lecteur au sens courant du mot. C’est un fidèle nouveau appel à redfinir ses rapports avec une religion qui doit tre totalement refonde. Ce mme lecteur est aussi sujet, citoyen nouveau. Le changement de
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3  Ibid., p. 36.
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Introduction  
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l’ordre culturel, politique et social n’aura de sens qu’en fonction du rle que ce nouveau sujet jouera dans un nouveau monde dont Mallarm a entraperçu l’mergence.
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Un pour Un
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